LA ZONE -
Résumé : Putain j’ai l’impression de lire un remake de certains de mes textes. Malgré un début laborieux, Nagash lance un suspense intéressant, l'intrigue devient purement organique, laissant de coté toute considération annexe. C'est la viande elle-même qui est le véritable héros du texte et ça j'aime, bordel de merde. Y a des bons moments et des moments chiants, c'est assez confus au niveau du style, mais globalement ça tient largement la route et on prend sa dose de plaisir ça et là au cours du texte.

La peur au ventre

Le 05/05/2004
par Nagash
[illustration] Bercée par la chaleur humide qui régnait en son antre, la créature se recroquevilla encore davantage sur elle même .La conscience endormie par la langueur des eaux troubles caressant son être, elle se retranchait toujours plus profondément sans son immobile sérénité ,dans ce bonheur cataleptique sans manques ni attentes. Un bien être contenu tout entier dans cet élixir qui, sans interruption , se déversait en ses artères par un câble aux sources mystérieuses. Dorlotée par le plaisir immédiat d'un sommeil en dehors du temps, elle était loin de se douter du tumulte qui naissait à quelques mètres de là..
Le silence rougeoyant fut interrompu par des bruits sourds qui vinrent percuter les parois rassurantes de son abri, ils se faisaient de plus en plus insistants, de plus en plus proches ..de plus en plus menaçants.
Des voix étouffées se multiplièrent ,semblant venir de nulle part et de partout, elles inondèrent son système auditif pour l’extirper de sa somnolence extatique ,traversant les multiples couches qui jusqu'ici l'avaient protégée de l’autre monde.
Les bruits se rapprochaient ,les parois de sa demeure semblaient se resserrer .Pour la première fois la créature se sentit prise au piège ,elle éprouva ce sentiment qui plus tard deviendra sa compagne quotidienne .Le doute et l’angoisse se répandaient en elle .Pour la première fois elle avait peur..

Sablier moderne d’une époque où les sages ont troqué leur calumet contre une blouse blanche et des diplômes encadrés. Une clepsydre froide et machinale, dépouillée du sens sacré qui aurait pu l’habiller en d’autres temps. Rien de plus qu’un écoulement de liquide annonçant à qui le veut l’échéance de la fin.
Voilà ce à quoi pensait le vieillard tandis qu’il observait son goutte à goutte se vider peu à peu. Il se demanda s’il tiendrait jusqu’à la prochaine dose de morphine. Encrassé jusqu’à la moelle par cette foutue tumeur, il savait qu’il n’en avait plus pour longtemps.
Il était en train de payer les excès qui avaient ponctué sa vie, ironie du sort ces mêmes excès qui étaient en train de le tuer l’avaient aidé à supporter son existence ,pas à l’aimer, mais juste à rendre son absurdité moins pesante.
Il n’avait même plus la force de lever la tête, c’était d’ailleurs pas plus mal ,il se passerait très bien de la vision de son misérable corps .Le tableau de son passé qui, interminablement , défilait devant ses yeux était déjà un spectacle suffisamment lourd, et ses rares souvenirs lumineux ne faisaient que le replonger encore davantage dans les ténèbres.
A ceci s'ajoutait l’humiliation d’être revenu au stade de nourrisson, totalement dépendant de Mère Science: plus de pudeur, plus de volonté, des tuyaux semblant être prolongement de son corps, des apports nutritifs rentrant par les cathéters, de l’urine sortant par la sonde.. voilà ce qu’il était devenu, un amas de chair attendant que ses fonctions vitales cessent de fonctionner, un vulgaire ensemble d’atomes à destination du néant.
Mais peut être que ça il l’avait toujours plus ou moins été. Sa vie durant, telle une machine de souffle et de sang, il s’était consacré à un travail mortellement ennuyeux pour survivre, ceci afin de continuer à travailler. Tout ça pour se retrouver là, dans ce lit à cracher ses poumons. Mais au final à quoi rimait toute cette mascarade ?
Et maintenant la machine était sur le point d’afficher « game over »..

