LA ZONE -
Résumé : L'anticipation de Lapinchien est toujours aussi hallucinante : brutale, gore, mystique. La partie économique, d'abord mise au second plan (sa meilleure place) revient en force dans la deuxième moitié du texte, sans jamais être pénible ou fumeuse, mais ça occasionne une certaine descente d'adrénaline. Une excellente lecture malgré le coté surexploité de l'histoire d'un fugitif en bute aux persécutions de l'appareil d'état.

C (troisième partie – chassés-croisés)

Le 01/05/2006
par Lapinchien
[illustration] Voilà une semaine que j’échappe aux chiens de chasse que l’Inquisition à envoyé me débusquer. Je me terre. Je déjoue du mieux que je peux leur vigilance mais çà ne pourra pas durer longtemps… Toute la ville sainte de New York est parée de millions d’yeux, de millions de relais qui analysent en permanence le contenu des puces citoyennes de tous les badauds qui arpentent ses trottoirs. J’ai pu me procurer une cagoule isolante au marché noir, mais je finirais par attirer tôt ou tard l’attention de patrouilles d’évangélisateurs. Etre l’arrière petit fils d’un suppôt du capitalisme ne m’a pas beaucoup aidé, au contraire. Ma famille est éclatée, certains de mes cousins ont même préféré changer de patronyme pour ne pas avoir à essuyer la honte que nous avons reçue pour seul héritage. Je ne dois mon salut qu’à Raspberry, un vieil indic avec lequel j’ai longtemps échangé des tuyaux dans le passé. Il m’a dégotté une piaule miteuse dans le Bronx et me ravitaille tous les jours. Je sais très bien que tôt ou tard il vendra la mèche à l’Inquisition pour empocher la prime sur ma tête, mais j’ai pu négocier deux semaines de trêve avec lui au nom de notre ancienne collaboration. Saloperie de constat pathétique : j’ai beau faire le tour de la question des centaines de fois, c’est bien la seule personne à qui je peux accorder ma confiance deux semaines durant…
Voilà qu’arrive le ravitaillement. J’entends Raspberry monter l’escalier pourri de l’hôtel de ses pas lourds de boiteux, reconnaissables entre milles. Impossible de survivre seul à New York lorsqu’on est fugitif… La moindre petite transaction passe par de l’argent complexe, les billets, les pièces n’existent plus, l’argent fiduciaire n’a plus la côte et personne n’en veut. Aussi tout achat, toute vente passe forcement par un certificat de transaction directement délivré par les puces citoyennes que nous avons tous dans nos tronches. Elles garantissent l’inviolabilité du système économique Dimitricien mais permettent aussi à l’Inquisition de connaître en permanence la position de toute personne. Aller de moi-même dehors, acheter ne serait-ce qu’un sandwich serait tout simplement suicidaire. Je serais localisé sur le champ et pulvérisé par les Inquisiteurs avant d’avoir droit à un procès posthume équitable.

- « Jack, à ce qu’il parait, l’Inquisition t’as déjà dégoté un remplaçant… », Raspberry a une façon de parler un peu rustre en plus d’un accent à chier, « Tu devineras jamais qui ils ont parachuté comme nouveau vicaire de Brooklyn ? »

- « Peu m’importe.. », Que j’ lui réponds alors que je le vois étrangement lorgner vers la porte d’entrée son visage constellé de gouttelettes de sueur, « Un connard aux dents longues, probablement, çà n’a jamais manqué de candidats. Ce poste est une manne et on m’a souvent traîné dans la boue pour me discréditer… T’as mes provisions au fait ?»

