LA ZONE -
Résumé : Huitième épisode d'un texte collectif écrit sur le forum de la Zone sous forme de jeu : en tour par tour, chacun peut insérer quelques phrases, un paragraphe, afin de faire avancer cette nouvelle en 10 chapitres élaborés simultanément. Lapinchien redéfinit le concept même d'écriture collective, collaborative et coopérative décidant unilatéralement et de manière autoritaire d' écrire (c'est un bien grand mot) la majeure partie de ce chapitre. On assiste ici à la tentative désespérée et pathétique d'un gars qui n'a pas passé le BAFA de réanimer une initiative qui a fait un arrêt cardiaque en espérant cependant que l'émulation de groupe reprendra pour les deux chapitres restant. En effet, vous pouvez toujours apporter vos contributions aux chapitres 9 et 10 en cours d'écriture. Plus d'info, ici : http://forum.lazone.org/index.php?topic=3556.0

08/10 - Jack et la Nuit Debout : l’enfer est pavé de bonnes intentions

Le 18/10/2016
par Zone Forum
[illustration] Les CRS et l'armée escortaient une foule de plus en plus nombreuse qui convergeait vers l'Elysée dont le siège avait déjà débuté. Tout autour du glorieux édifice, des artistes de rue s'adonnaient à leurs arts pénibles et redondants, ce qui eut le don d'agacer Jack dont la haine notoire des mimes et des théâtreux faillit le faire changer de camp. Il retournerait peut-être sa veste un jour, dans d'autres aventures, mais pas maintenant ; aujourd'hui, il sentait une fièvre qui lui gagnait l'échine, il se sentait pousser des ailes, et ce depuis son intervention au micro ; dorénavant, il pouvait le sentir, on le reconnaissait… on le reconnaîtra.
Par la fenêtre de son bureau de crise, le président pouvait voir que la foule avait pendu son premier ministre à un croc de boucher comme Mussolini. Il n'avait pas trop envie de finir comme lui aussi il réunit tous les responsables des ministères régaliens pour concocter un plan qui tienne la route face aux sans-dents qui semblaient bien plus remontés que les sans-culotte en 1789. "Bordel !", dit Jean-Yves Le Drian, "je ne contrôle plus mes soldats." Le Ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve ne put que surenchérir :"C'est un coup d'état, mes hommes et ceux de Jean-Yves nous font face prêts à nous dessouder." François Hollande effectua un facepalm magistral qui marqua le ton de la réunion puis ordonna à Jean-Jacques Urvoas, le garde des sceaux : "Balance tous tes magistrats-ninjas en pleine furie bureaucratique contre cette foule d'inconscients. Déverrouille-leur toutes les portes du chakra pour qu'ils se prennent un power up instantané. Certes j'utilise un cheatcode mais le fairplay n'est pas d'actualité. Des Huissiers Samouraïs aussi ! Plein d'huissiers samouraïs en mode saisie d'organes." Puis François Hollande se tourna vers Jean-Marc Ayrault : "Regarde l'espingouin se balancer sur le crochet. J'ai bien fait de te virer pour t'engager aux affaires étrangères comme le fils de Fabius jouait notre PIB au poker sur toutes les tables de Las Vegas et perdait. Tu pourrais être à sa place. Balance sur la foule toutes tes légions d'espions en mode Vin Diesel dans Triple X. Feu à volonté ! Autorisation d'utiliser tous les gadgets même ceux pas encore homologués." De suite, les 2 régaliens encore opérationnels prirent leurs portables encryptés pour passer les ordres à leurs troupes. "Bordel, j'avais oublié la séparation des pouvoirs", grogna Jean-Jacques Urvoas, "Fin de non recevoir." Idem pour Jean-Marc Ayrault : "Mes couillons d'espions sont tous à l'étranger." Le président sautilla en bougonnant. "Et merde, va falloir qu'on fasse appel à nos gardes du corps. Ils vont encore nous faire raquer un max pour augmenter "La Motte", leur putain de caisse noire à la con. Autant jeter directement des billets à la foule pour la calmer."