« BAM !BAM !BAM ! »Des coups sourds se mirent à résonner ,faisant vibrer les parois de sa demeure en un tempo toujours plus rapide et oppressant. D’où venait ce bruit ?Son origine semblait être très proche. Sur ce battement vint se greffer un autre battement, plus léger, plus rapide. Le peu de sérénité qui restait à la créature s’envola lorsqu’elle s’aperçut que ce second rythme venait non pas d’un ailleurs ou d’un éventuel prédateur extérieur mais d’elle même, des profondeurs de son propre corps. L’affolement s’empara de la créature, la poussant à se débattre, emmêlant du même coup autour d’elle le fil, alors devenu chaîne, qui lui fournissait la vie. Les éclats de voix se faisaient toujours plus incisifs, taillant son visage en un masque de terreur. Les murs de sa cavité se resserraient contre elle, comme pour l’étouffer. Se déformaient elles sous le chahute ment de quelques créatures malfaisantes souhaitant la faire sortir de son trou pour en faire leur festin ?.. En rires moqueurs des bruits métalliques tintaient tout près des murs de son abri. Tout se figea lorsque retentit un cri suraigu semblant plus proche que les autres sons, si proche qu’il était impossible pour la créature de définir si il venait bien de l’extérieur.. ou de l’intérieur de son domaine.. le prédateur était il déjà dans ses murs ?? Ce qui jusqu’ici l’avait protégé était devenu son ennemi, il lui fallait à tout prix échapper à cette étau qui se refermait sur elle.. mais en y échappant, dehors ne rencontrerait elle pas pire ennemi ?

Planté sur son lit de mort le vieillard avait de plus en plus de mal à respirer, ses inspirations se faisaient plus courtes et saccadées comme si une force invisible appuyait sur son ventre ,le poids du destin lui semblait lourd .. son euphorie morphinique était par moment entrecoupée d’éclats de lucidité, de douloureux retour à la souffrance de son corps et à l’effroi de la mort. Par moment il ne ressentait plus rien comme si il était spectateur de cette agonie, et l’instant d’après il se retrouvait propulsé au sein même de son cauchemar. Son corps lui semblait plus que jamais être une prison, une geôle dont les parois se resserraient toujours davantage sur lui. Il y avait une issue bien sûr, mais ne débouchait elle pas sur le vide ?
Heureusement que la drogue coulait dans ses veines, était elle là pour lui faire oublier la douleur ou pour qu’il ne voit pas la Faucheuse approcher ?
Il aurait donné n’importe quoi pour une bouffée d’oxygène ,il se mit à envier tous ces gens qui avait ce trésor dans leurs poumons sans bien même se rendre compte de sa rareté.. Il aurait aimé remonter le temps, revenir à la fleur de l’âge.. mais la clepsydre ne coulait que dans un sens. La tristesse qu’il vit dans le regard de sa femme le brûla encore plus que ses poumons. Il n’avait plus qu’à regarder ce qu’il y avait face à lui. Que ce soit néant, démon ou ange, peu lui importait maintenant ,il fallait qu’il s’échappe de cette douleur ,c’était une question de survie.. de survie ? « Mourir pour survivre ?Oh délicate morphine tes charmes me font perdre la tête ».

La créature s’était débattue, mais l’amplitude de ses mouvements était maintenant devenu quasiment nulle, les parois de ce qui fut son abri étaient collées à elle.. et continuaient encore à se resserrer. Elle ne pouvait pas rester dans ce paradis devenu enfer, il semblait y avoir une anfractuosité au dessus d’elle, comme une petite ouverture. Poussée par la force archaïque de l’instinct elle se plaça pour mieux y glisser.. pour elle le monde était son antre, et son monde était en train de s’écrouler. Elle n’avait plus rien à perdre, et n’avait pas le choix, car de toute façon la force de compression des murs la poussait vers cette sortie.
Sa tête fut la première partie de son corps à s’aventurer dans cette espace inconnu, la pression qui s’exerçait sur sa boite crânienne lui semblait infernale, elle voulut reculer mais il était trop tard, elle était condamnée à passer dans ce rouleau compresseur. Son environnement commençait à lui paraître plus net, elle était en train de s’enfoncer dans une sorte de tunnel obscur. Son visage se déformât en un hurlement silencieux lorsqu’elle vit ce qu’il y avait au bout…

