LA ZONE -
Résumé : Hurlante Nova nous livre un carnet de voyage et probablement un récit intime et véridique. Tel un Jack London des temps modernes, Hurlante Nova baroude dans les zones les plus hostiles de notre contemporanéité, au contact de la population du Vietnam en voie de colonisation culturelle, et au plus proche de nos âmes de parigots-tête-de-veau saturées de sous-culture, de prion de trashfood et de résidus de fientes de pigeons. L'exploration est conséquente mais Hurlante Nova bénéficie d'un atout, la télécommande de Monsieur Spock qui lui permet de se téléporter quand bon lui semble à Paname pour faire des comparaisons aléatoires sur tout ce qui entre dans son champ de vision puis de revenir à son point initial. On a le droit alors à des sermons alter féministes, alter éducatifs et alter consuméristes, entrecoupés de cartes postales exotiques et de clichés polaroids sur nos vies et quotidiens de merde dans la grande ville lumière qui pue. J'ai trouvé ça plutôt sympa et dépaysant car in fine comme nous le répétaient nos profs de collège, la littérature ça sert à voyager, à s'évader et puis c'est moins cher que le LSD. Alors bienvenue à toi dans ce texte atypique, une sorte d'AirBnB mental en sous-location dans la tronche d'Hurlante Nova.

La zone asiatique. (essai).

Le 04/05/2017
par hurlante nova
[illustration] Quelques bols de riz, un karaokiste qui beugle en saturant les enceintes, opium et prostitués, découvrez "Le guide du Vietnam pour écrivain, hommes de culture et autres libidineux."
Ce soir, je me suis promené dans le quartier touristique du centre ville de Ho Chi Minh Ville, je connais un coin, ou les femmes de plus de 30 ans, souvent des femmes divorcées, des mères célibataires, des travailleuses ayant peu de temps libres, viennent et s'assoient, et quand un homme leur plait, alors ils vont ensembles faire l'amour, il existe d'ailleurs près de Hanoi, un petit lac ou ce type de rencontre s'organise, et ce depuis des centaines d'années, c'est souvent romantique, doux et charmant. Oubliez youporn et sortez les harpes !

Moi, j'ai très souvent l'habitude de m'assoir dans ce coin là, tout charmant, avec quelques arbres aux parfums furieusement bons. C'est près des dames que je m'assois, et là, toujours, je les fait rire, c'est incroyable le nombre d'idées qui me viennent à l'esprit pour les faire rire, c'est fou d'avoir tant d'imagination, et cela se fait tout simplement, parce que, je pense, j'éprouve envers ses femmes un amour total, bien plus fort que le désir.

Elles rient, et puis je dis "allons à l’hôtel" et si elle me donnent une petite tape de réprobation je sais que tout se jouera à la phrase suivante, ou souvent j'invoque la notion de plaisir charnel, mais si il n'y a pas de petite tape nous sommes alors souvent déjà debout, moi dur, elle mouillée, en rut et en route !

L’hôtel est à 100 000 dong de l'heure, soit 4 euros et la décoration des chambres est toujours une source d'immense déception.

Quel hôtel choisir ? C'est bien simple, je choisis toujours le même, tout heureux de voir les garçons de chambre hilares, en me revoyant et revoyant et revoyant encore, c'est une certitude, depuis qu'ils me connaissent ils savent à présent que la fréquence d'acte sexuel d'un homme bien constitué est au moins 20 fois plus forte qu'ils ne le pensaient, c'est mon coté ludique.

Je monte alors avec les belles dames les escaliers ou les grooms peuvent entrevoir des talons aiguilles de chaussures parfois rouges et moi, derrière, furieusement motivé et l'air très sérieux.

