LA ZONE -

SERIAL INSERT - 4 - Les Catilinaires

Le 12/12/2009
par Zone Inc.
[illustration] Jack secouant la tête comme un chien mouillé épileptique pour reprendre ses esprits, se souvint de cet épluche patates rouillé qu'il gardait toujours scotché sous les aisselles au cas où quelque enculé lui tombe dessus par surprise. Il s'empressa de le brandir, menaçant, à l'ensemble des usagers de la rame émerveillés par la touffe de poils que le ruban adhésif avait arraché. "Mesdames, Messieurs, je viens pas faire la manche, je suis pas Louis Blériot, bande de conards. Je viens faire mon marché." Jack bondit sur une première dame et lui enfonça d'un geste franc le pouce de la main qui serrait l'économe rouillé dans la chatte. Il la planta dans le prolongement de son effort au niveau du périnée puis se mit à vriller son poignet calmement en sifflotant, guilleret :" A la pêche aux moules, moules, moules..."
-Messieurs-Dames bonjour, contrôle des tickets s'il vous plaît.

Le contrôleur débonnaire qui venait de pénétrer dans la rame ne semblait pas méchant, il portait encore sur son visage juvénile l'acné de ses quinze ans et son long cou maigre laissait apparaitre au dessus du col de l'uniforme une pomme d'Adam saillante et tressautante du plus bandant effet. Attiré par des cris stridents et l'odeur de la moule, Jack continuait son travail méticuleux, le jeune contrôleur s'approcha de la femme tiraillée de douleur et lui glissa à l'oreille : "Est-ce que, lorsqu'on sait que l'on va mourir, on acquiert une lucidité qu'on n'a pas eue auparavant ?", il aimait citer, in vivo, des auteurs célèbres, il croyait ainsi égayer la morne vie du peuple voyageur.

Sans se soucier de cet hurluberlu anecdotique, Jack qui avait dans sa prime jeunesse pratiqué le kayak de mer, le sabotage d'une ligne TGV, la varape, l'onanisme avec un écureuil doux et roux, la planche à voile, le VTT, la ratonade, la fellation de l'abbé pierre, le théâtre de boulevard, la guerre en rangers, la batterie, l'excision, la plongée, la mini-moto, la sodomie avec le fils d'une garde barrière, le temps d’un stage d’été, et le beau métier d’assistant désanusseur de porc breton, savait bien comment s’y prendre avec la madame. Une fois un cercle de bidoche taillé autour des grandes lèvres, il retira l’épluche patate et son pouce d’un coup sec. Il prit l’économe rouillé entre les dents puis plongea ses deux mains dans la plaie circulaire béante qui ressemblait à une sorte de césarienne pratiquée à l’ouvre boite, puis en s’appuyant sur son gros cul et en écartant les jambes de la dame avec ses pieds, il tira un grand coup sec et tout l’appareil génital se déversa dans une grande marre de sang sur le sol souillé de la rame. Jack sectionna tout ce qui reliait la matrice à sa donneuse d’organe improvisée avec l’opinel qu’il avait tantôt arraché au clochard sur le quai. Il enfoura alors entièrement sa main droite dans le vagin en faisant passer son pouce et son auriculaire dans les trompes ovariennes qui pendouillaient puis brandit son trophée au peuple neurasthénique et très peu impressionné par les lois de non assistance à personne en danger. Jack ramassa de l’autre main ce qu’il restait de l’appendice reproducteur de Lech puis s’approchant d’un garçonnet éploré, prit pour quête de lui donner une leçon gratuite d’éducation sexuelle. « Che chuis bibitte ! » « Ché moi, Chachatte ! » Entonnait Jack avec grand peine puisque l’économe rouillé entre ses dents lui chatouillait les gencives. Il prit un air attendri puis se mit à gesticuler comme s’il avait tenu deux marionnettes dans chacune de ses paumes. A côté du corps de la victime, un jeune homme de seize ou dix sept ans avait taché son beau bermuda beige d'urine. Jack lui proposa de se détendre et lui offrit une cigarette que le gamin refusa avant de fondre en larme en bavant des pathétiques "mamans".

