LA ZONE -

MDLC1 - je m'évade de mon corps

Le 31/01/2024
par Zone Inc.
[illustration]
sujet 1 : je m'évade de mon corps :


L'intérêt juridique du cas des Myriam C.par Ariankh

Afin d'assister les lecteurs de cette missive, je me permettrais de résumer les faits.

L'histoire de Myriam C., Myriam C. bis, et Myriam C. ter.

Le petit tas de gelée rose retrouvée autour de son corps dans sa résidence le 12 septembre 2006 était un être prétendant être Myriam C. Cependant, le cadavre vidé de substance de ladite femme constituait une accusation directe de meurtre. Le mari de Myriam, John, a ultérieurement prouvé que le tas de gelée ne saurait être Myriam, à cause de sa vision parfaite (la concernée était myope).
Forts de cette constatation, tout le monde (sauf le tas de gelée rose) s'accorda pour dire que Myriam a été assassinée par le tas de gelée rose. Ce dernier, répondant au nom de Myriam C. bis, fut donc assigné en justice le 18 octobre 2006.

Le procès a été pour le moins troublé par le statut de Myriam C. bis, qui ne pouvant prouver sa naissance, a eu quelques problèmes pour exister juridiquement, remettant ainsi en cause son existence physique (personne n'a pu oublier le moment ou elle a glissé dans les interstices de la chaise du prévenu). De plus, son droit d'ester en justice n'étant pas établi, le procès n'a légalement jamais existé jusqu'a l'intervention du Président de la République : cette intervention étant purement arbitraire, puisque basée sur un procès inexistant, il a fallu faire appel au Conseil d'Etat, qui a déclaré l'état d'urgence, autorisant donc le Président à permettre au procès d'exister. Les tas de gelée rose ont donc acquis un statut juridique flou, mais existant, entraînant donc l'incarcération dans un pot de confiture de Myriam C. bis à Fleury-Mérogis.

Cependant, un rebondissement supplémentaire a secoué le public : la résurrection subite de Myriam C., certes peu fraiche, mais qui est revenue des morts sur la table du médecin légiste. Sans rentrer dans le détail, Myriam C. ter (la personne juridique née dans la morgue il y a trois semaines) a été attaquée par le Procureur de la République sur plusieurs fronts : pour outrage aux bonnes moeurs, parce que "par ici, les morts ont la convenance de ne pas venir compliquer les affaires en cours", mais aussi pour non-respect du droit à l'intégrité physique de Myriam C. première du nom. Bien évidemment, la complicité avec Myriam C. bis (la gelée) à également été retenue.

J'aurais, par égard pour le lecteur, la décence de ne pas mentionner les différents appels et recours pour le moment, même si la jurisprudence est particulièrement intéressante et peut amener à différentes spéculations sur la capacité juridique des confitures, cadavres et autres décérébrés.

La résolution de cette affaire ne se fit pas sans heurts : Myriam C. bis, ayant fondé sa propre religion de par le monde pendant la durée du procès avec son livre "Vous aussi, liquéfiez vous : un guide pratique pour la transcendance", est morte (temporairement selon elle) happée par un agent d'entretien de la prison durant une tentative d'évasion. Apprenant ce décès, le mari de Myriam C., qui avait été oublié dans tout ce fouillis, s'est lancé dans le conditionnement de gelées en tout genre, utilisant le nom de sa défunte femme pour booster ses ventes. Dans son autobiographie, il mentionne "que la sensation d'être avec ça est inoubliable, et qu'aucune ne le remplacera, pas même la fraise". Myriam C. ter s'est quand à elle avérée incapable d'être plus qu'un légume, laissant à supposer que son handicap était la faute de Myriam C. bis, qui avait en quelque sorte privé d'avenir de par sa mauvaise conduite la pauvre femme. Vous pouvez désormais la voir de 13 à 18h au cirque Grunder, en tournée dans toute la France.


canop-ner(d) par Glaüx-le-Chouette

Avant, j’étais un branleur.
Aujourd’hui, j’aurais bien du mal. Il me manque l’essentiel ; si tant est que je puisse encore dire qu’il « me » manque.

