C’est doux, c’est paisible, c’est chaleureux.
On aimerait se fondre dans cette étreinte aimante pour toujours. Ne plus en sortir. Y vivre pour l’éternité.
Le contact de ses lèvres est si tendre et pourtant, il donne des frissons. Des petites décharges de plaisir qui font s’emballer ton cœur. Il est affolé, il bat frénétiquement, il chercherait presque à s’échapper de sa cage osseuse.
Mais, il y reste. Bien en sécurité, reclus, loin de tout.
En sécurité… ?
Le voilà pourtant figé en pleine course. Le voilà pourtant meurtri. Des fissures le parcourent et soudain, le monde te paraît tellement moins doux, moins paisible, moins chaleureux.
Tellement plus sombre. Plus aucune lumière, plus aucune chaleur, plus aucune passion. Plus rien.
Le monde est tranchant, glaçant, froid comme la mort.
Douce mort qui vient te conseiller, qui te murmure à l’oreille, qui guide tendrement ta main.
Elle te susurre de doux mots quand il passe près de toi, quand ton cœur s’affole devant son sourire.
Et puis, tu le tiens entre tes doigts. Tu as réussi à le reprendre, à le sortir de sa cage, à le garder pour toi. Près de toi.
Pour toujours.
Il bat encore entre tes mains, il est encore chaud, encore rouge, rempli d’amour.
Jamais plus il ne te sera refusé. Jamais plus il ne s’éloignera de ton étreinte aimante.
L’encre coule sur tes vêtements, les rend poisseux, tâche ta peau et tes lèvres, et tu te sens enfin de retour dans cette bulle de chaleur, loin du monde froid.
Un sourire étire tes lèvres alors que tu serres tendrement le cœur de ton amant contre toi.
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= commentaires =
J'aime bien la façon dont Sanaa Mishima s'empare de genres existants et les remanie à sa sauce. J'ai l'impression que tu es encore plus emo et goth que Rosalie. Mais peut être est-ce une posture pour en détourner le genre. Sinon dans tes deux premiers textes si on ne compte pas ta participation au hackathon, ça se finit par un cœur qu'on arrache de sa cage thoracique. Ta manière de pratiquer les opérations à cœur ouvert me font beaucoup penser à la chirurgie psychique des guérisseurs philippins.
Je parlait de l'autre Mishima dans un autre commentaire, j'y retrouve une sorte de douceur cruelle, par endroits.
Je ne suis pas fan de la littérature d'amour en général et sous toutes ses formes, mais je me suis laissé porter par ce texte simple à comprendre, qui ne cherche pas à nous faire sentir bête ni intelligent, et juste à nous souffler une émotion.
bon, il y a parfois un petit côté Indochine mais ça passe. Et la chute est subtile, comme une petite plume qui vient se poser au sol, dans une flaque de sang.
Encore une fois pour une zonarde fort jeune c'est trés bien écrit. On dira que c'est "creux" mais il y a un art de décrire le creux, le vide, surtout celui que cause l'amour.
Maintenant jeune padawane il va falloir explorer les autres axes de la Zonardie : car le sombre tu sais faire le violent tu peux améliorer et le débile on espère !
Oui... Tony Agpaoa.
De même ce texte se lit sans douleur, est précis et efficace.
Il est lui même une petite incision (ou incise) dans la banalité du vécu. Par cette ouverture, il guérit la banalité, en extirpe ce qui la calcifie, et la rend à nouveau sensible et fonctionnelle.
Un bel exploit avec une telle économie de moyens, de la véritable chirurgie psychique, en effet.
Sympa cette forme de promotion du don d'organe, on pourrait la résumer par sa phrase d'ouverture : C’est doux, c’est paisible, c’est chaleureux.
CMB