LA ZONE -
Résumé : Cuddle nous donne ici tout les ingrédients nécessaires pour réaliser un film d'horreur de série b : Deux pouffiasses font du shopping tandis qu'un espèce de lutin/chapelier au service du diable tente par tout les moyens de leur foutre le feu aux miches, et le tout se passant dans un centre commercial. En gros, de quoi faire un bon vieux nanard Saint-Connesque. Bientôt dans toutes vos salles obscures et vc,s.

Le Chapelier Cuddle dans "Accro du shopping"

Le 15/04/2011
par Cuddle
[illustration]
Elle s’appelait Jessica. Cette fausse blonde avait de très longs cheveux et des yeux de biche. Sa bouche, elle la maquillait de telle sorte qu’elle paraisse plus grosse, plus pulpeuse car elle trouvait ça plus glamour. Elle était toujours à la pointe de la mode et s’appliquait à avoir une tenue différente chaque jour. L’été était sa période de l’année préférée car elle pouvait enduire son corps d’une crème auto-bronzante qui lui donnait un teint halé. Elle détestait les hommes impuissants, les chômeurs et les homosexuels qu’elle trouvait has been. Elle avait une dent particulière contre les moches, les obèses et les boutonneux. Elle trouvait répugnant les filles qui osaient se pointer en public sans maquillage et se moquait ouvertement des garçons manqués. Elle avait arrêtée l’école au lycée, se désintéressant totalement des études et préférant amplement le shopping et sa carte bleue fétiche dont le compte en banque était alimenté par papa. Ce matin là, avec son amie d’enfance Hélène, elles avaient prévu une session shopping qu’elles planifiaient depuis une semaine.

Il se cacha derrière la poubelle et se fondit dans le décor de la salle de bain. Il avait reçu cette lettre la veille :

«
Administration territoriale de l’Enfer n°997
Sous-sol n°8
34999 Le Brasier Cedex 0
Dossier n°6789123

Le 9 avril 2011

Mr le Chapelier Cuddle0510,
Je vous pris d’accéder à ma requête. Votre mission si vous l’acceptez est de mener le sujet n°6789123 à la mort par la combustion ce dimanche 10 avril, jour de très grande st con. Vous recevrez une prime de fin d’année pour ça et serez payé trois fois votre salaire en graines de basilic d’ici un à deux jours selon la circulation de la poste des sous-sols (les jours de vacances sont programmés cette semaine).
Cordialement, diablotin de l’ordre des lagomorphes, grade après les artichauts.

Le Satan n°3. »

Le Chapelier Cuddle relu la lettre et la rangea soigneusement dans la poche de sa salopette. Il était monté en grade la semaine dernière et était passé du stade d’ « artichaut » à celui de novice. Il devait absolument réussir cette épreuve pour obtenir cette promotion tant désirée ! L’ennui était que sa magie était faible et que la combustion était un exercice très difficile. Motivé plus que jamais, il suivit des yeux la créature blonde qui venait tout juste de faire tomber sa serviette de bain, dévoilant une silhouette de gogo danseuse. Le diablotin resta stoïque, les yeux rivés sur la poitrine généreuse de Jessica, puis se reprit instantanément. Quel manque de professionnalisme de sa part !

Alors qu’elle se penchait pour la ramasser, il claqua des doigts (il n’en avait que trois) et celle-ci glissa brusquement sur le côté. Son crâne s’écrasa sur le rebord de l’évier ce qui lui arracha un cri aigu. Elle resta sur le sol, la main sur le front en gémissant et bourgeonnant.
-    Quelle idiote ! S’énerva-t-elle toute seule.

Malheureusement pour lui, la chute avait été légère et seule une petite trainée de sang se mit à couler du front de la jeune fille. Celle-ci se releva et soigna rapidement sa blessure. Elle s’empressa ensuite de sortir son fer à lisser et se mit à coiffer sa frange de façon à cacher l’hématome. Jessica mit ensuite une bonne heure à se préparer. Crème de soin, maquillage, coiffure, manucure et enfin tenue adéquate pour la journée. Elle opta pour une robe printanière et des Louboutins accordées, s’empressa de prendre son sac Dior et attrapa son Iphone à la volée.

