LA ZONE -

L'Intelligence Végétale ou la miraculeuse guérison d'un fumeur de bédo

Le 20/07/2015
par HaiKulysse
[illustration] INTELLIGENCE VÉGÉTALE - Avant-propos.

Nous étions tous les deux sans emplois et avions le projet fou d’écrire une nouvelle littéraire à partir de notre expérience personnelle ; se concrétisant lorsque nous fûmes balancés au-dessus des Amériques, nous étions encore loin de se douter que l'Aventure nous mènerait beaucoup, beaucoup trop loin.

Au début, ça ressemblait aux "Choses vues" mais comme un cadavre exquis et en plus autobiographique : un récit où nous racontions nos dérives joyeuses, les barrières que la langue anglaise avait dressé, bref des conneries de voyageurs paumés.
Nous avions déjà à notre actif divers plagiats à droite à gauche mais il nous manquait un descriptif de notre vie de bohème où nous fumions de la marijuana à longueurs de journée.
Ah la marijuana ! Elle nous rendait d'humeur fraternelle, et tout coulait dans le bon et noble sens du terme jusqu'au jour où... je ne sais pas... précipitamment et sans prévenir tout partit en vrille.
Le récit qui va suivre narre l'odyssée sous le joug et l'emprise d'une herbe si étrange que j'ai fini -je suis l'unique survivant du massacre- par la nommer I.V ou Intelligence Végétale. Mais voyez par vous-même le sinistre résultat.
INTELLIGENCE VÉGÉTALE : Première partie.
Nous étions dans un motel américain, style Ibis, l'engouement pour cet Etat Mégalo était palpable depuis notre parachutage à la manière d'un Antoine de Maximy. Nous préparions, soigneusement posés sur la table de l'hôtel, les divers éléments nécessaires à un périple : le plan, les affaires qu'on bourre tant bien que mal dans le sac de randonneurs... Et surtout les Armes de Guerre : ordinateurs portables, carnets, stylos, crayons à papier etc. Notre première œuvre La Défloration avait illuminé le paysage littéraire dès sa publication : il faut dire que cette histoire de fillette de six ans affreusement violée lors d'un gang bang de dobermans en rut apportait un peu de fraîcheur, décomplexait la grande majorité de notre lectorat : les apprentis écrivains, un peu il faut l’avouer, intoxiqués au Marc Levy, Amélie Nothomb... depuis de trop nombreuses années.

De son côté, Régis Jauffret, dans son dernier bouquin racontait la descente aux enfers d'un malandrin voleur de poules et obsédé sexuel mais ça restait encore trop aseptisé pour nous. Il nous fallait des attentats aux panthéons des hécatombes comme remède à l'antique mais surtout il nous fallait décrire le bonheur d'une actrice porno après une sodomie à sec bien douloureuse, la béatitude de sa gueule de chiennasse grande ouverte pour avaler des tonnes de foutre, l'extase d'un squirting bien mené, l'euphorie du fistfucking anal, le contentement, le bien-être, la félicité, la quiétude, la satisfaction, que dis-je la bénédiction tant annoncée et enfin réalisée de cette magnifique levrette où, à tour de rôle, elle encaissait un tas de bites noirs bigrement bien montés (B.N.B.B.M) ...

Avant de rendre les clés et de fermer définitivement la porte de notre chambre, un détail attira nos regards : au centre de cette peinture à l’eau forte encadrée et accrochée au-dessus du lit -une sorte d'abstraction ou d'impressionnisme où des globes de chairs étaient rassemblés en tas, au milieu d’un champ brûlé du Kansas- il y avait écrit en rouge comme si l'artiste avait écrit avec son sang ces mots étrangement évocateurs : "Marie-Jeanne douce amère col maculé de sang."
Après avoir inspecté le mystérieux tableau, nous conclûmes que l'auteur de cette vieille croûte était véritablement dégénéré.
Ce fut notre première erreur, les premiers avertissements et mise en garde alors qu'on allait se lancer justement à travers les champs du Kansas avec cette volonté délirante de réinventer à la fois le splif de Shiva et un nouveau mode de vie au parfum du gonzo-littéraire.