Il y a deux écoles, celles pour qui la douche est le début, d'autres pour qui il faut, de suite, vite, vite, que les corps fusionnent, qu'une forme de bestialité et d'amour s'installe, mais surtout que le pacte soit signé, celui de deux corps et deux désirs assemblés et dans des sensations plus que divines, avec ou sans crasse, dans la sueur, la salive, la cyprine et le sperme, et torse contre torse, dans le jolie poids de l'autre, les cœurs battant fort comme de grands tambours annonçant le tonnerre et la lumière de ses éclairs prodigieux qui par écho, brillent merveilleusement dans les yeux de la belle, souvent déjà devenue, incontrôlable, scandaleuse, et qui de plus en plus coquine et comblée génère soudain une beauté terriblement attractive et merveilleuse pour celui qui la contemple et là, petit chef d'oeuvre, les faire jouir réellement, et coup de surprise, commencer à mieux baiser à l'instant même de l'orgasme de la belle, devenue animale, coup de surprise prolongeant et décuplant l'immense choc cérébral du bonheur.

De là, même quand on est repu, que l'on se rhabille dans une déjà dangereuse distance, on jouit encore, les organes pétilles et l'âme ressent tout ce qu'il y a de sensationnel lors ce qu'un homme et une femme, s'aiment et s’accouplent. Ajoutez y une fulgurante et vraie tendresse et vous avez la preuve scientifique que dieu existe !

Parce que si les relations multiples et éphémères sont un petit enfer, autant semer là, l'imparabilité du paradis.
Je dirais même que si l'on cherche les plumes perdues des ailes des plus grands anges, c'est dans l'édredon des lits de mes chambres d’hôtel qu'on les trouve.

Mais il y a là une chose plus merveilleuse encore, ces instants d'une intensité immense avec des êtres prodigieux, les energies de l'amour qui se ressentent et se partagent, avec, des femmes exceptionnelles, toutes fines et toutes longues, ce que je les aime leurs longues pattes lisses et caramels, il y a ses bustes aux courbes parfaites, ses yeux étirés, très loin s'ils sont Chams et tout ronds s'ils viennent du nord et puis surtout il y a ses esprits, qui ne pleurent pas comme nous dans le métro parisien qui hurle sans cesse des avertissements pré-enregistrés contre le crime, non, moi, mes belles, font les bikeuses, roulent comme les beaux oiseaux planent dans l'air, et je roule à coté d'elles, sorte de balade italienne entre deux amoureux à Rome, gomina, petite jupe et "Monsieur Visconti" vous pouvez dire "ACTION".

Moi, mes belles n'ont pas peur de se faire agresser dans la rue et mieux, elles nous tapent, nous les hommes, à longueur de journée. Je sais à présent pourquoi elles nous donnent ces petites tapes amicales, c'est pour un seul et unique motif, nous dire, quand elle vienne de nous mettre une grosse droite dans la tête : "oh pardon, j'ai loupé ma petite tape" et nous de répondre en touchant la bosse naissante "Euh ! Oui je crois aussi". Mais surtout si les femmes n'ont pas peur dans la rue, c'est parce que si elles se font attaquer, alors, bébés, mamies, papys, travelos, postiers, taxis, passants, se transforment en Moines Kung Fu Shaolin et défoncent l'agresseur pour sauver la belle, qui déjà, amorce un processus collectif de lourdes tapes et autres coups de bâton, chaines en métal et parapluies, si c'est la mousson. C'est ainsi le Vietnam.

Vous, à Paris, par exemple, si une femme se fait agresser dans le metro, voilà vos attitudes :

1 - La femme est perdue, penser encore à elle est un hors sujet.
2 - Commencer à fuir tout en gardant une sorte d'élégance parisienne.
3 - Après ne plus regarder le crime, commencer à ne plus vouloir entendre, car la belle se plaint et demande de l'aide.
4 - Devenir enfin héroïque en aidant les autres lâches a sortir de la rame, et depuis le quai, voir les portes se fermer et la rame partir avec les roues en métal produisant un immense hurlement lié au frottement avec les rails, à moins que ce soit les cris de supplication de la femme abandonnée et restée seule avec son agresseur dans le métro.
5 - Recommencer à penser à la jeune femme déjà loin en appelant la police car le numéro de téléphone est gratuit. Zut, pas de réseau !

