LA ZONE -
Résumé : Suite et fin de la dernière aventure en date du personnage récurrent de Muscadet, cet étrange journaliste belge parcourant on ne sait trop pourquoi les 11 dimensions de la théorie M tout en arpentant quelques îles de la Manche et en sondant les âmes d'autochtones de la contemporanéité et de l'Histoire qu'il contourne tels des obstacles dans son pèlerinage mental tout en absorbant leur substance vitale. Toujours pas trace d'un quelconque Milou comme on peut le voir en illustration à des fins purement racoleuses. Croisons les doigts pour que Moulinsart SA ne nous fasse pas un procès. On m'a dit qu'ils étaient tatillons et ne négocient leur licence qu'avec Spielberg. Ici Tintin est trismégiste en mode power up ultime et n'a même plus besoin de quête, d'amis ou de méchants pour exister. Il est pris dans une transe macroniène, en marche dans des territoires tant géographiques qu'introspectifs. Et bien entendu, c'est du Muscadet, c'est excellentissime. Comme j'avais tout lu d'un coup, je ne me souviens plus trop de la césure entre les deux parties mais de toutes manières, elle est artificielle et dictée par des contraintes purement techniques alors on s'en fout. Je vous conseille de tout lire d'une traite, la météo s'annonce pourrie et je poste la seconde partie exclusivement pour égayer un week end qui s'annonce exécrable. (Je ne spoile pas mais en réalité votre week end sera sublimé, transcendé, ce sera le week end de votre vie.)

Effets de manche (2/2)

Le 03/03/2017
par Muscadet
[illustration]
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Jean-Michel Aphatie, journaliste béarnais qui s'illustre depuis longtemps dans le commentaire politique truculent, fulmine tout en mimiques et moulinets des bras sur BFMTV à l'adresse du je-m’en-foutisme de François Fillon, lui aussi en vacances mais à la Réunion, et qui, c'était patent sur les images, avait en effet revêtu une chemisette cyan de droite décomplexée pour sillonner les rues moites de l'île, dans le cadre d'une nouvelle subversion qui provoque ce soir le petit monde journalistique, et indigne sans doute les électeurs les plus idéalistes en matière de probité.
J'attaque de fait le crottin de chèvre du plateau de fromages que je gobe brusquement sur un petit pain beurré demi-sel tel un pélican rageur, et je me saisis avec agilité de la Heineken du mini-bar au moment où il conclut avec solennité que nous vivons le pire désastre connu à ce jour par une grande démocratie. Je décide de méditer cet avertissement en fumant sur la terrasse.
Mon voisin de balcon en peignoir en est, lui, au cigare, observant dans le crépuscule les vieux pharillons clignotant de vert et de rouge par cette vue dégagée. Il est de corpulence moyenne mais au ventre ballonné, protubérant comme celui d'un python digérant une gazelle, avec un crâne dégarni et une posture dissociée qui fut un temps très en vogue au FMI ; il a amené sa maîtresse qui lui pose sa Duvel sur la table d'appoint, une blonde fripée du visage mais avec encore un beau corps aux cuisses galbées, elle aussi en peignoir. C'est le compromis que peuvent se permettre les hommes peu gracieux qui ont les moyens, pas beaucoup plus finalement, mais tant qu'elles sont serviables et éduquées, elles peuvent faire de bonnes compagnes sur le long terme. Le climat est frais et amical, à quelques années près, c'est dommage, ces phares auraient pu saluer Robert Surcouf.
Je comptais me masturber sereinement devant le journal de vingt heures de TF1, avec celle qui ressemble à la fille Drucker, sur fond d'interview politique, mais mon esprit taquin divague vers des considérations locales : Vauban, la piraterie, le Chablis. Je m'endors donc sous une couette moelleuse en microfibres, une chaussette à la main. C'est ainsi que je me réveille, réglant cet acte manqué avant de lancer un double café à la machine.

En récoltant des informations en ville à droite et à gauche, j'en ai encore appris de belles, hier, sur le corsaire national ; je pense qu'on aurait pu s'entendre, lui et moi, jusqu'à un certain stade, et dans un monde où j'aurais couramment adressé la parole à mes semblables. Par exemple, lors de l'abordage du « Kent », un bâtiment anglais croisant dans le golfe du Bengale, Surcouf se serait ainsi adressé à ses matelots : « Mes bons, mes braves amis, vous voyez sous notre grappin, par notre travers, et voguant à contre-bord de nous, le plus beau vaisseau que Dieu ait jamais, dans sa sollicitude, mis à la disposition d'un corsaire français ». Sa victoire, alors qu'il affrontait un navire trois fois plus imposant, devint proverbiale et en fit une légende des mers, au point ce jour-là de faire entrer une nouvelle expression dans la langue française : mettre le grappin sur quelqu'un. Mais il fut aussi le représentant classieux du style français et de son raffinement en temps de guerre, auprès des hommes comme des femmes, puisqu'il épargna nombre de ses ennemis, recevant jusqu'à leur gratitude. Les dames du « Kent », des épouses de nobles de retour des Indes, lui firent cadeau d'un cordage tressé de leurs propres cheveux, un présent nommé « Souvenir de la Confiance » et les journaux anglais salueront le panache du corsaire, qualifié de « great politness ».
Pour l'ensemble de sa carrière, ses prises sont estimées à une cinquantaine de vaisseaux, et un butin de plusieurs centaines de millions de livres, en l'espace d'une décennie, et sa participation à la traite négrière, bien que soutenue en tant qu'armateur, n'a visiblement pas entaché sa réputation à travers l'Histoire. En la matière, l'époque était au consensus, et Saint-Malo figurait en cinquième place des ports français pratiquant le commerce triangulaire, la palme revenant à Brest et Bordeaux, ce qui fera encore plaisir à Alain Juppé. Suite à l'abolition de l'esclavage en 1794, l'activité se poursuivit sous le nom de code de « bois d'ébène », la ville étant un « asile pour congé d'amiral », un endroit pour se faire oublier, et surtout un port « franc », un terme intéressant pour décrire les activités de contrebande.

