LA ZONE -
Résumé : 3ème volet des nouvelles aventures d'Heraklès Navet par Lapinchien. Ce qu'il y a de bien dans cette websérie c'est qu'en empruntant aux séries TV américaines le petit récapitulatif avant propos, Lapinchien nous permet d'attaquer chaque nouvel épisode sans avoir au préalable à se taper l'intégrale des précédents même si en réalité cette mise en bouche à pour objectif de vous pousser à tout reprendre depuis le début. Ce qu'il y a de pas bien, par contre, dans cette websérie, c'est tout le reste.

Heraklès Navet et la normalisation du storytelling (3ème partie)

Le 15/02/2016
par Lapinchien
[illustration] Résumé des épisodes précédents : Le détective Heraklès Navet et son acolyte de toujours, le captain Waterloo, mènent l'enquête sur l'assassinat mystérieux de la narration survenu lors d'un colloque d'experts médico-légaux sur l'île deTristan da Cunha essuyant un ouragan. Tous les suspects sont convoqués dans la bibliothèque de l’hôtel où tous sont confinés, dans l'incapacité de fuir. Puisque la narration est morte, Heraklès Navet décide de mettre de coté ses modes d'investigation habituels et commence par le monologue sensé percer à jour l'assassin.
Tout le monde se sentait mal à l'aise. Heraklès Navet semblait assez déprimé de son propre aveu. Il avait confié à tous les suspects tous les trucs et astuces, toutes les ruses qu'il employait d'habitude pour démasquer les coupables et humilier publiquement les innocents. "Mes chers amis, c'est important de digresser et ménager le mystère et ce afin de tenir le lecteur en haleine. Certes il m'arrive souvent de savoir qui est le meurtrier au premier croisement de regard mais même dans mes introspections les plus tordues, et je vous épargne les duels au pistolet entre mes petites cellules grises pour que vous ne sombriez pas dans une irréversible folie destructrice, tant vos cerveaux de primates sont inadaptés aux méthodologies de raisonnement qui jalonnent et étayent les fulgurances qui me conduisent à la vérité, donc même lors de ces introspections j'occulte une partie consciente de ce que j'entrevois, je la transvase dans mon subconscient belge, et ce sciemment, afin de la cacher au lecteur pour ne pas qu'il comprenne trop vite où je veux en venir. Oh ce n'est pas qu'il soit voyeur et que ça m'importune. Ce n'est pas bien grave que le lectorat soit voyeur et j'aime à imaginer qu'il sonde au moindre de mes mots ce que je peux bien avoir dans la tête et lui cacher dans mon slip. Par contre je déteste lorsqu'il essaie d'être plus fûté que moi et anticiper mes conclusions. Il est hors de question que ces enfoirés démasquent les coupables avant moi. Mais bon sang ! Cette fois, la narration est morte et je redoute le pire aussi je déclare officiellement qu'à partir de maintenant je sombrerai dans le mutisme le plus total, tant un mutisme de paroles qu'un mutisme introspectif qui je le sais fort bien serait de toutes façons retranscrit par l'auteur."

Et alors, Heraklès Navet se tut. Il se tut avec une telle détermination, une telle rage et conviction que plus personne ne su quoi faire. Les uns s'arrêtèrent de manger des macarons, d'autres reposèrent leur tasse de thé, les derniers écrasaient leur cigarettes dans les cendriers complètement interloqués. Le captain Waterloo protesta un moment mais rien n'y fit. Heraklès Navet plissait les lèvres avec force et si je ne vous raconte pas ce qu'il manigançait en pensée c'est parce que comme il l'avait annoncé, il avait tout simplement cessé de réfléchir. Navet se mit à parcourir la bibliothèque de long en large, à décrire des cercles, puis il parcourut les étagères et après deux ou trois hésitations, il choisit un livre volumineux, puis se lova de manière indécente dans un gros fauteuil aux motifs proches de l'illusion d'optique, de l'Art Déco bien entendu. Il réajusta ses lunettes et se plongea dans une longue lecture. C'était très énervant. Il tournait les pages très lentement et avec un dédain surfait, factice, juste pour provoquer l'auditoire.

Alors certains se mirent à pester. C'était inconvenant, inconcevable, ils n'avaient pas signé pour ça.