Le vieillard avait maintenant l’impression d’être en apnée, il ne parvenait plus à respirer, la douleur le transperçait de toute part, il voulait que ça cesse, il voulait en finir, si il en avait encore eu la force il aurait supplié les infirmières de l’achever, il se serait débattu comme un damné face à un ennemi intangible. Les murs de sa chambre ne lui avait jamais paru aussi froids, chaque vision était un cauchemar glacial avec en fond sonore la douleur et la peur.. cette peur dont l’épicentre semblait être son estomac et qui résonnait tel un chant macabre jusqu’à la surface de sa peau. Il aurait voulu cracher le peu de vie qui stagnait dans ses entrailles et qui était devenu son enfer, se débarrasser de ce vêtement ridicule de disfonctionnement qu’était sa chair malade. Comme pour répondre à ses requêtes sa douleur cessa, l’infirmière l’avait elle réapprovisionné en népenthès artificiel? Pourtant il ne l’avait pas vue passer.. Son regard s’immobilisa sur une tâche au plafond ,un petit défaut qui lui parût d’un coup d’une beauté rare, aussi rare et belle que l’éphémérité d’une vie, erreur dans l’immensité intemporelle de l’univers. Sa souffrance passée se noya dans une sérénité sans égal. Dans ses artères meurtries les vagues acides du Styx laissaient peu à peu place aux flots doucereux et amnésiques du Léthé.. il se sentait vraiment bien.. il était heureux…La tâche au plafond sembla croître, il avait l’impression d’être à quelques centimètres d’elle. Il voyait ses moindres imperfections, ses moindres reliefs, elle ne semblait plus être une épaisseur sur le blanc du plafond mais au contraire une brèche laissant entrevoir une infime partie d’un infini aux promesses mystérieuses.

Une lueur blanche se présentait au dessus de la créature terrifiée. D’abord timide elle gagnait sans cesse en intensité et en grandeur, cette luminosité violait ses globes oculaires , les cris aigus qui semblaient en provenir lui cisaillaient les tympans. Le froid de cette lumière lui poignardait le corps tandis que les parois du tunnel l’oppressaient toujours plus. Quelles monstruosités se cachaient dans cette lumière ?
Soudain la lumière disparut la replongeant ainsi dans l’obscurité, bloquée par quelque chose qui s’était présenté au bout du tunnel et qui, après quelques secondes d’inertie, s’était mis à ramper vers la créature apeurée, au sein même du couloir. Avec la luminosité s’éteignirent les bruits, seuls les frottements lents d’une reptation demeuraient dans le couloir étroit. Dans le noir la créature s’immobilisa dans l’espoir d’échapper à la chose..

La tâche sombre au plafond continuait de s’étendre, déployant des tentacules sur les murs vers sa proie telle une pieuvre affamée. Le vieillard était face à ce qui avait été l’obsession de sa vie , sa plus grande peur, sa plus grande ennemie.. et pourtant il n’avait jamais été aussi bien, cette auréole versait son lait noir dans la pupille du mourrant ,caressant sa rétine, s’invitant dans la chambre postérieur de l’œil , pénétrant sa macula pour traverser le nerf optique jusqu’à son cerveau et sa conscience. Le noir de l’Intrus se répandaient sur le sol, tout autour de son lit.. puis entama l’escalade pour absorber la blancheur des draps. Tant de noir, encore plus que dans la vie, l’Outre Tombe serait elle drapée d’obscurité ?..

Apres quelques secondes les bruits de l’intrus s’étaient estompés … l’espoir d‘échapper à la fatalité eut à peine le temps d’effleurer l’esprit de la créature que des pinces géantes la saisit de chaque côté de sa tête, exerçant une pression infernale sur sa boite crânienne.. l’étouffant, l’immobilisant pour en avoir une totale possession afin de la tirer vers une destination inconnue, de la guider vers un enfer glacial. Quelle était donc cette nouvelle sensation qui résonnait dans sa chair et ses os?..C’était la douleur, carton d’invitation pour l’autre monde..
La créature sentit un froid habillé de sons stridents courir le long de son visage Son corps, peu à peu, sortit de sa cavité, entouré d’une lumière à l’éclat insondable et à l’aura glaciale. Résignée ,elle ferma les yeux, en attente du terminus …

Le noir était maintenant sur le pauvre hère, englobant avec une implacable efficacité ses cinq sens. La lumière du soleil laissait donc place à l’obscurité de la nuit ?Tandis qu’il sentait l’essence de l’univers envahir ses entrailles un point blanc apparut au milieu du plafond noir. Ce point exerçait une force d’attraction sur lui, l’attirant dans un tunnel aux murs impalpables. Il se sentait aspiré par cette fêlure, pourtant son corps restait cloué au lit, mais une partie de lui semblait s’évaporer, se diluer dans quelque chose d’immense.