Mais même les bodyguards s'étaient déjà rallié à la cause des "sans-dents". La porte de la salle de crise explosa et une vingtaine d'agents Smith hargneux s'engouffra dans les lieux. Le président ordonna à ses quatre ministres régaliens de faire barrage de leur corps tandis qu'il empruntait un passage dérobé vers la loge du concierge de l'Elysée. Les agents de sécurité empoignèrent tous soudain leur oreillette qui ne crachotait plus aucune directive absurde et caillassèrent avec, Le Drian, Cazeneuve, Ayrault et Urvoas. Les gardes du corps n'avaient cependant pas réussi à tirer la languette de Flamby afin de le démouler. Ce fût extrêmement frustrant. Ce dernier avait déjà gagné la loge du concierge et en tant que brillant énarque de la promotion Voltaire, avait mis au point en quelques millièmes de seconde un plan de repli stratégique. Les membres inconditionnels du fan club de Kevin Costner, de leur coté, s'en voulaient terriblement comme aucun d'entre eux malgré ce stage qualifiant "Œil de Lynx" n'avait même pu entrapercevoir par quel trou, le rat avait quitté le navire. Alors que par dépit ils finissaient de confectionner un human centipede trapézoïdal qui bouclait sur lui même avec les quatre régaliens en piteux état, solennellement ils jurèrent d'effectuer un pèlerinage sur la tombe de Whitney Houston pour laver leur honneur professionnel bafoué, puis écrasant du pied leur oreillette, psalmodièrent quelques prières à la gloire de leur Saint Patron, Jean-Luc Delarue. Avant que les lèvres de Jean-Marc Ayrault ne soient définitivement soudées à l'anus de Le Drian dans cette folle ronde régalienne, il eut le temps de lâcher un pitoyable « L'Iran et la Russie ont probablement commis des crimes de guerre en Syrie mais jamais dans ma bouche, Jean-Yves et je te prie donc de mMhmmmhm....»

François Hollande exécuta implacablement son plan de fuite. Il passa de nombreux coups de fil et très vite une trentaine de livreurs de pizza débarquèrent dans la cour de l’Élysée. Le porte-parole annulait les commandes à tour de bras, renvoyant les livreurs à leur pénates, invoquant une mauvaise blague d'un plaisantin. Cependant, suivant les consignes, il en laissa tout de même entrer un à la morphologie un peu particulière. Les scooters vrombissaient dans la cour soulevant un grand nuage de poussière alors qu'ils tournaient en rond comme ça bouchonnait à l'entrée pour repartir. C'est alors que le président profitant de la confusion assomma le jeune homme qui lui apportait une double pepperoni extra cheese, s'équipa de sa combinaison, prit son propre casque à visière teintée intégrale, se débarrassa du corps dans le broyeur à documents compromettants, puis ni vu ni connu, j't'embrouille, se fit passer pour le livreur, enfourcha son scooter et se perdit rapidement dans le nuage soulevé par la cohorte des deux-roues dans la cour.

Alors que la foule compacte des sans-dents debout avait investi le moindre couloir, le plus petit cabinet et recoin de l'Elysée, Jack à qui on ne la fait pas, lui qui avait bien suivi toute cette affaire d'état "Julie Gayet" dans ce magnifique journal d'investigation qu'est Closer, avait bien compris que le défilé des scooters était un subterfuge grossier. Il appela illico son ami François Berléand. En échange d'une promesse d'un bon plan Q ce dernier activa son réseau pour traquer le président fuyard. Aussi en moins de 5 minutes, Valérie Trierweiler était sur le coup en mode Saïyan Tweetos, toute la LangueDePutoSphère sur le qui vive bombardait des hashtags et des arobases à fragmentation. Le système alerte enlèvement fut hacké, des chasseurs de prime engagés sur le dark web pour hameçonner le trouillard.

Alors qu'il effectuait une pause pipi dans une station Total, le président, qui essayait de troquer sa collection Altaya de pièces de monnaies anciennes contre un plein, fut identifié et signalé par l'employé de la station-service : "Non mais wesh, fon-bou, t'as la même tronche que ce type sur ce Louis d'or en chocolat. Tu m'as pris pour un narvalo. Va dealer sur le Boncoin point fr." Acculé, le fugitif prit le vendeur et les quelques clients en otage, en menaçant d'invoquer les Dieux de la pluie, si le GIGN qui s'était posté à l'entrée de la supérette ne le laissait pas repartir tranquilou sur son scoot. La menace était sérieuse si on s'en référait au passif présidentiel en matière d'intempéries et autres phénomènes pluviométriques restés jusqu'alors inexpliqués par Météo France lors de ses déplacements officiels. Des profileurs établirent rapidement un arbre généalogique affiliant directement la famille des Hollande au Dieux Thor et Zeus. Le cour des assurances décrocha immédiatement à la bourse de Paris. La station Total était en zone inondable, aussi le préfet plaça tout le département en vigilance orange. Les membres du GIGN qui avaient oublié leurs bottes et leur K-Way rentrèrent immédiatement au QG. Jack suivait l'affaire couverte en live par Jean Marc Morandini sur l'application de iTélé de son smartphone (d'ailleurs notre héro trouvait le choix de Bolloré d'embaucher un présentateur vedette de reality shows et autre trash TV très judicieux chaque fois que l'apprenti journaliste lançait un sujet "pour iTélé" - "Pourri Télé, huhu", rigolait Jack en son for intérieur.) Quoi qu'il en fut, un nouvel éclair de génie traversa l'esprit de Jack. Ceci eut pour effet immédiat de le revigorer, lui qui déprimait grandement comme il commençait à se sentir dans la peau d'un personnage secondaire voire presque d'un figurant depuis deux ou trois épisodes. Il appela de nouveau son grand ami François Berléand qui lui refourga, en échange d'une promesse de nuit torride dans un hammam turc, le zéro six de Julie Gayet. Jack appela l'actrice en numéro masqué et comme elle décrocha alors qu'il insista peu, se fit passer pour Dominique Besnehard et lui promit un rôle dans Avatar 2 de James Cameron en échange du numéro de portable du président. Le pauvre hère désespéré tomba dans le panneau et Jack lui raccrocha au nez quand à peine elle eut fini de dicter avec empressement les dix chiffres et qu'elle jouissait dans un long râle orgasmique croyant avoir enfin eu un retour sur investissement de sa chatte. Dans la foulée, Jack tapota le numéro du président sur son Samsung Galaxy note 7 qui commençait étrangement à chauffer. Il y eu un petit délai d'attente mais François Hollande finit par décrocher :

