LA ZONE -
Résumé : HaiKulysse présente lui même son reboot de licence du coup émergeant sur une nouvelle rubrique : "Quelques éclaircissements : Première partie : Matin Dégueulasse | Deuxième partie : Mon Voisin le Tueur | Troisième partie : Tout pétarade | Dans cette troisième partie de ma pseudo série policière, géolocalisation du Serial Killer revenant d'Arkham, après un stage commando chez Daesh & Cie comme agent de propagande. On apprend aussi que c'est un poète contemporain, ce Charles Peigne-Cul qui veut littéralement éliminer toute la concurrence de son temps. Deux victimes à présent au compteur : Vian et maintenant Hugo, tous les deux poignardés, ont comme point commun qu'ils twittent et sont poètes, Donc logiquement ça fait un ou deux poètes à abattre par semaine/par mois." Le nom de la rubrique polar poétique n'est pas encore défini par HaiKulysse mais gageons qu'Herakles Navet avec ses 16 épisodes et deux saisons à du souci à se faire.

Tout pétarade

Le 07/04/2016
par HaiKulysse
[illustration] Tout pétarade.
« Des foules d’anonymes s’agglutinent d’heure en heure et des discours incohérents que la jeune fille est chargée de recueillir à la volée, s’échouent là sur le pavé mouillé du 36 mars ; ce pavé qui semble ouvrir la porte sur d’autres mondes, davantage colorés, ésotériques et noirs comme de l’encre.
Ainsi Solange hoquette des bribes peu compréhensibles sur sa feuille de papier ; des bribes tantôt vidéoludiques, tantôt nourricières, stupéfiantes, musicales, charnelles, livresques.
Entre deux croassements, sur cet îlot fait d'encre et de papier, j'aimerais jeter un poème qui amène le soulagement de toutes les souffrances.
Peine perdue. »
Hugo, en s'égarant dans des considérations poétiques, twitte des commentaires de haut-vol sur cette Place de la République occupée. Il ne sait pas encore qu'il sera le deuxième macchabée d'âge mûr assassiné par le Tueur En Série, le voisin parti en Djihad. Et tandis que Solange se cogne la rédaction blâmant les noeuds papillons et les panamas extravagants, les flics vont débouler dans le quart d'heure qui suit. Et le Tueur Flou va frapper : il repère Hugo, isolé de la foule, pissant contre un réverbère abîmé, et le poignarde alors qu'il est de dos.
Tout se passe très vite à trois plombes du matin : d'un côté, la panique des manifestants délogés par la police et de l'autre personne ne voit Hugo à présent étendu dans sa flaque de sang...


« Tout pétarade »
« Mes yeux font des étoiles mon palpitant charrie un max et fait des cabrioles dans mon tee-shirt marcel moulant et le fond de ma culotte s'humecte d'un niagara brun et jaunâtre »

Honnêtement Charles Peigne-Cul qui compte déjà deux victimes, n'a jamais été très doué pour la compassion et l'amour de son prochain, il ne va quand même pas commencer à son âge, ce poète contemporain et surtout mégalomane. N'empêche. C'est malgré tout pour ça, ce petit bout de poème qu'il vient d'écrire, et pour tout le reste aussi qu'il chiale cette nuit comme une madeleine. Même si ça ne se voit pas. « Mais moi je le sais putain je le sais.  »
Dans la sombre demeure de cette sombre ville, ce sombre personnage ressemble à un grand cadavre d'éléphant gisant dans l'obscurité. Ou à un troupeau de hyènes s'embourbant dans les limbes, chassé du paradis zoologique par le Roi Lion en personne... ça fait un bail qu'il s'entraîne à sortir du fauteuil de son bureau tandis que sa silhouette opaque se découpe en ombre chinoise à la fenêtre ; et le jour est encore loin de se lever...
Il ahane comme un grand phoque ; d'ailleurs il aime utiliser cette métaphore : c'est un phoque qui rit sombrement et fomente d'obscurs projets contre son oppresseur symbolisé par le Parc Aquatique, dans l'un de ses poèmes bidons... il se fait même la réflexion « qu'à moi tout seul je forme le bestiaire le plus satanique de la Poésie Contemporaine. »
A présent des rides funestes parcourent sa face ombrageuse ; sa face qui contemple l'éclat des yeux charbonneux de la bonne en train d'astiquer l'argenterie sans se soucier de lui, alors qu'il essaie en vain de remuer la main. Il profère entre les caries de sa denture d'inquiétantes menaces. Hélas, la Poésie Contemporaine pleure et porte déjà le deuil de ses deux apprentis sbires poignardés par le couteau de boucher qu'il garde secrètement sous sa cape crépusculaire...

Et Charles Peigne-Cul ne va pas s'arrêter là... si il arrive à survivre à son attaque cardiaque...

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 07/04/2016 à 12:21:19
trois à la suite, puissance 4 et dix de chute, donc.
Lapinchien


tw
    le 07/04/2016 à 12:27:55
et donc j'ai nommé la rubrique "Quelques éclaircissements" comme cela semble être indiqué. Les textes seront accessibles ici : http://www.lazone.org/articles/rubriques/69.html

= ajouter un commentaire =