Les mandibules du Prédateur inconnu continuaient de tirer la pauvre créature vers cette brèche. Une brèche qui, pour la créature n'était autre que la gueule béante d’un monstre affamé et jaloux de son bonheur passé. Face à ce qui serait probablement sa fin elle se découvrit une nouvelle aptitude :la mémoire. Elle se souvint de ses sensations perdues, de son euphorie continue avant que l’Intrus de lumière ne vienne la prendre. Sensations quelle recherchera encore ,encore et toujours..

Une vision se présenta au vieillard :un corps rachitique immobile sur un lit. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que ce corps n’était autre que le sien, il fut frappé de stupeur de voir comme son corps était disloqué, et pourtant il se sentait léger. Tout cela lui paraissait si.. dérisoire.

L’être était maintenant tout entier dans la gueule blanche du monstre.. autour de lui un froid métallique.. des cris (d’autres prédateurs ?).. des bruits d’outils barbares.. des êtres sans visages.. des pinces qui sectionnent le câble bienveillant, dernier vestige de son ancien monde..

Virevoltant dans une apothéose hallucinatoire , le vieillard vit briller une mélodie aux saveurs cristallines, entendit sonner une fantasmagorie de couleurs dansantes et vit se mêler sans limite le haut et le bas. Aspiré par ce gouffre blanc à la chaleur protectrice, dorénavant plus rien ne comptait si ce n’est le retour à un bonheur oublié, à l’Essentiel.. et doucement son cordon intangible céda sous la main du Destin..

Dans une pièce ,des pleurs de joie autour d’un nouveau moi.. quelque étages plus haut, des sanglots et des larmes de désespoir s’écrasant sur un toi inerte…entre les deux des couloirs fourmillant de morts en sursis et de vivants condamnés, errant , tournant , se perdant, dans les dédales de leur existence pour échapper au Prédateur et retrouver son siamois le Créateur.. en quête de l’originel et de l’oubli.. pour ne plus entendre le terrible tic tac qui résonne dans leurs entrailles, irrémédiablement …

= commentaires =

nihil


-void-    le 05/05/2004 à 17:38:31
Impossible pour moi d’être objectif sur ce texte et de faire une critique qui tienne la route mais j’ai plein de trucs à en dire. C'est bien simple j'ai eu l'impression de lire un remake d’Arch-Nemesis (http://zone.apinc.org/article.php?id=589), avec le coté jouissif de voir son univers propre utilisé par quelqu’un d’autre et le coté désagréable de le trouver quelque peu trahi. Avec l’impression hallucinante de lire ses phrases, ses mots en version ré-agencée par quelqu’un d’autre.

Du coup c’est dur pour moi de critiquer le texte, mais ce qui me vient en tête c’est que par moments le suspense monte pas mal, on se laisse bercer tranquillos par certains passages sans forcément chercher à les comprendre, on admire des paysages organiques en pleine confusion sans chercher le pourquoi du comment et ça c’est agréable.
A d’autres moments c’est l’inverse, on manque trop de repères sur ce qu’il est en train de se passer et du coup on passe au travers (surtout les premiers passages concernant le fœtus), y a trop de métaphores à la suite les unes des autres (et on sait pas toujours à quoi les métaphores s’appliquent). Ca cherche trop à prolonger le mystère, du coup on décroche jusqu’au paragraphe suivant.

Ma première idée était que la tumeur du type était comparée avec un fœtus en train de naître, ça aurait bien été mon genre de truc ça. A environ la moitié du texte j’ai compris le coup : la mort d’un mec mise en relation avec la naissance d’un autre. Du coup, une fois qu’on a compris, le reste se lit tout seul, c’est moins pénible que le début, d’autant que la taille des paragraphes se réduit progressivement, ce qui donne un rythme sympa.
C’est con que la fin réserve pas de surprise supplémentaire mais ça gaze, c’est bien foutu, j’aime bien. Moi j’imaginais la prise de pouvoir du chaos sur l’ordre comme dans mes textes, pas l’exaltation de la bonne marche des choses, mais le coté irrémédiable du destin des vivants, l’aperçu glaçant de leurs vies apparaissant et disparaissant en un souffle remplace largement.

Je trouve pas ça particulièrement bien écrit (carrément trop confus dans le style), mais le langage médical employé à des fins littéraires me fait toujours autant bander, surtout accouplé comme ici à la souffrance et au malaise. Y a des trucs que j’adore genre la perfusion comparée à une clepsydre.