Lorsqu’elle quitta l’appartement, le Chapelier Cuddle resta sur le rebord de l’évier songeur. Comment allait-il faire pour que sa prochaine victime finisse brûlée sachant que sa misérable tentative pour la faire tomber avait lamentablement échouée ? Il s’évapora instantanément et se matérialisa dans le sac de Jessica de manière à la suivre dans tous ses déplacements.

-    Premier arrêt et deuxième tentative :

Lorsqu’elle rencontra Hélène la conversation se porta automatiquement sur son ex Stéphane. Mais oui, le grand brun qu’elle avait rencontré sur internet. Malgré leur rupture récente, cela faisait des semaines qu’ils s’écrivaient des mails via le site référence du moment : adopteunmec.com. L’homme travaillait dans l’import-export, ses revenus étaient plus que convenable mais le Stéphane en question était assez volage. Elle l’avait déjà quitté une fois mais cette fois-ci elle avait décidé de lui accorder une deuxième chance. En effet, le bellâtre s’était pointé avec une bague en diamant de 2.62 carats qui avait temporairement remis en question les raisons de leur rupture (et notamment des infidélités répétées de son Don Juan). Et tandis qu’elle racontait son histoire d’un air suffisant, le Chapelier Cuddle ne put s’empêcher de claquer des doigts une deuxième fois. Au même moment, le serveur qui se ramenait avec la commande vit son plateau lui échapper des mains. Les tasses de café et les verres d’eau s’écrasèrent sur la table des deux jeunes filles. Des infimes morceaux des verres furent projetés sur la robe de Jessica tandis que le liquide brûlant coula sur ses jambes. Hors d’elle, celle-ci se releva comme une furie et incendia le serveur.

Dans le sac, le Chapelier Cuddle prit sa tête dans ses mains, il était vraiment nul à chier comme diablotin…

-    Deuxième arrêt et troisième tentative :

Après avoir fait une halte chez Hélène pour se changer, elles décidèrent de commencer leur session shopping. L’après-midi fut insoutenable, des boutiques de prêt-à-porter aux magasins de chaussures, en passant par les bijouteries de luxe. Elles s’arrêtèrent enfin dans une grande surface à la fin de la journée.
Les pieds gonflés, le Chapelier Cuddle se posa discrètement sur le caddie (en effet, l’accès au sac avait été interrompu au fil des achats de la journée).

Lors de leur passage en caisse, Jessica ne put s’empêcher de toiser la jeune caissière avant de murmurer à son amie Hélène :
-    Pas un bonjour, pas un sourire. Non mais t’as vu cette greluche ? Elle connait l’esthéticienne et J.P Cohen (diététicien médiatique) ou quoi ? Franchement, je sais qu’ils doivent remplir leur cota mais bon…merde, c’est nous qui l’avons sous les yeux cette baleine !
Hélène se mit à pouffer de rire quand le Chapelier Cuddle claqua des doigts une troisième fois. Sans savoir comment, les longs cheveux de Jessica se prirent dans le tapis roulant de la caisse. Elle fut violemment emportée vers l’avant et poussa un hurlement de folle. La caissière obèse, prit de panique, se leva de sa chaise (avec difficulté quand même) et appuya sur le bouton rouge pour stopper le déroulement du tapis. Les vigiles du centre commercial arrivèrent en courant, talkie-walkie en main et tentèrent de dégager la pauvre Jessica de l’emprise maléfique de la caisse. Malheureusement pour elle, il n’y avait rien à faire. Et ce fut la caissière obèse qui d’un air désolé, lui coupa les cheveux aux ciseaux.

Dans le caddie, le Chapelier Cuddle se mit à bouillonner de colère. Ses pouvoirs étaient-ils si mauvais que ça ? Bon sang ! Fou furieux contre lui, il se mit à claquer des doigts à tout bout de chant.

