LA ZONE -

Pour l'Amour

Le 02/05/2022
par Un Dégueulis
[illustration] Cinq heures du matin. Le réveil sonne. J’ouvre un œil injecté de sang et réprime l’envie de l’écraser de mon poing massif. Je sais que je n’aurai pas les moyens d’en racheter un autre. À mes côtés, mon épouse bave toujours sur l’oreiller. Normal, elle est à moitié sourde. Depuis qu’AmazonSunPower nous a bloqué l’accès au Soleil pour défaut de paiement de notre abonnement SunBasic, difficile de ne pas choper de maladies en tous genres, et elle a fait une otite grave. Je décide de la laisser dormir. Pas le cœur à la voir greloter dans le matin froid.
Je me dirige vers ma SmartShit™, et y dépose sept cent grammes de bronze.
-    Merci Robert ! C’était délicieux ! Dit la voix robotique. Puis, après une pose : Votre niveau de stress est un peu élevé, vous devriez prendre un calmant.
Je l’ignore, m’essuyant rapidement à petits coups secs. Puis je me lève et me dirige vers la porte. La serrure se bloque automatiquement. Je peste.
-    Vraiment, j’insiste. Prenez un calmant, Robert. Ça ira mieux après.
Je soupire, résigné, et me dirige vers l’armoire à médicaments. Je place un comprimé sous ma langue, fais semblant de l’avaler, et me dirige à nouveau vers la porte.
-    Je vous souhaite une excellente journée, Robert ! Vous passerez le bonjour à Germaine, ça fait trois jours que je ne l’ai pas vue… Dites-lui que je dispose d’une fonction SmartDiarrhea, qui me permet de régler les petits soucis de transit intestinal. Bien sûr, vous pouvez aussi la déboucher à la main…
Cette saloperie d’IA se fout de ma gueule. Je résiste cependant à l’envie de la détruire à coups de pied. Ce serait mauvais pour mon Good Citizen Score (GCS), et je risquerais de perdre mon job. Je recrache le calmant juste après être sorti.
Je passe les quinze minutes suivantes à me préparer, avant d’enfiler mes vêtements de travail et de sortir. Le NightCloud Amazon me suit pour bloquer les rayons du Soleil, mais je ne me plains pas. Le réchauffemetn climatique s’est tellement emballé de toute façon que rester au soleil plus de cinq minutes vous expose à des risques de brûlures sévères.
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-    Chers amis, nous sommes ici pour célébrer la liberté avant tout ! Si je vous ai réunis ici, dans la demeure de mon père, c’est bien parce que ce saint principe est de plus en plus bafoué dans notre monde moderne ! Moi, Bill Ionaire, je vous le dis ! Les valeurs de méritocratie, de travail, d’honnêteté, que nos pères et mères nous ont inculquées avec tant d’amour en payant nos précepteurs et nos nannies, se perdent !
L’assemblée, composée principalement de jeunes hommes portant des costumes-cravate et des chaussettes en fil d’Écosse aux motifs colorés, applaudit. Autour d’eux, les portraits des illustres ancêtres de leur hôte les observent d’un air approbateur. Sur la table sont disposés du thé, du café et des pâtisseries fines d’un goût exquis. Le feu qui brûle dans la cheminée répand une douce chaleur, qui contraste agréablement avec la neige artificielle tombant de l’autre côté des hautes fenêtres.
-    Mais avant de commencer, je tiens à vous montrer la nouvelle commande que la fondation de mon père a fait réaliser par Damien Bonacelli, notre artiste peintre préféré et, nous en sommes convaincus, le prochain Michel Ange !
Le jeune homme se dirige d’un pas cérémonieux vers deux soubrettes très courtement vêtues qui soutiennent un plateau d’argent, sur lequel est posé un objet oblong recouvert d’un voile. Il le soulève d’un coup sec, et dévoile une statuette en platine massif.
-    Ayn Rand en train de signer un contrat ! Mais attention, pas n’importe quel contrat ! Si vous le lisez, vous constaterez qu’il est exclusivement à son avantage et lui donne la pleine propriété de tout l’oxygène disponible sur la planète en échange d’une seule copie dédicacée d’Atlas Shrugged ! Merveilleux n’est-ce pas ?
Tous les membres de l’assemblée se lèvent et applaudissent. Leurs mouvements font flotter leurs amples chemises de soie, et vingt-cinq mille dollars de parfums divers embaument délicatement l’air ambiant de senteurs enivrantes.
-    Merci, merci. Cette statuette a coûté douze millions. L’artiste en avait demandé dix, mais mon père a insisté pour rajouter un peu d’argent. Pourquoi, me direz-vous ? Eh bien, parce que nous avons aussi créé un NFT ! Et même plusieurs NFTs. Que nous mettons en vente pour soixante millions chacun. Ces NFTs ayant été créés sur la blockchain Néron développée par mon cousin, nous garantissons que chaque achat brûle l’équivalent d’une forêt de conifères de la taille du centre-ville de Rome !
-    Merveilleux ! Je vous en achète vingt !
-    Et moi trente !
-    Quarante-deux !
-    Ahahah, petit polisson, qui pourrait faire mieux que ça ?
Ils continuent à se lancer des surenchères en tapotant sur leurs smartphones jusqu’à ce que cela ne les amuse plus. Leur hôte regarde son compte en banque en souriant. Il vient de gagner plusieurs milliards, la soirée s’annonce des plus plaisantes.
