LA ZONE -
Résumé : Herakles Navet reprend du service dans cette enquête en plusieurs parties. Rappelons que ce personnage est sous licence LGPL et que tous les zonards peuvent s'en approprier pour en écrire une histoire. Lapinchien reprend le flambeau en espérant que d'autres lui emboîteront le pas. Le démarrage est-il plus drôle que pathétique ? Là est la question. Il se fait à doses homéopathiques quoi qu'il en soit. Agatha Christie se retourne tellement dans sa tombe qu'on devrait songer à y brancher deux puissants électroaimants pour produire de l'énergie à induction électromagnétique. Par cette simple méthode, ce seul épisode devrait pouvoir assurer l'éclairage d'une petite ville de 100.000 âmes toute une année durant. Une initiative avec un fort engagement écologique donc.

Heraklès Navet et la normalisation du storytelling (1ère partie)

Le 13/02/2016
par Lapinchien
[illustration] La victime n'était plus là, déplacée, emportée dans la chambre frigorifique en attendant l'autopsie. De grandes traces de craie rouge au sol marquaient les contours de sa silhouette difforme. Des flaques de sang éparses complétaient harmonieusement une improbable œuvre abstraite. C'était une sorte de performance artistique en réalité. Les experts médico-légaux se succédaient sur la scène de crime tels des intermittents pendant une représentation théâtrale. La plupart semblaient être des figurants. Si Aurélie Filippetti ou Fleur Pellerin étaient entrées dans les lieux on aurait pu s'attendre à ce qu'ils se foutent tous à poil pour protester.
Heraklès Navet invectiva son acolyte de toujours.
- Foutrefrite, captain Waterloo, mes petites cellules grises me démangent. Rappelez-moi qui était la victime ?
- C'est la narration, mon cher Navet. Depuis le temps qu'elle morflait, quelqu'un est venu porter le coup de grâce.
- Morfler, dites-vous, mon cher ami ? C'est étonnant je n'ai rien remarqué, et pourtant j'ai le sens du détail.
- C'est probablement parce que ça n'a rien à voir avec les détails. Sa condition s'est dégradée petit à petit, elle a pris des coups au quotidien. Personne n'a rien remarqué.
- ça me rappelle l'horrible histoire de cet œuf plongé dans une casserole remplie d'eau qu'on a lentement porté à ébullition...
- C'est très similaire, mon cher ami. Vous avez le sens de la comparaison et de l'à-propos.
- J'imagine qu'on est en huis clos ?
- Bien entendu, un complexe hôtelier sur une île coupée du monde balayée par un puissant ouragan, toutes les lignes sont coupées, on a plus internet et on ne capte même pas une barre sur nos smartphones. Les navettes de liaison avec le continent ne peuvent bien entendu pas s'engager en mer. Au moins l'assassin ne pourra pas s'enfuir.
- Fascinant. Nous sommes étrangement coutumiers à de telles conditions de travail improbables mais fort heureusement des plus utiles pour résoudre une énigme. Et on a assigné à résidence tous les gens présents au moment du crime ?
- L'état d'urgence a facilité la chose, on a même pu leur placer un bracelet électronique et ils doivent pointer toutes les demi-heures...
- Très bien, très bien, mon cher Waterloo et... Ah ! Une dernière chose avant qu'on aille interroger les suspects. Comment se fait-il qu'il y ait autant d'experts médicaux-légaux en ces lieux ?
- C'était un colloque.
- J'aurais dû m'en douter.

= commentaires =

Lourdes Phalanges


    le 13/02/2016 à 13:18:27
Je suis fort teasé.
Muscadet


site blog fb
    le 13/02/2016 à 13:24:29
Titre inspiré qui enjoint à sauter par la fenêtre les pieds joints.

On chuchote dans les coulisses républicaines que Donald Trump himself pourrait s'inspirer de cette reprise des dix petits nègres lors de son discours dans le Nevada la semaine prochaine.

Alors que dans les couloirs de Matignon, on rapporte que Fleur Pellerin aurait empaqueté son costume de geisha avec fureur à la lecture de l'oeuvre inspirée par Shutter Island.

Vous l'aurez lu ici en premier.
David


ça s'tient, cmb    le 13/02/2016 à 22:48:18
je commence à devenir fan du chat, ici j'ai bien compris que le héros, c'est le colloque alors que dans le suivant, c'est le volcan... en fait c'est une fine démonstration de l'impossibilité de n'absolument (comment ça, ça ne m'existe pas n'absolument ?!) rien dire en le narrant. La narration est comme un zombie, l'enfer doit être déjà à bloc d'histoires et les dieux nous les renvoient dans la gueule, ou dans le cul de ceux qui regardent ailleurs.

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