LA ZONE -
Résumé : 13ème épisode des pitoyables nouvelles aventures du détective belge Heraklès Navet, espérons que ça portera malheur à son auteur. Rappelons qu'une pétition a été lancée sur change.org ici https://www.change.org/p/lapinchien-lazone-org-doit-cesser-de-publier-les-nouvelles-aventures-d-herakl%C3%A8s-navet-de-lapinchien et il suffirait d'atteindre 100 signatures pour faire pression sur Lapinchien afin qu'il mette un terme définitif à cette série stupide, sans queue, ni tête, comme lui. Pour l'instant, on est loin du compte puisqu'il y a exclusivement deux signataires : Muscadet et moi-même. J'imagine que l'absence de signatures est considéré par Lapinchien comme des encouragements à poursuivre. On se consolera en apprenant qu'il ne reste presque plus de personnages à tuer dans ce qui ressemble beaucoup à un slasher movie de série Z. étrangement cet épisode se conclut sur une note qui rappelle la Saint-Con 2016 à venir, d'ailleurs depuis quelques temps, la Zone commence à se parer de ses plus belles illuminations.

Heraklès Navet et la normalisation du storytelling (13ème partie)

Le 13/03/2016
par Lapinchien
[illustration] Résumé des épisodes précédents : Un serial killer sème la panique en huis clos dans l'immense manoir de l'île de Tristan da Cunha où se déroule un colloque d'experts médico-légaux ayant viré à l'orgie. La sensation de claustrophobie est décuplée par un terrible ouragan qui coupe l'île du reste du monde. La narration a été trouvée morte puis l'accroche a sauvagement été assassinée, le suspens et l'intrigue ont succombé, le cliffhanger de la fin de la première saison complètement massacré, le middle twist à son tour a rapidement été exécuté, une digression s'en est suivie, terrassée avant même d'être entamée, une fausse piste prometteuse sacrifiée sur l'autel de l'inanité. Heraklès Navet et le captain Waterloo, mènent l'enquête alors que l'ensemble des étapes classiques qui ponctuent le déroulement d'une histoire sont éliminées les unes après les autres.
Mister Climax était bien embêté. En effet, il vit que son nom à présent figurait en tête de la liste des victimes du serial killer, et puisque tous ceux qui le précédaient étaient mort suivant l'ordre établi, il savait pertinemment que son tour était venu et qu'il succomberait s'il ne mettait pas en place une petite combine pour duper l'assassin.

Pendant ce temps, la duchesse Epilogue pestait : "Mon cher Heraklès, votre bilan est pitoyable. Il y a eu bien plus de morts depuis que nous nous sommes cloitrés dans la bibliothèque que lorsque nous ne tentions pas de nous barricader pour nous protéger; Votre plan est un fiasco total. Et ne parlons pas de votre leadership, flamand ou wallon, on s'en tamponne, il est juste inexistant. Il n'y a que vous pour y croire."

"Chère duchesse, ne vous emportez pas de la sorte", Réplica Heraklès Navet, "J'avoue que le tueur en série est rapide et efficace, il nous ligue les uns contre les autres, anticipe nos mouvements, nous pousse à commettre des folies, mais je vous assure : n'est pas né celui qui tiendra en échec mes petites cellules grises."

"Mais c'est assez simple de procéder par élimination, mon très cher Navet", S'enflamma la duchesse, "Surtout quand ceux qu'on élimine sont les suspects. Physiquement, j'entends. Alors avouez que vous n'avez pas la moindre stratégie et que vous attendez que le dernier d'entre nous soit encore en vie pour le cueillir et en faire le coupable idéal ! Et ne parlons pas de l'hécatombe au sein du lectorat. Il ne donne plus le moindre signe de vie. Vous allez sans nul doute mettre ces disparitions sur le compte du serial killer également ?"

"Duchesse, restons courtois !", le détective belge tapa du poing sur le tableau noir qui cracha un imposant nuage de craie qui de manière idoine vint subtilement cacher toutes les pellicules qui ornaient son costume, "Je vous avoue avoir commis une maladresse mais je vais de suite la rattraper : revenons aux fondamentaux méthodologiques des techniques de l'investigation. On a trouvé le mode opératoire. Cela aurait dû nous donner un avantage mais rien n'y a fait. Le sort s'est impitoyablement acharné sur nous. Passons à présent en revue les mobiles et les alibis de chacun. Cherchons les incohérences. Replaçons la raison et la déduction aux commandes de l'enquête."

Des cris d'effroi, entrecoupés de râles et de lamentations, vinrent interrompre le combat de coqs entre Navet et la duchesse Epilogue. Pendant qu'ils tentaient de pitoyablement monopoliser la trame narrative en la saturant de leurs échanges stériles, plus proches en réalité de monologues parallèles de politiciens vaniteux et en quête de pouvoir, un drame venait à nouveau de se jouer. Ils rejoignirent, au pas de course, tout en essayant de se placer, l'un, l'autre, quelques crocs-en-jambe opportunistes, Monsieur Final Twist et Lady Catharsis ébaubis devant le monticule de cadavres bloquant l'entrée de la bibliothèque. Ils purent constater que Miss Point-de-non-retour se trouvait tout en haut de la barricade penchée sur le corps de son mari, Mister Climax. La femme tenait une lanterne enfermant une bougie à la flamme intense pour éclairer la nouvelle scène de crime car le couloir de l'entrée de la bibliothèque était assez obscur en réalité.

"Il est mort !", Pleurait-elle, "Je l'ai trouvé mort ici même. C'est horrible. Il bave de manière grotesque et inconvenante. Je crois que c'est un empoisonnement alimentaire."