Toute ma jeunesse s’est passée devant des écrans. Mon enfance même, et je ne sais pas même à partir de quel âge. J’ai su employer un 1337sp34k translucide de pureté avant de connaître l’existence d’une grammaire française, peut-être même avant de marcher. Le jour où la maîtresse a parlé d’« orthographe », je lui ai roflolé au visage en la traitant de l4m3r b14tcH. Elle a pleuré longuement et mes parents m’ont retiré de l’école.
J’aurais très envie de citer une référence qui jadis fut mienne, quoique pour m’en moquer (à ceci près d’amusant que je n’avais aucune référence positive, seulement des références dont je me gaussais noblement), et de jeter à la face du monde que tout ce que je sais, c’est pas l’école qui me l’a appris. Ce que je savais, du moins. Wikipedia, les forums spécialisés, les g33k experts en tel ou tel domaine, voilà mes maîtres du temps jadis. Les maîtres g33k étant plus rares sur, par exemple, la poésie contemporaine ou le bon usage de la conversation courante, que sur la vie de Luke Skywalker ou les performances de l’Enterprise, il est certain que ma culture avait une gueule un brin formatée. Mais diantre, j’étais cultivé, néanmoins.
Pourtant parfois, je me posais de grandes questions.

Et ce sont ces putain de cons de vases canopes qui sont la cause de tout.

Un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un arbre, sur WoW je m’étais endormi, toutes fenêtres et tous programmes ouverts, en digérant tant bien que mal ma troisième pizza, quand soudain surgit un BILILIP altier au creux de mon moelleux tympan. La première fenêtre qui m’apparait, lorsque je me relève en sursaut : celle du chan #fr33fùCkch4n_4_l33tb0YzZ#. Et le premier mot : « chanop ». Et c’est le drame.
Mon esprit embrumé et avide de trucs à faire pour justifier la vie de mon gros corps inerte et couvert de taches de pizza s’est jeté sur le mot « chanop » pour tenter d’en deviner le sens. Ou non, pas le sens ; le sens, je le connaissais très bien. J’étais chanop de quatre chan, je savais ce que c’était. Mais ça m’évoquait autant de choses, à cette époque, que par exemple « Robert » ou « carotte ». C’est vrai quoi. Pourquoi on dit carotte pour parler des carottes. Et pas Robert, par exemple. Des Robert en salade. Des Robert râpés. Se coller un Robert dans le cul. Chanop, pour moi, ça n’avait pas de sens expliquable, pas d’étymologie, pas de racines. C’était un mot a priori.
Alors j’ai lancé google. J’ai un peu roté, aussi, parce que décidément, les anchois passaient mal. Google images, tant qu’à faire. Mais mes gros doigts, ainsi qu’une miette de muffin mal placée sous la touche H, m’ont mené vers une page de vases étranges, nettement phalliques, et blancs. Source intéressante. J’ai cliqué. Et
Et j’ai vomi, lorsque l’image de tripes séchées en paquet d’un kilo, avec les organes internes bien rangées, et un tout petit cerveau rabougri dans un coin, est apparue sur l’écran. Ou plutôt, j’ai régurgité les trois pizzas, mais sans desserrer les dents ; d’où une assez désagréable sensation de surpression buccale, et une course frénétique jusqu’à l’évier, suivi d’une expulsion réelle. Et j’aurais dû faire la vaisselle, me suis-je dit tout en dégobillant à foison.
Je venais donc d’apprendre que les vases canopes servaient à ces tarés d’Egyptiens à ranger des bouts de corps, pour mieux voyager jusqu’au monde des morts. Je venais de l’apprendre et ce savoir se gravait en moi tandis que je remplissais mes bols de céréales vides et mes verres de gerbe pizzaïolique. La psychologie du trauma étant ce qu’elle est, mon existence s’en vit bouleversée.

Depuis lors, je m’évade de mon corps, peu à peu. Livre de chair par livre de chair. J’ai ressorti ma collection de boîtes de thon, qui faisait ma fierté jusqu’à ce que l’adolescence me fasse découvrir de nouveaux, vrais, centres d’intérêt (comme les figurines Action Man). Je les ai toutes vidées, lavées, séchées. Et j’ai commencé à remplir mes vases canopes à moi.
J’ai commencé par la langue ; depuis mon dernier chat vidéo de dragouillage, approximativement en 1995, qui s’était soldé comme tous les précédents par un éclat de rire de la demoiselle et un bloquage immédiat, de toute façon, elle me sert seulement à lécher les fonds de pots de Nutella. Car je l’ai fort longue. Et puis la langue offrait l’avantage de baigner dans la salive, antiseptique naturel, et il m’a suffi de traîner un tout petit peu plus que mes trois heures quotidiennes sur divers sites de jeunes filles asiatiques en uniforme et de tuning d’unités centrales pour assurer une production salivaire suffisante.
Ensuite, les auriculaires. Aucun intérêt, je tape à huit doigts.
Puis les cheveux et le système pileux en son entier ; je renouvelle l’évasion régulièrement, et je brûle le résidu. J’ai un canope cinéraire de poils. Ah. Ca pose, ça, hein. Je dois être le seul individu humain à posséder son propre canope funéraire pileux. Les archéologues seront fous quand ils trouveront ça.
Ensuite, les caractères euh, le système, euh, ben, la teub et les burnes. En trois fois. Le gland, puis en constatant que non, j’étais pas mort, le reste de la verge, puis les couilles. J’ai eu un peu mal. J’ai un peu saigné. J’en ai profité pour faire un canope de boudin.
A la suite de cela, j’ai fait plusieurs canopes de sang. Je recommence régulièrement.
J’ai fait un canope de nez ; un canope d’oreilles ; un canope de tétons. Un canope de dents.
Je continue au fur et à mesure. Je m’évade de mon corps, je me débarasse de mon gros sac de tripes et de gras, je m’éthérise, je me virtualise, je me l33t33Z3 tas de nOOb rotflololol. Je me fous en l’air au bistouri, avec des couvercles de boîte de thon pour scalpel.