Aujourd'hui, nous allons au manoir de Jacques Cartier, l'explorateur du XVIème siècle. Je décide d'arriver en taxi, en me faisant remarquer devant l'attroupement, parce que je n'ai pas le permis et que c'est à dix kilomètres. Je ne comprends pas les gens qui aiment conduire en milieu urbain, je pense qu'ils ont transféré leur frustration de ne pas pouvoir se payer de chauffeur en satisfaction d'effectuer une corvée, allant jusqu'au sentiment factice d'indépendance, quand l'entretien et les frais les harassent et qu'ils sont accaparés par la circulation. Alors que dans le même temps, je monte côté passager pour écrire et faire les commentaires, ce qui est bien plus agréable.
Je rentre donc dans la propriété, le château de Limoëlou, un peu essoufflé et la guide me plaît tout de suite, son intelligence se lit sur son visage. Derrière sa gentillesse et sa convivialité, ses yeux disent son sens de la dérision, sa passion et sa belle philosophie de vie, je veux m'en faire une alliée. Elle m'informe que la visite dure une heure et demie, je n'ai pas calculé mon retour en ces termes, et elle le voit.
« Je sens une réticence... », elle sourit, amusée. Une réticence. C'est formidable. Tu vois, Fabrice, le mot « réticence » en lui-même, hors de son agencement dans le langage, peut être aimé. Je demande à téléphoner et décale mon horaire auprès du standard de Taxi Saint-Malo. L'enfance du navigateur n'est pas très détaillée mais l'accent est mis sur l'effervescence de cette période durant laquelle les découvertes s'enchaînent, à commencer par une révolution technique, la caravelle à voile carrée, une direction assistée permettant un maniement et un contrôle de trajectoire plus précis.
Á bord de la « Grande Hermine », l'explorateur lancera une série d'expéditions en 1534 vers le nord-ouest, à la recherche d'un passage vers les Indes, une tâche remarquablement vouée à l'échec qui lui fera découvrir le Canada -Nouvelle-France- par l'estuaire du fleuve Saint-Laurent. Il en profitera pour baptiser tout un lot de territoires et de points d'intérêt, comme le Cap Rouge, et référencer l'étonnante faune de la région, notamment les cerfs, qu'il notera dans son journal de bord comme de très grande taille. François Ier lui ayant demandé de ne pas rentrer les mains vides, il reviendra avec des Iroquoiens en cale, ainsi qu'une fortune en or et en diamants, finalement de la pyrite et du quartz, une désillusion royale qui fera jaser.
Mais à toute chose malheur est bon, car les fourrures sont très demandées en bonne société et le chapeau en castor fait fureur à Paris, il est même signe pour son porteur de bonne santé. Sur ces révélations, nous passons à la chambre de Cartier, plutôt modeste en dehors d'une descente de lit en ours noir et d'un écritoire de belle facture. Deux curiosités sont à voir dans la cuisine : le râtelier à cuillères actionné par poulie descendant au milieu de la table, un vrai progrès pour des individus qui ne s'embarrassaient pas de couverts, et la chaise-trône à large dossier, afin de se prémunir des coups de poignards dorsaux lors du repas, ce qui en dit long sur la confiance qui régnait ; un coffre est également intégré à ce modèle, sous l'assise. Le vaillant capitaine repose désormais dans la cathédrale de la ville.
Les grands noms se bousculent pour décrire la frénésie des navigateurs malouins, Duguay-Trouin sillonna les mers du sud jusqu'au Brésil et prit Rio de Janeiro en 1711, au grand dam des portugais, La Bourdonnais s'illustra quant à lui aux Indes lors du siège de Madras, jusqu'à Bourge qui doubla le Cap Horn. Vous êtes comme moi, et vous vous demandiez si les îles Malouines au large de l'Argentine, baptisées par Bougainville, avaient un rapport avec Saint-Malo. Figurez-vous que c'est bien le cas : en 1764, il honore du nom de la cité l'archipel qui accueillera les fiers colons de Bretagne. Á l'époque, la France ne vendait pas encore de missiles Exocet aux dictateurs d'Amérique du sud et le Royaume-Uni n'en avait pas fait la plate-forme stratégique des Falkland qu'elle est aujourd'hui.
Je quitte la maison de Jacques Cartier et la charmante conservatrice qui court en talons sur le gravier pour m'ouvrir le grand portail rouge dont elle possède seule la clef, et qui me sépare de la suite de mes aventures. Adieu, réticence.