"Un empoisonnement alimentaire?", S'étonna Heraklès Navet, "Mais c'est impossible. Voyons, Miss Point-de-non-retour, pour des raisons de restrictions budgétaires le responsable du catering de la série, vous le savez bien, nous a proposé un buffet à volonté que nous avons tous partagé. Comment votre époux aurait-il pu succomber à un empoisonnement ? Nous devrions tous être en train d'agoniser si c'était le cas, pris de spasmes, convulsions, douleurs au ventre et vomissements. Or, il n'en n'est rien. Et puis d'abord, comment le corps de votre mari s'est retrouvé en haut de la pile de cadavres ?"

"Je n'en sais rien, Monsieur Navet !", S'époumona furieuse Miss Point-de-non-retour, "Je vous ai déjà dit tout ce que je savais. Je l'ai cherché puisqu'il avait disparu et puis je l'ai vu faire de grandes bubulles de bave au sommet du monticule de cadavres. Alors ça m'a interloqué, je me suis rapprochée et c'est en escaladant la barricade que j'ai constaté son décès."

Puis Miss Point-de-non-retour se mit à pleurer à chaudes larmes : "Vous me soupçonnez, Monsieur Navet, n'est-ce pas ? Vous pensez à présent que je suis l'horrible meurtrière de cette sordide histoire. Tout cela parce que je me suis éloignée du groupe pendant que vous et la duchesse vous disputiez de manière très inintéressante et ennuyeuse sur la méthodologie à adopter pour résoudre toutes ces énigmes qui ont chu en cascade sur nos vies mornes et monotones de petits bourgeois."

"A dire vrai, Miss Point-de-non-retour, je ne l'ai même pas envisagé...", S'étonna Navet de manière assez franche, "Je pense plutôt que vous êtes une personne frêle et sensible, certes, comme toutes les femmes parfois emportée dans d'incommensurables crises d'hystérie mais c'est votre nature après tout et..."

"Mais, espèce de gros misogyne !", Interrompit Miss Point-de-non-retour, "C'est quoi cet apriori débile sur les faibles femmes qui seraient incapables de concocter des plans machiavéliques et de tuer de sang froid leur époux autoritariste lorsqu'une bonne occasion de masquer le crime, de le rendre inaperçu au milieu d'une foule d'autres crimes se présente ? Vous allez voir si je ne suis pas capable de péter un câble et faire un truc de fou sur un coup de tête, affreux misogyne plein de stéréotypes et d'apriori et de cellules grises XY à flagelle et..."

C'est alors que l'on découvrit que Miss Point-de-non-retour avait profité des bâillements entrecoupés de micro-siestes qu'avaient occasionné l'exposé d'Heraklès Navet pour subtiliser le gros cubi de vodka que, par commodité et pour des motifs de restriction budgétaire évoquées tantôt, le responsable du catering avait inclus dans le buffet à volonté pour accompagner les petits toast au caviar. Certes ça ne faisait pas trop ambiance années folles et style art déco, ça jurait un peu au milieu de la bibliothèque mais le responsable des décor avait dû céder à l'intransigeance du producteur et, quoi qu'il en soit, à présent Miss Point-de-non-retour vidait intégralement la vodka contenue dans le cubi sur le monticule de cadavres sur la barricade improvisée bloquant l'accès à la bibliothèque. Par ailleurs pour montrer que si elle le voulait elle était une gue-din dans sa teu-té, elle secouait dangereusement la lanterne qui à tout moment risquait de choir, se briser et transformer le monticule de corps au sommet duquel trônait Mister Climax, son époux, en bûché de l'enfer inextinguible.

Et c'est au moment le plus inopportun que Mister Climax aspergé de vodka, complètement imbibé, se releva subitement provoquant l'étonnement général : "Mais vous êtes tous trop des cons !", Criait-il en recrachant de grandes giclées de vodka, "J'avais un plan. Faire croire au tueur, aux autres suspects, à vous Monsieur Navet et même au lectorat, ce qu'il en reste, que j'étais mort pour être épargné, m'en sortir, survivre... Vous comprenez, bande d'abrutis ! " Puis se tournant vers sa femme et la secouant : "Non mais vous n'avez aucun respects pour les morts, ma parole ! Vous les escaladez, vous les tripotez, vous leur balancez de la vodka à la tronche ! Espèce de grosse conne, tout ça c'est votre faute, qu'est ce qu'on est venu foutre dans cet hôtel de merde, dans cette île de merde loin de tout ! Y a rien à foutre ici ! Non mais t'es trop une truie violette chérie, tu te plains de ta vie bourgeoise morne et monotone et tu nous concocte sur TripAdvisor, bookingmescouille point yeah tout ça, je sais pas quoi, les vacances les plus merdiques auxquelles il m'est été donné de..."

Il y eu un énorme "Whoooosh". Exténuée, atterrée, surprise de voir son fils de pute de mari mort, ressusciter, Miss Point-de-non-retour avait effectué un triple salto arrière et balancé la lanterne en plein dans la tronche de Mister Climax qui s'était embrasé d'un coup. D'ailleurs les mots de son monologue stupide avaient subitement été remplacés par d'imposants jets de cendres en fusion. Heraklès Navet se remémora furtivement une de ses aventures érotiques au sommet du mont Pinatubo, une nouvelle qu'Agathe Mahometie avait écrite un soir de beuverie mais qu'elle n'avait bien sûr jamais publiée même sous un pseudonyme tant son style parfait l'aurait de suite trahi auprès de critiques littéraires britanniques qui par ailleurs étaient souvent pigistes dans les tabloïdes pour boucler leur fin de mois.



= commentaires =

Muscadet


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    le 13/03/2016 à 15:20:47
Seigneur.
Koax     le 13/03/2016 à 17:47:09
Diantre.

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