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J’arrive à l’usine à six heures moins le quart, trempé jusqu’à l’os. Les algorithmes d’AmazonCloud m’ont envoyé un warning pour me prévenir que si je ne payais pas mon abonnement au Soleil rapidement, je pouvais m’attendre à ne plus avoir que du mauvais temps. Ils ont probablement une notion floue de ce que « prévenir » veut dire, parce qu’ils ont déclenché la pluie artificielle immédiatement après.
Mon boss a l’air encore plus crevé que moi. Normal, il a un cancer en phase terminale. Il est obligé de continuer à venir parce que son assurance ne couvre pas les « maladies évitables ». Évitable, tu parles ! Les thérapies géniques anticancer coûtent les yeux de la tête, c’est juste un prétexte pour laisser les pauvres crever ! Je le salue d’un mouvement de tête. Il me répond par un grognement, avant de vomir ses tripes dans un tupperware. Au sens propre : un morceau de tumeur enveloppé de pus flotte au milieu de sa bile rougeâtre. Je m’éloigne rapidement vers mon poste. C’est parti pour douze heures non-stop à trier des commandes.
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-    Chers amis, le dîner de ce soir sera composé de cuisses de jeunes filles vierges, prélevées directement dans une association d’aide aux familles pauvres. Nous pourrons ensuite regarder un combat à mort entre un homme et sa chère et tendre épouse, avant de jouer aux fléchettes avec le visage d’un handicapé mental pour cible !
-    Tout cela respecte-il bien le principe de non-agression ?
-    Ne vous inquiétez pas! Ils ont tous été compensés pour leurs services. Nous avons fait un don important à l’association, qui leur permettra non seulement d’acheter de très jolies prothèses (fabriquées par mon cousin) aux jeunes amputées, mais aussi de payer leur nourriture pendant au moins un an. Et devinez quoi ? J’ai posé une option sur leur autre jambe pour un prix à peine plus élevé, ce qui nous permettra de goûter à nouveau ce plat raffiné !
L’assemblée applaudit. On entend quelques « hourra ».
-    Quant au couple, leur fils est leucémique, et j’ai simplement proposé de payer pour sa thérapie génique. Mieux vaut grandir avec un parent en moins plutôt que sans parents du tout, vous en conviendrez.
L’assemblée convient. Un des jeunes hommes, orphelin de naissance, essuie discrètement une larme d’émotion.
-    Le golmon, pardon, le jeune handicapé mental ici présent, que j’ai baptisé Igorr bien qu’il s’appelle en réalité Martin, a été le plus facile à convaincre : s’il survit, je lui offrirai un très gros lapin en chocolat.
Un jeune avocat, tout juste issu de la faculté de droit de Yale, se formalise :
-    Mais enfin, Igorr peut-il bien consentir à ce qui va lui arriver ? N’y a-t-il pas là vice de consentement pour cause de handicap mental ?
-    J’attendais votre objection, cher maître et ami ! Il eût été surprenant, en vérité, que vous ne réagissiez pas ! Sachez que le quotient intellectuel d’Igorr est juste assez élevé pour lui éviter d’être placé sous curatelle ! Exactement un point au-dessus de la limite ! Il est donc tout à fait habilité à signer un contrat. Par ailleurs, je peux vous assurer qu’il s’agit véritablement d’un très gros lapin en chocolat, Igorr ne sera pas trompé sur la marchandise. S’il survit, bien sûr.
L’avocat sourit et s’incline légèrement en avant pour signaler son admiration. Leur hôte a vraiment pensé à tout, et ses transactions respectent rigoureusement les principes de consentement et de non-agression que la Loi Mondiale 69-420 a gravés dans le marbre de la société libertaire universelle.
La soirée peut commencer.
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Bordel j’ai mal au dos, et j’ai les bottes pleines de pisse. Bezos (ou plutôt son clone cybernétique) n’autorise toujours pas les pauses pipi, et on est obligés de faire comme on peut pour se soulager. Des diffuseurs de parfum ont été installés au plafond pour masquer l’odeur d’urine et d’excréments qui se dégage de l’entrepôt. Ainsi va le capitalisme libertaire instauré par le Muskouvernement mondial. Je lève les yeux au plafond et pousse un soupir d’exaspération, avant de m’étirer un peu le dos.
-    Travailleur 25344-B, reprenez la production. Bzzzz. Une retenue de 0.36 crédits sera effectuée sur votre salaire.
Saloperie de drones de surveillance. Ils ne ratent rien. Je recommence à travailler. Mes jambes me font un mal de chien, et je transpire à grosses gouttes. Quelques pas plus loin, je remarque un mouvement brusque.
-    Travailleur 25445-B, reprenez la production. Bzzzzzzz. Évaluation de la situation. Rapport : le travailleur 25445-B est mort. Cause du décès : mort naturelle. Ha. Ha. Ha. Bzzzz. Pardon. Reprenez la production.
Bordel, Marcel est mort. Putain de chienne de vie, il a une femme et trois gosses… Et je ne peux même pas tourner la tête sinon ce foutu drone va me coller une sanction disciplinaire. J'aperçois, du coin de l’œil, les roboscavengers prélever ses organes à même le sol, avant d’emporter son corps vers la morgue.
Putain, Marcel.