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« Grâce à ce programme basé sur la chrono-biologie, perdez jusqu'à sept virgule cinq centimètres de tour de taille », j'ai oublié que le réveil télévisuel était réglé par défaut sur Téléshopping ; Marie-Ange Nardi est inoxydable, couper des concombres dès huit heures trente, à son âge, bravo. Ce matin, je ne vais pas traîner car je crée l'événement, je me lance à la conquête du Mont-Saint-Michel. J'ai pris cette décision hier soir, et ils en étaient ravis, chez Taxi Saint-Malo, leur enthousiasme filtrait du combiné, mais d'après ce que je vois devant l'hôtel, pas assez pour m'envoyer une vraie voiture.
Je monte dans une Honda rafistolée avec du scotch, en compagnie d'un sexagénaire moustachu et jovial, à ce moment-là, je ne sais pas encore que j'ai affaire à une encyclopédie d’œnologie puisque le débat n'en est qu'à ses prémisses. Je comprends tout de même qu'il s'intéresse au niveau du restaurant et je lui confie mes impressions sur les côtelettes d'agneau à la mousseline d'Agria truffée de la veille, qui ne l'intimident pas outre mesure. Il est déjà venu dans l'établissement et lui aussi est mitigé dans l'ensemble.
C'est alors que je commets l'irréparable en évoquant le tourteau et leurs vins blancs ; l'avalanche de renseignements que je reçois en retour sur le Chablis va durer soixante kilomètres. Il faut d'abord savoir que tout se joue au niveau des marnes kimméridgiennes et oxfordiennes, du nom des villes britanniques, et de la stratification des sols, car voyez-vous, les racines de la vigne peuvent atteindre douze mètres de profondeur et donc des couches sédimentaires vieilles de trois cents millions d'années. On trouve dans ce sol calcaire des fossiles, des coquilles d'huîtres par exemple, qui vont participer à la minéralité du produit final, de la même manière que le manque de soleil va l'acidifier, mais le vin, ce n'est pas que la terre ou le soleil, le vin ce sont les gens, et ce sont les gens qui font le vin, l'Homme et ses échanges de par le monde, la communication du savoir-faire et de l'expérience, et le Chablis, lui, sa minéralité, il la tire de l'Homme. Je ne parviens pas à l'arrêter lorsqu'il effectue la transition sur Dom Pérignon, l'Homme, son œuvre du XVIIème siècle, l'effervescence naturelle, sa contribution au Champagne, la double effervescence. Pourquoi les bouteilles sont-elles plus épaisses que les autres, parce que le Champagne procède d'une double fermentation qui ferait exploser un contenant classique. Il me répète les passages importants quand je ne note pas, alors je note quand même. Nous traversons une zone de plus en plus marécageuse et le brouillard nous tombe dessus presque immédiatement, le champ de vision est réduit à trente mètres, un vrai microclimat qui s'aggrave à chaque minute. Mon spécialiste viticole me laisse à regret sur le parking, je suis un bon auditeur. Je le remercie bien pour toutes ces informations et je m'extirpe devant l'entrée continentale du Mont-Saint-Michel.
Je traverse l'accueil où une vingtaine de touristes, essentiellement étrangers, essaient de s'y retrouver et d'y voir quelque chose. Quant à moi, je sais que les véhicules hors navettes sont interdits et que j'ai deux kilomètres et demi de marche à faire, plus ou moins en ligne droite, le long d'un pont, si je le trouve dans cette brume londonienne. C'est le cas et je constate que toute la zone se résume en cette saison à un marais boueux et très calme, à l'exception de corbeaux et de mouettes qui se font parfois entendre dans les polders. Il fait trois degrés, je tire mon bonnet sur mes joues et mets obstinément un pied devant l'autre, d'autant plus que je suis en pénurie de cigarettes et que le pont semble infini. Je devrais voir le Mont depuis longtemps et je vérifie trois fois l'heure pour calculer la distance parcourue ; j'ai bien fait mes deux kilomètres et l'horizon est un mur gris.
J'entends l'île avant de la voir, des gens parlent devant une esplanade et un Hummer beige au logo Vigipirate surgit à cinquante kilomètres heure en sens inverse, puis ce sont des touristes et des gendarmes, et enfin, une masse noire pyramidale de plus de cent mètres de haut.
Je suis brièvement fouillé avant de franchir le pont-levis et la herse qui donnent sur la grand-rue, très commerçante et bondée, non par le nombre de visiteurs mais par son étroitesse. Les murailles de l'abbaye ne sont pas vraiment perceptibles et je m'en remets à mon plan en trois parties : fumer, manger, monter. Des deux côtés de l'axe piéton unique, il n'y a que brasseries bas de gamme et marchands de souvenirs, sur cent mètres, avant une palissade de chantier. Il n'y a pas de tabac ici ; j'interpelle un zonard à la roulée qui m'informe de l'existence d'une crêperie de contrebandiers où les clopes sont vendues à un prix qui ferait rougir un buraliste de Chelsea. Je m'y rends et on me fournit les substances stockées sous le comptoir, puis je mets la main sur un sandwich et une bière avant de commencer l'ascension par les remparts extérieurs, seul chemin vers la lumière.