Et ce soir, je me fais l’œil gauche.


L’expérience mystique et moi. par Le Duc


Tout a commencé un matin de Juillet,
il faisait beau dehors, un grand soleil. Avec un ciel d’un bleu marine parsemé de quelques nuages en bout de cotons et les oiseaux gazouillaient, et les plantes phéromonaient.
Moi je me faisais chié à crever dans mon appartement tanière et je maudissais le genre humain d’être heureux en ce jour où tout me paraissait sombre et où j’avais envie de détruire tout ce qui était beau.

Mon voisin s’accouplait avec une quelconque femelle de son espèce trisomique, mes mûrs étant limite en carton, j’avais l’impression d’être dans la même pièce, s’en était trop ! Je décidais donc de sortir prendre l’air.
Ouvrant la porte qui donnais à l’extérieur je me retrouvé d’emblé agressé, tel un vampire, par les rayons de soleil qui transperçaient mes yeux, je le maudis et franchis le pas de la porte, les yeux plissés pour essayer de voir ou je foutais les pieds.
Je marchais maintenant dans les rues sans savoir vers où j’allais, les gens que je croisais souriaient béatement, se faisait des signes de tête, des sourires et même parfois des bonjours amicaux, c’était répugnant.
D’instinct mes pieds m’avaient conduis devant le bistro sordide que j’ai l’habitude de fréquenter, seulement il n’ouvrait que le soir et était donc fermé. Je décidais donc de prendre la première ruelle venue histoire de croiser moins de pédale heureuse. Le destin m’amena dans une petite rue nommée « Rue des espoirs perdus », une ruelle glauque qui sentait la pisse ou s’amoncelait des poubelles éventrés dévorés par les chats, des clochards à l’air antipathiques dévorés par l’alcool, et des toxicomanes planants dévorés par l’héro.
Je me sentais dans mon élément et je continuais donc d’errer sans but dans cette ruelle des bas fonds. Quand tout à coup je me trouvais nez à nez avec une boutique de voyance indou que je ne connaissais pas, elle paraissait misérable et devait faire fuir n’importe quels clients désirent pratiquer ce genre de rites profane.
Je poussais la porte avec le plus grand enthousiasme, l’intérieur était semblable à la façade, quelques tables bancales étaient disposées dans une grande pièce, leurs nappes étaient vieilles et trouées. Aux murs quelques étagères supportant des vieux bouquins et des bibelots poussiéreux, des lattes de parquet manquaient au sol et la crasse semblait être omni présente. Le tout était éclairé avec des bougies disposées sur un lustre qui faisait pleuvoir de la cire au milieu de la pièce.
Une jeune femme se tenait assise derrière ce qui devait être son bureau et me dévisageait depuis mon entré, elle me fit signe d’un regard de m’assoir devant elle. Je ne savais pourquoi mais je lui obéis instantanément.
A peine je m’étais assis, qu’elle pris et tira violemment ma main vers elle et commença à l’examiner. Surpris dans un premier temps, je me mis à pouffer et lui demanda si c’était une pratique régulière dans la religion hindouiste. Elle me répondit juste « chute » sans quitter ma main des yeux, la scène dura bien cinq bonnes minutes avant qu’elle ne dénia relever la tête et me dit simplement : «
- Tu es arrivé au bon endroit
- Comment ça ?
- Tu vas te taire et aller rejoindre les autres en bas ?
- Les autres ? En bas ? Z’êtes allumée ma bonne dame.
- Peut-être mais ce matin tu es mort et ton esprit noir de rancœur ta mené jusque ici, ou tu passera l’éternité dans les limbes de l’enfer
- Euh… c’est cela oui »
Je me levais d’un bon et voulu sortir de cette boutique mais plus j’avancais vers la porte de sortie plus celle-ci reculait, je courrais de plus en plus vite mais je reculais de plus en plus, la diseuse de mauvaise aventure riais tel une succube, le sol se désagrégea sous mes pieds et mon âme tomba dans un tourbillon de flammes et de squelettes décharnés vers la porte des enfers.


