LA ZONE -
Résumé : Neuvième épisode d'un texte collectif écrit sur le forum de la Zone sous forme de jeu : en tour par tour, chacun peut insérer quelques phrases, un paragraphe, afin de faire avancer cette nouvelle en 10 chapitres élaborés simultanément. L'initiative s'enlise alors autant en finir. Le texte reste toujours l'oeuvre de plusieurs contributeurs, cependant la plupart d'entre eux ne savent pas qu'ils se sont bien amusé à le faire. En effet, ici une grosse partie du texte a été écrite par plusieurs auteurs anonymes de Wikipedia, en particulier un article sur la mort de Louis XVI ayant subit un violent palimpseste. Faut dire que la ressemblance avec François Hollande est frappante tant par le physique que le parcourt politique. Toute similitude avec des personnes ou des situations existantes, ayant existé ou à venir, ne saurait donc être que fortuite, les noms propres utilisés, ceux d'homonymes et de sosies. Vous pouvez toujours apporter vos contributions au chapitre 10 en cours d'écriture et vraiment vous y lâcher car pour une fois il n'est pas nécessaire de connaitre tout ce qui a été écrit avant pour participer. C'est ici que ça se passe : http://forum.lazone.org/index.php?topic=3557.0

09/10 - Jack et la Nuit Debout : L’homme est un loup pour l’homme

Le 27/10/2016
par Zone Forum
[illustration] Un jury populaire présidé par Alain Finkielkraut, Éric Zemmour et Véronique Genest, fut symboliquement formé place de la République, là où le mouvement des Sans-Dents Debout avait vu le jour. François Hollande escorté en ces lieux par les milices citoyennes, faisait carrément moins le malin et se sentait tout penaud. Il fût rapidement jugé coupable de haute trahison suite à un vote à main levée et condamné à mort par décapitation.
Il fallait cependant improviser une guillotine mais Jack se rappela d'un vieil épisode de Mac Guyver qui l'avait marqué durant sa prime jeunesse. Il empoigna alors un manifestant qui passait par là, lui fit les poches en le chatouillant et s'exclama : "Bon sang mais c'est bien sûr !"

"Mes amis, nous allons, TOUS ENSEMBLE, construire une guillotine humaine, l’élever à la gloire du Démon et Défunt Charles Pasqua, découvrir les seins laiteux qui pendent en gant de toilette de nos compagnes communistes et poilues devant cet ouvrage funeste et prodigieux, nous allons trouver enfin un concept intelligent à cette Nuit Debout, vendre le brevet sous le manteau à des fils à papa capitalistes et sans scrupule. Nous avons l'intelligence de l'homme qui a des bras, nous avons des dents et des ongles, une gueule béante qui sent le hareng et l'harangue, nous avons la volonté et la rage, nous avons la force de la jeunesse, le savoir-faire des années passées, ON PEUT LE FAIRE, nous y arriverons, TOUS ENSEMBLE. Et TOUS ENSEMBLE, nous exporterons ensemble la divine idée jusqu’aux régions les plus voisines du pôle »

Jack se remémora de la procédure origami à suivre pour réaliser un splendide bateau en papier, et il se dit qu'après tout, une guillotine humaine, ça n'était pas si éloigné d'un point de vue strictement engineering : Prendre un passant rectangulaire, de préférence un homme, puis le déshabiller et mettre le coté le plus long dans le sens vertical (attention ça dépend du passant choisi). Plier le monsieur en deux horizontalement. Plier ensuite en deux verticalement suivant l'axe naturel tracé par la raie des fesses et déplier au niveau du duodénum pour marquer un pli central. Plier le coin haut droit de l'oblique externe droit de l'abdomen en amenant en son sommet le muscle sterno-cléido-mastoïdien et le coté supérieur du poumon gauche le long du pli central du zygomatique opposé. Plier de la même façon le coin haut gauche du grand adducteur de la cuisse droite. Relever et plier vers le haut la bande rectangulaire du bas de l'intestin grêle à présent retourné comme une chaussette. Retourner le travail et faire le même pliage avec les vertèbres en les vrillant les unes sur les autres puis plier vers l'arrière les deux extrémités gauche et droite de la bande rectangulaire formée par les côtes ouvertes en étoile, le long du triangle central du sacrum. Forcer un peu s'il le faut. La personne ne souffrira pas mais peu ressentir un léger picotement sous les aisselles. Dans ce cas très rare, presser deux fois sur la vésicule biliaire qui dépasse par le trou de nez gauche. Ouvrir le triangle épidermique pour obtenir un losange de moelle osseuse. Soulever la pointe du bas du losange, vérifier qu'il s'agit bien du péroné (si un testicule dépasse, bien le tasser au fond de la gorge) et retrousser le rectum comme une cagoule vers le haut en ajustant les sommets pour cacher les molaires disgracieuses. Retourner et plier comme précédemment pour obtenir un triangle épais de tapis muqueux. Si nécessaire, éponger les sécrétions. Ouvrir le triangle en écartant sa base du maxillaire inférieur pour obtenir un nouveau losange de capillarités dendritiques hérissées. Tirer simultanément vers l'extérieur les deux cotés du losange nerveux (en plaçant les doigts de chaque coté de l'ouverture en haut du losange), la guillotine humaine se forme ainsi. Donner la touche finale en tirant un grand coup sur la langue puis faire un nœud avec pour une plus grande stabilité. Contempler votre oeuvre ! N'hésitez pas à sectionner les phalanges qui parfois dépassent sans apporter une touche esthétique particulière.