L'église du village, en contrebas, sonne frénétiquement le tocsin, pour une raison inconnue alors qu'il est midi et demi ; je bois ma canette de Heineken en altitude, devant l'entrée principale, le regard vague, avant de la compresser et de la ranger sagement dans la poche extérieure de mon sac-à-dos. Saint-Michel est un archange de première catégorie, il n'apprécierait pas. Le prêtre Aubert reçoit d'ailleurs son impérieuse visite en 708, et s'exécute comme moi en acceptant son commandement céleste : le projet optimiste d'un sanctuaire sur le Mont, une mystique entreprise de BTP en granite de Chausey dont la réalisation prendra plusieurs siècles. Et on le voit bien, cette abbaye a été dûment enroulée, tel un boa, au sommet de ce rocher a priori sinistre, cerné d'eaux qu'on croirait stagnantes et de sables mouvants, sur un terrain déprimant qui fut autrefois une forêt, avant d'être inondé.
D'abord modeste bâtisse, les chanoines à la piété douteuse et au niveau de vie dispendieux en seront chassés, pour laisser place aux Bénédictins au cours du XIème siècle. L'évolution de la sainte forteresse, particulièrement lente au vu de l'environnement hostile, s'accompagne d'une popularité croissante, à la même époque que le développement de Saint-Malo, et bénéficiera de circonstances aussi historiques que belliqueuses jusqu'à incarner la seconde Jérusalem, rien de moins.
Un détecteur de métaux plus tard, j'accède à la première cour extérieure par un large escalier, toujours dans le brouillard qui efface la moitié de la structure gothique où s'entremêlent donjons verts d'humidité, arcs-boutants et colonnades à chapiteaux. Je jette un œil à la mer par-dessus le parapet, il n'y a qu'une nappe fumeuse. Pénétrant dans une nef, je remarque que les salles intérieures ont été méticuleusement rénovées et briquées, chaque pierre du sol et des voûtes reluit de blancheur, contrastant terriblement avec les façades terreuses dont l'entretien dans cette atmosphère serait sans doute une gageure. Je passe par le réfectoire et les résidences des abbés avant d’accéder au chœur. Sous plus de dix mètres de structure y plongent des croisées d'ogives ciselées, qui retombent sur des piliers veinés, entre les vitraux très allongés frappant l'autel central d'une lueur concentrée, qui participent à cet effet de souffle métaphysique.
Cela dit, le Bic du livre des prières au fond de la divine salle ne fonctionne pas, et je dois sortir le mien, pour y laisser un témoignage succinct au-dessous de requêtes en chinois et en espagnol. Chaque section murale est décorée d'un bas-relief du XIVème ou XVème siècle, notamment des scènes du Christ. La suite est une succession de cryptes à larges piliers, dont un scriptorium où les moines de l'abbaye ont rédigés les manuscrits d'Avranches contenant des traductions latines des penseurs grecs, un ossuaire, et une salle de réception, dans laquelle étaient accueillis sans distinction rois, pèlerins et vagabonds. Il y a très peu de touristes en ce mois de Février, y compris dans les parties les plus plébiscitées, je ne vois jamais plus d'une quinzaine personnes autour de moi, un luxe particulier.
Je finis la visite en passant devant une gigantesque roue donnant directement dans le vide, dont on se servait afin tracter les vivres depuis la base de l'île, le vent s'engouffre avec vigueur dans cet espace ouvert et je suis sujet à un rapide vertige. Á la sortie, il faut passer devant une ribambelle de produits dérivés proposés à la vente avant de se retrouver à l'air libre, derrière une porte dérobée qui revient vers l'accès principal par un crochet.
« Si tu refais du bruit en balançant cette bouteille d'eau, c'est moi qui te balance », nous sommes à quatre-vingt dix mètres au dessus de la Manche et la patience parentale approche un niveau Démocrite. Le philosophe, père de la science moderne et précurseur de la théorie de l'atome, conseillait d'adopter le fils d'un ami, pour ceux qui se souciaient de leur descendance, à l'argument que la reproduction personnelle exposait aux pires dangers. Je ricane en dévalant les marches quasi-millénaires du site, devant la scène familiale, la Marlboro light la plus chère de Bretagne à la bouche, pour rejoindre les quatre militaires au Famas qui font aussi une pause sur les remparts. Le continent est toujours invisible derrière l'épais brouillard, et les mouettes croassent plus haut, autour de la flèche en cuivre doré de Saint-Michel, le sauroctone du Nouveau Testament ; on la distingue à peine dans ce décor de château hanté.

