LA ZONE -
Résumé : Mill aurait voulu nous faire croire à un édito rédigé sur le vif en réaction au dernier pamphlet antiféministe en date composé par des femmes - sans doute un syndrome de Stockholm qui traîne comme un mauvais rhume - à savoir la tribune publiée dans le site du Monde le 9 janvier 2018 par Catherine Millet et une centaine de signataires (dont Catherine Deneuve, Catherine Robe-Grillet, Brigitte Lahaie...). Il s'agit pourtant bel et bien d'un billet d'humeur (de méchante et mauvaise humeur même), voire d'un véritable acte vengeur, accompli sous la forme d'un commentaire sur le vif du texte en question. Ca vole pas toujours très haut mais ça a le mérite de la franchise et du direct. On peut être d'accord ou non, s'enflammer ou s'en taper religieusement la nouille. Pour ma part, j'aurais préféré plus de sang, de viscères et d'anneaux gastriques.

Remix de la tribune publiée dans le Monde le 9 janvier 2018 sur la liberté d'importuner

Le 11/01/2018
par Mill
[illustration] Le 9 janvier 2018 paraît sur le site du Monde un texte rédigé par Catherine Millet défendant la "liberté d'importuner" au nom de la "liberté sexuelle". Voici le texte dans son intégralité avec mes annotations brutes de décoffrage. Elles sont indiquées entre parenthèses. Je ne me suis pas relu. Il y a sûrement des fautes. Considérez que c'est l'édito du jour.
Le viol est un crime.

(Ca commence bien. Un texte qui commence par « le viol est un crime mais » s'annonce d'emblée comme particulièrement orienté. En tout cas, merci de le préciser. J'ajouterai ces quelques précisions : 75000 viols par an, ce qui signifie que 9 femmes se font violer à chaque heure, ce qui équivaut à 206 viols par jour. Pour plus d'infos : https://www.planetoscope.com/Criminalite/1497-viols-en-france.html)

Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

(Ok, admettons. Mais c'est quoi, précisément, une drague « insistante ou maladroite » ? Où se situent les limites ? Si je te dis que t'as un beau cul, je suis « insistant », « lourd », « maladroit » ? Si je te dis que je te prendrais bien dans un coin sombre, je suis passionné, empressé, pétulant ? Et si la galanterie n'est sans doute pas une agression - ce que j'admets sans trop me poser de questions - ne constitue-t-elle pas un reliquat d'une autre époque, pas si lointaine, où l'homme avait les pleins pouvoirs sur tout ? Pour ma part, je rejoins Peter Glick et Susan Fiske dans l'idée qu'elle correspond à une forme de « sexisme bienveillant ». On maintient une différenciation entre les sexes qui autorise les hommes à considérer les femmes comme des petites choses fragiles qu'il faudrait protéger.)

À la suite de l’affaire Weinstein, a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire.

(J'aime bien parce qu' on sait que le « mais » va tomber comme un couperet.)

Mais cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !

(C'est faux. Personne N'est obligé de rien. Il n'y a aucune pression pour que les femmes parlent et « balancent leur porc ». Aucun cas n'a été relevé de pression qui aurait été exercée pour qu'une femme dénonce quelqu'un. C'EST JUSTEMENT LE CONTRAIRE QUI SE PRODUIT ! Et cette tribune fait partie intégrante du phénomène. Il y a une pression, oui, sociale, culturelle, financière, économique, pour que les femmes ne parlent pas, ne se hissent pas au niveau des hommes, ne dénoncent pas les abus dont elles sont ou ont été victimes.)

Or c'est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie.

(Wow. Il faudrait inventer un point Goodwin du puritanisme. On nage joyeusement dans le non-sens ici. Le puritanisme n'emprunte pas systématiquement l'argument de la protection des femmes. Relire la Bible à cet égard permet de se rappeler qu'elle est vouée à être dominée par l'homme, qu'elle est souvent décrite comme impure, etc. Et pour ce qui est du « bon vieux temps de la sorcellerie », il a été démontré que nombre de procés en sorcellerie concernaient justement des femmes qui se défendaient contre des agresseurs sexuels et dont la société refusait d'accepter leur indépendance. Encore une fois, ne mélangeons pas tout.)

De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délation et de mise en accusation publique d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels.