C'est alors que le contrôleur s'avança en prononçant d'étranges psaumes inaudibles, tout en fixant l'âme de Jack. Tout devint noir. Quand Jack se réveilla, il s'appelait Jacques et il était allongé dans une forêt de conifères en compagnie de l'adolescent susnommé. Il avisa un écureuil à quelques centimètres de là et qui semblait fort occupé à secouer un gland. Il pensa un moment proposer ses noisettes au petit animal doux et roux mais se dit que ça suffisait les jeux de mots foireux, surtout avec une francisation si percutante de son prénom - il se contenta donc de l'écraser du plat de sa ranger droite.

Jack venait de rompre le puissant genjutsu que le contrôleur avait jeté sur lui. Lui qui connaissait l’intégrale de Naruto et Naruto Shippuden par cœur, qui chaque mercredi allait lire les spoils sur les sites spécialisés, qui chaque vendredi allait télécharger la version scannée du dernier épisode paru le jour même au Japon dans le magazine manga Shonen Jump, ne pouvait se faire avoir par un dôjutsu aussi pitoyable que le sharingan (写輪眼, Œil copieur tournoyant) à 2 tomoe lui qui possédait un MangeKyo Sharingan flamboyant. Il faisait partie de cette étrange communauté de geeks français qui s’employaient à traduire les scans dans la langue de Molière et à les coloriser, parfois même à les animer et à les doubler en français. Il avait tissé un puissant réseau avec de nombreux ottakus qui vivaient à Tokyo, Kyoto et Nagoya et était très actif dans le milieu. Jack venait d’énucléer le contrôleur et s’employait à raboter ses deux yeux avec l’économe rouillé en chantonnant :
« Je suis le poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on ne regarde pas
Y a pas de soleil sous la terre, drôle de croisière
Pour tuer l'ennui, j'ai dans ma veste
Les extraits du Reader's Digest
Et dans ce bouquin y a écrit
Que des gars se la coulent douce à Miami
Pendant ce temps que je fais le zouave
Au fond de la cave
Parait qu'il y a pas de sots métiers
Moi je fais des trous dans les billets

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des trous de seconde classe, des trous de première classe.

Je fais des trous, des petits trous, encore des petits trous
Des petits trous, des petits trous, toujours des petits trous
Des petits trous, des petits trous, des petits trous, des petits trous »


= commentaires =

Burinayique


    le 12/12/2009 à 13:32:57
Des petits trous .
Lapinchien


tw
    le 13/12/2009 à 10:15:42
ce serait marrant qu'y ait Jack dans le train corail seconde classe du lipdub de l'UMP.
Kolokoltchiki


site blog fb
    le 13/12/2009 à 21:31:43
Son frère John y est, c'est celui avec la chemise rose.
Hag, ou presque.     le 14/12/2009 à 14:51:59
L'idée du contrôleur qui cite des auteurs célèbres aux passagers est l'un des meilleurs putains de concept de ces derniers temps. Quand j'écrirai un livre, ou un film, ou une bombe, il y aura un personnage semblable dedans.

Sinon.
Hlxc


    le 14/12/2009 à 21:39:40
Voilà à quoi mènent ces heures d'attente dans les couloirs du métro, sur les quais, sur une marche d'escalier mécanique, tandis qu'en surface éclataient les bombes et s'effondraient les maisons.
Fleur de Lotus     le 15/12/2009 à 07:55:43
C'est quoi cette énorme merde ?
Baton d'encens     le 15/12/2009 à 12:48:38
Tais toi, et lèche.
Fleur de Lotus     le 15/12/2009 à 21:56:32
D'accord... :(

Et dire que j'aurais pu marché dedans...
Fleur de Lotus     le 15/12/2009 à 21:56:49
marcher*
Lapinchien


tw
    le 16/12/2009 à 00:44:17
(* dans la combine)
.     le 20/01/2010 à 17:09:06
(* à pieds)

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