LA ZONE -
Résumé : Un peu de fraîcheur en pleine canicule avec ce texte de Cuddle qui nous emmène nous esbaudir dans les eaux du lac d'Érymanthe, entre utopie mythologie, fable écolo et hommage à Hitchcock . Bon, les eaux sont troubles.

Les Oiseaux d'Érymanthe

Le 29/06/2019
par Cuddle
[illustration]
La forêt primaire de Fulgore bordait le lac d'Erymanthe. Un trafic sanglant s'était mis en place dans cette région reculée, loin des grands axes routiers habituels. La guilde des assassins avait fait de cette forêt - peu empruntée par les marcheurs - le domicile de leurs sombres besognes. En effet, dès que la guilde recevait un contrat d'assassinat, elle s'arrangeait pour faire venir ses victimes à Fulgore où elles disparaissaient dans le plus grand secret. L'affaire tourna si bien que la guilde décida de doubler le nombre de ses contrats. Une problématique fut bientôt soulevée par l'un des fossoyeurs qui ratissait la forêt : "que faire de tous ces cadavres qui s'accumulaient bien trop vite ?" Par mesure d'économie, on décida de jeter les corps dans le lac d'Erymanthe qui - avec le temps et l'aide des poissons - finiraient par se décomposer et disparaître au fond de l'eau.

Enki, qui était le dieu des eaux et du tonnerre, avait pour fonction première de protéger les rivières, les fleuves et les mers. Avec le temps, il constata que la faune et la flore commençaient à dépérir car les eaux d'Erymanthe étaient souillées par les cadavres qui ne cessaient de s'accumuler dans le lac. Les corps ne coulaient même plus au fond de l'eau, ils flottaient à la surface comme des ballons de baudruche, leurs yeux laiteux tournés vers le ciel prêt à éclater. L'eau avait pris une étrange couleur noire - un mélange de sang putréfié et de vase épaisse -, l'odeur qui s'en dégageait était si atroce que l'air était irrespirable. Le vent charriait ces odeurs de morts jusqu'aux villes les plus éloignées rendant la tâche de la guilde des assassins de plus en plus difficile. Pour se débarrasser de ces immondices, Enki invoqua des oiseaux anthropophages qui nettoyèrent les eaux du lac. L'entité observa les volatiles carnassiers piquer les peaux tendues qui éclataient dans un flot de "ploc-ploc" continue. Le ballet des rapaces forma un brouhaha intense car ils voletaient dans tous les sens avec frénésie. Les becs étaient remplis de chair molle et verdâtre, les griffes labouraient les crânes, emportaient des touffes de cheveux dans un concert de battements d'ailes et de cris stridents. Ils tournaient nerveusement leur tête de droite à gauche, leurs yeux fous cherchant le moindre petit bout de peau à la surface des eaux sombres. Lorsque leur festin fut terminé, Enki leur ordonna de quitter les lieux mais les oiseaux n'obéirent pas.

Et c'est ainsi que la légende prit forme, le lac était désormais envahi par les volatiles qui ne cessaient de se multiplier. Ils attendaient patiemment les prochains repas qui seraient amenés par les assassins. Ceux qui osaient s'aventurer bien trop près du lac disparaissaient presque aussitôt. Lorsque la guilde quitta les lieux, on raconta que des nuages de charognards survolaient la forêt de Fulgore prêts à fondre sur leurs proies pour les dévorer. Les oiseaux étaient insatiables, s'éloignaient vers les villages en quête de nourriture si bien qu'Enki dû les contraindre à ne pas quitter le lac. La zone fut désertée et on évita de passer par les chemins tortueux qui menaient à Fulgore.

= commentaires =

Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 29/06/2019 à 13:01:49
Ça fait quelques années que les gens se sont mis à employer le mot problématique là où le mot problème me semble suffisant et moins prétentieux. Les gens, c'est toute une problématique. Je critiquerais aussi le "Enki, qui" parce que ça sonne très mal et qu'on peut simplement laisser tomber le pronom relatif.

La dernière phrase prend des allures de private joke désabusée. Sinon, sympa.
Tyler D


    le 29/06/2019 à 14:52:04
Faudra penser à prévenir google, qu'ils mettent la zone en quarantaine sur leur appli GPS
Lapinchien


tw
    le 29/06/2019 à 16:37:33
" La zone fut désertée et on évita de passer par les chemins tortueux qui menaient à Fulgore." : enfin une explication plausible.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 29/06/2019 à 17:24:43
J'ai parfois l'impression qu'on est déjà en quarantaine. Même des Liégeois nous passent devant dans les résultats Google. Des bouffons bouffeurs de boulets.
HaiKulysse


site blog fb yt
MIB International    le 08/08/2019 à 11:43:18
L'architecture spirituelle d'une probabilité

Soit A une quinte de toux et B le secret des bâtisseurs codant les matrices binaires filant à l'anglaise sans être débusqué, sous les racines des baobabs. Alors, alors seulement C est équivalent aux haussements de la nuit, une probabilité qui ravive le haschisch d'Albert Londres et de Régis Jauffret, décomposant le pacifisme des chambres meublées en massif occitan.

Mais si A a la valeur d'une ouverture étroite où l'on peut voir le cageot d'outre-tombe accueillant le manuscrit d'Outre-Tombe et si cette probabilité perquisitionne à coup sûr une maladie bactérienne, alors le galurin rouge sang ardent de Polly Jean, n'existe qu'en chansons. Cette maladie ? Ovoïde par la représentation de cette même probabilité, persane, on la retrouve jusque en haut des grattes-ciels et les ouvriers, ne connaissant pas le résultat de cette fabuleuse probabilité, planchent sur les plates-formes surélevées des buildings et attrapent le virus et son syndrome sympathique, éthique et tout ce qu'il y a de plus cathodique.

Et si B est la somme des pensées des manants qui passent, en l'épouillant cette probabilité arrosée au rhum des fougères, alors, alors uniquement et littéralement et dans tous les sens étymologiques, une autre équation regarde, du fond de ses idées à double inconnue, tomber les ouvriers les uns après les autres sur le trottoir de la cinquième à New-York !

Et si, par la suite, vous déchiffrez les matrices de la forêt primaire de Vallin bordant le lac noir des grandes dépressions, alors, pour un trafic sanglant se mettant en place dans cette région reculée, loin des grands axes routiers habituels, les manants cité ci-dessus, ces mêmes hommes de toute origine, de toute croyance, de toute culture, allumeront le grand bûcher des voyelles assassines et de leur forêt, aux naissances latentes.

Voilà, sinon ça va...
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 08/08/2019 à 20:16:33
Oui, mais pas loin.

= ajouter un commentaire =