Je veux prendre une douche et manger au restaurant mais il me reste à voir le musée, et je doute qu'une autre occasion se présente dans les années à venir ; je ne compte pas m'établir durablement dans les marais. C'est là que je prends la mesure de l'Histoire et du roman de cape et d'épée indissociables des lieux, car l'archange n'a pas simplement inspiré les ecclésiastiques en tant que peseur d'âmes des mortels, avant de leur accorder la vie éternelle, il est aussi l'inspirateur de l'ordre de chevalerie qui porte son nom.
Le sanctuaire n'a jamais été pris, et lors de la conquête de la Normandie, ses assaillants français mirent le feu à l'îlot, de dépit de ne pouvoir y pénétrer. Beaucoup fut perdu dans l'incendie, beaucoup fut reconstruit au XIIIème siècle, puis Du Guesclin, que j'avais déjà rencontré à Concarneau sur la place où il trône, devint capitaine de la garde du Mont ; mais c'est surtout la guerre de Cent Ans qui auréola l'abbaye, alors transformée en place forte au cœur de la bataille.
Le siège de 1423 fut durable, et les anglais ne démordaient pas de leurs intentions, la guerre d'attrition faisait rage et les troupes piétinaient dans la glaise devant l'imprenable cité. La résistance et la contre-offensive héroïques des cent vingt chevaliers de Saint-Michel face aux vingt milles anglais, que les historiens estiment plutôt à deux milles et en petite forme après trois ans de siège dans un marécage, appartiennent à la légende telle qu'elle est encore racontée. Dans le plus grand secret, des bateaux quittèrent le rocher, embarquant les combattants de la foi pour un ultime sursaut contre l'envahisseur, et chargèrent littéralement les navires anglais, bord à bord, passant l'ennemi par le fil de l'épée, protégés par le milicien céleste, et mirent en déroute les hérétiques qui harcelaient les brebis de Dieu. Parfaitement.
Un peu plus loin derrière le musée, je vois que les cachots de la prison sont accessibles et que les ingénieurs ont fait des économies sur l'éclairage pour transporter le visiteur dans des conditions crédibles, qui permettent de se heurter aux murs et aux escaliers en tâtonnant, et de se rendre compte de la situation des incarcérés. Certains y sont restés suffisamment longtemps pour réaliser des chefs d’œuvre, comme ce tableau aux brins de paille collés au blanc d’œuf, qui a dû nécessiter de l'abnégation. Ou encore ce pamphlétaire de Louis XV qui a été condamné à mourir de faim dans une cellule de deux mètres carrés, et le révolutionnaire Raspail, à différencier de son homonyme, l'auteur du « Camp des Saints ». Enfin, j'émerge sans me blesser des sous-sols pour me retrouver dans l'arrière-salle d'une crêperie.
Mon taxi est prévu dans trois-quarts d'heure, je dois traverser à nouveau le pont et en conséquence, je ne passe que très rapidement dans l'église où Saint-Michel est encore là, statufié de pied en cap, bouclier à la croix et épée en mains, un drôle d'animal à ses pieds. C'est évidemment un dragon mais il ressemble à s'y méprendre à une otarie. Je signe une dernière fois le livre de prières, demandant à devenir qui je suis, et repars comme je suis arrivé, dans la brume épaisse. Le chauffeur asiatique qui me ramène à l'hôtel m'indique qu'on peut manger des huîtres sur un plateau et les balancer directement en contrebas dans le port, selon la grande tradition ostréicole de Cancale, assez proche de Saint-Malo. Je réserve immédiatement pour le lendemain.
En rentrant dans ma chambre afin de reposer mes voûtes plantaires mises à contribution, je trouve un cendrier sur la table de la terrasse, sa présence est incontestable. Ce cendrier de standing, gravé et translucide, est doué de parole et il s'exprime alors en ces termes : « Cher monsieur, bien que vous soyez un client que nous ne voulons pas brusquer, nous vous saurions gré de ne pas écraser vos mégots sur notre balcon en pierre ».