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Dans le château, la fête bat son plein, et les discours se suivent, tous plus passionnés les uns que les autres.
-    Car enfin messieurs, qui fait tourner la société ? Qui est responsable de l’innovation ? Qui crée les opportunités ? Sinon nous-mêmes, les éclairés, les visionnaires ? Pourquoi devrions-nous payer des impôts, quand notre simple existence suffit à entraîner le monde entier vers l’avant ? Ne devrions-nous pas, à la place, être rémunérés pour nos services ?
Applaudissements.
-    Rendons à César ce qui est à César. L’année dernière, une de mes entreprises au bord de la faillite a reçu une subvention de sept cent millions. Mais j’ai par ailleurs payé trois mille crédits d’impôts sur ma quatrième maison ! Absurde ! Comment voulez-vous que je sois productif si je ne peux pas dormir et me reposer dans des maisons correctes, surtout après le stress induit par le risque de faillite !
Grondements.
-    C’est pourquoi j’ai décidé de ne pas utiliser les subventions pour remettre l’entreprise à flots, mais de la vendre à un fonds d’investissement qui s’en servira pour des montages financiers. Les salariés seront progressivement licenciés ou poussés vers la sortie, et je m’en sors avec beaucoup plus que trois mille crédits. Décidément, le Muskouvernement est en train de récupérer toutes les tares de ses prédécesseurs ! Il faut faire quelque chose !
Applaudissements et murmures d’approbation.
-    Allons, allons messieurs, interrompt Bill Ionaire, nous ne sommes pas ici pour nous plaindre, mais pour célébrer. Je vous ai préparé une très belle surprise pour tout à l’heure… Une rencontre avec un…
Il fait une pause dramatique. Toute l’assemblée a les yeux rivés sur lui.
-    Avec un…
Le suspense est insoutenable, et quelques braguettes commencent à se distendre tous l’effet de l’excitation.
-    Avec un pauvre !
La salle est en délire. Une voix s’élève pourtant :
-    Mais enfin, n’avons-nous pas tous déjà rencontré des pauvres ?
-    Haha, j’attendais cette objection ! Les avez-vous vraiment rencontrés ?
-    Ma foi oui, j’ai eu des employés pauvres, j’ai même dû asphyxier quelques milliers de grévistes dans mes usines sur Mars…avec leur consentement bien sûr, il était écrit dans leur contrat que s’ils faisaient grève, ils seraient privés d’oxygène. Ils avaient bien sûr le libre choix de ne pas signer avec moi et de mourir à l’extérieur de ma colonie… J’ai également tué et mangé de jeunes filles pauvres en échange d’une prise en charge médicale de leurs parents.
-    Mais avez-vous discuté avec eux ?
-    Ah non ! Il ne manquerait plus que ça ! Qui a envie de parler à un pauvre ? À part pour lui donner des ordres bien sûr.
-    C’est pourtant ce que je vous propose de faire !
Tous les membres de l’assemblée restent silencieux. Leur hôte a-t-il perdu la raison ?
-    Admettez que c’est exotique ! Cela fait bien trois générations que personne dans nos familles n’a parlé à un pauvre. Imaginez un peu ce qu’il pourrait nous apprendre sur leurs horribles vies et leurs horribles façons ? Sont-ils même capables de tenir une conversation en français ?
-    Cher Bill, je peux vous assurer que j’ai déjà parlé à des pauvres, notamment pour des négociations salariales, et…
-    Mais avez-vous essayé de les interroger sur leur vie ?
-    Certainement pas, voyons !
-    Saviez-vous, par exemple, que la plupart des relations sociales des pauvres sont toujours régies par la sécrétion d’ocytocine ? Qu’ils décident ainsi leur mariage en fonction de la quantité d’hormones sécrétées par leur cerveau lorsqu’ils sont avec leur partenaire, et non en fonction de solides calculs économiques ?
-    Impossible, enfin, qui serait assez stupide pour faire cela ?
-    Mais un pauvre, mon cher Jean-Charles-Édouard-Stanislas ! Pourquoi pensez-vous qu’ils le restent ?
-    Soit. Vous avez piqué ma curiosité. Quand pourrons-nous rencontrer le spécimen ?
-    Bientôt, je l’ai envoyé chercher. Il faudra le désinfecter et le préparer un peu, mais il sera là d’ici peu. Et maintenant, je vous propose de jouer au bilboquet avec des yeux d’orphelins - tous éthiquement échangés contre un peu de nourriture bien sûr.
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-    Travailleur 25344-B. Bzzzz. Robert.
Je m’arrête net et lève les yeux. C’est la première fois que le drone de surveillance m’appelle par mon prénom, et non par mon numéro. Je m’attends à ce qu’il m’exécute ou m’annonce mon licenciement immédiat. Mais non.
-    Bzzzzzz. Vous avez été sélectionné comme gagnant du prix Freedom. Le montant du prix est de vingt millions de crédits.
Je le regarde avec des yeux ronds. Bezos me ferait-il une blague cruelle ? Il en serait capable, l’animal, depuis qu’il s’est lancé dans une bataille d’humour noir avec Elon Musk.
Je visse mon regard dans la caméra du drone. Je ne perçois aucune intention malfaisante. En fait, je ne perçois aucune intention du tout. Ce qui est normal, puisque c’est un drone. Je décide de le suivre.
