LA ZONE -
Résumé : Jason, Brandon et Steven. Il a suffit à l'auteur d'indiquer les noms de ses personnages pour qu'on se pourlèche les babines d'avance. Le texte joue principalement sur les vannes auteur - narrateur - personnage, Nounourz-style, avec une certaine désinvolture. Ca vire vite au n'importe quoi absurde et on sent bien que c'est le texte qui mène son auteur et pas l'inverse. Niveau spectacle c'est pas ça : ça manque d'explosions thermo-nucléaires.

Sans titre

Le 15/04/2010
par Invisible
[illustration] Un lundi après midi, trois amis, Jason, Brandon et Steven, allèrent ensemble à la poste. Chacun d’eux était conscient du calvaire qui s’annonçait, mais il leur fallait récupérer leur colis urgent de produits ménagers très inflammables aussi rapidement que possible. Ils prirent place dans la file d’attente, ainsi que leur mal en patience.
Tandis qu’une bande de racailles menaçantes, de celles qu’une certaine gauche voudrait faire passer pour des victimes, entrait dans le bureau de poste, le guichetier, un petit homme dégarni et malhabile, s’efforçait de compter la monnaie qu’une petite vieille lui avait donné afin d’acheter des timbres.
« Décidément, c’est pas des flèches ici, déclara Brandon.
- Mouais, vivement la privatisation, ajouta Jason.
Steven ne put qu’approuver : « Non mais regarde-le cet abruti, malgré qu’il a déjà tout compté une fois… OK stop stop STOOP ! C’est plus possible là, y a des limites à ce que je peux supporter en tant que personnage ; les clichés débiles et le discours réac, passe encore ; les prénoms à la con sortis de Beverly Hills, admettons ; mais les fautes de français grosses comme ma…
Steven mourut instantanément d’une combustion spontanée, laissant sa phrase (totalement) déplacée et hors de propos en suspens.
Donc. Nous sommes toujours dans notre bureau de poste ; tout à coup le…
« Ouais, non, Steven avait raison, c’est plus possible là.
- Dis ton nom, quand tu parles, sinon on comprend rien, fit remarquer Jason ; tu vois tu fais comme moi à la fin de tes phrases, ajouta Jason.
- Ah OK, fit Brandon, ça fait un peu con à dire, quand même.
- Ben ouais mais si on veut s’exprimer, on peut pas compter sur cet abruti de narrat…
Jason ne put poursuivre son inutile réflexion : de violents spasmes se mirent à le secouer, et il se trancha net le bout de la langue. Un bien triste destin si l’on considère que, par la suite, laissé pour mort, il devait se faire culbuter par un gang de médecins légistes nécrophi…
« Putain mais, c’est fini ces conneries ? fit Brandon - euh non pas « fit » - enragea Brandon, ça ressemble plus à rien ta merde, là, poursuivit Brandon sans qu’aucun événement fortuit l’obligeant à s’interrompre ne se produise, haha tu l’as dans le cul là hein ?!
Tandis qu’il poursuivait son inepte tirade, sans s’interrompre, Brandon sentit son anus s’animer ; la douleur allait bientôt devenir insupportable, comme si une colonie d’oursins…
« Soudain, Brandon prit le relai de la narration et…

…le narrateur devint un morceau de caca posé au sol.
« Hein ? Putain mais ! euh .. s’écria.. euh.. le morceau de caca posé au sol. T’as pas le droit !
A deux pâtés de maisons de là, un marabout, le célèbre docteur Yao Kouadio Albert, réussit par accident un sort de retour à la vie et de guérison totale, qui atteignit miraculeusement Jason et Steven, ainsi qu’une moto russe garée dans le quartier.
« Merci mec, fit Jason.
- Vois si on peut pas faire quelque chose de ce texte de merde, ajouta Steven.
Le bureau de poste était éclairé d’une étrange lueur bleue pâle, qui magnifiait les visages calmes et résolus des usagers allant à la rencontre de leur courrier…
« Euh mec
… l’atmosphère était moite, et l’endroit semblait empreint d’une douce nostalgie désabusée.
« Oublie pas qu’on est plus ou moins censés brûler un con, fit remarquer Jason, alors ta douce nostalgie désabusée
Le guichetier, l’air grave de l’homme dévoué à sa tâche et…
« Non mais c’est bon là ! s’exclama Steven
Jason et Steven arrêtèrent là leurs récriminations inappropriées, et décidèrent de s’enlacer tendrement, et … et … de se barbouiller du morceau de caca posé au sol.
« Bordel, mais quel connard ! s’exclama Steven
Quant à Jason, l’expérience ne lui déplaisait pas totalement.
« C’est pas le sujet ! s’écria Jason
- C’est certainement pas à toi d’en décider ! répondit Brandon, J’essaie de faire quelque chose de bien, là !