L'exactitude des sondages par Marquise de Sade

Tout a commencé par un pari stupide sur un bout de comptoir d’un bistrot pourri de seconde zone.
Gustave, mon collègue du service des statistiques, soutenait que dans toute entreprise il y avait au moins 3% du personnel qui était homo. Dans notre boite de 32 personnes, ça voulait dire qu’un moins un de mes collègues est pédé.

Il me soutenait le contraire. Statistiquement, il y en a un ! Putain ! Ca voulait dire que j’avais peut-être pissé à coté d’un mec qui matait ma queue aux chiottes, ou que Nicole, la nana du courrier était gouine, ou Gérard, le mec de l’entretien, avec sa petite queue de cheval et ses grandes paluches se faisait régulièrement défoncer le fion par un mec sapé en cuir. Nan, je ne pouvais pas le croire. Et pourtant Gustave me paria qu’il me prouverait avant la fin du mois qu’il y avait au moins un homo dans la boite.

Ca ne manqua pas, dès le lendemain, j’avais viré parano et je regardais tout le monde avec des yeux de merlans frits. Bruno qui arrivait toujours le premier au bureau était en grande conversation avec le DRH, lui aussi très matinal. Pourquoi arrivaient-ils toujours au boulot en avance ? Personne ne fait ça à moins d’avoir une bonne raison de profiter de l’intimité des bureaux vides. Quand Bruno me tendit la main pour me dire bonjour, j’eus du mal à la prendre. Imaginer cette poigne qui avait branlé la queue du DRH 1h avant, à genoux sur la moquette gris-bleu du bureau et qui allait entrer en contact avec la mienne. Je sentis une main sur mon épaule. Etienne, mon pote de fac m’avait pris par surprise dans le couloir. Déjà y’a 15 ans, il faisait ça quand on sortait des cours. Etienne avait toujours été un tombeur, beau mec, pecto impec, bronzage toute l’année, il se levait la fille qu’il voulait quand il voulait. Bonne technique de camouflage Etienne, mais ça marche pas avec moi, plus maintenant. Je tournais dans le premier couloir pour enlever cette main pesante de mon épaule. Je m’enfermai aux toilettes, à l’affût du moindre bruit. Ca baise où une tarlouze au boulot ? Dans les chiottes mec ! Dans les chiottes ! Ce fut la pire journée de ma vie. Je les voyais tous dans des positions ignobles, le cul à l’air, se faisant labourer par des grosses bites de mecs piercés pâle copie d’un Brad Pitt qui aurait 10 ans de moins et une Angelina Jolie plus barbue.

Gustave lui, ricanait quand il me croisait dans les couloirs. J’étais certain qu’il connaissait le nom de ce salopard, peut-être même qu’il l’avait surpris dans un bois quelconque et qu’il avait des photos. C’était tout à fait son genre à Gustave. L’année dernière, il avait sauté une petite stagiaire d’à peine 19 ans, et les photos avaient fait le tour de tout le service. Le quota de photocopies avait du tripler ce mois-là.
Au bout de 9 jours, je me fis porter malade, je n’en pouvais plus de cette boite de pédés, de ses tapettes qui respiraient le même que moi et l’empestaient de leurs gènes dégénérés. Je baisais ma femme comme jamais, au cas où ce serait moi ce 3% de la boite. Je voulais même bien aller aux putes si ça pouvait prouver que j’en étais pas. Gustave tous les jours me téléphonait pour prendre de mes nouvelles, puis me donner celles de la boite aussi. Il laissait planer le doute le salaud, je le savais, il me tenait par les couilles, j’en pouvais plus de ne pas savoir - Luc a déjeuné avec Duchamps ce midi - tu savais que diane et Sophie avaient partagé la même chambre d’étudiante à Nanterre ? - on a retrouvé une capote usagé dans les chiottes hier, ça a fait un de ses foins, t’aurais vu ça ! - connard ! Ouais connard ! Dis-moi qui c’est et je lui pète la gueule à ce pervers qui me bousille sans même me toucher.