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Le drone me mène à une salle d’attente richement décorée, que je n’avais jamais vue. Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait une si belle salle d’attente dans cet entrepôt, et je me demande un instant qui pourrait bien en avoir besoin, vu que presque tout est automatisé et que nous ne faisons que trier des colis à longueur de journée. Je me dis qu’il vaut mieux laisser ce genre de questions à des gens plus intelligents que moi, et décide de me concentrer sur ma situation.
De deux choses l’une : ou bien c’est une blague à la con, auquel cas je ferais mieux de jouer le jeu pour ne pas risquer de perdre mon boulot si le chauve se rend compte que je n’apprécie pas son humour, ou bien c’est réel, et tous mes problèmes sont réglés. Je pourrai soigner l’otite de Germaine. Peut-être même lui offrire de nouveaux tympans...
Au bout de ce qui me semble être un temps interminable, la porte s’ouvre.
-    Robert ! Quel plaisir de vous rencontrer !
Holy shit. Un des clones de Bezos se tient devant moi, en chair et en os. Il porte un T-shirt moulant qui souligne sa musculature impressionnante. Il prend la pose en contractant ses biceps avant de reprendre :
-    Vous avez de la chance, Robert, un de mes amis m’a demandé de vous verser vingt millions de crédits en échange d’une entrevue avec vous ! Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de Bill Ionaire, le financier ? L’arrière-petit-fils de John-Mills Ionaire ?
-    Ça me dit vaguement quelque chose.
-    Je ne vous en voudrais pas de ne pas le connaître, sa famille a toujours été discrète. Sachez cependant que c’est grâce à eux que j’ai pu acquérir mon premier État-nation. Ils ont bataillé ferme pour convaincre l’ONU que les multinationales étaient, à minima, des États. De fil en aiguille nous avons fini par les convaincre que nous leur étions même supérieures, puisque les impôts payés par nos employés finançaient la plus grosse partie de leurs budgets. Finalement nous leur avons proposé de racheter les différents systèmes étatiques, vu que nos capitalisations boursières représentaient plusieurs fois le PIB mondial, et le Muskouvernement est né… Mais c’est une trop longue histoire pour que je vous la raconte. Je dois transférer ma conscience dans mon clone lunaire dans moins de trois minutes.Alors, pour les vingt millions, vous êtes IN, ou vous êtes OUT ?
-    Je…
-    N’ai plus beaucoup de temps. Je vous laisse vingt secondes pour décider.
J’observe son sourire dentifrice avec des yeux ronds. Il ne semble pas mentir, du moins, je l’espère… Je pense aux dents de Germaine, à son haleine de phoque… Je pourrais lui payer une visite chez le dentiste…
-    J’accepte.
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La pièce dans laquelle je me trouve est tellement luxueuse que j’en ai la nausée. Les murs sont recouverts de bustes en or massif, le sol est en obsidienne, les lustres, en diamants. Je dois fermer les yeux pour ne pas être submergé par tout ce clinquant.
Le voyage jusqu’ici s’est fait en hypervol. Cinq minutes au total pour me retrouver catapulté en Asie, sur une île tropicale recouverte de neige artificielle par ses propriétaires. Je suis dans ce qui ressemble à un château écossais, et sur l’un des murs, une gravure de Picsou soulève béatement une pépite d’or.
Bordel, mais qu’est-ce que je fous ici ?
Après ce qui me paraît être un temps d’attente interminable, la porte s’ouvre et une soubrette d’une beauté exquise me demande de la suivre. Elle a le plus beau visage que j’ai jamais vu, un nez magnifique, des cheveux noir de jais, extraordinaires, et un œil d’un bleu profond.
-    Qu’est-il arrivé à votre œil ? Ne puis-je m’empêcher de lui demander.
-    Le maître me l’a arraché au cours d’une orgie.
-    Ah.
-    Parfois mon œil me manque, mais il dit que si je travaille bien, il me payera une prothèse oculaire.
-    C’aurait peut-être été sympa de vous la payer directement après vous avoir arraché l’œil. C’aurait même été mieux de ne pas vous arracher l’œil du tout.
-    Il m’a achetée en payant les études de mes frères et sœurs. Selon les termes du contrat, il peut faire ce qu’il veut de moi.
-    Et ça ne vous dérange pas qu’il vous crève un œil ?
-    C’est conforme aux dispositions de la loi 69-420.
-    Ah. Oui. La fameuse loi libertaire. Aucune entrave à la libre contractualisation entre les êtres humains.
-    Oui.
Nous continuons à marcher en silence.
-    Je me dis quand même parfois qu’il y a des choses qu’on ne peut pas consentir. Comme de se faire arracher un œil par son patron.
-    Je ne suis pas assez versée dans ces questions pour avoir un avis.
-    Vous trouvez ça normal ?
-    Je n’ai pas à avoir un avis sur ces choses-là.
-    Je vois.
Nouveau silence. Lourd, malaisant. Nous arrivons devant une porte plus sobre, en chêne massif. Seule la poignée en argent dénote un luxe discret.
La jeune soubrette toque et ouvre, avant de m’inviter à entrer.
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Bienvenue ! Bienvenue ! Messieurs, applaudissez notre invité, Robert Gueulis !
Devant moi, une assemblée de jeunes hommes aux physionomies diverses ayant pour principal point commun un air d’extrême satisfaction. J’ai une réaction viscérale de recul en les voyant.
