LA ZONE -
Résumé : Citons l'auteur en commentateur de son oeuvre : "C'est une histoire de ce qui rentre dans quelqu'un ou dans quelque chose." Sinon, aujourd'hui, j'ai lu que Houellebecq aimait bien Sarkozy. Il aime bien dire des choses ignobles, Houellebecq.

inclusions

Le 04/09/2008
par Erruer
[illustration] Elle est entrée dès le premier jour comme une épingle dans le sein de la couturière, qui ressort par la cuisse, mais elle n'est pas sortie. Elle était trop fine - accordée aux filaments des chromosomes.
Elle a commencé son trajet au hasard, semaines après semaines, d'adventice en fascia, de glomérule en pie-mère.
Elle y inscrivait toute une vie de pertes, et d'avancées, elle pouvait entrer partout.
Elle l'aimait comme une mère, suçant ses os la nuit dans les rêves, mais seulement les plus petits. Elle semblait ramper parfois sous le coton blanc des oreillers.
Il se réveillait à demi. La chambre avait changé de couleur dans l'obscurité. Un silence comme un ver luisant passait derrière ses conjonctives, allumant quelque chose de fictif, la sueur perlait avant qu'il ne verse à nouveau dans l'inconscience.
Mais il ne savait rien d'elle en général, vivant.
Elle sortait pourtant à l'occasion, s'étalait alors sur les murs comme une colle, tandis qu'il baissait les yeux dans la lecture. Elle avait un parfum de fissure. Il était fatigué, ou avait mal à la tête.
Elle allait même de temps en temps loin, dans un autre objet, dans une hypothèse, une conjoncture spéciale. Mais revenait forcément se replier la nuit dans chaque cellule, leur eau trouble et native, leur noyau, le plissement de leur membrane, leur début et leur fin sessile. Elle les quittait juste avant d'être évacuée dans le grand torrent.
Elle s'était projetée vers un autobus à l'arrêt qu'il doublait. Il avait eu le temps de deviner ses petites jambes qui se ruaient à sa rencontre, il avait freiné à temps.
Elle était sans hâte, alanguie dans le hamac de sa vie. Elle sculptait sa glaise, attentive mais indifférente.
Il avait parfois l'impression de la sentir.
Il secouait les mains pour que le sang circule à nouveau. Il bloquait son diaphragme devant les épreuves. Elle grouillait dans la viande qu'il aurait oubliée dans le panier. Elle n'existait pas la plupart du temps.

Et puis un jour elle a explosé, alors il a fallu l'admettre à l'hôpital, après une dernière marche au bord d'une haie de troènes, en plein mois de juin, cette dernière odeur végétale qui l'a accompagné jusqu'à la porte. Et il y a eu toutes ces choses dans lesquelles sa voix se faisait entendre avec de plus en plus de force, comme un larsen prend sa place au milieu du concert, et il l'avait entendue tout le temps, personne d'autre ne l'entendait de la même façon.
Elle s'était installée vraiment sous sa nuque, sur l'oreiller chaud et aplati marqué de plis.
Elle a pris en creux la forme de ses deux paumes moites et maigres, qu'il posait souvent sur le drap et il la touchait ainsi sans cesse, sans plus de choix, comme une deuxième peau. Elle était comme la cuisse d'une femme qu'on saisit, mais qui vous saisit surtout.
Et quand elle lui a montré qu'elle avait entièrement rempli la chambre il
ne s'est plus du tout senti seul dans la fatigue qu'elle lui procurait abondamment - il a su qu'il faudrait bientôt
être enterré.

C'était sous une pluie tiède. Le trou est très profond et très rectangulaire. L'eau n'atteignait pas le fond. Mais elle s'y était installée, elle avait créé une pellicule brillante et se multipliait déjà, sous toutes sortes de formes invisibles. Tranchées par les outils de creusement, des radicelles se préparaient, transparentes, et les grands arbres auxquels elles appartenaient penchaient leur lourde chevelure, de loin. Il y avait les bactéries de la terre, couinant vers leurs cousines de l'intérieur de son intestin, de son nez de ses oreilles et de sa bouche close, si nombreuses et affolées, débordant à l'intérieur toutes les limites que sa vie leur avait sévèrement opposées. Sa peau gardait encore sa fonction de gant, et l'absence de caresse encore sensible, la solitude où il se trouvait comme un roi détruit, les larmes mêmes qui, dehors, rejoignaient sur des joues vivantes la pluie d'été, tout cela lui laissait pour quelques temps le désir de rester couché, de faire attendre les végétaux et la terre, de remercier le chêne blond épais qui l'enchâssait. L'obscurité était complète.