(Et alors ? Chacun son tour. Je ne vois là rien de choquant. Des femmes qui parlent et qui refusent de se laisser faire. En revanche, employer le terme de « délation » tend à décridibiliser leur combat. Noter que la délation se pratique dans l'ombre et dans le secret. Ces femmes qui ont eu le courage de dénoncer leur agresseur se sont exposées et ont mis à la fois leur vie, leur carrière et leur réputation en danger. Il n'y a qu'à voir comment Asia Argento se fait copieusement insulter dans la presse dès qu'elle publie un texte ou une interview. Enfin, ces individus peuvent répondre et peuvent se défendre, par le même biais. Et s'ils ont été mis sur le même plan que des agresseurs sexuels, c'est peut-être parce qu'ils sont des agresseurs sexuels.)

Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d'un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l'attirance n'était pas réciproque.

(Le terme de « justice expéditive » est ici nauséeux. Encore une fois, ces hommes n'avaient pas à « toucher un genou, voler un baiser, etc. » De fait, ce passage me semble parfaitement ignoble en ce qu'il minimise sciemment la réalité vécue par L'ECRASANTE MAJORITE DES FEMMES DANS LEUR QUOTIDIEN. Peut-être n'est-ce pas le cas de Catherine Deneuve. Est-ce vraiment étonnant?)

Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment, au nom d’une conception substantielle du bien et de la morale victorienne qui va avec, que les femmes sont des êtres « à part », des enfants à visage d'adulte, réclamant d’être protégées.

(Alors là, c'est vraiment n'importe quoi. Que les religieux, fondamentalistes et réactionnaires en tout genre tentent de profiter de cette « fièvre », on peut l'admettre, oui, mais je leur souhaite bien du plaisir parce que, je le dis pour rappel, il n'y a rien de plus antiféministe que les « ennemis de la liberté sexuelle, les extrémistes religieux [et les] pires réactionnaires ». Enfin, merde, quoi ! C'est un non sens parfait que nous propose ici le texte de Catherine Millet. Si les femmes libèrent leur parole, en quoi ça aide les réactionnaires ? En quoi ça aide les fondamentalistes religieux ? Non mais vous avez craqué ou quoi?)

En face, les hommes sont sommés de battre leur coulpe et de dénicher, au fin fond de leur conscience rétrospective, un « comportement déplacé » qu’ils auraient pu avoir voici dix, vingt, ou trente ans, et dont ils devraient se repentir.

(Eh bien, non, personne n'est sommé de rien. Si les hommes le font, c'est parce qu'ils sont humains, justement, et que personne n'est tout blanc, tout noir, et que peut-être que certains d'entre eux, oui, ont eu un jour un comportement déplacé et que ça leur saute soudain à la gueule de s'en rendre compte. Qu'ils se repentent ou non n'est pas le problème. En revanche, le choix même du terme « repentir » indique justement que la rédactrice de ce texte gerbant n'a pas elle-même totalement compris sa propre relation à la religion.)

La confession publique, l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée, voilà qui installe comme un climat de société totalitaire.

(Mais bien sûr. Les femmes parlent des connards qui les harcèlent dans la rue, qui les insultent parce qu'elles disent non, ou qui les violent joyeusement, et c'est ça qui installe un climat totalitaire. Ce qui installe un climat totalitaire, c'est ce texte qui prétend nous convaincre que libérer la parole est dangereux.)

La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite.

(« Vague purificatoire » : mais bien sûr. Les femmes qui parlent en fin sont des croisées aveuglées par le goût du sang. Rien ne les arrêtera. Non mais c'est pas bientôt fini, les conneries?)

Là, on censure un nu d’Egon Schiele sur une affiche ; ici, on appelle au retrait d’un tableau de Balthus d’un musée au motif qu’il serait une apologie de la pédophilie ; dans la confusion de l’homme et de l’œuvre, on demande l’interdiction de la rétrospective Roman Polanski à la Cinémathèque et on obtient le report de celle consacrée à Jean-Claude Brisseau.