INTELLIGENCE VÉGÉTALE - Troisième partie.

Mélancolie comme j'aimerais tracer des zébrures sur ta peau d'un noir d'ébène !
Tout avait commencé, lorsque notre auto-stoppeuse rencontrée sur le bas-côté de la route, avait dégrafé son soutien-gorge et empoigné à vif nos ombres tapies de peur paranoïaque dans le coin de notre deuxième chambre d'hôtel, j’avais des visions de Madone enterrée sous le sable des déserts ; de vastes, de bien trop vastes hallucinations de cette Sainte réduite en femme-objet : cela, je l'avais déjà vécu et ce n'était pas vraiment nouveau, mais depuis notre virée, s'étaient ajoutés tous ces visages méprisants, sales, envieux, d'une méchanceté sans limite : tous ces gens qu'on avait rencontré au cours de notre existence nous recrachaient les souvenirs sanguinaires d'une vie antérieure dont nous n'étions pourtant pas responsable.
Au début j'espérais qu’ils finiraient par partir malgré tout dans la fumée du haschich mais la situation empirait de jour en jour, de joint en bang ; peine perdue !

Et tandis que la garce trempait dans sa culotte à l'idée de se faire sauter par deux gros porcs bien rodés, des kilomètres d'angoisse existentielle s'affichaient déjà sur notre compteur cérébral. Charles Pasqua, le larron qui m’avait influencé à quitter ma terre natale pour, disait-il, le Paradis des Haschischins, la soupçonna de travailler pour les services secrets du FBI, il me tint rapidement au courant et comme nous ne voulions absolument pas croupir dans le Centre des Pyjamas Orange, instantanément nous prîmes la résolution de mutiler la Beauté : quelques heures plus tard dans la nuit je me surpris à pleurer contre un oreiller qui avait été enfouis, pour limiter ses cris, jusqu'au fond de sa gorge.

A l'aube, alors que j'étais harassé de fatigue et baignais dans un état comateux que je produisais comme un rêve éveillé, Pasqua alluma alors la télé pour voir les nouvelles locales : une jeune fille retrouvée ce matin mutilées dans les champs du Kansas… -et d’autres faits-divers tout aussi inquiétants que incompréhensibles-

INTELLIGENCE VÉGÉTALE. Quatrième partie.

L'Intelligence Végétale me suivait de son aura accrocheuse, l'hospice ou l'asile d'aliéné n'était plus très loin à présent. Cependant, même aux confins de la folie, il existait quand même un refuge, une solution : le rapatriement d'urgence.
J'avais perdu Pasqua, l’immonde salopard avec qui je marchais jadis bras dessus bras dessous. Et je me retrouvais ce soir-là, fraîchement débarqué sur le territoire français, seul dans mon appartement. Je m'étais démerdé pour que les Autorités américaines et françaises ne puissent avoir aucun soupçon quand à mes exactions passées en bande presque organisée.

Cette nuit-là, comme un rendez-vous pour un ultime face-à-face, je découvrais que l'Intelligence Végétale que je croyais fumer innocemment avait une structure logique, souterraine et pour l'instant obscure : je réalisais enfin, en poussant le volume de la chaîne hi-fi alors qu'une compilation mêlant Beach Boys et Jefferson Airplane tournait, qu'elle avait « une véritable charpente musicale » ces Plantes « qui couraient avec des airs d'ibis debout sur une patte sur le terrain de chasse favori du malicieux Lapin Blanc. »

Le tout fut couronnée d'une guérison soudaine, induite par la compréhension du mécanisme végétal quand White Rabbit explosa au sein de la playlist : sa Majesté la Marie-Jeanne fastueusement n'aimait s'entourer que de ses précieux et fidèles sujets. Ces troubadours et l'Herbe s'enrichissaient mutuellement par cumul d’effets métriques ; ainsi l'Intelligence Végétale elle-même jouait harmonieusement les notes de ces partitions vouées à son culte éternel et épanouissait tout autant le mélomane que l’amateur de son registre musical… autrement elle sévissait et vilipendait violemment l'imprudent qui avait commis une terrible faute de goûts.