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Je suis d'humeur martiale parce que j'ai encore oublié le réveil télévisuel ce matin et que le mini-bar n'a pas été réapprovisionné la veille. Je sais que la cité d'Aleth a été occupée par les allemands au cours de la seconde guerre mondiale et que les vestiges sont encore bien visibles, ceci étant, le mémorial 39-45 est fermé en hiver, ce qui m'amène à soupeser l'opportunité avec celle des huîtres de Cancale. Méditation faite, je recontacte Taxi Saint-Malo pour organiser un timing adéquat et me propulse vers les sommets de l'ancien retranchement gaulois.
Conformément au principe du Mur de l'Atlantique, et bien qu'éloignés du centre-ville malouin, la Kriegsmarine a très vite compris que les promontoires rocheux de la cité étaient une position tactique de défense. Peut-être ignorait-elle en creusant les tunnels et en bâtissant les fortifications que Vauban en avait déjà recommandé la construction, sans parvenir à convaincre la population. Les batteries anti-aériennes de canons Flak que je prends en photos attestent en tout cas d'un combat violent, comme le chemin de ronde jalonné d'affûts et de blockhaus constellés d''impacts balistiques de dix centimètres de profondeur ; les allemands ont passé un très mauvais moment lors de la Libération. Une plaque commémorative rend hommage aux américains du régiment « Buckshot » et aux quelques français tombés lors de l'assaut final. Les trois-quarts de Saint-Malo ont été détruits par les bombardements alliés et Aleth constituait la dernière poche de résistance terrestre. Sur l'île de Cézembre, au-delà des forts National et Petit Bé, une poignée de nazis isolés tinrent leur position durant plusieurs mois, avant d'être éradiquée au napalm.
Le chauffeur inédit de la compagnie, qui vient me chercher cette fois avec une berline décente, me fait une confidence sur la route : il a transporté la famille de Nathalie Kosciusko-Morizet -une trentaine de personnes- qui embarquait pour l'île des Rimains, au large de Cancale, achetée par le frère de la femme politique en 2012. L'île a aussi été fortifiée par Vauban, mais l'héliport est du XXIème siècle. Il me fait également savoir qu'il construit quant à lui une maison au Maroc, pour vingt milles euros, un coût modique, avec vue sur la mer, et qu'il fait régulièrement le voyage grâce à EasyJet. Je lui parle en retour de Mohammed VI et de sa politique régalienne comme si je travaillais au ministère des Affaires étrangères avec mes cheveux d'un demi-mètre ; il est impressionné.
Je me dirige tout de suite vers les stands chamarrés qui proposent toutes sortes d'huîtres et de coquillages de tailles diverses, à l'aplomb du phare cancalois. Téméraire, je tente les plus imposantes, les numéro zéro, une douzaine de mastodontes ouverts d'un coup de poignet par une femme robuste en imperméable et bottes en caoutchouc, qu'elle dispose sur un plateau rose avec un citron tranché en deux et un couteau en plastique qui m'est destiné. Six euros service compris. Assis sur les marches du débarcadère qui surplombent une zone complètement envahie de coquilles, je lance mes huîtres comme un sauvage du néolithique, après les avoir aspirées, jus de citron et eau de mer inclus.
L’ostréiculture était un secteur qui semblait inépuisable jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que ce n'était pas le cas, et un édit royal tombe en 1759 pour réglementer le prélèvement à dix milles tonnes par an, ce qui fut selon toute vraisemblance insuffisant puisqu'au XXème siècle, la barre est placée à quatre milles pour les ostréiculteurs. Il faut trois à quatre ans de maturité pour qu'une huître creuse cancaloise soit mangée et lancée dans le tas par exemple ; elles sont d'abord draguées et collectées dans des centres de captage, puis semées dans ces parcs d'élevage dotés de petits murets et de grillages. On les balance ensuite dans de l'eau claire et elles finissent dans une bourriche, jusqu'à la dame en imperméable et bottes en caoutchouc. Beaucoup de marins d'ici ont péri, embarqués pour la guerre ou pour la pêche, les Terre-Neuvas, on le sent dès l'entrée dans l'église de Cancale qui affiche une liste impressionnante de disparus pour une ville aussi modeste, et la vénération de Marie, protectrice des équipages, l'Immaculée Conception. Une statue très lyrique est visible à l'extérieur, face à la mer, sur le modèle du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro. J'ai les doigts froids, collants et citronnés, mais ce n'est pas grave, tout va bien, je suis en vie et dans un bon hôtel.
Je rentre sans encombre, et par acquit de conscience pour mon dernier jour, je marche au hasard des ruelles. Un travailleur portuaire commente l'achat par la ville de Saint-Malo d'un nouveau remorqueur, au snack où je m'arrête pour changer des noix de Saint-Jacques : deux fois deux cent cinquante chevaux quand même, c'est une bonne nouvelle pour la circulation des gros transporteurs. Moins bien, la Champions League, des enculés ont gagné hier soir.


*


J'invoque les penseurs grecs dès mon entrée dans le wagon de première classe, en constatant que ma place isolée est voisine de celle d'une jeune femme avec trois enfants de cinq ans environ qui couinent comme des gorets. En représailles à la marmaille et au vacarme ferroviaire, je donne tout de suite le ton en m'asseyant sur mon siège, claquant le Monde Diplomatique d'un bruit sec sur ma table de lecture côté fenêtre, le titre de l'article en gras bien en évidence : « Prostitution, la guerre des modèles ». La mère jette un coup d’œil furtif, sans un mot je me fais bien comprendre.
« Tu es un gouffre financier », me disait la mienne. Et voilà que je lis maintenant la presse castriste : une désillusion de plus qui devrait décidément faire reconsidérer la parentalité. Je commence à lire en chaussant mes écouteurs d'Ipod qui se mettent à cracher Stupeflip, un groupe musical affectueux.
« C'est au petiot que je cause, qui est en toi à qui je cause,
Dans ton for intérieur il y a un enfant qui pleure,
Toi tu te sens plus, lui il se sent mal,
Tu l'as séquestré, bâillonné, ligoté.»

