LA ZONE -
Résumé : Suite navrante des nouvelles aventures d'Heraklès Navet, personnage zonard sous licence LGPL que tout le monde peut emprunter pour ses productions personnelles. L'enquête sur l'assassinat de la narration démarre à peine et le détective belge tient déjà quelques suspects dans son collimateur. Après toute une série de textes conceptuels à la con, Lapinchien entame des exercices de rééducation laborieux mais qu'il espère consciencieux et disciplinés. Cela dit, ça reste très conceptuel aussi et sans nul doute cherche-t-il à soigner le mal par le mal.

Heraklès Navet et la normalisation du storytelling (2ème partie)

Le 13/02/2016
par Lapinchien
[illustration] Résumé des épisodes précédents : Le détective Heraklès Navet et son acolyte de toujours, le captain Waterloo se retrouvent, bien malgré eux et comme à l'accoutumé, face à une intrigante investigation à mener. En plein colloque d'experts médico-légaux sur une île britannique perdue, un meurtre a été commis, la narration a été tuée. Tout se complique lorsqu'on apprend qu'un ouragan coupe l'île du reste du monde.
Tristan da Cunha n'était pas un des suspects mais bien le lieu où se déroulait cette sordide histoire, une île britannique d'une centaine de kilomètres carrés située dans l'archipel de Sainte-Hélène de triste mémoire. Considérée à juste titre comme la terre la plus isolée au monde, son accès était non seulement particulièrement difficile en raison des conditions climatiques, de son éloignement mais aussi par la rareté des bateaux. Située à 3000 kilomètres à l'ouest de la ville du Cap en Afrique du Sud, il fallait vraiment être stupide pour vouloir se perdre sur ce rocher hostile. Un petit complexe hôtelier accueillant des séminaires en tout genre, des colloques, des stages de survie et de cohésion d'équipes en particulier, avait été construit au pied du Queen Mary's Peak, un volcan culminant à plus de 2000 mètres d'altitude. Lorsqu'on vivait là-bas, on avait vraiment l'impression que la Terre n'était qu'un ballon de baudruche et qu'elle se dégonflait à vue d'œil au quotidien par ce trou béant au sommet du volcan.

Monsieur Suspens et Madame Intrigue étaient les gérants du complexe hôtelier. Etonnamment l'architecte qui avait suivi les plans d'un jeu Cluedo pour construire les lieux vivait aussi sur l'île, il s'agissait de Lady Catharsis. Sur la liste des suspects se trouvaient également les jumeaux Twist, Lord Cliffhanger, Miss Digression, Monsieur Fausse-piste, la duchesse Epilogue et sa fille Accroche, un couple de bourgeois parvenus Mister Climax et Miss Point-de-non-retour. Il s'agissait de touristes de passage. Le captain Waterloo avait reçu pour consigne de réunir tout ce petit monde dans la bibliothèque. Il était d'ailleurs un peu confus car d'ordinaire son ami le détective Heraklès Navet ne lui proposait ce périlleux exercice qu'à la toute fin de son enquête, au moment où il dévoilait qui était l'assassin lors d'une poussive et approximative démonstration comportant de nombreuses zones d'ombre. Parfois ça virait au drame, des suspects se suicidaient ou tentaient de fuir et mourraient dans d'improbables accidents en chutant par la fenêtre. Mais la plupart du temps, ils étaient plutôt dociles et se rendaient sans la moindre résistance, même s'ils savaient que la potence les attendait, éblouis qu'ils étaient par l'éloquence et la perspicacité d'Hérakles Navet. Ils ne savaient tout simplement plus comment argumenter et préféraient tout avouer avant de mourir d'un AVC.

Alors que Waterloo fit entrer dans la bibliothèque le dernier des suspects, une fois qu'ils se furent tous confortablement installé dans du mobilier de style Art Déco, alors qu'ils se mirent à boire du thé, manger des macarons et pour certains à fumer, Heraklès Navet entama son speech.

"Chers amis, si j'ai demandé à ce que vous soyez tous réunis, c'est que j'ai une bien triste nouvelle à vous annoncer : la narration est morte et l'un d'entre vous l'a tuée. D'ordinaire je me balade parmi vous et j'essaie de comprendre quels pourraient êtres vos mobiles et vos alibis, confronter les points de vue les uns des autres, trouver qui ment et pourquoi, de manière subtile et sans vous brusquer, je débusque vos secrets les plus honteux. Mais pourquoi donc me ferai-je le maître de cérémonie de ce sempiternel rituel aujourd'hui ? La narration est morte. A quoi bon s'entêter ? "

= commentaires =

Navré     le 13/02/2016 à 22:37:33
Navrant, c'est un adjectif que je place en quatrième catégorie sans aucun problème. Il est solide, compact, intemporel, adaptable and it never gets old. Recommanded.
David


Elle aime en taire, la narration...    le 13/02/2016 à 22:39:05
C'est Game of Throne qui a tué Star Wars avec un Alien dans le Piège de cristal, ou bien Miss Doubtfire, avec un Hussard sur le toit, Qui a tué Mon nom est personne dans Un taxi pour Tobrouk, ou alors c'est Fanfan la tulipe qui a tué L'homme qui en savait trop avec Douze hommes en colère dans Un homme et une femme ! ouaiii, yeahhh, ça c'est ouffff... et pas un légume, nique ta soupe, Garbit !
J'attends la suite     le 14/02/2016 à 18:41:37
Et en attendant d'attendre, je tenais à vous faire partager mon sentiment -encore- sur les préfaces.
Je ne goûte pas les préfaces.

J'apprécie les digressions, les anecdotes, les récits, les descriptions voire même les opinions sur les auteurs.
Mais les préfaces, non.

Si un jour, on vous propose un poste de préfaceur, répondez comme Patrick Bateman : désolé, mais je dois rendre des cassettes à la boutique.
Dourak Smerdiakov


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    le 14/02/2016 à 21:19:41
"C'est modulable et conceptuel, déclinable à l'infini, rincé par des vents marins, très scandinave en fait malgré l'hémisphère, j'adore." Maréchal Joukov
Excusez-moi     le 14/02/2016 à 23:18:38
Je n'ai pas saisi votre trait d'esprit.

C'est le "malgré l'hémisphère" qui me perd complètement.
Oubliez ça     le 14/02/2016 à 23:32:00
Je viens de connecter mes branchements.

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