(Non mais là, ça mélange tout. En quoi est-il choquant que des communiquants se montrent trop frileux lorsqu'il s'agit de montrer des bites et des chattes ? Je ne dis pas qu'il faut censurer, je dis juste qu'il n'est pas rare que l'on cache des bites et des chattes sur des affiches de rue et que ça n'a rien à voir avec le fait que des femmes se décident enfin à dénoncer leur(s) agresseur(s). Le tableau de Balthus a été en effet censuré pour pédophilie. Quand on voit la toile, on comprend que ça pose problème mais surtout : quel rapport avec les femmes ouvrant leur gueule ? Il existe dans nos sociétés contemporaines un ordre moral et cet ordre moral, bien souvent court de vue et réactionnaire, s'insurge volontiers sur les apparences. Il se trouve que Balthus en est ici victime mais ça n'a rien à voir avec les femmes qui balancent leur porc. Ces femmes, justement, s'érigent contre l'ordre moral dominant, dont il convient de rappeler une fois de plus qu'il entérine la domination du regard masculin. Enfin, Polanski a violé une gamine de treize ans. C'est un fait. Je ne dis pas qu'il faut distinguer l'homme de l'oeuvre ou qu'il ne fait pas les confondre, ou peu importe la formulation. Pour tout dire, je m'en fous. J'aime au moins trois ou quatre de ses films et j'estime quand même qu'il doit répondre de ses actes devant une court de justice. Le problème, c'est que célébrer l'oeuvre de cet homme en cinémathèque ou ailleurs de son vivant implique justement de glorifier sa personne, et ça, ça fait chier. Mais quoi qu'il en soit, sa rétrospective a été maintenue alors quoi ? Le cas Brisseau est différent : il a été condamné, le gars. Alors, faut-il ou non séparer l'homme de l'oeuvre ? Eh bien ma foi, quand l'oeuvre se veut autobiographique, on est mal barré.)

Une universitaire juge le film Blow Up de Michelangelo Antonioni « misogyne » et « inacceptable ».

(Et alors ? J'ai lu l'article de cette universitaire et j'ai vu le film. Elle a raison. Surtout, elle ne porte aucun jugement aussi définitif et explique bien la distance qu'il existe entre notre vision d'aujoud'hui et celle d'antan, à l'époque où le film est sorti. Nous n'avons plus le même regard, elle en convient et s'interroge justement sur la relativité de ce regard moral sur les œuvres du passé et du présent. A aucun moment elle ne dit qu'il faut interdire Antonioni et se borne avant tout à poser des questions et à ouvrir des voies de réflexion.)

À la lumière de ce révisionnisme, John Ford (La Prisonnière du désert), et même Nicolas Poussin (L’Enlèvement des Sabines) n’en mènent pas large. Déjà, des éditeurs demandent à certaines d’entre nous de rendre nos personnages masculins moins « sexistes », de parler de sexualité et d’amour avec moins de démesure ou encore de faire en sorte que les « traumatismes subis par les personnages féminins » soient rendus plus évidents !

(Aaaaaaah, c'était donc ça !!! Elles sont vexées parce que leurs manuscrits ont été refusés ! Eh bien, je vous le dit comme je le pense, c'est petit. Réagir comme vous le faites en minimisant la violence vécue par les femmes pour une simple histoire de manuscrit refusé, c'est petit.)

Au bord du ridicule, un projet de loi en Suède veut imposer un consentement explicitement notifié à tout candidat à un rapport sexuel !

(Ce n'est pas ridicule. C'est triste et horrible. Ca nous permet de mesurer à quel point la situation est grave et ça signifie surtout qu'il y a trop de violeurs en Suède.)

Encore un effort et deux adultes qui auront envie de coucher ensemble devront au préalable cocher via une « Appli » de leur téléphone portable un document dans lequel les pratiques qu’ils acceptent et celles qu’ils refusent seront dûment listées.

(Quand on connaît les travers sexuels de Catherine Millet et de Catherine Robe-Grillet, on se demande ce qui les choque. De fait, plus qu'une boutade, ceci est probablement l'expression d'un fantasme de Catherine Millet.)


Ruwen Ogien défendait une liberté d'offenser indispensable à la création artistique. De la même manière, nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle.

(Que c'est bien dit ! La magie de la langue ! Mais jouer avec les mots n'autorise pas le grand n'importe quoi dans lequel s'est engouffrée cette tribune : définissez « importuner ». Je ne considère pas que le droit d'importuner une femme m'ait été franchement utile dans ma vie amoureuse ou sexuelle. C'est complètement con, excusez-moi de vous le dire.)

Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.

(D'accord. Et vous êtes qui, vous, exactement ? Des femmes arrivées, riches, d'un certain âge, dont l'entourage correspond à une frange raisonnablement éduquée. Alors oui, oui, je sais que des viols, du harcèlement, des cons, y en a dans tout les milieux mais : 1, vous prenez souvent le métro ? Les transports en commun ? 2 ose-t-on encore vous mettre au cul en public, madame Deneuve ? 3 vous arrive-t-il souvent de sentir le sexe en érection contre votre fessier ou le haut de votre cuisse ? 4 vous demande-t-on encore votre numéro de téléphone ? 5 si vous ne le donnez pas, vous insulte-t-on dans la foulée?)

Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n’est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une « salope » ni une vile complice du patriarcat.