Elle ne se pressait pas, aveugle et sans projet apparent. Elle parcourait (encore) les allées multiples du corps (encore) entier, comme un signal électrique dans une machine à laver qu'on vient d'éteindre, rémanente. Elle, dissoute dans les fluides de plus en plus sombres et odorants, liée encore à lui et à son histoire comme une tresse de cheveux dans une armoire, trois lourds faisceaux noués. Il n'avait plus conscience de cette présence. De rien d'ailleurs.
Il était en transit et sa calotte crânienne basculait obscurément. Bientôt il partirait en arrière vers le pays des démons.

Cette grande plaine grise, aux fleuves sinueux, argentés, au ciel lourd,
vers la rivière noire qui s'encaissait de plus en plus, cette ligne d'eau inversée qui pénétrait dans le sein de la terre, le passeur et son chien. La peur s'était depuis longtemps retirée, restait un chagrin un regret, un manteau de laine mouillée sur ses épaules transparentes. Il se retournait sans cesse et voyait toujours la petite figure de feu qui vacillait au dessus de sa buée têtue. Il s'assit. Il prit le parti d'être comme elle ; elle tiédissait et s'enflait.
Et tout d'un coup, elle remplit les trois dimensions de l'espace, brûlant les lèvres du monde qui s'ouvraient et révélaient une fente brutalement creuse, entre le ciel bas et la terre plate comme une assiette.
Il disparut.

= commentaires =

dwarf     le 04/09/2008 à 20:53:15
J'aurais mieux fait de fermer ma gueule.

J'ai rien compris (s'il y a quelque chose à comprendre).
Le Duc


    le 05/09/2008 à 01:25:47
Mais si enfaîte il faut prendre tout les mots en gras et les metres bout à bout :

Elle elle Elle Elle elle Elle Elle d'elle Elle s'étalait Elle Elle se Elle Elle ses Elle Elle sa la Elle Elle elle sa Elle Elle [...] elle.

Ah bah non enfaîte.
Aesahaettr


    le 05/09/2008 à 01:35:41
Putain mais.
Tu.
Zaroff


    le 05/09/2008 à 07:14:33
Rien compris non plus ! Et Dieu sait que je me suis forcé à entrer dans ce trip scriptural ! Mais non...
Erruer


    le 05/09/2008 à 08:40:48
bon, c'est mal parti, je n'avais pas l'intention d'en faire une devinette, mais visiblement ça fonctionne de cette façon, alors je vais donner la solution tout de suite : "Elle", c'est la mort.
Ce qui m'amusait c'est justement la nécessité de mettre en gras tout ce qui la concerne (pronoms, etc....) pour la différencier de "lui", le type dont on raconte l'histoire et qui la promène comme une petite bombe atomique intérieure depuis le début.


commentaire édité par Erruer le 2008-9-5 8:41:22
lionrobe Le titre    le 05/09/2008 à 09:44:43
Quelle aurait été votre lecture si le titre avait été "la faucheuse" ?
Pygwenali


    le 05/09/2008 à 13:12:38
Concept intéressant.
Mais sérieusement imbuvable.
nihil


    le 05/09/2008 à 16:19:04
Tiens bah celui-ci j'avais essayé de le publier deux trois fois déjà, mais à chaque fois je m'étais retrouvé à faire autre chose de subitement très important. Comme me ronger les dents par exemple. ou regarder par la fenêtre. Bref, j'ai pas pu dépasser la moitié, et pourtant ceux qui me connaissent, et qui savent que j'assure la publication depuis des années, savent que je suis très très endurant.
Alors merci au valeureux martyr qui s'est sacrifié pour publier cette horreur.
Erruer


    le 05/09/2008 à 16:45:05
C'est mon premier, j'avais pas bien capté le concept de la zone, je croyais qu'il fallait poster des textes débiles ou sombres ou subversifs, alors que c'est débiles et sombres et subversifs.
nihil