On arrivait à la fin du délai quand Gustave me proposa d’aller voir un match histoire de me changer les idées. Un truc d’homme quoi, et de se jeter quelques bières après en matant le cul des serveuses. Le cœur n’y était pas, mais j’étais sûr que j’allais enfin savoir.
Je crois que le PSG a perdu ce soir là, mais je m’en foutais. Sur les quelques 80 000 spectateurs qui étaient là, on devait avoir pas loin de 2000 pédés ! Putain ! A peine le match fini, je mis Gustave sur le sellette, fallait que je sache son nom. Il me dit de passer à la maison, que j’aurais les preuves en image. J’avais déjà mis les pieds dans l’appart de Gustave, c’était pourrave. Un vrai truc de vieux garçon, il ne manquait que le calendrier Pirelli accroché au mur. Il me servit une bière, et me dit de m’installer le temps qu’il aille chercher le matos. J’osais à peine m’asseoir dans son canapé dégueulasse. Il faisait une chaleur étouffante, la tension d’un mois me tombait sur les épaules comme une masse et la tête me tournait. Putain, la bière de trop qui vous nique la gueule en moins de deux.
J’ai à peine vu la tenue de latex de Gustave quand il est revenu dans la pièce et quand il a retiré mon froc je ne pouvais déjà presque plus bouger. Mon corps était vide et à sa merci, mais maintenant je sais que les chiffres ne mentent jamais.


l'autre agence par Mill

Je suis un atome. Je fais pas exprès, hein ? C’est juste que je me suis beaucoup concentré. J’ai réfléchi, me suis retourné contre et en moi, me suis lancé contre des murs, pour arrondir les angles, réduire certaines dimensions, me plonger dans le secret de mon identité secrète. J’ai relu mon Stephen Hawkins, j’ai retravaillé Asimov, histoire de, et pis je me suis dit, fait chier, je suis beaucoup trop grand, trop gros, trop zarb et trop trop, quoi. Tu vois c’que j’veux dire ?
Non ? Pas grave, j’continue.
Je me suis transformé en molécule, m’accolant à d’autres fragments de réel, et maintenant on m’appelle Monsieur, avec un grand M, comme dans MIERDA, la chanteuse.
Je suis un atome, une petite bille microscopique et miniature, une glande infime mais infinie, et j’ai envie de rouler, parce que j’aime les roues. Les roues sont mes amies, et des fois, pas toujours, faut pas déconner, quand même, mais ça arrive, des fois, donc, on fait fuck friends.
Je propose une parenthèse culturelle : LACAN DELEUZE MARTYRS MARTYRS MARTYRS.
Passons.
Je récapitule : je suis un atome et je me sens enchaîné. Je sors ma carte du PC - c’est triste on n’est plus que cinq, et encore, y en a un qui frise le coma politique - mon beretta à cran d’arrêt, mon intégrale de Renaud dérobée à la va-vite un soir de lose dans ton cul salope, et j’essaye de me frayer un chemin. Je cherche un conduit : l’oeasophage, mais ça passe pas, tout ce qui ressemble de près ou de loin à l’ORL, mais je n’oublie pas Miles, alors, je tente le pancréas, mais rien, qued, tchi, niet, alors je trouve l’urêtre, qui a l’air bien occupé à dégobiller du sperme - le p’tit mot qui gicle - dans la main droite de Francisco, un ou une amie en jupe à volants, et je me jette dans le conduit en chantant l’Internationale version Chanson plus bifluorée.
Là, je me la joue wagonnet transgénique, je passe d’un rail à l’autre, j’aperçois le docteur Jones, avec sa gueule de Ford - mais non, connard, pas la voiture - salue quelques rivières de lave, au passage, parce qu’on sait jamais, hein, des fois que j’aurais un ticket avec une chaudasse, j’atteins le petit bout au bout du bout, puis me la joue Clark Kent quant il saute par la fenêtre du quinzième en gueulant Géronimo, parce que c’est chic, et ça y est, je me sens libre, je suis le CHE, j’ai des carnets plein les poches de ma moto argentine.
Je suis libre. Je suis dehors. Je cherche l’ANPE. C’est où ?


Trois par nihil

Il est temps, plus que temps. Toutes les barrières sont tombées, tous les compteurs sont à zéro. Il n'y a plus rien pour me retenir. A trois, je tombe.
Un.
Deux.
Non, pas encore.