(Peut-être, peut-être pas. Beaucoup trop de femmes ne dirigent pas d'équipe professionnelle. Beaucoup n'en dirigeront jamais. En revanche, elles sont bien trop nombreuses à être considérée comme des objets sexuels par non pas un homme mais bien des hommes, parfois d'illustres inconnus qui le leur font savoir de façon plus ou moins crue, violente, etc. Peut-être certaines jouissent-elles de cet état de fait mais une certaine considération pour les femmes que je connais m'incite à penser qu'il s'agit d'une infime minorité. Et c'est vous qui employez le terme de « salope », en l'occurrence, terme d'usage masculin s'il en est. En fait, mesdames les signataires, je suis désolé de vous le dire, mais vous vous positionnez comme les complices du patriarcat. Certaines d'entre vous ont contribué justement au maintien de cette domination masculine (Catherine Deneuve dans ses films et dans son adhésion sans faille à l'iconisation glamour propre à toute star du cinéma, Catherine Millet dans son livre très très mauvais dans laquelle elle se met en scène dans toutes les positions, Brigitte Lahaie en embrassant une carrière dans la pornographie, qui reste quand même une industrie littéralement dépendante du regard des hommes...) et vous confondez tout.)

Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit.

(Personnellement, je n'ai jamais vécu cette situation. C'est extrêmement rare pour un homme. Mais il y a frotter et frotter. Des dizaines de femmes m'ont rapporté non pas une mais plusieurs expériences traumatisantes vécues dans la rue, le bus, le métro, le train de banlieue, l'ascenseur, la queue à la caisse, etc. Qui êtes-vous pour leur dénier le sentiment de trauma ? Pour leur interdire d'en parler au nom de la défense de la liberté sexuelle ? Mesdames, vous êtes folles à lier.)

Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle voire comme un non-événement.

(Et là, on touche le fond.)

En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité.

(Je ne comprends pas en quoi ce « féminisme » dénoterait une haine des hommes et de la sexualité. En tant qu'homme, je ne me sens pas haï. Et nombre de ces femmes apprécient tout autant la bagatelle que celles qui refusent de parler. Ce sont deux attitudes différentes quant à la prise de parole mais leur sexualité n'est même pas matière à débat. Faut-il reconnaître ici l'argument typique des années soixante, inhérent à la notion de libération sexuelle ? Si tu refuses de coucher avec moi, c'est que t'es mal baisée ? Non mais ça va pas bien ? Faut-il y voir également l'expression typiquement masculine : va donc espèce de mal baisée ? En tout cas, c'est n'importe quoi.)

Nous pensons que la liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d’importuner.

(C'est idiot. Ca revient à poser une équivalence entre : « Ca vous dit de tirer un petit coup avec moi ? » et une grosse main au cul, du genre qui glisse bien le majeur dans la fente, juste pour l'avant-goût.)

Et nous considérons qu’il faut savoir répondre à cette liberté d'importuner autrement qu’en s’enfermant dans le rôle de la proie.

(Va dire ça à celles qui ont subi un viol. Vous connaissez le phénomène de « sidération » ? renseignez-vous et arrêtez de dire des conneries.)

Pour celles d'entre nous qui ont choisi d'avoir des enfants, nous estimons qu’il est plus judicieux d’élever nos filles de sorte qu’elles soient suffisamment informées et conscientes pour pouvoir vivre pleinement leur vie sans se laisser intimider ni culpabiliser.

(Gnagnagna, c'est très bien, mais si vous les élevez comme des princesses qui disent non mais qui pensent oui et qui aiment que les hommes leur demandent sans demander, eh bien ça marche plus du tout. De toute façon, c'est les garçons qu'il faut éduquer PARCE QUE C'EST QUAND MEME LE GROS DU PROBLEME!)

Les accidents qui peuvent toucher le corps d'une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle.

(Et là, on joue avec les mots pour se dédouaner d'un positionnement réactionnaire. En gros, on nous dit : « Bon, voilà, il faut les laisser faire mais sans se laisser faire parce qu'on est pas ses victimes. » Eh bien, j'ai surtout l'impression que vous passez trop de temps avec les mêmes personnes et que vous ne connaissez rien à rien. Dans la vie normale des gens normaux, il n'y a pas de safe word.)

Car nous ne sommes pas réductibles à notre corps. Notre liberté intérieure est inviolable.

(Alors ça, on va dire que c'est une licence poétique parce que vu le sujet du texte, c'est proprement odieux. On peut violer ton corps mais pas ton âme... Allez vous faire foutre.)