Bon, je m’enfonce, je peux pas être objectif sur ce texte : je l’aime et je le déteste. Commentaire suivant svp.
Aka


    le 07/05/2004 à 08:37:32
Tout d'abord : ne pas lire le commentaire de nihil, ça nuirait à mon objectivité. Désolée donc si il y a quelques répétitions avec ses dires.

Ensuite, en cette période d'oscours concernant les premiers textes de certains auteurs, je tiens à te dire toute mon admiration Nagash pour la qualité du tien.

Passons au commentaire à proprement parler.

Pour le remake, j'avoue que je m'attendais à pire. On retrouve l'idée du vieillard mourrant du cancer (ça va aller, c'est la première cause de mortalité au monde) et l'aspect tentaculaire de la progression (l'image sur le plafond etc...). A part ça, très sincèrement, je n'ai pas eu l'impression de relire du nihil. Les métaphores (assez lourdes parfois soit dit en passant j'avoue), l'imaginaire et le style sont très différents.

Sur le texte en lui-même, j'avoue être mitigée. Je ne cacherai pas que j'ai passé une majorité de ma lecture à m'ennuyer et du coup à m'occuper à relever cette manie que tu as à mettre l'espace AVANT la virgule. Ah psychorigidité quand tu nous tiens...
Cet ennui je l'explique facilement par la répétition d'effets que tu veux produire et la longueur de certaines descriptions qui n'étaient pas pertinentes à mon gout (ça y est je commence à me la péter, veuillez me pardonner il est tot).

Pour l'histoire en elle-même j'avouerai être assez agréablement surprise. J'ai d'abord cru que la "créature" était la tumeur, puis la tumeur symbolisée par un foetus. Bon ok c'est tordu, mais franchement ma vision des choses fait vachement moins carte postale que tes dernières lignes en italique. Mais encore une fois je chipote.
J'ai passé de très bons moments aussi comme le paragraphe avec la clepsydre (très belle métaphore d'ailleurs pour la perf'). Je dois être plus touchée par les douleurs psychiques que physiques.

En résumé, c'est pour moi un texte qui aurait mérité d'être un peu plus court. L'originalité et les images frappantes sont parfois noyées sous un style un peu bancal et des longueurs. La construction des paragraphes est assez hasradeuse même si ça s'arrange vers la fin. En même temps je me fais très sévère car pour un premier texte c'est vraiment très bon.
Bref un auteur pour qui je fais plus de cinq lignes de commentaire (surtout à 8h30 du mat'), c'est que j'attends la suite de ses écrits avec impatience.

Ah oui aussi, je ne sais pas qui a choisi l'image de l'auteur ou du rédacteur en chef, mais franchement elle colle super bien au texte et je la trouve assez terrible. C'est vrai quoi, on en parle pas assez de ces images...
Kirunaa


    le 09/05/2004 à 15:12:42
J'ai lu le commentaire de nihil avant de lire le texte. Peut etre pas une bonne idee car du coup je me suis pas posé de question sur l'identité des deux personnages.
Je pense que sinon j'aurai effectivement été un bon mouton et cru que le foetus etait une tumeur.
J'aime particulièrement la façon dont le plafond irradie l'obscurité et se referme avant de se rouvrir sur le point blanc.
J'aime bien aussi la taille des paragraphes qui diminue pour accélérer le rythme de la narration. Ca c'est pour la forme.
Par contre, sur le fond, je suis sceptique sur les pensées du foetus. Il n'a quasiment aucune notion du monde exterieur mais possède quand même le concept de prédateur. J'aurais préféré une peut pure et simple de l'inconnu. Il n'y a non plus aucune références aux sons prénataux, et pourtant c'est bruyant là dedans... Y aurait eu moyen de faire des trucs pas mal avec l'accélération du rythme cardiaque de sa mère, ses cris etc, percus de l'intérieur. Je me doute bien que la référence à la lumière est là pour balancer l'obscurité du vieux, mais j'aurai préféré plus de sonore.
C'etait la minute "même Kirunaa fait des commentaires des fois"
Kirunaa


    le 09/05/2004 à 15:14:55
Prière d'être aveugle à la quantité effroyable de typos et vraies fautes dans le commentaire ci-dessus, merci.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 09/05/2004 à 18:42:09
Transmigration des âmes ? beurk.
Lapinchien


tw
    le 10/05/2004 à 12:12:42
Apres l'ami imaginaire, l'homme cannibal, et celui qui à repris le flabeau, votre serviteur, je suis heureux et fier de passer la main à Nagash. Il devient la nouvelle MISS voix interieure officielle de nihil 2004, et haut la main en plus... Vous captez toujours la cinq dans le bouquet schizo-channel directement dans vos tronches, et Jean Claude Bourret vous inspire les mêmes histoires... à moins que çà soit un remake de Arch-Nemesis ?

