LA ZONE -
Résumé : Etre, ou ne pas être troll littérature, c'est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante de Jumbo, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter par une révolte comme ici Katia ?. Mourir... dormir, rien de plus comme Angela passagère spatiotemporelle d'une époque à jamais révolue ;... et dire que par ce sommeil de simple lecteurs nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles des personnages et des narrateurs qui sont le legs de la chair : c'est là un dénouement qu'on doit souhaiter avec ferveur aux multiples auteurs malveillants de ce texte. Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver, crever tout simplement puis qu'on leur chie dans la bouche ! Oui, là est l'embarras, là est la question, là est l'hypothèse de l'insupportable foutage de gueule de 4 ou six mains sournoises qui méritent un arrêt cardiaque séant . Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie si ce n'est celle de Pepper Pig se faisant sodomiser par un éleveur breton ?

Tristes Tropiques sur OS X.

Le 07/09/2015
par HaiKulysse
[illustration] Avant-Propos
Voici la suite de ma précédente nouvelle publiée sur La Zone.org (J'irai dormir chez les Zonards. Ou Les Cendres Hardcore d'Angela.)

Le narrateur, dans cette deuxième partie du récit, évoque l'aventure d'archéologues inter-stellaires, venus d'une autre planète éloignée de notre système solaire. Leurs raisonnements foireux d'avance pour comprendre notre civilisation ne cessent de se casser la gueule, une perpétuelle et systématique série d'erreurs.
Ces pilleurs vont fouiller, à leur compte, dans les désordres et les failles apparentes de notre petite tribut humaine qui s'est entretuée lors d'une énième guerre. Des extraterrestres qui « démarrent » de loin, de trop loin puisque la fine équipe fraîchement débarquée sur notre planète bleue abandonnée (appelée ici « OS X » par ces visiteurs) au moment clé du récit qui va suivre, entre dans l'appartement d'Angela qu'ils prennent pour un temple.

Ce ne sont ni des experts, ni les représentants d'une nation d'extraterrestres, ce sont avant tout des chercheurs de trésors qui ont appris le métier sur le tas, ce sont surtout des créatures paumées, isolées dans un milieu hostile qu'ils croient décrypter. Leur enquête et chantier archéologique les mènent d'abord, sous couvert d'anthropologie, à porter leur attention à l'intérieur de l'armoire d'Angela.
Jumbo, le capitaine du vaisseau spatial, se dirigeait vers la remise où jadis Angela entassait ses affaires -notamment le carton du lot numéro cinq- malgré les mises en garde de Katia, la jeune co-pilote astronaute en mission avec lui sur OS X qui n'aimait pas les traquenards et qui protestait à la porte de la chambre. Jumbo sortit ses clés passe-partout, ouvrit le verrou qui fermait la porte, examina quelques instants l'intérieur et cria soudain :
« Victoire ! Voilà le Saint-Graal ma poule ! »

Un étroit rectangle de lumière avait pénétré la pénombre de la remise. Et, sur la plus haute étagère, les jambes pendantes, les yeux tournés vers la gauche comme un aveugle bienheureux, un totem trônait.
« Le Gardien du Temple » chuchota alors le capitaine.
La coiffe en palmier tressé du Gardien Sacré, que Jumbo estima « haute de quatre-vingt centimètre » était faite selon lui de « feuilles d'argile rouge, de coques de noix de coco et de racines ressemblant à de longues pailles, tissées dans les cheveux. »

C'était leur quatrième mois depuis l'arrivée sur cette planète abandonnée, déserte, presque entièrement dévastée. L'espèce humaine n'existait plus, des millénaires s'étaient écoulés paisiblement avant l'atterrissage de ces chercheurs de trésors, et ce totem qu'ils regardaient tous les deux, l'un avidement, l'autre avec un effroi mêlé d'admiration, n'était autre qu'une poupée chimpanzé. Comme cet identique chimpanzé, qu'on pouvait trouver dans ces publicités totalement délirantes vantant les avantages de la lessive Omo, ou comme ce célèbre Jean-Marc qui accompagnait le ventriloque Jeff Panacloc.