- « Ouais… Ouais… T’inquiète, vieux, Maman oiseau vient faire la béquée à son petit oisillon… », on peut être un indic de merde pourri jusqu’à la moelle et taper dans la poésie à chier à ses heures perdues, c’est pas incompatible apparemment, « J’ai acheté les produits que tu voulais… sinon pour ta gouverne, sache que ton remplaçant n’est autre que Darkhan Blitz, le neveu de l’archevêque que t’as zigouillé… Il ne rêve que d’une chose en ce moment, à ce qu’il parait : te botter le cul jusqu’à ce que mort s’en suive… Il l’a quant même grave en travers de la glotte que t’aies refroidi Torquemada… D’ailleurs perso, j’ me demande comment t’as fait pour t’échapper de ce nid de guêpes, qu’est l’hôpital de l’Inquisition sans y laisser la moindre plume…»

Cette fois Raspberry lance un regard de trop vers la porte alors qu’il retire son long manteau et je comprends à voir son arrière train trempé que soit il s’est pissé dessus, que soit il transpire anormalement du derche mais que dans tous les cas de figure, cette pute d’indic m’a livré à l’Inquisition. Des légions d’évangélisateurs cernent le patté de maison, des tireurs d’élite sont sur les toits et l’escalier de l’hôtel miteux qui me sert de planque grouille de vermine Dimitricienne armée jusqu’aux dents…

Je m’approche de Raspberry et je lui chuchote à l’oreille : « Les subterfuges dont j’ai dû faire preuve pour m’enfuir de l’hôpital, m’échappent en partie…» Je sais que Darkhan Blitz se trouve à l’autre bout des capteurs sensoriels de l’indic, que les yeux, que les oreilles de ce fumier sont truffés de mouchards télépathiques, que sa puce citoyenne est sur écoute. « Tu te souviens du trépané du Sanctuaire de Manhattan dont je t’ai vaguement parlé ? Son incantation terrible que ma mémoire avait occultée ? » Tout se dévoile clairement sur le visage de mon soi-disant complice, ses traits blêmissent, ils est horrifié : J’ai la curieuse impression d’être un trésor dans un coffre fort… En une semaine, la prime sur ma tête a triplé. Je n’étais qu’un bon placement pour Raspberry tant qu’il me tenait à portée de main, un objet de spéculation, en aucun cas un ami dans le pétrin qu’il fallait planquer… « Tu sais quoi, cher et loyal collaborateur ?», je lui lance çà dans un murmure, « et bien, je viens de me rappeler les grandes lignes de ses paroles magiques… » Au loin j’entends les échos de « Top » en série, la porte de la piaule tremblote, puis est prise de violents spasmes avant de céder sous les coups d’un bélier « Certains d’entre nous ne sont plus… Certains d’entre nous n’ont peut être jamais été… »

Un évangélisateur traverse le cadre de la porte, il pointe son pesteur phéromonal grésillant dans ma direction. Mais son regard est déjà vide, son nez est ensanglanté… Tous les assaillants branchés sur le canal télépathique ont pu entendre ma réplique, tous ont été contaminés par sa portée maudite, par son pouvoir inexplicable. Les deux bras de l’évangélisateur se désolidarisent de son tronc et je rattrape son arme au vol alors que le reste de son corps chute lourdement sur le parquet. Raspberry dégaine un fusil qu’il avait planqué dans sa longue veste mais il n’a pas le temps de s’en servir, il glisse sur les nécrophages qui traversent les lattes du planché, le coup du pesteur grésillant que j’ai alpagué au vol part soudain et j’arrose sa salle gueule de traître d’une pluie d’insectes bourdonnants… Les sacs des commissions que je lui avais commandées se déchirent en impactant le sol et laissent poindre une dizaine de bombes aérosols qui roulent sur le plancher. Dans le couloir, j’entends des chutes en cascade, les cliquetis de milliers de nécrophages surgissant de nulle part, se ruant sur les cadavres de mes assaillant avant d’en faire un festin… « J’ai pu neutraliser une armée entière d’une seule phrase… A quoi bon me planquer ? A quoi bon me poser tant de questions ? Il me suffit d’aller demander des comptes en haut lieu… Qu’est ce que je devrais craindre ?» Je crache à la gueule de cet enfoiré de Raspberry qui gît dans un coin de la pièce, à l’agonie, pris de convulsions. Il a un trou viandesque en lieu et place de son visage et dans sa chair mise à nue des dizaines de mouches pataugent et dépiautent les bouts de sa cervelle qui dégoulinent dans sa trachée… Je vois poindre une petite sphère métallique qui luit au milieu du hachis Parmentier. Je plonge ma main dans la mélasse pour l’extraire et m’en accaparer… C’est sa puce citoyenne, j’en aurais désormais un meilleur usage que lui.