- "Allô ? C'est qui ?"
- "C'est Jack."
- "Chirac ?"
- "Non."
- "Lang ?"
- "Non. Jack de Jack et le pot au feu."
- "Ah. OK. Oui, je vois. Tu m'a bien fais rigoler mais j'ai pas le temps. Rappelle ce soir."
- "Non. Tu vas m'écouter François. Tu dois te rendre maintenant."
- "Si c'est le négociateur, j'en ai plus rien à foutre, le GIGN s'est barré et j'ai refait le plein."
- "Fais pas le con, François. ça fait 5 ans que t'as pris la France en otage. Arrête tes conneries et rends toi tout de suite."
- "Non. J'ai un bon kilomètre d'avance sur les Rafales Dassault qui m'ont pris en chasse. J'aurai atteint la frontière bien avant qu'ils me rattrapent et je demanderai l'asile politique à l'Andorre. Là-bas, je pourrais redémarrer ma vie à zéro en tapinant contre du Toblerone."
- "Prends conscience du mal que tu as fait aux français et rends-toi, je t'en prie, François. La fuite en avant, ce n'est pas une vie. Le déni, c'est un avant goût de l'enfer sur terre. Tu le sais au fond de toi en plus."
- "Ah ouais ? Peut-être bien, mais je raffole du Toblerone. J'ai envie de me lâcher maintenant et laisser enfin s'exprimer cette obésité latente que je contiens à contre-cœur depuis toujours pour des motifs futiles de représentation, de protocole à la con, de crédibilité face à un électorat dont je n'ai jamais rien eu à foutre et..."
- "Les français ont besoin d'explications, François. Ils en ont vraiment bavé durant ton quinquennat. Tu ne veux quand même pas que l'Histoire te juge par contumace ?"
- "J'aurai un procès équitable au tribunal pénal international de La Haye ?"
- "T'as trop déconné, François. Tu en demandes trop. Sois réaliste. Si tu t'en sors lynché comme Khadafi, ce sera déjà pas si mal."
- "Mais... Mais... Mon ennemi c'est pas les français... Mon ennemi c'est la finance et..."
- "Bon, François... Je ne veux pas te brusquer mais je suis la dernière chance qu'il te reste de négocier un dernier truc. Après tu te rendras."
- "J'ai... M'enfin... Moi président, j'ai fait... Moi président... des réformes, quand même, sociétales, importantes et les français s'en souviendront et..."
- "Comme on se souvient d'une déchirure anale, François. Tu le sais au fond de toi, comme les français le savent au fond d'eux, littéralement."
- "OK. OK... Je veux... Je veux...."
- "C'est trop tard, François... Tu n'as plus la moindre contrepartie. Il y a quelques secondes encore si tu m'avais demandé de m'occuper de Léonarda en personne je l'aurai fait. Un peu comme la dernière cigarette d'un condamné. Mais là, tu as perdu à mes yeux, le dernier bien qu'il te restait..."
- "J'ai... J'ai..."
- "Tu n'as plus rien, François. Tu viens de perdre la dernière once de self esteem. Tu es vide. La vie t'a déjà quitté. Dorénavant, je ne peux t'offrir que la paix de l'âme, la rédemption... Rends-toi. C'est à prendre ou à laisser."

Et c'est ainsi que Jack put obtenir la reddition sans condition de François Hollande qui fut arrêté à Varennes.

= commentaires =

Muscadet


site blog fb
    le 19/10/2016 à 07:00:57
Merkel pourrait sauter aussi l'année prochaine, j'ai cru lire. Beaucoup d'élections en vue.
Lapinchien


tw
    le 19/10/2016 à 09:11:47
Pourquoi ai-je lu "érections" ? Merci pour ce nouveau trauma à ajouter à ma collection.
Lapinchien


tw
    le 19/10/2016 à 13:47:27
cet épisode est assez capillotracté https://www.youtube.com/watch?v=m0EiujcV3Tg

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