Voilà, comment je fus sauvé ! Etonnamment, amoureusement pédagogiquement sauvé par l’Incroyable Intelligence Végétale…

= commentaires =

Lapinchien


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Pute : +1
    le 20/07/2015 à 09:28:47
Petit joueur, les vrais vont directement taper dans le code de la Matrice et le recompilent à la volée.
David


adecco    le 20/07/2015 à 15:28:54
Salut,

"nous étions encore loin de se douter que l'Aventure nous mènerait beaucoup, beaucoup trop loin."

Je crois qu'on dit : "on était loin de se douter" mais "nous étions loin de nous douter".

Et la partie II, elle est dans mon cul ?

Je ne vois vraiment pas de quoi le narrateur s'est senti sauvé, déjà que ça me les moulinait en Huit de lire une histoire genre "sobriété heureuse" (J'ai réactionnairement compris : "L'Intelligence Végétale ou la miraculeuse guérison d'un fumeur de bédo" comme si la "guérison" c'était arrêter de fumer le bédot, mais non, il a dû s'en remettre un dans tous les orifices juste après le point final, ce polytox de narrateur... )

Bref, y'a plus de mots que de récits dans tous ça, faudrait ficeler les intrigues au moins aussi bien que les auto-stoppeuses !

ah, ça c'était meugnon :

"Mélancolie comme j'aimerais tracer des zébrures sur ta peau d'un noir d'ébène !"
HaiKulysse


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Dupont et Dupond    le 20/07/2015 à 16:23:40
Ce texte, n'a pas la prétention (ou tout simplement est-ce mon manque de moyens intellectuels, ce que j'admets aussi sans broncher) de servir une intrigue, et surtout il n'a pas la vocation de servir un message, qu'il soit infantilisant, maternel ou paternel (le joint c'est mauvais etc) ou qu'il soit du "côté" ou en faveur des débats politico-libertaire-socio-ethno-etc-de-mes-couilles)

Aucun parti pris, sinon le libre choix d'user "des mots" et ça vaut largement un autre.
Cela dit, je trouve le texte médiocre, c'est mon opinion et je la partage comme ces célèbres Dupont et Duponb dans Tintin (désolé aussi pour ces références foireuses)
HaiKulysse


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cela dit bis    le 20/07/2015 à 16:28:21
cela dit bis, ça ne m'a empêché de commettre aujourd'hui un horrible forfait, l'est dans le panier à salades de la Zone. "Avisse aux amateurs" comme qui dirait notre Emblème : Charles Pasqua dans toute sa splendeur
Lapinchien


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Pute : +1
    le 20/07/2015 à 16:47:09
Perso, j'adore tes textes en colimaçon, ça fait très Nostradamus, très Centuries 21. Le rendu de tes deux textes dans la revue qui te parle d'Aout déchire l'anus par les oreilles. Tous les textes de la revue qui te parle, d'ailleurs , le miens Anomaly 2/n étant le plus faible.
Lapinchien


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Pute : +1
    le 20/07/2015 à 16:53:21
La méthode du cut up de Burroughs , Ça le fait. D'ailleurs David Bowie ne jurait que par elle, si c'est pas un exemple qui confirme la règle assez classe pour péter sa schneck à la logique.
Lapinchien


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Pute : +1
    le 20/07/2015 à 17:42:37
l'effet pervers par contre, c'est que dans la lecture de ce magma poétique de non-sens, notre pauvre cerveau d'homo sapiens va absolument essayer d'en trouver, du coup on se raccroche à droite et à gauche à des choses qui semblent nous être adressées. ça devient vite oppressant, on a l'impression de recevoir la lettre d'un corbeau.
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 20/07/2015 à 17:53:39
perso, ça me dérange pas, j'ai un fan club de corbeaux, mais y en a d'autres que ça peut faire baliser.
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 20/07/2015 à 18:02:10
et voila donc https://www.youtube.com/watch?v=m1InCrzGIPU LA ZONE NIKE ARTE EN FORCE KOI §
David


mahité gucigalpa    le 20/07/2015 à 19:45:28
déjà que la cuisine ça me fait chier alors avec le cut up ça sera une totale macramé/pain perdu
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 20/07/2015 à 19:59:34
Oulipiste cyclable, koi.

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