D’un pas déterminé, je passe la porte en enjambant les restes des évangélisateurs mais à peine je pénètre dans le couloir qu’une salve frelonnante et bourdonnante me souhaite la bienvenue. « Petit enfoiré ! Traître à ta religion ! Je vais t’excommunier de mes propres mains et t’arracher ta puce citoyenne avec mes dents ! » Darkhan Blitz ainsi qu’une poignée de ses hommes à mystérieusement échappé au pouvoir de mon incantation. Je viens d’essuyer une grêle de moucherons qui se sont figés dans ma cuisse droite. Je hurle à la mort en me traînant vers l’intérieur de la planque en laissant derrière moi une marre de sang. « Bush le Paria, tu es une plaie démoniaque mais je m’en vais t’exorciser… tu vas regretter le massacre de l’hôpital de l’Inquisition, l’assassinat du grand commissaire aux comptes, mon oncle ! » le reste des troupes accourt en ma direction, sous les ordres de Darkhan, fou de rage. Leurs pas se pressent dans le couloir… Je me jette alors sur une des bombes aérosol et j’asperge abondamment ma plaie de citronnelle… L’effet est immédiat et mes douleurs prennent fin. Les moucherons meurent avant d’avoir pu me contaminer de leurs sécrétions létales… J’attrape tous les aérosols que je peux et j’en embrume la pièce… C’est alors que trois silhouettes se dessinent derrière la fumée insecticide… Je tousse et je vomis au moment où le peloton me mitraille de bourdons et de frelons. Cela semble interminable… mais les insectes enivrés par les produits chimiques en suspension dans l’air sont loin d’atteindre leur cible… Ils me frôlent, me contournent, battent des ailes et frelonnent, rasent les murs en rang rompu, font des manœuvres de contournement aléatoires, certains s’encastrent sur les murs placés sur leur trajectoire chaotique, d’autres se replient, rompent l’escadrille désordonnée qu’ils forment pour prendre de la hauteur avant de venir s’écraser en kamikaze dans les corps de l’indic et de certains des évangélisateurs… J’ai la chance de ne pas croiser la moindre des ces balles vivantes, je rends louange à St Gratien pour sa protection tout en me ruant sur le fusil de Raspberry… J’arrose tous ces visiteurs inattendus de vieilles bastosses à trajectoires rectilignes qui ne font pas dans le détail… Je répands leur cervelle dans le couloir et sans demander mon reste les yeux brûlés par les insecticides, je cours, je cours, je dévale les escaliers en roulé-boulé et fuis aussi loin que je peux de l’hôtel, de ce merdier infâme, sans même remarquer que je souffre de multiples fractures bénignes…

Et le discernement un peu corrompu par les neurotoxiques, je m’engouffre dans la foule des rues bondées de la Mégalopole. Je sème rapidement les silhouettes qui me poursuivent et je cours, et je cours, et je cours encore plus dans le flot des formes stéréoscopiques, dans leur grondement psychédélique puant… Tous ces gens fous de bonheur me débectent et d’ailleurs je vomis… Et dans mon délire, sous les effets de la drogue insecticide, je me vois gerber des thunes comme une machine à sous. « Nos tronches ne sont plus que des saloperies de tirelires ! » Qu’ils sont heureux tous ses badauds affairés à leurs trocs et leurs échanges salutaires… et plus ils consomment et plus ils achètent et plus l’économie est florissante et plus ils n’en n’ont rien à secouer d’être sous le joug de la dictature Dimitricienne car après tout quoi de plus adorable qu’une mère autoritaire, qui vous couve, vous choie et vous vous torche ? A quoi bon toutes ces anciennes libertés ? A crouler sous le malheur ? Nous ne sommes pas tous faits pour faire face aux responsabilités qui vont de pair avec la liberté. Nous n’aspirons qu’à l’assistanat, qu’à la vie la moins mouvementée possible, la plus équilibrée et la moins remplie de doutes et de remises en perspective… Les blessures nous horrifient… Ce qu’il nous faut c’est un nid douillet… Que tous ces fous aillent se faire foutre ! Je mènerais à terme ma croisade même si le prix à payer est d’apprendre à retrouver le goût du malheur…