On s'éloigne un peu du raffinement philosophique de la Grèce première, quoique, mais c'est tout à fait salvateur pour mon affliction nerveuse dans le trafic humain. Les chanteurs-compositeurs portent des masques faits de morceaux de bonnets de laine ou des cubes en carton sur la tête lors de leurs rares apparitions, et le leader du groupe responsable de l'écriture, un certain KingJu, est particulièrement doué. J'ai de la sympathie pour ce qu'ils représentent : d'ex-clochards frustrés qui ont un peu réussi, à un moment donné. Des artistes ayant inventé leur propre style : du hip-hop-rock psychédélique, éclectique et en français, susceptible de faire apprécier leur musique à ceux qui justement n'ont jamais supporté le hip-hop, à raison le plus souvent, le segment étant phagocyté par une diversité culturelle aux textes ultra-agressifs, abrutissants et dénués de lucidité ou d'autodérision. Je dirais qu'en l'espèce, avec ses morceaux à la sensibilité assumée, évocateurs des traumatismes de l'enfance et de la torpeur, Stupeflip est un contre-pied et se pose en alternative inspirée, honnête et par endroits même, littéraire et crustacés.
« Le spleen des petits à l'école, ça les rend marteau,
Peu de chances de s'en sortir, s'ils en ont marre tôt,
Déjà en CP ils s'écrasaient devant les costaux,
Et dans ce panier de crabes les plus forts seront des tourteaux »

J'apprends en même temps dans le journal que l'Allemagne a une tradition prostitutionnelle encadrée qui coupe l'herbe sous le pied des organisations mafieuses à l'aide de maisons closes, sur le modèle de la Suisse et des Pays-Bas. Le repas, l'alcool et le massage thaïlandais à quatre mains, pour une durée de trois heures, sont proposés à cinquante euros, une misère ; Flunch est battu sur ce créneau de la restauration multi-services. L'établissement est à Cologne, le Pascha, si vous avez un week-end de libre et un bon alibi. De l'autre côté du spectre, la Suède et la Norvège ne plaisantent plus depuis les années 2000, les relations sexuelles rémunérées sont pénalisées, pour le client uniquement qui paye dans ce cas double, avant d'être convié à un stage thérapeutique de réinsertion. Les associations militantes parlent de viol tarifé.
J'ai une libido de panda assis au milieu d'un enclos zoologique, tout cela ne me concerne pas, je suis simplement de tempérament curieux quant à l'actualité. Je regarde une belle femme comme on regarde un beau tableau ou un beau paysage, comme disait Baudelaire, et je passe à la suite. Il se trouve que j'ai des textes à écrire, voyez-vous, un agenda qui se fait pressant, et le sang furieux irriguant mes tempes au point de me tourmenter et de me faire monstre, abandonne mon corps caverneux pénial à son état de vacance. Telle que l'urgence l'ordonne, ma bite, le plus clair du temps, me sert à pisser, et le plus souvent encore, à m'interrompre dans une pensée.

J'hérite à Paris d'un chauffeur à l'accent slave qui me demande quel style de radio je souhaite, -rock- ; pragmatique, il fait défiler les stations et sélectionne Skyrock. Je vous raconte ça adossé à la palissade de chantier qui jouxte le kiosque de la gare du Nord, mon tas de feuilles à la main, et en digérant mon sandwich auvergnat, saucisson de pays et cornichons, alors que la patrouille de gendarmerie, outillée de ceintures de grenades, essaie de lire par-dessus mon épaule en passant en rangs serrés dans le hall.

= commentaires =

Lapinchien


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    le 03/03/2017 à 16:50:18
BEAUCOUP DE TRAVAIL COMME POUR UN ALBUM D4ASTERIX §§
Lapinchien


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    le 03/03/2017 à 17:14:27
https://www.youtube.com/watch?v=K_F7P4ysxeM&list=PLkbn5jxBO1t1TGXY_Vl9RE_G1FA_uvF6D
Muscadet


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    le 08/03/2017 à 22:47:48
C'était mon meilleur texte, digne du match retour du FC Barcelone, devant un public parisien. Si vous voyiez leurs têtes à l'instant. Suprême ironie, les bourreaux portaient un maillot Qatar Airways. Jean-Michel Larqué commente le naufrage avec autorité, expliquant à tous d'un regard de faucon que ce n'était pas St-Etienne ou Dijon.