Résultat, à la fin de l’après-midi, Jessica finit par se tordre le poignet. Ce fut la seule blessure sérieuse que le diablotin put lui administrer indirectement. Sur le chemin du retour, il ne put s’empêcher de sangloter sur le siège arrière de la Mini Cooper de Jessica.
-    La loose. Murmura-t-il pour lui-même. Cette bimbo aura eu raison de moi…

Jessica sortie du centre ville et s’engouffra dans un carrefour à toute vitesse. A ce moment là, sans regarder la route, elle chercha une station sur son autoradio et grilla le feu rouge. Les oreilles aux aguets le Chapelier Cuddle regarda alors la Mercedes s’approcher du véhicule de Jessica dangereusement. Il ferma les yeux et se téléporta hors de la voiture. La collision qui s’en suivit fut brutale.

Jessica fut projetée hors de sa voiture et son corps s’écrasa mollement sur le goudron brûlant du carrefour. L’accident avait été violent. Des éclats de verres, de la tôle froissée et du sang s’étaient éparpillés un peu partout sur la route. Curieux de cet évènement imprévu, le Chapelier Cuddle s’approcha doucement du corps de Jessica, il posa un doigt sur son pouls et se mit à hurler au désespoir. Cette piche n’était toujours pas morte !

Les pompiers arrivèrent comme par magie et prirent possession des lieux. Le chapelier Cuddle regarda sa montre, il pouvait dire adieu à sa promotion.

Dépité, il baissa les épaules et se mit à marcher en direction d’un bar lorsqu’une idée germa dans son esprit, une idée…diabolique. Il se frotta les mains et claqua une dernière fois des doigts.

-    Dernier arrêt et dernière tentative :

Lorsque Jessica ouvrit les yeux, elle constata qu’autour d’elle tout était noir. Elle ne comprit pas tout de suite ce qui se passait. Elle tenta de se remémorer l’accident, l’hôpital mais ce ne fut que des brides de souvenirs qui lui venait en mémoire. Un coup. Deux coups. Trois coups de marteau. Mais où diable était-elle ? Inconfortablement installée, elle se mit à se retourner sur elle-même. Elle n’était pas dans un lit, mais plutôt…Dans une boite.

Un coup. Deux coups. Trois coups de marteau.

La poussière s’immisça aussitôt dans ses orifices et engorgea douloureusement ses poumons. Elle étouffait, l’air lui manquait considérablement. Elle voulut tambouriner contre la paroi de sa tombe mais son corps ne lui répondait pas. Elle était totalement paralysée et son cerveau fit automatiquement le lien avec les évènements précédents. Etait-elle…dans un cercueil ?

Un coup. Deux coups. Trois coups de marteau.

Horrifiée, elle voulut hurler qu’elle était encore vivante, mais il n’y avait rien à faire. Aucun de ses sens ne lui répondait.

Et tandis que le Chapelier Cuddle sirotait un bloody mary devant le crématorium, le cercueil, lui, se mit à glisser dans la bouche de l’Enfer. Il l’avait enfin eut, sa putain de promotion.


= commentaires =

Koax-Koax


    le 15/04/2011 à 00:25:03
"il claqua des doigts (il n’en avait que trois) et celle-ci glissa brusquement sur le côté."
Ah, merde, j'ai écrit qu'il s'agissait de deux poufs, mais ce sont des dahuts, en fait.

Par contre en tant que pointilleux putiste du latté de gueule, cette image m'a créé un trou noir dans la tête : "Elle resta sur le sol, la main sur le front en gémissant et bourgeonnant. " ELLE TOMBE DONC DE COT2 MAIS SE COGNE FRONTALEMENT. Ah ouais.

Sinon c'est plutôt cartoonesque dans l'idée, j'ai donc globalement le pouce en l'air.
Lapinchien


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    le 15/04/2011 à 08:44:49
ça doit être mon coté girly, mais j'ai trouvé ça trop kawaï. Je pense que je vais voter pour ce texte en top position et par top position j'entends en missionnaire lundi 22h sur sur une table du chat perché. (Les zonepelierains vaincront !)
Kolokoltchiki


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    le 15/04/2011 à 16:11:37
Ouais, ravi de voir que tu t'éloignes du gothique et du pathos le temps de la St Con. C'est drôle sans vraiment l'être. Ça m'a fait penser au bègue d'Un poisson nommé Wanda qui essaie de tuer une vieille.