Je rappelle que le cancer, ce sont des cellules rebelles qui decident un jour de se désolidariser de l'organisme qui les a engendré, exploité , asservi... des cellules anarchistes en quelque sorte... c'est plutot sympatique au premier abord non ? Pourquoi en faire une peinture aussi sombre ? En ce qui me conserne j'attend avec impatience le jour ou je pourrais m'en faire un chtit animal de compagnie... Allez ! va chercher la baballe mon tit cancan !
Vassago


    le 10/05/2004 à 17:32:23
Je suis sur d'avoir lu ca avant mais je sais plus où... Peut etre c'est le theme qui fait ca, j'ai du lire trop de truc sur la reincarnation :|

Bref. Je suis d'accord, le bébé (quel horreur...) aurait un sens innée de ce qu'est la prédation? Tout le monde n'est pas comme Lovecraft, a meme de decrire quelquechose de tellement etrange et inconnu que ca en devient terrifiant. Exercice périlleux.

Malgré tout j'aime bien le concept, toujours interessant, mais le traitement manque de panache. On comprend un peu vite le truc (meme Aka a compris assez vite, c'est dire!!!) et surtout c'est trop long. Ya pleins de paragraphes qui pourraient etre épurés et collés ensembles. Et jsuis decu du traitement vieillard-bébé, meme le plus pourri des navets cinématographique n'aurait pas utilisé un truc si éculé. Enfin bon ca donne un sryle...

La fin en italique m'a fait gerber... Pourquoi le gamin ne serait il pas destiné a la DASS, aux orphelinats et a une vie de misere parmis les educateurs pédophiles, brinqueballé d'une famille d'accueil à l'autre, enfermé dans des placards et battu au ceinturon par son pere adoptif? Des gens qui pleurent le vieillard? J'aurais pourtant juré qu'il etait seul dans la piece... Où est l'équipe de réanimation et l'acharnement thérapeuthique? Où est le docteur Romano et son scalpel, prêt a inciser pour recuperer les quelques organes encore valable pour les revendre au marché noir?

Enfin bref... Je me serais bien passé de la fin...
Vassago


    le 10/05/2004 à 17:35:40
Euuuuuuh... En gros jvoulait dire, la mere est ptet pas contente d'avoir un gamin, et peut etre que les heritiers du vieillard sont contents qu'il creve enfin, ils vont pouvoir toucher l'heritage... Y'a pas un autre endroit que theme-obscur pour ranger ce texte? Personnellement je trouve qu'il respire la bonne humeur...
nihil


void    le 10/05/2004 à 19:21:06
Toi tu ferais mieux d'envoyer des textes au lieu de jouer aux apprentis redac chefs débiles, je m'en sors très bien à deux (oui je rappelle que je suis deux redac chefs)
nihil


void    le 10/05/2004 à 19:55:44
(et pour Aka, si c'est pour pondre des trucs comme ça, tu ferais mieux de lire mes commentaires et de répliquer par "pareil", histoire que les gens continuent de croire qu'on est deux personnes distinctes et que j'ai de vraies relations sexuelles équilibrées avec une personne non-imaginaire)
Nagash


    le 11/05/2004 à 01:19:22
Oui c'est vrai ça,autant moi j'ai pris soin de brouiller les pistes pour pas qu'on sache que je suis toi (sans ta comparaison avec Arch-némésis les autres n'y auraient vu que du feu) autant Aka a déconné sur ce coup,sans compter la délation de Lapinchien.On va finir par se retrouver à l'HP avec vos boulettes.

La tumeur symbolisée par le foetus?C'est pas con.C'est assez tordu(plutôt normal venant de la part de zonards),mais ca aurait pu.D'autant plus qu'il y a en effet un parallélisme entre la tumeur et le foetus,les deux grandissant dans un corps et se nourrisant de l'énergie de leur porteur.Par contre l'un mène à la destruction,l'autre est création.
Il y a en effet quelques points ressemblants avec Arch-némésis.Notamment l'altération de l'état de conscience à l'approche de la mort,aux visions,aux doutes concernant ces dernières(illusion ou réalité?),à la descente toujours plus profonde dans les dédales sombres et puants de la folie,pour qu'une fois arrivé dans les bas-fonds du sordide,l'on s'aperçoive qu'il s'y cache une brèche de lumière.
Il y a aussi en commun l'aspect tentaculaire de la "chose" et l'angoisse quasi claustrophobique liée à la chambre d'hôpital et à ses murs.En fait la ressemblance réside plus dans l'atmosphère que dégagent certains passages que véritablement dans des notions précises.
Mais la seule véritable similitude reste le cancer et l'appréhension du mec face à sa maladie ainsi que certains aspects du final.Mis à part ces détails la trame et le style sont très différents.