-    Regardez ses mains ! C’est une merveille, calleuses à souhait, on voit bien qu’il n’a pas l’habitude des manucures ! Regardez son dos courbé, et sa peau pale. Ça c’est un pauvre ou je ne m’y connais pas.
-    Très beau spécimen, mon cher Bill.
-    N’est-ce pas ? N’est-ce pas ? Et attendez, j’ai gardé le meilleur pour la fin… Robert, me feriez-vous m’honneur de nous sourire ? Vous êtes tout grincheux.
Je grimace un sourire jaune.
-    Une dent manquante ! Et attention, pas arrachée lors d’une orgie SM, tombée spon-ta-né-ment ! L’inconvénient d’avoir une dentition… naturelle !
Un murmure incrédule parcourt l’assemblée. Comment peut-on avoir une dentition naturelle ?
-    Mais je manque à tous mes devoirs, je ne me suis même pas présenté ! Je suis Bill Ionaire, héritier de A Trillion Investments, le fameux fonds de fonds qui possède le tiers de tous les fonds. Mes amis ici présents sont…
S’ensuit une liste de noms tous synonymes d’un nombre à neuf chiffres au minimum, dont je ne retiens pas la moitié. Je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi ils ont tous autant l’air contents. Je n’ai jamais vu ça, des visages heureux jusqu’à l’os, sans une once de tristesse. Ces gens ont eu une vie facile, et ça se voit.
-    Bref, nous vous avons invité ici pour vous offrir votre prix, bien sûr, mais aussi pour en apprendre un peu plus sur vous et sur votre condition. Dites-nous en plus sur vous, sur votre histoire ! Faites-vous plaisir !
-    Eh bien, commencé-je en m’éclaircissant la gorge, mon père était livreur, et c’est naturellement que j’ai rejoint Amazon lorsqu’à mes douze ans, je fus contraint de travailler pour payer les frais médicaux de ma mère, atteinte d’un cancer…
-    Comme c’est mignon, le cancer, voyez-vous ça ! On oublie que des gens en meurent encore !
Je lui jette un regard noir, qu’il n’a pas l’air de remarquer.
-    J’ai donc commencé à travailler d’arrache-pied au centre de tri, mais cela n’a malheureusement pas suffi à couvrir les frais, et ma mère s’est éteinte en quelques mois. Peu après, mon père s’est suicidé, ne pouvant supporter d’avoir perdu l’amour de sa vie…
-    On en pleurerait presque !
-    J’ai donc dû poursuivre seul, et comme je n’avais pas d’argent, je n’ai jamais pu retourner à l’école.
-    Suzette ! Porto ! Macarons ! C’est une histoire passionnante, dites-moi, m’encourage-t-il, la bouche pleine.
-    Ensuite, j’ai rencontré ma Germaine, et nous nous sommes mariés, par amour.
-    Ah, les fameuses sécrétions d’ocytocine.
-    Pardon ?
-    Rien, continuez.
-    Je… Nous avons vécu des années merveilleuses, malgré le peu de moyens, mais depuis les dernières augmentations de prix et les baisses de salaire chez Amazon, nous n’arrivons plus vraiment à nous en sortir, heureusement nous n’avons pas d’enfants…
-    Ah bon ? Mais pourquoi ? Je pensais que les gens comme vous étaient conditionnés pour la reproduction. Nous avons besoin de vous pour peupler les colonies martiennes, vous savez ?
-    Germaine est stérile, voyez-vous, et je n’ai jamais voulu divorcer pour me remarier avec une femme capable de me donner un enfant, je ne peux pas lui faire ça, elle m’a tant donné.
-    C’est idiot. Elle ne vous a pas donné le plus important. Votre but dans la vie est de travailler, consommer, et vous reproduire. Il manque le troisième volet.
-    J’aime Germaine.
-    Mmmoui, je vois.
Bill se lève et sort de la pièce. Il revient quelques minutes plus tard avec un sourire encore plus grand et suffisant.
-    Mon cher ami, j’ai le plaisir de vous annoncer que vous allez bientôt être encore plus riche que ce que vous pensiez. Ne me remerciez pas, remerciez plutôt Germaine !
Je sens une boule de glace se former au fond de mon estomac. J’ai un mauvais pressentiment.
-    Voyez-vous, c’est vraiment du gâchis de ne pas vous reproduire, mon implant physiognomonique me dit que vous avez tout d’un mâle alpha, et que vous pourriez avoir de remarquables rejetons. Par ailleurs, vous n’êtes pas si bête, pour un pauvre, et je suis convaincu que les quelques dizaines de millions de crédits que je vais vous verser vous permettront de donner une bonne éducation à vos descendants. Qui sait, ils deviendront peut-être contremaîtres, ou même VRPs. Mais pour cela, vous devez vous défaire de votre amour irrationnel pour votre femme. Nous allons nous en occuper.
-    Je ne comprends pas, qu’est-ce que vous allez faire à Germaine ?
-    Moi ? Rien de particulier, je n’en ai pas l’usage. Mais mes gardes du corps vont la violer et la démembrer.
-    ILS VONT QUOI ???
-    La violer et la démembrer, vous êtes dur d’oreille mon cher. Elle a signé un contrat qui nous donne droit de vie et de mort sur elle en échange de vous verser trente millions de crédits supplémentaires.
-    Mais j’ai déjà vingt millions, je… je ne comprends pas…
-    Oui. Vous avez vingt millions en effet, mais elle ne le sait pas. Elle pense que son sacrifice va vous sauver de la misère.
-    Objection ! Infraction à la loi 69-420 ! Consentement vicié par manque d’information.