Monsieur Suspens et Madame Intrigue : Jamais on ne nous a traité de la sorte ! C'est un scandale !
Captain Waterloo : Mes chers amis, veuillez excuser Monsieur Navet. Il n'est pas comme ça d'ordinaire.
Lady Catharsis : Ne pas vouloir m'interroger ? Moi ? J'ai tellement de secrets cachés ! De choses inavouables que j'adorerais qu'on exhibe.
Captain Waterloo : Je suis navré, tellement navré ma chère. D'habitude Heraklès aime sonder les subconscients et humilier la veuve et l'orphelin, dévoiler au monde entier les liens de filiation cachés et incestueux qui existent entre eux. Je ne comprends vraiment pas ce qui lui prend.
Les jumeaux Twist : On va tout de même pas se mettre à table de notre propre chef ? Bon et puis rien à foutre, bat les couilles, pète le fion : avant d'être jumeaux, mon frère et moi étions des siamois de la quéquette. Comme ça c'est dit !
Captain Waterloo : Je vous en prie, messieurs, un peu de discrétion, vous allez faire fuir le lectorat à lui balancer des truc honteux et racoleurs sans y mettre les formes, on n'est pas chez Jean-Luc Delarue, paix à son âme et...
Lord Cliffhanger : Mais moi aussi j'ai des secrets : j'ai un rejeton, un bâtard, que je n'ai jamais reconnu, elle a fait un bébé toute seule, et ce bébé ça fait 30 ans que je le planque dans mon cul. Tas de merdes humaines.
Puis Lord Cliffhanger s'effondra en sanglots puis se roula en boule en tapant des poings sur le plancher. Il se mit à faire un gros caprice.
Miss Digression : Mais cessez-donc ces gamineries, Lord Cliffhanger, votre secret c'est de la gnognotte : avant d'être une femme, j'étais de sexe masculin et d'ailleurs je n'étais même pas humain, j'ai subit plusieurs opérations chirurgicales, j'étais un putain de pigeon ramier avant ! Voilà ! alors arrêtez de chialer, gros con ! Il y a toujours quelqu'un que vous ne soupçonnez même pas et qui a un plus gros secret que vous.
Miss Digression se mit à roucouler puis à picorer des restes de macaron qui jonchaient le sol.
Captain Waterloo était tellement, mais tellement, tellement si désolé.
Monsieur Fausse-piste : Mais moi aussi j'ai des cadavres dans mon placard ! Tout un cimetière indien que j'ai déterré pour créer des vortex. Mais jamais on ne m'avait poussé à m'en vanter publiquement. Et ce n'est pas parce que c'est très utile dans la spéculation immobilière que je vais le crier sur les toits.
Mister Climax : Bande de pervers, c'est pas pasqu'on met un peu la lumière des projecteurs sur vos vies misérables qu'il faut se sentir dans l'obligation de nous avouer toutes vos saloperies dégueulasses !
Captain Waterloo: Un peu de tenue mes chers suspects, ça devient un peu gênant.
Miss Point-de-non-retour : J'aime pratiquer le headfucking en chantant la chanson de René la Taupe et d'ailleurs, je suis mignon, mignon, mignon, mignon, mignon, mignon, mignon.
D'un croc-en jambes, Waterloo esquiva l'assaut inapproprié de Miss Point-de-non-retour qui fonçait tête la première vers son croupion potelé.
La duchesse Epilogue : Ben perso j'ai rien à cacher d'ailleurs je vais vous faire un numéro de ventriloquie avec ma chatte touffue. Je l'ai appelée Jean Marc et à présent je vais vous imiter Jeff Panacloc.
Sa fille Accroche: C'est horrible, maman, tu veux dire que je suis venue au monde dans un long dégueulis de Jean Marc ?
La duchesse Epilogue : Non car tu n'es pas ma fille mais une pygmée naine de 99 ans amnésique que j'ai adoptée sur adopte-un-Alzheimer dot com à des fins d'optimisation fiscale.

Soudain Accroche, la fille de la duchesse Epilogue, folle de surprise ou de rage ou prise d'une de ces crises inexplicables qui ponctuent au quotidien la vie des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, quitta la bibliothèque et on entendit ses cris gutturaux dans les couloirs du manoir jusqu'à ce que le redshift de leur effet Doppler disparaisse dans le silence.


= commentaires =

C'est stupéfiant     le 15/02/2016 à 15:26:27
Moultes révélations sur la sexualité des sainte-hélènois qui partagent cette dénomination avec les habitants du village homonyme de Gironde.

La Gironde est d'ailleurs un département de caractère puisque j'ai appris récemment qu'un huissier venu saisir un véhicule Passat aurait été roué de coups de pied dans la nuque par le propriétaire-débiteur, le laissant dans un état d'hémiplégie permanent.
Soyez vigilants dans vos choix de carrière.
Lapinchien


tw
    le 15/02/2016 à 15:43:05
si tous les débiteurs étaient saisis, on fermerait tous un peu plus nos gueules
David


Tante Crescendo    le 15/02/2016 à 16:00:59
J'ai bien aimé :

"La duchesse Epilogue : Non car tu n'es pas ma fille mais une pygmée naine de 99 ans amnésique que j'ai adoptée sur adopte-un-Alzheimer dot com à des fins d'optimisation fiscale."

mais bazar, pourquoi j'ai lu le reste...

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