Et cette liberté que nous chérissons ne va pas sans risques ni sans responsabilités.

(Gnagnagna. La liberté passe par la lutte, n'en déplaise à ceux et celles qui voudraient que rien ne change jamais. A bon entendeur.)

= commentaires =

Weinstein     le 11/01/2018 à 17:27:07
le féminisme, on s'en bat les couilles.
Lapinchien


tw
    le 11/01/2018 à 17:40:37
Je trouve l'exercice original mais un brin fallacieux dans le procédé. En effet, on a l'impression d'un dialogue entre Mill et Millet alors qu'en fait il n'en n'est rien, l'impression d'un débat alors que c'est un détournement. Je suis assez d'accord avec ce que raconte Millet mais ceci n'a pas influencé mon avis. Il faudrait opposer correction de texte à commentaire de texte où l'on construit son propre argumentaire, avance ses propres arguments étayés alors par des citations. Ici ça fait un peu procès en l'absence du prévenu, un peu comme si on avait décidé de remplacer tous les points et les virgules par des CMB.
Mill


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    le 11/01/2018 à 17:41:16
Et il s'agit évidemment d'un "on" exclusif qui n'entretient avec le "nous" qu'un simple rapport grammatical de bon aloi.
Mill


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    le 11/01/2018 à 17:46:17
Je ne suis pas sûr qu'on puisse parler d'exercice. Je l'ai lu et commenté en direct parce qu'extrêmement agacé par les propos de Millet. D'un autre côté, je me suis résolu à le poster sur la Zone parce que le résultat contient tout de même un pourcentage assez élevé d'insultes et de gros mots.

En ce qui concerne le débat avec Millet, je ne suis pas sûr que Madame l'accepterait parce que je ne suis personne. Pour le reste, je me borne essentiellement à relever les contradictions inhérentes au texte, les raccourcis, les non sens et les contresens.
Mill


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    le 11/01/2018 à 17:46:33
Avec ma sensibilité, bien entendu.
Lapinchien


tw
    le 11/01/2018 à 17:50:29
Mais ce qui me dérange c'est d'avoir l'impression que tu commentes en découvrant le texte (même si probablement tu l'as lu avant de revenir dessus). Du coup, on dirait que tu l'interromps à tout bout de champ sans attendre qu'elle ait fini son argumentaire. Au final je suis d'accord avec vos deux points de vue qui ne sont pas antinomiques et je pense que son argumentation tiens la route dans sa globalité même si localement il y a des choses qui peuvent choquer.
Mill


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    le 11/01/2018 à 17:56:07
Oui, je comprends. En réalité, je commente effectivement en découvrant le texte mais tu sais comment on lit. Les pupilles ont toujours un paragraphe d'avance. Y a des va-et-vient. Je ne l'avais pas lu dans son intégralité. En revanche, j'en avais entendu parler dans la journée, ça c'est vrai, donc j'avais une bonne idée de ce qu'il racontait. C'est justement le détail qui me dérange. Mélanger les réactions à Egon Schiele, la notion de censure, les histoires de Polanski et Brissaud, etc., le tout au nom de la "liberté" et de la lutte contre un prétendu puritanisme, ça me paraît franchement osé. C'est oublier l'essentiel : on parle de femmes que la société a muselé pendant des siècles au nom d'un système de domination sociale et qui se décident enfin à parler publiquement. Je trouve qu'on vit un très beau moment historique et, à mon sens, ce texte de Millet vient tout gâcher.
Dourak Smerdiakov


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    le 11/01/2018 à 18:20:18
Je n'ai encore lu ni l'original ni l'article de Mill, et ma réaction spontanée face à la longueur de l'article, au sujet omniprésent depuis des mois dans les médias, et à son traitement apparemment premier degré : courage, fuyons, les Nenets s'en foutent. J'ai juste envie de signaler au passage que la signature de la tribune par Anne Morelli m'incline a priori à la confiance et à la sympathie.

Bref, je dois toujours lire le dernier texte de Mill, je commencerai plutôt par là.

Sinon, sur la question du procédé, il me semble que citer un texte par morceaux successifs pour y répondre point par point n'a rien de scandaleux. Légalement, ça pose sans doute problème car on finit par reproduire intégralement un texte soumis à droit d'auteur, mais moralement je ne vois pas le problème. Et si Catherine Millet ou Deneuve exige un droit de réponse sur la Zone, pas de problème (ouah, la pub d'enfer...).
Lapinchien


tw
    le 20/01/2018 à 14:20:46
https://www.youtube.com/watch?v=d4g-isZMBa0

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