Donc ouais comme l'a dit Koax, c'est un cartoon. Ça change, et c'est déjà ça.
Dourak Smerdiakov


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    le 15/04/2011 à 21:11:45
Je suis enfin vraiment bourré, pour la première fois depuis des emaiones, almords hallélujha, vive ce texte,le préféré de mes 346 textes préférés pour cette sainte con, tas de putes hydrocéphales (je ne sais plus ce ue ce c'est, mais ç sonne bien).
El Déf     le 16/04/2011 à 12:25:57
Non. C'est pas drôle. On sent le travail, mais je vais pas être complaisant ici c'est la zone et j'affirme donc que c'est tout bonnement nul. Pourquoi ?
Parce que sur la zone, on est censé avoir un esprit subversif et avoir une certaine forme de culture, là je suis désolé mais les clichés de merde que tu nous sort sont irrémédiablement d'une débilité profonde et de références hollywoodiennes pourravent. Choisi aussi autre chose que des putain de centre commerciaux pour tes lieux. Bref y'a bien pire certes, mais merde, t'écris bien, ça fait chier de te voir gâcher ton potentiel par manque de culture et de références de gnou.
Cuddle


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    le 16/04/2011 à 14:56:07
Je t'ai répondu dans le forum, tu vas voir, c'est très gentil.
El Déf     le 16/04/2011 à 15:34:43
C'est surtout très stupide et pathétique, tu m'en voudra pas j'ai déplacé le sujet dans la section fight plutôt que celle du tri sélectif. Ca me paraissait plus adéquat.
Kolokoltchiki


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    le 16/04/2011 à 19:51:09
Ma gueule.

Commentaire édité par Kolokoltchiki le 2011-04-16 20:01:55.
Cuddle


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    le 16/04/2011 à 22:25:48
j'avais oublié que t'avais sucé nihil pour être admin, excuse moi.
Kolokoltchiki


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    le 16/04/2011 à 22:52:57
*clap clap clap* bravo, très fin. Nos gueules.
Dourak Smerdiakov


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    le 17/04/2011 à 11:05:30
C'est vrai que l'humour de ce texte a un côté très gentillet et sautillant qui tombe un brin à côté de la plaque. Déjà, cette sordide histoire de chapelier me laisse sceptique, pourtant je n'ai rien contre les incongruités, juste contre les chapeliers.

En plus, la fin est complètement ratée. Elle est vivante, son pouls bat, le chapelier a perdu ; l'instant d'après, elle se fait incinérer, le chapelier a gagné. Manque au moins une scène, là. C'est du Ed Wood, ça.
Cuddle


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    le 17/04/2011 à 12:26:39
oui mais j'ai prévenu qu'on m'avait harcelé pour poster un truc. Je l'ai écris en une heure et à l'arrache bordel, c'est le principe de la st con, bande de moules ! tous en coeur ! OLA

Commentaire édité par Cuddle le 2011-04-17 12:27:28.
le mon aa     le 17/04/2011 à 13:48:00
Bon l'idée du diablotin est sympa et le ton, plutôt simple convient bien. Ca donne envie de lire l'histoire car au début, on se dit qu'on va passer un bon moment, divertissant, sans prise de tête.

Apreeees les péripéties sont pas franchement scotchantes et le style simple trouve vite ses limites,avec un manque d'ampleur et d'impact dans les formulations. On perd peu à peu l'intérêt alors qu'au contraire, dans ce style de texte, il me parait souhaitable de mettre en place un genre de crescendo + explosion finale.

Sinon la pouff' en shopping dans un centre commercial me parait constituer une bonne cible/environnement pour un texte de saint con. C'est aussi en s'appuyant sur des stéréotypes qu'on fabrique des images évocatrices et sympas.

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