Et grosso modo, nous, à Ho Chi Minh City, nous inversons un peu la dynamique des 5 points.

1 - L'agresseur est perdu. Ils faut que des gens raisonnés évitent l’homicide en calmant la foule qui depuis 5 minutes organise des concours de coup de pied sautés directement dans sa tête.
2 - Ceux qui ont aidé la fille doivent commencer à fuir, car ils ont certainement tué l'agresseur.
3 - Entendre la fille rire sur le cadavre, ou l'être inconscient, qu'importe elle rie d'avoir gagné et contemple le visage en sang de son agresseur à présent bien calmé, remis à sa juste place en fait.

C'est une grande différence qui se ressent dans toutes les villes, car les grands mères font de la gyms dans les parcs à 3h du matin, croisant une petite fille de 12 ans promenant son petit chien mignon, les roses sont au rosier et c'est une belle vie sous un ciel immense et clair.
Ici, la vie est belle comme la nature et tout cela fleurit.
Ici, même la nuit est claire comme le jour.

Il y a plusieurs manières d'aborder le Vietnam, et les touristes baba cool ont des visions bien différentes de la bourgeoisie en grand hôtel, ce qu'ils sont épais et doux ces grands peignoirs blancs, même les chaussons.

La mienne est simple, j'active les photos en noir et blanc de Robert Doisneau. Je vais dans google image et je cherche ceci : "noir et blanc, période industrielle".
Ici, au Vietnam, cette carte postale, s'active en couleur, en vie, dans le présent, en individus, en plaines.

Alors, si je croise tout d'un coup, à 50 km de Ho Chi Minh Ville, 2 000 ouvriers en scooters, tous avec des t-shirts oranges fluo d'une même firme, j'ai, prodige de la vie, Victor Hugo avec moi pour réfléchir sur la condition humaine, j'ai Rimbaud, celui qui tue les lourdes et laides conventions et ceux qui se vautrent dedans, le même Rimbaud, qui oppose cela à la nature, à la nature qui réside dans l'homme, et à tout ce qu'il y a de profondément merveilleux en nous lors ce que l'on enlève les inadmissibles et réductrices étiquettes, car cette libération a un gout d'étoiles comprises et émouvantes, mais j'ai aussi, tout les romanciers Européens et Américains de l'aire industrielle, et devant mes yeux, je vois tout se réactiver. Idem pour la gomina, les vespa, les serveurs en uniformes, les débuts de la techno, les blanchisseuses toutes en blanc dans l'immense bâtiment vert, la première roulotte de Monsieur Perlipinpin, mais attendez, Serge Daney me suggère quelques belles choses, quelques êtres à voir et peut être parlant de leurs sorts, changer le monde en l'améliorant.

Comme avec la méthode éducative de Georges Steiner, j'ai un bagage immense pour analyser les faits et mieux encore, comprendre et agir.

Aussi, si ici, je suis prophète sociologiquement, je suis aussi et peut être avant tout, en admiration totale envers la chose la plus importante qui soit, l'humanité pure et saine : retrouvée, et j'en ai la preuve.

La démonstration est simple, les gens que j'ai en face de moi, sont naïfs au point que c'est dangereux pour eux, de 0 à 8 ans ils se sont réveillé au son des poules, c'est la famille Ingals de la petite maison dans la prairie, avec une grosse dose de tortilla flat made in Steinbeck, en bout de course, déjà, psychanalytiquement, tu as un être intéressant là ou nous, occidentaux, nous bouffions du nutella bourré d'huile de palme dans des "immeubles cages à poules" et dans les oreilles le début de très mauvais fait divers, le tout, hypnotisés devant une télé hyper abêtissante. L'autre a des poules, des clodos majestueux, des grands mères édentées de cent ans qui se marrent défoncées aux herbes folles, et le tout fusionne dans un petit coin de rue magnifique et simple et toi, l'occidental, tu étais seul, berné, trahis et mourant.