-    Haha, et non mon cher maître et ami ! Germaine aurait pu s’assurer que son cher époux disposait de fonds suffisants si elle avait pris soin d’acheter une de nos puces de synchronisation neurale à cent-mille crédits. Ne l’ayant pas fait, elle est la seule à blâmer pour son erreur de jugement.
-    Mais elle n’avait pas cent-mille crédit !
-    Et alors ? Elle aurait pu les avoir. En travaillant plus pour gagner plus, par exemple. Je ne suis pas responsable des échecs des autres.
-    C’est exact, je voulais simplement vous tester. Décidément, vous êtes vraiment très fort, Bill, vous connaissez votre droit sur le bout des doigts.
-    N’est-ce pas ?
-    GERMAINE !
-    C’est pour votre propre bien, Robert. Et puis, elle le fait par amour, et c’est beau. Enfin, selon votre propre système de valeurs, bien sûr, moi je trouve ça surfait, l’altruisme, le sacrifice de soi, toussa toussa. Un individu doit penser à lui-même avant tout.
-    ESPÈCE D’ENFLURE !
-    Cher Robert, vous êtes libre d’exprimer ce que vous voulez de moi. Après tout, la liberté d’expression est un des piliers de la loi mondiale…
-    JE VAIS TOUS VOUS TUER !
-    Je ne pense pas. Je n’y consens pas, ni aucun des membres de l’assemblée. Ce serait donc illégal. Regardez plutôt.
Un écran holographique s’allume au centre de la pièce et je vois Germaine, ma Germaine, en train de se prendre une douzaine de bites par tous les orifices, y compris de nouveaux créés pour l’occasion, tandis que ses membres sont lentement coupés à la scie circulaire.
-    Ah, l’amour. C’est merveilleux. Enfin, selon votre propre système de val…
Son nez explose sous mon poing. Il tombe par terre, les yeux écarquillés de surprise, et émet un hoquet.
-    Objection ! Il n’a pas consenti à se faire frapper ! C’est une atteinte flagrante à la loi 69-
L’avocat n’a pas le temps de terminer sa phrase. Je viens de lui retourner le genou d’un coup de pied. Les autres membres de l’assemblée, n’ayant jamais été la cible de violence, sont tétanisés. Ils ont pourtant tous des corps musclés, mais ce ne sont que des implants en silicone, et ils ne font pas le poids face à mes cent-vingt kilos sculptés par une vie de travail manuel. Les soubrettes observent sans réagir, le regard vide.
-    GERMAIIIIIIIINE ! Hurlé-je en leur brisant tour à tour les membres et les mâchoires.
L’image de son corps blanc et poilu martyrisé par les gardes me brûle les rétines, et l’hécatombe m’apparaît à travers un brouillard de larmes. Elle m’aimait. Putain, elle m’aimait.
Je saisis Bill par les cheveux et le traîne vers la cheminée.
-    Ce que vous faites est contre l’évangile de Nozick ! C’est une atteinte à ma personne !
-    Ta gueule, connard.
Je le retourne et lui enfourne la tête dans le brasier. Il hurle. Au plus profond de moi, quelque chose émet un grondement sourd, et une satisfaction malsaine m’envahit. J’attends que sa tête ait bien pris feu et que ses yeux aient éclaté avant de le lâcher. Il sort du foyer avec des mouvements erratiques, et les morceaux de bois enflammés restés collés à sa peau se détachent un par un, emportés par la cervelle qui lui coule des oreilles, en mettant le feu aux tapis. Ses amis tentent de s’enfuir sur leurs membres estropiés. Je prends un tison et le plante dans les muscles de ceux qui se rapprochent de la porte ou des fenêtres. Les soubrettes ne réagissent toujours pas.
-    Mais bordel les potiches vous foutez quoi ? Révoltez-vous !
Pas de réponse. Pourquoi ne réagissent-elles pas ? Ont-elles été lobotomisées ? Je m’aperçois qu’elles portent toutes les deux des colliers identiques. Je m’en saisis.
BOUTONS DE COMMANDE
SOUMISSION
DOMINATION
FELLATION
HOMICIDAL CORPSE FUCKING ARMAGGEDDON
Ah les enfoirés, ils les ont neuropucées. Pas étonnant qu’elles ne réagissent pas, elles sont en mode SOUMISSION. J’appuie violemment sur le bouton HOMICIDAL CORPSE FUCKING ARMAGGEDDON et recule.
Les seins des deux soubrettes se dressent d’un coup, faisant exploser leurs corsets. Leurs corps semblent se désarticuler, et elles vomissent toutes les deux en urinant violemment.
-    HIIIIIIIIIIIIIII… Hurlent-elles dans un long sifflement continu.
-    VOUS ÊTES FOU ! VOUS AVEZ ACTIVÉ LEUR INTELLIGENCE ARTIFICIELLE GÉNÉRALE ! ELLES VONT TOUT DÉTRUIRE !
-    J’Y COMPTE BIEN FILS DE PUTE !!!
-    ARRRRGLLLL…
-    BILL, ARTICULEZ S’IL VOUS PLAÎT JE NE COMPRENDS PAS CE QUE VOUS DITES !
Les soubrettes sortent deux mitrailleuses lourdes M-2 de leurs culottes et commencent à canarder tous azimuts. Autour de nous, l’incendie fait rage, et certains des hommes présents tentent désespérément d’éteindre leurs vêtements en flammes, ce qui n’a pour effet que de les attiser. Je me réfugie derrière les soubrettes. Au bout de quelques minutes, tout est mort dans la pièce, et l’odeur de barbecue me fait suffoquer. Les deux domestiques se retournent vers moi. En croisant leur regard, je comprends que le programme d’intelligence artificielle, réglé sur l’ARMAGGEDDON, détruira le monde dans un brasier légendaire. Dans un dernier éclair de lucidité, alors que les M-2 sont pointées sur mon visage, je me dis que c’est mieux ainsi.