Ainsi, le totem fut rapidement adopté, bien qu'il soit hautement redouté par la jeune et tendre Katia ; elle lui attribuait des pouvoirs occultes, nuisibles.

En tout cas, ils étaient tellement obnubilés par cette trouvaille qu'ils avaient délaissé les meubles fin Renaissance que l'étudiante en informatique avait hérité d'un oncle richissime. Et, après avoir passé en revue les petites culottes et les strings d'Angela, puis les deux boites de Tampax qu'il prit pour des offrandes divines, Jumbo était passé à l'observation de la cuvette des chiottes d'Angela, sans se douter une minute qu'ils étaient tous les deux dans un flou opaque d'interprétations douteuses, la co-pilote délirante et lui se consacrant à l'anthropologie malsaine des tuyauteries et des canalisations, miséricorde.

Katia, qui était restée à l'écart pendant l'étude minutieuse et qui se demandait pour quelle raison « la tribut humaine » gardait un totem enfermé à double tour, dans cette remise obscure, piaillait et geignait en évoquant un malheur à venir. Elle disait à son supérieur hiérarchique qu'il y avait « vraiment quelque chose de bizarre là-dedans. »

Et tandis que l'explorateur intrépide ne laissait pas un coin, pas un angle inexploré en ignorant ses sornettes, la pauvre Katia, toujours figée par la peur, eut une prise de conscience aussi fiévreuse que douloureuse :
On avait élevé ce totem à la gloire du Démon.

Elle fixa la porte de l'armoire avec angoisse, puis elle se dirigea d'un bond dans sa direction et tenta de la fermer mais ses mains tremblaient tellement qu'elle fit tomber la clef.
Une flèche de lumière, en oscillant dans le miroir face à la remise, toucha le totem. Précisément les yeux du chimpanzé, qui étincelèrent dans la pénombre : la divinité allait se transformer ; étant en danger, elle allait abattre sa funeste malédiction.

Jumbo tenta de la calmer, disant : regarde ce que j'ai trouvé, c'est le « bâton du blanchisseur » un symbole utilisé pour donner du crédit et de l'autorité aux percepteurs des impôts. Il montrait fièrement la brosse à nettoyer les toilettes.
Disant ensuite : oh ! regarde-moi ça, je crois que le Gardien est tout excité parce que, mon Dieu, mon Dieu, je crois que c'est parce qu'il t'a vue, ça va lui faire une étincelle, je crois qu'il va s'animer. Elle : partons avant qu'il se produit un malheur.

Jumbo eut alors un sourire vicieux.

Il la plaqua contre le mur, lui passa les mains sur le corps, l'empoigna, et la peur l'empêchait de respirer. Elle cria quand il la renversa sur le sol, se débattit, mais il la tenait solidement. Jumbo était un gros porc bien trop costaud pour elle. Il arracha sa combinaison spatiale, s'allongea sur elle de tout son poids, s'enfonça en elle, et la douleur la brûla jusqu'au fond d'elle-même, insupportable.

Sonnée, elle se retrouva quelques heures plus tard, sur le lit d'Angela... Le compte à rebours de l'aéronef était enclenché.

     ...

De courtes et confuses respirations, en écoutant le vrombissement des moteurs de la fusée qui décollait : seule sur une planète qu'elle ne connaissait pas, allait-elle reprendre le cours d'une vie ordinaire ? Le rythme monotone de son existence lui manquait déjà. Tout était apparu si vite, comme dans un cauchemar. Les ombres de la chambre d'Angela jaillissaient comme des damnés, elles tentaient de se libérer d'anciennes tortures sans pour autant renoncer à leur damnation.
Katia était comme emmurée vivante, et le démon qui l'avait fécondé s'était enfuis. Des mois allèrent passer avant l'accouchement, elle avait été souillée et le foetus qu'elle portait, était bien davantage qu'une caricature grimaçante de l'Ennemi, c'était l'Alien cosmique, envoyé du pays des morts.
Pendant tous ces mois où elle s'alimentait à peine, Katia l'avait même assimilé au Fléau qui avait ravagé cette petite planète. Son hache de guerre était presque entièrement déterrée.

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