Cela s'entend en fait, c'est simple, c'est audible. Cette gentillesse certainement ancestrale et universelle que l'on retrouve dans l'âme vietnamienne, on l'entend, dans la voix vietnamienne qui nous parle, et en réalité, l'être sensible et hyper attentif, ici, pleure tout le temps, à chaque mot entendu, à chaque "bonjour" car il ouvre un grand livre de l'humanité avec des personnages sublimes et essentiels qu'il croyait disparus.

En entendant certaines voix, d'amoureuses en particulier, en entendant la beauté et la pureté de ces voix, je me suis convaincu que ces voix venaient d'une âme et que cette âme spécifique était la plus belle et la plus puissante chose que l'humain sache produire.
Et c'est incroyable de comprendre que cette beauté est sans défense et disparaîtra !
"Sauf si Ben Yossef et Ben David œuvrent ensembles." disait un ami, je confirme.

Cette voix, cette âme, je le sais, existait en Europe, avant que l’Amérique ne décline et que sont "copier coller" : l'Europe, ne soit aspirée dans cette spirale du déclin.
Ne nous sommes nous pas habitué à la robotisation des serveurs d'un mac donald et à la robotisation de nos réponses, nous tout complices, dénaturés, éteints et asservis ? Pire ! Avons nous oublié qu'il existe autre chose, de plus pur et de plus beau, de plus naturel et de plus libre ?

En 1960, en 1975, Paris était joyeux, festif, doux et un peu yéyé. Cul cul la praline à souhait mais baisouillant par ci par là. En tout cas les filles se baladaient peinardes toute la nuit et c'était poétique et beau et cette merveille était une évidence.
Les pires voyous étaient des rockeurs du type "Dick Rivers", et "merde" était le maximum de l'injure.
En sortie de course, nous sommes en 2017, "Fist ta reum" sera au top 50.

Les gangsters des années 70 le disent, les nouvelles générations de gangsters sont des sérials killers, criminologie de psychopathe, tu oublies le gangster gentleman car Ted Bundy fait le braquage.

Parfois, la pire chose qu'ait faite dans sa vie la victime du braquage, c'est de dire "salope" en regardant un reality show de merde et à propos de "Cindy Bitch".
Le braqueur lui en face n'a pas chaumé et pour lui "salope" est un adjectif qualificatif assez neutre et usuel, voir un compliment.

Un jour, le Vietnam sera ainsi, même saccage, mêmes zombies et une lumière blessée et seule dans un wagon.

En attendant, demain matin, BFMTV, vous fera gober du néo-big-brother, dans un pays ou tout les citoyens conspuent sont fonctionnement. Quand au Vietnam, je ne pourrais pas vous dire, car il m'est impossible de savoir si nous somme déjà le matin ou encore le soir.

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 04/05/2017 à 16:39:13
Hurlante Nova, c'est assez paradoxal de faire de belles envolées lyriques sur l'exception culturelle, alors que les plus zélés des promoteurs de la culture-monde uniformisée, sont les traders de la haute finance, non ? T'aurais pas un compte offshore au bahamas par hasard ?
Clacker


Avis constructif    le 05/05/2017 à 03:10:01
Eh, il est bien ce texte.
LePouiIleux     le 05/05/2017 à 08:15:48
C'est une belle mise en perspective qui tombe pas dans le moralisme malgré le propos. En tout cas c'est plaisant à lire. Par contre, une fois n'est pas coutume, certaines fautes d'inattention orthographique m'ont piqué les yeux. J'ai pas compris "Sauf si Ben Yossef et Ben David oeuvrent ensemble" aussi.
Lapinchien


tw
    le 05/05/2017 à 08:37:11
Hurlante Nova ne cesse de répéter ses positions pro-sionistes dans ses textes. Je crois que c'est du lobbyisme subliminal.

= ajouter un commentaire =