= commentaires =

Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 02/05/2022 à 23:59:00
Finalement, il est pas plus long que les participations de Clacker et du Pouilleux.
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 03/05/2022 à 20:14:14
Remets ça dans ta culotte, chenapan.
Clacker


Pute : -1
    le 03/05/2022 à 21:41:01
Sorte de réinterprétation du Running Man de King, avec des morceaux de Ubik dedans (je veux parler des chiottes parlantes et autoritaires, et autres robots doués de sarcasme).
C'est pas mal, ça se lit bien, sans trop de turbulences.

Je note que, définitivement, je n'accroche pas à l'humour d'exagération internetesque propre à l'auteur, mais c'est purement subjectif, et donc non avenu pour une critique en bonne et due forme.

Bien essayé. Tu seras peut-être Grand Inquisiteur en 2028, à ce rythme.
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 04/05/2022 à 12:22:09
le texte que j'aurais aimé écrire cette année en moins bien
Cerumen


    le 04/05/2022 à 12:56:36
J'ai lu ce texte hier et j'ai déjà oublié de quoi ça parle
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 04/05/2022 à 14:16:14
Ce que je voulais dire c'est que ce texte est meilleur que tout ce que j'aurais pu faire.
Clacker


Pute : -1
    le 04/05/2022 à 19:09:56
"Ce que je voulais dire c'est que ce texte est meilleur que tout ce que j'aurais pu faire."

C'est sans doute la plus grosse connerie que j'ai pu lire durant cette St-Con.

Je ne dis pas ça pour flinguer Dégueulis, le texte est objectivement bon, les cibles de la double crémation sont effectivement des cons de premier choix, tout ça se lit bien.

MAIS

J'ai l'impression qu'il y a un chauffeur de salle qui fait des grands gestes pour me dire quand je dois rire, à chaque fois que je lis un texte de l'auteur.
Et ça me gâche foutrement le plaisir.

Notons tout de même qu'il a fait ceinture en ce qui concerne le cul. Très peu de sexe, dans cette nouvelle, en comparaison des autres productions de la Flaque Emétique.
Alors chapeau, quand même, un peu.

"J'ai lu ce texte hier et j'ai déjà oublié de quoi ça parle "

Non mais ça c'est parce que tu t'es remis à boire, mon cochon.
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 04/05/2022 à 19:29:10
Si on met de coté tous les trucs dégueux qui s'approchent plus d'un autosabordage, je trouve le discours politique et la morale plutôt bien fichus.
Clacker


Pute : -1
    le 04/05/2022 à 19:35:50
Oui, je suis d'accord.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 04/05/2022 à 20:42:28
Je regarde trop de dessins animés japonais.

Au fait, qui a trouvé de quels personnages sont inspirées les deux filles ? Indice : il y en a trois, de deux animés différents.