    le 05/09/2008 à 19:15:18
Ce qui est bizarre, c'est qu'en survolant, j'ai lu des phrases très correctes, qui sonnent bien. C'est juste que mis bout à bout, ça fait un truc du genre BLABLABLABLABLABLA, enfin quelque chose comme ça, j'ai du mal à retranscrire les bruits de mon cerveau.
nihil


    le 05/09/2008 à 19:48:47
Ah tiens, en ce moment il fait tchikiboum-tchiboum. Etrange. Faudrait que j'utilise moins mon portable, j'ai du choper un cancer.

Et sinon, ton texte tu l'as écrit pourquoi ? Pour divertir des gens ? Quel genre de gens ?
Le Duc


    le 05/09/2008 à 20:56:01
Putain c'est quoi cte question, répond pas Erruer c'est la cia qui a pris l'identité de Nihil
Les inclusion sont    le 05/09/2008 à 22:59:21
intestinales.
Glaüx-le-Chouette


    le 05/09/2008 à 23:01:13
Occlusions.

Débile.
Justement     le 05/09/2008 à 23:07:45
Les inclusions intestinales sont vachement plus rigolotes.
Surtout lorsqu'elles titillent l'appendice.
Glaüx-le-Chouette


    le 05/09/2008 à 23:12:38
Bien essayé, la pirouette triple lutz piqué en do majeur ionisé, mais si tu pouvais pratiquer la connerie artistique plus loin, dans une chambre froide par exemple, tu agréerais l'humanité tout entière. Au revoir.
LH     le 06/09/2008 à 01:58:55
Tu veux pas commenter le texte plutôt que les commentaires ?

Perso, jai... ben j'ai bien aimé.
Très laconique, mélancolique... C'est même un peu trop heurté, manque de fluidité par instants.

Les "elle" en gras par contre, je chie dessus, c'est juste inutile.
Sinon, je vois pas pourquoi y voir une devinette.

Un texte n'est pas une énigme et on y lit ce qu'on veut bien y trouver.
Erruer


    le 06/09/2008 à 08:48:42
je réponds quand même à nihil qui prend sur son temps de travail pour me poser sa question : je comptais divertir les tafioles et le grand public, et même BHL, qui se cache sur la Zone sous un nom d'emprunt que je vous laisse deviner.
Et les "elle" en gras ce n'est pas indispensable, mais pour les "s'" et les "se" qui l'accompagnent ça le devient vite, je vous assure que sans cet artifice pesant ce texte pesant devient absolument incompréhensible ; même moi je n'y comprenais rien.

et il m'a semblé que le commentaire de Glaüx était un commentaire du texte, mais ça doit être ma paranoïa naturelle.




commentaire édité par Erruer le 2008-9-6 8:51:11
Konsstrukt


    le 06/09/2008 à 10:20:11
à mon avis, si t'as besoin de mettre en gras les pronoms pour qu'on comprenne tes phrases, ça signifie que ton texte a un sérieux problème de construction et/ou de syntaxe.
Erruer


    le 06/09/2008 à 11:02:10
Je ne crois pas qu'il y ait de problème de syntaxe. De construction peut-être.
Mais comme il s'appelle "inclusions" et cherchait à faire percevoir à quel point quelqu'un et sa mort sont intimement mélangés......
Lapinchien


tw
    le 06/09/2008 à 11:03:34
avec autant de gras, ça ressemble à une tartine beurrée à l'huile de castor.
Erruer


    le 06/09/2008 à 12:17:17
j'ai cru bien faire pour que ça glisse, le texte est un peu résistant à la manducation.

Mais il y a beaucoup de rongeurs sur ce site, non ?
nihil


    le 06/09/2008 à 14:16:59
Tu veux dire que tu n'es pas un rongeur ? Fais bien attention à ce que tu vas répondre.
Erruer


    le 06/09/2008 à 16:25:44
non, je suis fourreur.
Glaüx-le-Chouette


    le 06/09/2008 à 18:31:23
Tu sous-entends qu'Adolf Hitler n'était pas un castor ? Fais bien attention à ce que tu vas répondre.

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