Puisqu'on parle du style,je suis assez d'accord avec la remarque d'Aka.C'st par moment assez lourd et redondant du fait de ces répétitions pas forcément utiles.La structure des paragraphes est volontairement décalée afin de ne pas rendre le parallélisme entre les deux situations trop carré et évident.
Par contre les "métaphores" dans les passages du foetus n'en sont pas véritablement dans la mesure où ce ne sont que des descriptions épurées de ce que peut ressentir et interpréter le foetus(même si en fait ses ressentis finissent par devenir symbolique du monde).Vous allez me dire:Ouais mais comment il peut avoir des concepts si il connait rien?

C'est là que j'en viens à la remarque de Kirunaa et de Vassago.
Avant que l'homme devienne le prédateur ultime(y compris pour lui même) tel que nous le connaissons actuellement,il a eu le temps de graver dans ses gènes durant des millénaires d'efforts pour survivre et pour échapper à ses prédateurs des archétypes instinctifs,une sorte de "mémoire" collective,inconsciente et innée.
C'est ainsi que le forceps devient pour le foetus,en accordance avec l'héritage instinctif de ses ancêtres, des pinces ou des mandibules d'un quelconque prédateur.
D'ailleurs le mourrant,alors qu'il a eu toute une vie pour se construire une conception de la mort,se retrouve au final au même stade que le foetus:la peur devant l'inconnu.La différence est qu'il prend un chemin inverse:il se remémore sa vie pour tenter d'élucider le pourquoi de sa mort..puis peu à peu il se laisse submerger par les sensations,il se laisse bercer juste par les ressentis,il se fout de tout.Au contraire le foetus passe d'un stade empirique pur et dur à un stade conceptuel,il se retrouve obligé de réfléchir face à l'inconnu,c'est là le début de sa souffrance.

Mais ceci reste une facon d'aborder le sujet parmi tant d'autres.Et comme tu l'as dit il aurait en effet été interressant de tenter d'épurer encore davantage les interprétations du foetus pour atteindre l'angoisse dans sa forme la plus pure face à l'inconnu.
En ce qui concerne les bruits,puisque tu parles des battements de coeur de la mère et de ses cris,j'y fais référence au troisième paragraphe("Tout se figea lorsque retentit un cri suraigu semblant plus proche que les autres sons, si proche qu’il était impossible pour la créature de définir si il venait bien de l’extérieur.. ou de l’intérieur de son domaine..","Des coups sourds se mirent à résonner ,faisant vibrer les parois de sa demeure en un tempo toujours plus rapide et oppressant").

Mais c'est vrai que j'aurais pû jouer un peu plus sur le panel sonore.
A noter que l'ensemble des sons qui apparaissent dans le texte sont de nature stridente et aigüe.Ces sons paraissent inédits au foetus dans la mesure où jusqu'ici il n'avaient entendu que des sons de nature grave,les parois utérines ne laissant passer que les sons de basses fréquences.Là les sons aigüs lui parviennent par l'ouverture récente de l'utérus ce qui accentue le côté "agression" sans compter la luminosité soudaine alors qu'il était habitué à la douceur tamisée de son abri.Tout cela fait qu'il se sent agressé,et qui dit agression dit agresseur,donc prédateur dans le schéma instinctif.

Ouais Lapinchien,les cellules cancéreuses sont des cellules rebelles..mais pas n'importe quels rebelles,ce sont des conquérants,des anarchistes voulant devenir dictateurs.Ces insurgés s'étendent sans limite dans le but simple de prendre le contrôle de la machine.
Dans le texte le prédateur du vieux est le cancer et la mort,le prédateur du foetus la naissance et la civilisation..une civilisation s'étendant toujours et sans restriction,usant sans limite des ressources de son environnement pour se perpétuer,exactement comme la tumeur du vieux.Nous sommes chacun,à ce titre,les cellules de ce cancer à l'échelle planétaire.Les choses sont exactement les mêmes,seulement à des échelles différentes.(d'ailleurs dans Arch-némésis de Nihil ces concepts apparaissent aussi).Du haut de notre orgueil démesuré,est il encore possible que quelqu'un ou quelque chose fasse de notre civilisation-vampire son toutou?Hum...