En voilà un qui achète un jouet à un marchand itinérant : [10 ; 7] $ lui sont réclamés… C’est un jouet apparemment monté par les frêles mains de petits enfants en Chine… Il coûte 10 crédits réels… 7 crédits imaginaires lui sont donc demandés à titre compensatoire pour qu’à terme, le système évolue pour que cela change… l'argent récupéré sera reversé à des associations oeuvrant pour que les enfants ne travaillent plus en Chine et la chose changera…

En voilà un autre qui achète un paquet de café : [1.4 ; -3] $ lui sont réclamés, c’est un café issu du commerce équitable qui coûte 1.4 crédits réels… 3 crédits imaginaires sont versés par le vendeur au consommateur pour le remercier de consommer dans l’intérêt du groupe… Putains de points de fidélité sociaux !

En voilà un autre qui bosse dur pour mériter un salaire… Il recevra [1500 ; -200] $ à la fin du mois parce qu’il n’est qu’un employé de bureau à la con, qu’il œuvre surtout pour sa gueule et que son boulot n’a qu’une répercussion collective minime, légèrement négative en plus puisqu’elle engendre un peu de pollution… Du coup, il ne gagne pas assez de crédits imaginaires pour s’en sortir dans la vie vue qu’il en perd même un peu et il a besoin d’avoir un second taf à mi-temps… autrefois il aurait fait du bénévolat dans une association caritative visant au repeuplement des grizzlis dans les Appalaches… De nos jour, il fait toujours la même chose mais c’est un boulot reconnu à part entière et, puisque c’est la volonté du groupe, le bienfaiteur se voit attribuer un salaire de [0 ;1700] $ par une cascade de redistributions et d’aides compensatoires qui feront du bien à son pouvoir d’achat… notre homme en fin de mois avec ses [1500 ;1500] $ en poche est un citoyen responsable.

En voilà un autre qui gère une petite société de services… Le fait de donner du boulot à d’autres personnes donne le droit à pas mal de thunes imaginaires [3000 ;3000] $ voilà ce qu’il a en fin de mois sur sa fiche de paie… Il peut consacrer son temps à faire tourner son affaire puisqu’en offrant des emplois il participe déjà au bien être du groupe…

« Salopard de Dimitrius ! Tes enseignements ont ceci de pernicieux qu’ils ne peuvent conduire qu’au consensus de ceux qui autrefois se tiraient la bourre ! Et la séparation de l'argent personnel de l'argent collectif en circulation est ton grand coup d'éclat... Le fait qu'on ne puisse les échanger l'un contre l'autre pousse automatiquement les individus à s'investir personnellement dans les affaires sociales sans pouvoir les délèguer.»

Qu’ils sont horribles tous ces bienheureux… On se croirait au paradis ! Mais qu’auront-ils donc fait pour gagner le droit d’y accéder ? Comblés dans le moindre de leur désir dès la naissance par les potentiels de la nouvelle ère économique… Il n’y a plus de guerres, il n’y a plus de chômage, il n’y a plus de sans abri, il n’y a plus de misère…. Tous unis dans le système parfait, tous oeuvrant à la perfection de ce bas monde. « Mon dieu ! Mais à quoi donc nous sert cette vie charnelle ? Nous ne sommes plus soumis à la tentation ! Nous ne sommes plus soumis au pêché ! Quels que soient nos choix, ils ne peuvent être que les bons, puisque le système les encaisse et qu’au finish il les converti en bonnes actions pour le groupe… Comment sauras donc tu faire la part entre les justes et les damnés le jour du jugement dernier ? Sur quelles fautes nous condamneras-tu ? Sur quels mérites nous placeras-tu à ta droite ? »

= commentaires =

Ange Verhell


    le 01/05/2006 à 23:01:13
"...reconnaissables entre milles" : Dans ce bon gâteau j'ai trouvé une fève
Aesatruc     le 02/05/2006 à 12:56:15
Bercé par Johnny Knoxville et ses joyeux drilles, Lapinchien se sent obligé de lui faire un clin d'oeil et fait vomir son héros toutes les deux secondes.