J'ai mes ongles dans mes paumes, mais je ne sens rien. Rien d'autre que l'aspiration du vide, et le vent qui m'appelle, qui me réclame. Comme les vivats d'une foule, étouffés par trente enceintes de plomb. Je hurle, ma voix s'étouffe dans ma gorge. Je ne m'entends pas, je ne m'entends plus. Je suis un étranger, à tout, à moi. La nuit est déchirée de gyrophares. Derrière, dans mon dos, des ombres qui s'agitent, des mains se tendent vers moi. Pourquoi. Pourquoi mourir, il reste tant de choses à vivre, à voir, à ressentir. Tout peut recommencer et rien n'est perdu. Pourquoi, pourquoi je ferais ça.
Pourquoi ? On s'en fout : à trois, je tombe.
Un.
Deux.
Rien n'est si simple. Moi je veux, mon corps ne veut pas. Je veux ouvrir mes bras pour embrasser le vent, mes bras restent plaqués contre moi. Je veux basculer, je ne bouge pas. Je suis un bloc inamovible, je ne m'appartiens pas. Des claques de vent nocturne contre le béton, répétées, flux et reflux comme la marée. Encore, encore. Mes ongles mes paumes, je ne sens rien. C'est pas comme si il y avait un ailleurs. Et on m'implore, on me prie, je pourrais être un rédempteur d'un instant. Il me suffirait de me laisser aller, accepter la règle, leur loi. Me retourner vers eux, et hocher la tête. On tomberait à mes genoux, on pleurerait dans mes cheveux. Avant de m'enfermer. Hein, sales putes. Hors de ma vue. Bientôt vous ne pourrez plus rien contre moi. Parce qu'à trois, je me jette.
Un.
Deux.
Jette-toi. Putain mais jette-toi. Qu'est-ce que tu fous. Allez. Ce n'est qu'un pas, un rien. Il suffit d'oublier, une seconde, s'oublier, ne plus exister. Voir défiler les balcons, tous les mêmes, quelques secondes, jouir de l'explosion de l'air contre mes tympans. Laisser entrer la nuit à pleines bouffées dans ma bouche ouverte. Mes mâchoires se serrent, je ne veux rien. Pourquoi pourquoi. Toujours les mêmes questions. Je regarde encore une fois en bas, j'ai le vertige. Mon estomac se tord de peur, indigne machinerie qui refuse de se laisser faire. Sanie organique, bouillie de chair et d'entrailles mêlées, chuintement du sang qui bat à mes tempes. De la merde, de la merde de viande et d'organes, de la vie puante, de la chaleur dégueulasse. Rien d'autre que moi, cette merde.
Derrière, on parlemente, dans un langage que je ne comprends pas. Je ne peux plus comprendre aucun langage, je ne suis déjà plus de ce monde. Tout mon être est cendre. Il suffirait d'un souffle, un rien, pour me disperser, me mêler au vide. Fermer les yeux. Mais non, mes yeux restent grand-ouverts. Quelqu'un crie un nom, mon nom. Ca ne compte pas. A trois, je m'en vais.
Un.
Deux.
Rien à faire. Je suis paralysé, comme débranché, éteint. Je baisse les yeux. Des mains se posent sur moi, me tirent en arrière, me ramène dans la lumière de la cage d'escalier. Et ça sanglote, et ça remercie le bon dieu et tous les putain de saints de ce putain de paradis hermétique. Leur peau tiède contre la mienne, leurs bras autour de moi. Toute cette merde.
Trois.
Je vois. Je vois, les balcons qui défilent. J'ai quitté mon corps, lui est resté là-haut, prisonnier aux mains des pleureuses et leur chaleur pourrie, mon âme s'est jetée. J'ai quitté ce monde. Je me disperse, je me dilue aux quatre vents, je ne fais plus qu'un avec la nuit. Là haut, là-bas, loin, dans le carré de lumière du septième pallier, une nasse de chair agglutinée autour d'un organisme éteint, qui leur appartient, puisqu'il ne m'appartiendra plus jamais. Qu'ils savourent donc leur victoire, moi je disparais.


World par Omega-17

C’est en des temps troublés par la guerre qui nous opposait aux vils Orcs et à leurs non moins cruels alliés Trolls et Démons de la Horde que j’ai vu le jour, au cœur d’un fortin dont la face était déjà irrémédiablement marqué par les harcèlements incessants des troupes maléfiques. Mes parents furent de bons Nains, vaillants à la tâche et envers moi d’une bienveillance rude comme celle que connûrent tous les petits Nains de ma génération. L’époque n’était pas à jouer avec les cartilages de lapins qui sautillaient, inconscients du danger, tout autour de notre retranchement, c’est certain, mais bien à l’entraînement quasi militaire et ce, dès le plus jeune âge. Je me revois encore avec le tromblon en mithril de grand-papa, à ajuster du haut de la colline les rares voyageurs et commerçants de la route commerciale qui tentaient d’échapper aux trop fréquentes embuscades tendues par l’ennemi et autres pillards.
Dès que je fus en âge d’être un « Nain fort comme le roc », je fis mes adieux à la colonie pour affronter les périls des régions contestées. Les débuts furent plus qu’hésitants et il m’est arrivé plus d’une fois, à la nuit tombée alors que mon feu de camp agonisait sur une flaque de neige fondue, la main crispée sur ma dague au moindre craquèlement de branchage, de regretter mon apparition ici-bas, de douter sur mes capacités à bouter l’envahisseur de nos terres chéries.
Des centaines de lunes passèrent ainsi, me laissant à l’étreinte de la peur et aux affres de la culpabilité. Nos guerriers se battaient sur des fronts distendus, tentant de ne pas laisser l’initiative aux Hordeux qui s’avéraient trop mobiles pour nos troupes qui n’avaient que de braves mais pesants béliers à roulettes pour tout moyen de locomotion.
Les rejoindre, en supputant que j’arrivasse à les localiser, n’aurait pas grandi l’estime que je me portais au vu de mon inaptitude à occir autre chose que des Fulborgs grincheux au détour des quelques cavernes que je visitais davantage pour m’y abriter que pour y exercer l’art du combat.
J’arpentai une route sans intérêt, choisie précisément pour cet aspect particulier, quand se produit le drame. Je me vis marcher au ralenti, d’une démarche saccadée, même les sapins qui bordaient mathématiquement la route commençaient à se dédoubler. C’était n’importe quoi. J’étais frappé de malédiction, l’ensorcèlement troublait ma vue jusqu’à finalement m’immobiliser. « Stupeur et tremblements », comme disait la vieille femme en ermitage dans une grotte infestée de Kroustos libidineux à quelques lieux de mon fortin originel et qu’on disait folle à enchevêtrer.