Et oui Vassago,je sais que tu aurais aimé que je fasse ta biographie,mais bon ce sera pour une prochaine fois.
Bon moi je me suis arrêté à la mort et à la naissance et j'ai pas parlé de l'après(je n'ai pas non plus parlé de transmigration des âmes mon p'tit Smerdiakov).J'ai jamais dit que ce serait tout rose..bien au contraire...
Justement le gosse se retrouve dans l'arène,il gueule et il a jamais été aussi mal de toute sa courte vie.A côté de ça il y a ses parents qui sont super joasses (mais ca n'empêche pas qu'il ya des parents qui font la tronche à l'accouchement et qui pensent déjà au moyen de se débarrasser de leur petit parasite, mais bon faut pas déconner c'est pas non plus une généralité ).Parallèlement alors que le vieux a enfin atteint la sérénité et la libération,quelqu'un pleure son sort(pour savoir qui..c'est dans le quatrième paragraphe).C'est cet aspect paradoxal qui m'a interressé.Ses larmes de joie et de tristesse sont là pour se moquer des conceptions de bien et de mal et brouiller encore davantage les repères et faire comprendre qu'à l'instar du foetus nos conceptions sont incomplètes et nos valeurs du coup peuvent être faussées.Comme on est paumés et qu'on ne connait que la vie telle que nous la vivons on s'y accroche,exactement comme le foetus aimerait s'accrocher au cordon ombilical.D'où la notion de siamois pour parler du Prédateur et du Créateur..les deux étant la même chose:l'ordre naturel.


Dourak Smerdiakov


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    le 11/05/2004 à 11:07:23
Bon. Oui, j'ai lu en diagonale. Oui, dans le texte, les deux conscience restent distinctes l'une de l'autre, même si on les suit en parallèles et qu'elles évoluent toutes deux vers un gouffre blanc, perçu positivement ou négativement selon le cas. Oui, ce parallèlisme, dans ma hâte précautionneuse et circonspecte, qui me garde l’esprit sain au contact de bien des fanges verbeuses, m’avait semblé revêtir une signification plus métaphysique - mais aussi hérétique. Oui, j’ai donc cru que l’âme du moribond glissait dans le corps du nouveau-né. Merci de me rassurer.

Mais non, on n’a pas râpé nos bures sur les mêmes bancs, mon p’tit Nagash. Si tu vois ce que je veux dire. Et, non, je ne pense pas qu’un texte, surtout profane, devrait systématiquement appeler une glose de longueur équivalente. C’est peut-être bien un péché d’orgueil.
Nagash


    le 12/05/2004 à 14:08:20
"Si écrire,agir,c'est une manifestation de l'orgueil,ne pas vouloir écrire,agir,faire, ce peut être encore de l'orgueil."E.I.

Je suis une larme d'orgueil dans un océan de vanité,l'infime atome d'un Icare assoiffé d'altitudes suicidaires,le soupir d'hydrogène d'une étoile se prenant pour le soleil.Je ne suis qu'un aveugle parmi tant d'autres admirant une illusion collective.Un sourd parmi tant d'autres dont les oreilles meurtries vibrent d'un chant de sirène faisant l'éloge de sa grandeur,pour mieux lui masquer sa petitesse.
Le plus orgueilleux d'entre nous n'est-il pas celui qui se croit au delà des pitoyables failles humaines qui le rongent lui même?Les maîtres de l'orgueil ne sont ils pas les traitres déguisés en fidèles de Dieu qui se croient assez haut pour juger de ce qui est du domaine de la faute?
Amen mon frère(de vice)!
nihil


in the miKEEEZ    le 12/05/2004 à 15:23:35
Et je vous annonce qu'à la mi-temps de ce magnifique match entre les Miami Catholics et les Chicago Heretics vous retrouverez des animations inédites telles qu'un commentaire hilaratif de Lapinchien et bien d'autres...
Dourak Smerdiakov


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    le 12/05/2004 à 22:05:53
Certes. Frère, il faut mourir.
Taliesin


    le 14/08/2004 à 22:47:12
Ah, enfin une bonne nouvelle !

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