Des vapeurs d’essence commencèrent à envahir la pièce, le combustible s’infiltrait lentement par tous les interstices…
« Attends Brandon, si t’es là, et si l’histoire continue qui est le… Il est où, le morceau de caca ?
- Oh, merde, fit Brandon.
… de ce bureau de poste minable. A présent, les trois amis sentaient se profiler l’issue inexorable qui allait être la leur. Il ne manquait qu’une simple étincelle pour…
« Nase. Même ça tu le foires, dit Jason en griffonnant quelque chose sur un bout de papier qu’il déposa ensuite sur une table en le retournant.
… que l’endroit se transforme en véritable brasier. L’essence, qui s’était infiltrée dans une plinthe, provoqua alors un court circuit…
« Ben tiens.
… et les flammes atteignirent directement Jason, Brandon et Steven, dont les chaussures étaient imprégnées du combustible. Après avoir décrit quelques cercles dans la pièce en hurlant, ils s’écroulèrent les uns sur les autres, et leurs corps se carbonisèrent, enchevêtrés.

A présent, l’essentiel de l’incendie était passé, et il ne restait que ce… mmh… ce bout de papier retourné, posé sur la table, miraculeusement préservé de l’incendie… et qu’il était impossible de lire. Un courant d’air s’engouffra par la porte restée ouverte, et le souleva, de sorte qu’il était à présent lisible.
Jason y avait inscrit ces quelques mots : « Puis le narrateur mourut.

= commentaires =

Hag


    le 15/04/2010 à 23:01:02
J'ai pas détesté. A vrai dire, c'est assez cool, même si ça sent le bricolage à plein nez.
Putsch


    le 16/04/2010 à 01:10:15
Comme Hag. Divertissant, quoi.
Kwizera


    le 16/04/2010 à 20:29:46
Comme pour le texte de Koax Canard, dommage que la flemme de l'auteur soit si évidente à la lecture.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 16/04/2010 à 22:57:21
Il y a un zeugme dès l'intro. C'est scandaleux. Depuis quand les Grecs sont-ils admis à participer ?
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 16/04/2010 à 23:05:54
Certes, il y a de l'idée, vaguement. Concrètement, c'est assez limité, cependant. Ca reste au niveau du 'bof', hélas.
Lapinchien


tw
    le 17/04/2010 à 01:29:59
bien vu et en plus recyclable pour la semaine textes de merde sous le nom "des révoltés du texte de merde" Merci de cette délicate attention, car j'ai vrillé des yeux à basse consommation dans mes orbites occulaires.

sinon c'est un peu inspiré de "ça crame, ça crame pas, ça va cramer" de nihil, non ?
Lapinchien


tw
    le 17/04/2010 à 09:52:09
notation musicale : http://www.youtube.com/watch?v=MwGUI7DxEHc
Aesahaettr


    le 22/04/2010 à 22:30:07
Qui s'inspirait déjà d'un texte de nourz qui s'inspirait probablement du Baron de Molyneux qui en 1856 et toutes ces choses n'est-ce pas.
Passée la surprise que provoque le sketch du quatrième mur brisé on se fait un peu chier. Début de texte marrant, la fin sent le découragement. Je peux parler, hein, j'ai carrément rien écrit du tout.

= ajouter un commentaire =