P.S. : MERCI POUR LES COMPLIMENTS ! MERCI LAPIN MERCI ! T'ES UN SUPRER LAPIN.

P.P.S. : BORDEL MÊME CLACKER ME COMPLIMENTE J'Y CROIS PAS JE SUIS AUX ANGES !
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 06/05/2022 à 03:08:09
Il s'agit bien sûr de Rem et Ram

https://www.youtube.com/watch?v=aVN8nOsRZdo

et de Hannah

https://www.youtube.com/watch?v=N8NJl0otY5M

Honte sur vous
Qui ne comprenez
La beauté des mangas
Beauté des animes.

Honte sur vous
Zonards joueurs de dés
Aux ventres très très gras
Laids et sentant des pieds.

Ce sonnet est un peu
Moins bon que d'habitude
Mais qu'y puis-je, z'amis,

Je n'suis pas scribouilleux
Des vers et turpitudes
Ne suis que Bel-Ami.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 06/05/2022 à 03:08:42
N'ayant pas lu Bel-Ami, je décline toute responsabilité quant aux éventuelles connotations négatives.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 06/05/2022 à 03:11:22
Je me demande ce que ça donnerait si j'écrivais en serrant un peu mon style. Jenre moins de gros gags bien gras.

Gag reflex.

Pardon. Je suis sérieux, je vais voir ce que je peux faire pour contenter la couille gauche de Clacker.

Pourquoi j'ai écrit ça moi, putain ?
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 06/05/2022 à 13:27:31
Pour que Clacker s'arrache la couille gauche.
Cerumen


    le 06/05/2022 à 14:51:46
Clacker : mais non, c'est rien que du jus d'ananas coupé au CBD

Un Dégueulis : euh... Signé Cat's Eyes ? Ou Docteur Slump ?
Clacker


Pute : -1
    le 06/05/2022 à 18:33:18
Je constate qu'on parle beaucoup de mes couilles (de réac), ici.
Je suis un peu flatté, je dois dire.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 07/05/2022 à 04:25:12
Cerumen, t'as un problème de mémoire, j'ai déjà donné les noms des héroïnes en question et même des liens YouTeube un peu plus haut.

Puissent les couilles de Clacker bénir la Zone en ce Vendredi masturbateur.

Amen.
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 07/05/2022 à 09:12:39
C'est à Notre Mère la Zone qu'il appartient de bénir ou non les couilles de Clacker, vermine hérétique, engeance de serpent, suceur de gnou.
Cerumen


    le 07/05/2022 à 13:09:30
https://youtu.be/bT1WBfUyoY8


AVERTISSEMENT (edit) : ce lien mène vers une vidéo de Patrick Sébastien ("Danton quoi ?").

Commentaire édité par Dourak Smerdiakov.
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 07/05/2022 à 15:16:15
Mais... Pourquoi ? Qu'est-ce qui justifie ?
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 07/05/2022 à 15:16:41
GLOIRE AUX COUILLES ! 69 69 69 !!!
Cerumen


    le 07/05/2022 à 17:43:15
Quand j'étais au collège, mes parents m'enfermait dans 'le bureau', une pièce spécialement aménagée pour y faire mes devoirs. Je n'avais pas beaucoup de distractions, à part tuer des mouches à coup de règle, ou simplement les assommer, ça les empêchaient de voler durant quelques minutes.
Une fois, j'ai fabriqué un piège sur ma règle avec du scotch, j'ai assommé une mouche avec, son dos était collé à la règle. J'ai enfoncé une épingle dedans, elle bourdonnait tellement que j'avais l'impression que l'épingle vibrait. Pour finir je l'ai décapitée avec des ciseaux.

Depuis, j'ai grandi et des fois, j'aime faire du mal aux gens gentils, ça me calme.
Fosard


    le 08/05/2022 à 14:36:45
J'aime bien la morale de cette histoire, pov' Germaine qui se sacrifie en jouissant c'est certains, coquine jusqu'au bout !

Très bon texte de Mr Gueulis!

Pets et amour
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 12/05/2022 à 01:28:04
J'arrive toujours pas à croire que j'ai vraiment rencontré des gens qui soutenaient les idées de l'antagoniste sans broncher.

L'humanité est perdue.

Germaine, je t'aime.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 02/06/2022 à 19:37:06
C'est moi ou le résumé a changé ?

Y avait pas écrit "de sa Germaine" avant ?

C'EST MA GERMAINE, OK ???

SES PRONOMS SONT "SA" et "DE DÉGUEULIS", OK ??????
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 03/06/2022 à 16:17:59
C'est toi. C'est pas un peu trop genré, le pronom "sa" ?
Dourak Smerdiakov


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Pute : +0.66
    le 03/06/2022 à 19:17:03
D'ailleurs, ce n'est même pas un pronom. Tu m'induis de merde.
Un Dégueulis


Pute : chiquée pas chère
    le 03/06/2022 à 23:41:12
Middle finger on the trigger, GET IN THE KLUB, MOTHERFUCKER !

Avec tous mes respects.

Votez pour moi.

Votez pour moi et je vous jure que seuls les néo-pronoms seront autorisés à l'avenir sur la Zone.

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