A part ça, j'aime bien l'atmosphère "1984 dans ta face", "blade runner DTCS", bref, on a déjà vu ce genre de grotesquisation des oeuvres de contre-utopie à grand coups de flingue et de morts atroces dans Total Recall, c'est ça, ce texte c'est Total Recall, mais Rapsberry c'est Sharon Stone (après, les goûts de Lapinchien, hein).

Par contre pour les descriptions du mec bouffé par les insectes et pour la mise en place d'une ambiance complètement décallée, chapeau mon pti, c'est de l'art !
Aesatruc     le 02/05/2006 à 12:59:36
« Salopard de Dimitrius ! Tes enseignements ont ceci de pernicieux qu’ils ne peuvent conduire qu’au consensus de ceux qui autrefois se tiraient la bourre ! Et la séparation de l'argent personnel de l'argent collectif en circulation est ton grand coup d'éclat... Le fait qu'on ne puisse les échanger l'un contre l'autre pousse automatiquement les individus à s'investir personnellement dans les affaires sociales sans pouvoir les délèguer.»


J'ai pas cherché à comprendre le sens de la phrase mais je suppose que ça n'a pas trop d'importance et que c'est le but de rien piger à sa philosophie de marginal ?
Ange Verhell


    le 02/05/2006 à 13:40:58
Tu as l'explication par le Reading Ease Level de Rudolf Flesh:

RE = 206.835 - (nombre de syllabes x 100 x 0.846 / nombre de mots ) ( nombre de mots x 1.015 / nombre de phrases)

--> RE < 20 (sur 100)
Aesatruc     le 02/05/2006 à 17:33:41
T'es devenu trop nolife pour moi, je te quitte salope.
Ange Verhell


    le 02/05/2006 à 21:04:38
des promesses, des promesses...
Aesatruc     le 02/05/2006 à 21:56:54
ha ha, t'as des ailes vertes, ha ha, ha ha, ha...
Ange Verhell


    le 02/05/2006 à 22:11:09
Et toi t'en as pas hé hé hé ... je peux me casser, pas toi
Aesatruc Mime d'une descente.    le 03/05/2006 à 00:40:53
Ho ho ho, hé hé, hé, je vais te casser la maxillaire avec une clé de 14, hu hu hu hu, hi hi hi, ensuite je vais foutre ma pine dans ta bouche et je vais me vider la vessie, arh arh arh ahr.

Heu heu, hé, ha ha...
Ange Verhell


    le 03/05/2006 à 07:53:13
Voilà un pisseux qui sait pisser dans la bouche ? Avec une petite clé de 14 ?!!!

... Demande à voir
oh oh oh
nihil


    le 03/05/2006 à 12:45:22
Bougez de là les deux abrutis, y a dix à douze-mille personnes qui se pressent à l'entrée pour avoir l'honneur de commenter cet excellent texte.
Hyenne     le 03/05/2006 à 12:46:04
Qu’ils sont horribles tous ces bienheureux… On se croirait au paradis ! Mais qu’auront-ils donc fait pour gagner le droit d’y accéder ? Comblés dans le moindre de leur désir dès la naissance par les potentiels de la nouvelle ère économique… Il n’y a plus de guerres, il n’y a plus de chômage, il n’y a plus de sans abri, il n’y a plus de misère…. Tous unis dans le système parfait, tous oeuvrant à la perfection de ce bas monde. « Mon dieu ! Mais à quoi donc nous sert cette vie charnelle ? Nous ne sommes plus soumis à la tentation ! Nous ne sommes plus soumis au pêché ! Quels que soient nos choix, ils ne peuvent être que les bons, puisque le système les encaisse et qu’au finish il les converti en bonnes actions pour le groupe… Comment sauras donc tu faire la part entre les justes et les damnés le jour du jugement dernier ? Sur quelles fautes nous condamneras-tu ? Sur quels mérites nous placeras-tu à ta droite ? »



Ouais, pareil...