Commentaire édité par Muscadet le 2017-03-08 23:52:10.
Lapinchien


tw
    le 08/03/2017 à 23:57:12
Ce texte mérite tellement plus d'être lu et commenté que n'importe quel autre texte sur la zone. c'est dégradant de le comparer à un match de football d'ailleurs.
Lapinchien


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    le 09/03/2017 à 08:36:02
aujourd'hui les deux parties de ce texte caracolent en tête du best off de la Zone, et c'est la première fois pour une série.
Lapinchien


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    le 10/03/2017 à 09:03:44
En tous cas avec les modifications que prévoit Dourak, les deux parties de ce texte seront exposées pour très longtemps sur la page d'accueil du site. Il finira par attirer les commentateurs (pour les lecteurs on ne peut jamais être sûr) Sinon on peut aussi lancer des polémiques dans les commentaires pour susciter des réactions. Kinder Surprise c'est déjà pris, j'avais pensé à Fraise Tagada. La publication de ce texte au même moment que la sortie du dernier album Stupeflip est assez douteuse aussi. Si ça se trouve Muscadet, c'est King Ju. ça ne m'étonnerait pas en plus, je suis sur que Julien Barthélémy est un super auteur.

Commentaire édité par Lapinchien.
Lapinchien


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    le 10/03/2017 à 10:49:32
D'ailleurs je suis amoureux de Sandrine Cacheton (King Ju en parle dans une entrevue de Inrockuptibles) Sa première incursion dans le monde de la chanson, c'était une cover de Booba : séquence souvenirs : https://www.youtube.com/watch?v=du4xyGO_dIA
Muscadet


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    le 10/03/2017 à 18:02:16
C'était déjà mieux avant.
Lourdes Phalanges


    le 10/03/2017 à 23:58:52
Les meilleurs écrivains sont de droite, énième preuve ici (droite pour droiture ou du moins, la ligne droite des gens qui ne font pas de concessions et vogue par tous les temps, pas la droite des petites putes libérales bien peignées).

Marrant qu'un aristocrate-ascète comme toi, qui accorde tant d'importance aux détails, se contente d'une Heineken, pisse tiède s'il en est.

C'est bien vivifiant tout ça, les corsaires, l'aventure (ou son simulacre fantasmé en l'occurrence, mais c'est déjà ça d'inspirant). Faut vraiment que je m'achète un bateau.
Muscadet


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    le 11/03/2017 à 00:10:30
Je n'aime pas le Champagne, et c'est la seule alternative dans les mini-bars de nos jours.
Muscadet


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    le 11/03/2017 à 00:43:36
Au-delà des mignonnettes, s'entend. Comme cette poire Williams.
Cuddle


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    le 11/03/2017 à 12:13:58
"Je n'aime pas le champagne" Quelle hérésie ! Muscadet devient mon ennemi public n°1
Lapinchien


tw
    le 11/03/2017 à 12:43:21
Il a raison le Champagne ça a un goût d'huile qui fait des bulles, c'est overrated. Et puis il ne faut pas prendre le risque de vexer Muscadet alors qu'il se dit déjà plancher sur un autre projet de texte avant même son texte de Saint Con. Vive Muscadet ! C'est mon favori cette année et puis c'est un des derniers zonards qui puisse empêcher CTRL X, Trompette Sournoise, l'auteur fantôme des années passées, présentes et futures, de remporter la Saint Con encore une fois. Et son ancien avatar de castor reprend du coup tous son sens puisqu'il est le seul à pouvoir faire barrage à CTRL X.
Lourdes Phalanges


    le 11/03/2017 à 14:14:01
Génial, Lapinchien nous annonce d'emblée, et de façon totalement décontractée, que les dés sont pipés. L'oligarchie zonarde a déjà ses favoris en vue de la Saint-Con, à l'image du conglomérat banquier de la finance mondialiste et de sa marionnette Macron.
Lapinchien


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    le 11/03/2017 à 15:28:18
et bien rien de nouveau sous le soleil, il y a toujours eu des campagnes diffamatoires, stratégies dénigratoires et coups de putes aléatoires dans le cadre officiel de la Saint Con. D'ailleurs, j'ai bien le droit d'avoir un favori. Je ne pense cependant pas que ça l'avantage, au contraire. Probablement faudrait-il de fait lui accorder quelques points d'avance pour contrebalancer ma déclaration. Sinon je me base juste sur le classement du best of rendu public hier par Dourak et les pronostiques des bookmakers. Je serai ravi d'être surpris par un outsider cela-dit, et je parle de moi-même en premier lieu.
Lapinchien


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    le 11/03/2017 à 15:32:28
et d'ailleurs si oligarchie il y a, Cuddle et toi en faites partie tout autant que moi, car on peut voir ce qu'il se trame dans l'arrière boutique. Il n'y a que Dourak et nihil qui aient des droits supérieurs à ceux des simples admins que nous sommes.
Dourak Smerdiakov


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    le 12/03/2017 à 13:43:23
J'ai juste les clefs, comme tous les concierges.
Lapinchien


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    le 12/03/2017 à 13:47:50
et les matons de H.P.
LePouiIleux Salut c'est cool    le 13/03/2017 à 11:04:55
C'est excellent ces petits retours en arrière historiques pour donner de la vigueur au récit englué dans un présent banalisé, vulgarisé, mis-en-boitisé. Le passage sur le Mont Saint-Michel est particulièrement épique.
LePouiIleux     le 13/03/2017 à 11:35:40
Trois adjectifs à la suite séparés par des virgules. C'est du Bernard-Henry Lévy dans le texte.

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