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J’ai repris possession de mon corps en maudissant ces cons de chez Blizzard incapables.


Marathon 1 par Traffic

Marlène était une fille avec un petit nez retroussé et elle avait l‘air de ne pas toucher le sol quand elle marchait. J’avais essayé de l’approcher dès la première fête sur la campus. Les ricanements des autres, je les avais pris pour de la moquerie. C’était juste qu’elle était lesbienne. C’était foutu.



Marlène s’était rendu compte qu’elle était lesbienne en frottant le dos de sa copine de classe à la piscine. Elles avaient treize ans. Quand elle avait oséaventureusement ses mains de l’autre côté, l’autre s’était retournée, la dévisageant et elles s’étaient embrassés. Elles avaient de petits seins haut perchés, ceux de Marlène étaient un peu plus gros mais tout ça allait encore bien évoluer.

Plus tard elles s’étaient retrouvés dans la chambre de sa grande sœur. Elles avaient promis de ne parler à personne de ce baiser. Elles avaient dit « C’était cool. » et puis elles étaient parties dans un fou rire complice.

A seize ans, Marlène avait connu sa première expérience sexuelle sérieuse. Elle avait rencontré la fille sur Internet. Ca s’était passé chez l’autre. Une femme de vingt cinq ans. Leur relation avait duré trois mois. Ca laisse du temps pour apprendre pas mal de choses.

Ensuite elle avait rencontré des garçons pour essayer. Mais à chaque fois elle avait vomi au moment de passer à l’acte. Elle avait vomi sur la queue du capitaine de l’équipe de football. Il avait voulu la forcer mais elle lui avait dit que c’était une très mauvaise idée.

Toutes ces choses, elle me les avait confiés dès notre première rencontre.

J’étais tombé amoureux en retour et j’étais rentré dans ma chambre d’étudiant en faisant nombre de détours au volant de ma Toyota.

Marlène dansait dans mes rêves maintenant. J’essayai de l’inviter de plus en plus souvent. Mais elle voulait que je cesse de l’appeler depuis que j’avais tenté de lui prendre la main pour lui avouer mes sentiments profonds.

Elle m’avait moqué tout mes poils sur le torse et les bras et mes attributs de taureau. Elle se représentait les mecs comme des taureaux en rut. « Vous aimez le rouge et vous fondez sur vos proies pauvres imbéciles. Moi j’aime les peaux douces et les poitrines rebondies délicates. »

Je n’aura imagine une chose pareille avant elle. Mais jene pouvais faire autrement. Je me suis mis à suivre un régime aux œstrogènes. Au bout de deux mois, j’avais déjà les seins qui poussaient. Je m’épilais à la cire. Ma barbe ne poussait plus. A un moment j’ai du rester enfermé chez moi. J’avaos peur que quelqu’un s’aperçoive de quelque chose. Au bout d’un certain temps, elle m’avait téléphoné pour savoir si j’allais bien. On ne me voyait plus en cours. Je lui avais dit que j’avais des problèmes familiaux mais que je reviendrais dans deux ou trois mois.

C’était fini maintenant. Ca faisait six mois que j’avais commencé tout ça. J’avais des seins, des gros, et des jambes douces comme de la soie. Je regardais la photo de Marlène que j’avais manipulé pendant tout ce temps. J’espérais qu’elle aimerait et que je pourrai enfin me frotter contre elle.