J'aime toujours bien ce truc.
Et tenais à le signaler après les deux ploucs qui n'ont toujours pas compris qu'il y avait un forum pour leurs conneries.
nihil


    le 03/05/2006 à 12:59:16
En même temps, faut bien que les commentaires servent à quelque chose... Vu la capacité commentatoire actuelle de nos adhérents, Aesatruc et Ange Verhell ont du supposer que la place était à prendre...

"la nature a horreur du vide" - Bernard Werber
"c'est pour ça que j'ai horreur de la nature" - nihil
"et moi que j'ai horreur de Bernard Werber" - Lahyenne
Aesatruc     le 03/05/2006 à 13:02:00
Bernard Werber c'est un suceur de queue qui s'la pète, j'ai lu tous ses bouquins.
Malax


    le 03/05/2006 à 13:33:28
Malheureux.
Aesatruc     le 04/05/2006 à 00:38:43
Malax.
Lapinchien


tw
    le 04/05/2006 à 10:43:22
« Salopard de Dimitrius ! Tes enseignements ont ceci de pernicieux qu’ils ne peuvent conduire qu’au consensus de ceux qui autrefois se tiraient la bourre ! Et la séparation de l'argent personnel de l'argent collectif en circulation est ton grand coup d'éclat... Le fait qu'on ne puisse les échanger l'un contre l'autre pousse automatiquement les individus à s'investir personnellement dans les affaires sociales sans pouvoir les délèguer.»

-cf. C1 : l'argent complexe distingue l'interet personnel de l'interet collectif. Son but est de reguler un systeme en permanence le faire tendre vers ce que veulent les differents sous groupes qui le composent. Il n'est pas possible d'echanger l'argent réel(argent individuel) contre de l'argent imaginaire (argent que l'on reçoit en oeuvrant dans l'interet du groupe)

-cf C3: apparement quand on est chef d'entreprise et qu'on offre du boulot aux autres on reçoit par une de cascade de redistributions des thunes imaginaires.

=> Ceux qui autrefois s'opposaient (ceux qui pronaient plus de social et ceux qui souhaitent un systeme plus liberal) trouvent un terrain d'entente de type win/win par le biais de l'argent complexe et du coup personne ne s'oppose à la mise en place de ce systeme car tout le monde est gagnant


Ai je éclairé ta lanterne ou te foutais tu de ma gueule et dois-je te la carrer dans ton fondement ?
MantaalF4ct0re


    le 04/05/2006 à 11:12:16
impressionnant ce texte, pas trop irréaliste en plus.
Aesatruc     le 04/05/2006 à 15:33:33
Trop intellectuel, LC, je préfère la lanterne.

Tu peux y aller, y'a déjà un flacon de poppers.
Dourak Smerdiakov


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    le 05/05/2006 à 14:01:55
Plus ça va, plus j'aime bien l'idée de départ de l'argent complexe. Lapinchien, président.

Pour le développement de l'intrigue, on ne sait pas très bien où on va, je n'arrive pas à savoir si ce n'est que le début d'une longue série ou pas. Comme un crétin, j'avais commenté le deuxième épisode comme si c'était le dernier... Mais ça roule pas mal. Sauf que je ne vois toujours pas ce que Bush vient faire là-dedans, mais qui vivra verra.

L'écriture me semble très bien dans l'ensemble, efficace, prenante - on s'emmerde quand même moins qu'avec les Digressions, faut le dire.... - mais avec des problèmes de finition. La phrase avec "je comprends [..] que soit, [..] que soit [..], mais que [..]" m'a paru lourde.
Nounourz


    le 15/06/2006 à 09:46:21
J'avais raté cet épisode, donc je l'ai lu à la bourre afin de me lancer dans le quatrième...

C'est toujours très bon, je commence peu à peu à saisir les rudiments de cette économie complexe et comme Dourak, je trouve l'idée pas mauvaise du tout.

+1 pour LC président !!

Sinon, le collabo-traire, je l'aurais plutot appelé "strawberry", juste pour placer un peu plus loin dans le texte qu'il pourrait plus ramener sa fraise.

*je sors*

direction --> C4 ! (boum)

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