Il se trouva que le passant était Jean Christophe Cambadélis. à peine eut-il finit le pliage, Jack, pas peu fier, se mis à contempler son oeuvre vivante longuement. C'était une sorte de prédateur statique. Un organe érectile faisant office de manche déclenchait la chute d'un couperet improbable composé entièrement de gencives et des dents de la mâchoire de Cambadélis déployée en lame. L'Homme origami était toujours bien portant quoi que complètement immobilisé. Il semblait assez apeuré et transpirait à grosses gouttes. Ses yeux tout au sommet de la construction parcourraient par sursauts la foule dense qui tapissait la place de la République telle une muqueuse vivante duale, corollaire voire réciproque à son nouvel état. On se serait cru dans un trip sous LSD de David Cronenberg mais il s'agissait bien en vérité d'un moment solennel et historique.

Accueilli par le bourreau Valérie Trierweiler à la descente du panier à salade, le président destitué désigna son confesseur, Emmanuel Macron, à son ex et lui dit : "Je vous recommande le traître que voici. Ayez soin qu'après sa mort il ne lui soit fait aucune insulte". Calme, il ôta ensuite lui-même sa redingote brune et son foulard-cravate de travers. À la demande de Trierweiler, il ouvrit le col de sa chemise. Valérie twitta une vacherie suivie du hashtag #MerciPourCeMoment.

Voyant qu'elle voulait lui lier les mains, François Hollande refusa : "Me lier ! Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet. Loin est le temps de nos ébats bondage sadomasochistes, coquinette." Évoquant l'exemple du Christ, Emmanuel Macron réussit à le convaincre. François déclara alors à ses bourreaux : "Faites ce que vous voulez, je boirai le calice jusqu'à la lie." Valérie et Emmanuel lui attachèrent alors les mains dans le dos par son propre mouchoir ; Ségolène Royal découpa grossièrement son col puis le rabattit et lui cisailla les cheveux à la hâte. "Sacrilège !",S'écria François, "Mon coiffeur privé valait bien ses 10.000€ bruts mensuels, pute." Accompagné par des roulements de tambour et de couinements de vuvuzlas le président, assisté d'Emmanuel Macron, monta sur l'escalier et rejoignit les quatre bourreaux (Valérie, Ségolène, Julie et Najat) sur la plate-forme.

Contre toute attente, Hollande s'avança sur le bord gauche de l'estrade. Il fit signe aux tambours et aux vuvuzelas de s'arrêter et déclara d'une voix forte : "Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France." Il voulut poursuivre mais Trierweiler donna l'ordre de faire battre à nouveau les tambours et sonner les vuvuzelas pour couvrir sa voix puis en même temps twitta "con m'impute #unPresidentNeDevraitPasDireÇa #lol". Claude Bartolone cria alors à François : "On va voir si je manque de charisme, maintenant !" Et effectivement, un type arriva avec son transpalette et souleva le président.

À 10h22, la planche en peau de prépuce bascula, la lunette en muscle fessier se referma sur la tête de François et Najat Vallaud Balkacem, asticotant fébrilement le manche de la guillotine humaine, actionna le couperet rangées de dents en hurlant "Je suis pas une intellectuelle, hein ? T'as raison, je suis plutôt manuelle". Cambadélis avait juté. Il y eut un *waaaa* suivit d'un *floutch* suivit d'un *güuuuuu* suivit d'un *pif* *paf* *poum* suivit d'un *splash* *splash* *splash* Finkielkraut, saisit la tête sanguinolente et la présenta au peuple puis tenta d'imiter médiocrement la voix du président pour tenir un discours qu'il pensait comique. Le philosophe passa sa main droite par le cou et bougeait les lèvres du président en prodiguant de petites pressions de l'intérieur sur sa langue avec le pouce et sur son palais avec ces autres doigts. "Hello. Je suis Jean Marc et ce grand couillon à coté c'est Jeff Panaclock !", tenta-t-il de rattraper le coup mais ce fut un bide intersidéral.

Quelques parisiens criaient « Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! Vive la violence ! Vive la mort !» Quelques salves d'artillerie furent tirées et certains dansèrent la zumba. Eric Zemmour, commissaire de la Commune de Paris, rédigea le procès-verbal de l'exécution ; il précisa que des citoyens recueillaient sur l'échafaud le sang du président avec leurs stylos-plumes, leurs cigarettes électroniques ou simplement prenaient des selfies avec leurs smartphones. Certains voulaient acheter aux bourreaux des mèches de cheveux de Hollande mais elles étaient rares et leur côte sur Ebay décolla en un instant, les bourreaux plongeaient leurs doigts dans le sang et se barbouillaient mutuellement le visage. Zemmour nota même que l'on put voir « un ci-devant grimper sur l'estrade, se frotter les bras avec le sang de François Hollande, puis en asperger le public par trois fois en un sinistre et ultime rituel. » Cet homme, un révolutionnaire de la première heure, c'était bien entendu Jack, le principal protagoniste de cette nouvelle révolution française. Il lança alors à la foule : « Sans-dents debout, le sang d'un président porte bonheur ! » Puis il se gargarisa avec.

Finkielkraut, tentant de lui voler la vedette, tenait toujours la tête de Flamby à bout de bras, empêtré dans son délire ventriloquiste populiste ridicule, et la brandissait à la foule qui scandait des "Mais taisez-vous ! Mais taisez-vous donc !" comme il continuait à tenter médiocrement d'imiter la voix du défunt président.

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