Je lui envoyais un mail. « Ce soir, je reviens. Tu voudrais venir me voir ? «

Elle me repondit par un message plein d‘allant. Oui je veux te voir, j’ai des tas de choses à te raconter. Tu m’as beaucoup manqué. Qu’elle avait une surprise pour moi.

Ce soir là je choisissais ma tenue comme dans un rêve. J’étais dans la salle de bains et j’avais plusieurs soutien gorges. Mes seins rendaient un 90B je les caressais, quelle douceur. Mon visage, malgré sa carrure encore un peu masculine, était affiné par le maquillage. J’avais choisi un parfum Yves Saint Laurent.

La porte était ouverte quand elle arrivait. J’avais laissé la lumière baissée et seules quelques bougies illuminaient la pièce.

Ses pas me firent penser que quelques chose n’allait pas. J’étais dans la salle de bains en dessous sexy mais sages.

Ce qui clochait est qu’elle n’était pas seule. Comme dans un film de fantômes, je ressentais une présence anormale et négative. Je me rendais compte que je n’étais peut-être pas prêt à me montrer comme ça. Je faisais salope et elle était pure. J’avais du me monter la tête pour faire une folie pareille.

« Michel ? Michel ? Tu es là ? «
« Oui oui j’arrive. «

Ma voix était plus aigüe maintenant.

« C’est toi Michel. Ca va bien ? Tu es sur ? «

J’avais raclé ma gorge. « Oui. Je viens maintenant. »

Je n’avais pas l’intention de sortir comme ça soudain. C’était complètement délirant toute cette histoire. J’étais devenu une nana et même pas une vraie.

J’essayai de me saisir d’un peignoir, je pensai à me démaquiller en vitesse. Hop de l’eau. Du démaquillant.

Je n’en eus pas le temps. Elle ouvrait la porte et me regardait comme le monstre du Loch Ness. Avec fascination et horreur.

« Michel ! Tu es … Tu es… Tu es un Travelo ? «

Derrière elle, je voyais un homme du genre la quarantaine qui essayait de passer la tête.

« Ton ami a un problème ? «

« Non, non, je vais tout t’expliquer attends. C’est une blague. «

« Quoi tu t’es fait pousser des nichons pour me faire une blague. Moi qui voulais te dire que je n’étais lesbienne et que j’avais un copain. Moi qui croyais te faire une surprise… »

« Elle est belle ta copine, Marlène. » Il a pouffé.

Je l’ai regardé comme ça dans les yeux. J’ai eu un coup de foudre. Marlène a pali soudainement. Il était exactement ce que je voulais pour échapper à ma folie. J’ai senti les derniers vestiges de ma masculinité fondre en moi.

Nous nous sommes regardés et j’ai marché vers lui comme dans un rêve et Marlène, folle de rage, m’a filé un aller retour, quelque chose de sérieux. Ses yeux lançaient des flammes.

« Casse toi Salope, si tu touches à mon mec je t’arrache les yeux »

Ca y est, je venais de rentrer dans la confrérie des pouffiasses et rien n’aurait pu me rendre plus heureuse.

= commentaires =

Lunatik

Pute : 1
    le 31/01/2024 à 09:38:11
Ils ont tous pondu ça en une heure, ces blaireaux ?? C'est même pas complètement pourri. Les deux premiers sont même carrément lisibles.
Décidément, certains écrivent mieux quand ils laissent leur cerveau au placard.
Lapinchien

tw
Pute : 7
à mort
    le 31/01/2024 à 09:51:35
Je vais publier 2 textes par jour des 2 MDLC passés car bizarrement ils n'avaient pas été publiés à l'époque. ça fera un peu d'émulation sur le site.
Lapinchien

tw
Pute : 7
à mort
    le 31/01/2024 à 09:52:19
et ça laissera le temps de les lire aussi et de les commenter.
Lapinchien

tw
Pute : 7
à mort
    le 31/01/2024 à 18:39:46
Ariankh et son improvisation sur un thème kafkaïen , le délire de Glaüx-le-Chouette sur un nerd qui se prend de passion pour les vases canopes, Le Duc qui part dans un délire descriptif chelou, Marquise de Sade et son perso homophobe improbable, Mill dont le narrateur se déconstruit littéralement, nihil et son hommage à Nourz à peine voilé, Omega-17 avec son final twist de gamer à deux balles, Traffic avec le transsexuel mongoloïde à la Almodovar, on part dans toutes les directions émotionnelles dans ces premières contributions.
Clacker

Pute : 3
Vous aussi, liquéfiez vous    le 31/01/2024 à 19:10:08
Le premier est franchement fendard.

Et globalement, ouais, c'est surprenamment pas trop mal foutu.

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