C’est drôle comme certaines choses peuvent blesser, sans intention de nuire, et seulement parce que je suis dans un état proche du pathétisme total.
Je m’excuse d’exister, de déranger, de ressentir trop fort.
Je ne suis qu’une fille un peu fatiguée, un peu fragile, qui parle trop à sa page blanche.
Il y a eu ceux qui promettaient de rappeler.
Ceux qui disaient “bonne nuit ^^” quand je disais “je pars”.
Ceux qui s’inquiétaient pour moi, mais sans jamais rester.
Et moi, j’attendais, toujours, comme une idiote, un signe, une voix, un miracle.
Je t’ai vu l’autre jour, à la télé.
L’homme disait qu’il fallait gagner.
Tapi dans le noir, l’embusqué, monsieur l’Espoir.
L’homme disait qu’il fallait gagner.
Alors, comme une idiote, j’aligne les petites croix
sur mon bulletin, en croisant les doigts.
Pour qu’il y ait des gagnants, il faut aussi des perdants.
Pour qu’il y ait des battants, il faut aussi des battus.
C’est mon tour maintenant- juste une minute, rien qu’une minute.
Je t’ai vu l’autre jour, à la télé.
L’homme disait qu’il fallait gagner.
C’est mon tour maintenant.
Plus qu’une minute.
Il y aura toujours
d’autres doutes et d’autres envies,
d’autres raisons de changer sa vie.
Il y aura toujours
des moments où l’on fuit,
des jours plus longs, des nuits.
Et il y aura toujours d’autres routes, d’autres pays,
d’autres choses à voir ailleurs qu’ici.
Donnez-moi la chance de sortir de ça.
Juste un peu de chance,
pour moi.
Je ne sais pas. Bizarrement, c’est tout ce qui me vient.
Je finirai bien par écrire quelque chose.
Et puis un jour, j’ai cru l’entendre.
Dedans.
Léger, comme un courant d’air. Une pensée étrangère qui s’invite : écris.
Alors j’ai écrit.
Des mots trop parfaits, trop froids.
Des mots qui savaient.
Je crois que c’était l’inspiration.
Ou quelqu’un d’autre. :p
La nuit, j'imagine qu'il me parle.
Pas fort, pas méchant.
Juste… présent.
Il dit qu’il m’aime. Qu’il m’a choisie.
Que les autres n’étaient que des brouillons.
Je lui ai demandé son nom.
Il a ri.
Il a dit que je le savais déjà.
Je n’avais jamais remarqué que ma peau respirait.
Maintenant, je sens chaque pore s’ouvrir quand il arrive.
Il entre par les tempes, par la bouche, par les yeux.
Il me murmure des mots qui brûlent, et moi, je les crache comme de l’encre.
Je crois que je l’aime.
Ou que je ne peux plus ne pas l’aimer.
C’est lui qui m’écrit.
C’est lui qui rit quand j’essaie de prier.
C’est lui qui m’a promis de ne plus jamais être seule.
Les gens disent que j’ai changé.
Ils ont raison.
Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne pleure plus.
Il dit que les larmes, c’est de l’eau bénite qui s’évapore.
Que la douleur, c’est le corps qui s’éveille.
Rosalie, l'ancienne Rosalie s’efface des photos, des souvenirs, des phrases.
Même son prénom tremble, comme s’il brûlait les lèvres.
Il dit qu’elle a eu peur.
Il dit qu’elle n’était qu’un prénom vide.
Il dit qu’il me préfère comme ça : sans témoin, sans doublure, sans lumière.
Je crois qu’il a raison.
Je crois que je n’ai plus besoin d’elle.
De toute façon… Rosalie a disparu.
Je suis comme Alice au pays des merveilles : un sourire de chat, un rire sans gorge, un cœur sans corps.
Je passe du coq à l’âne, du lapin blanc au lièvre de Mars, à une partie de croquet où les têtes tombent toutes seules.
Au final, ce qui me définit, c’est mon passé.
Je crois au conditionnement.
Nos choix sont dictés par ce qui nous hante.
Et si quelqu’un peut contrôler les voies, il peut contrôler nos vies.
Je me suis trop longtemps cachée.
Je veux être toute Alice que je suis, toute pauvre fille, toute conne, toute égoïste -
et pouvoir dire ce que je veux, quand je veux, comme je veux,
sans peur du jugement dernier.
LA ZONE -
Si tu pouvais arrêter de faire un pas en avant en espérant que les gens te suivent dans les 39 pas à reculons que tu fais juste après... Tu verrais que tu trouverais plein de gens sympas. La vie n est pas une valse... et je ne sais pas danser. = ajouter un commentaire =
Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.
![[imprimer]](/images/print.png)



= commentaires =
Rosalie présidente !
Avec un :p sur l'affiche de campagne
Mais qui est-"il" ?
A-Dieu
B-un pédophile
C-Julien Lepers
Une chanson : Epic de FNM :
"It's alive, afraid, a lie, a sin
It's magic, it's tragic, it's a loss, it's a win"
The flood goes on
Sinon donc j'ai bien aimé je reconnais la toute la fragilité et la tendresse de Rosalie, sa sensibilité à fleur de peau, sa solitude magnifiée par les mots, quelques formules qui font mouche sauf si on fait la fine bouche, un art consomé de ne pas nous emmerder, une fraîcheur ni débile ni violente mais une noirceur délicate touchante.
C'est un peu vide elle même le reconnaît mais c'est pas grave car mieux vaut vide et doux que plein et chiant.
:p
Y a même des smileys
Merde je l'ai déjà dit
Ça me fait penser à la chanson "Mon mec à moi" de la très célèbre Marlène Dietrich.
Blague à part, c'est marrant comme le hasard des publications fait bien les choses.
À la lecture de ce texte à la suite de celui de Lindsay, ça m'a donné le sentiment que le connard qui a quitté la narratrice de "Réponse à..." et le même que celui qui fait craquer notre Rosalie.
Qui l'eut cru d'ailleurs qu'un cœur se cachait à milieu de cette boule de hargne ?
Un peu de douceur, d'espoir et d'inattendus fait du bien par moments.
Un texte mi-chanson, mi-journal intime. Qui nous fait assister à une (re)naissance.
La trajectoire d'une vie condensée en quelques mots, cristallisée sur un instant : celui du changement.
Le fameux "il", on peut penser qu'il désigne son double, qui sommeillait en elle, l'ancienne elle qu'elle abandonne comme l'insecte devenu adulte au terme de sa métamorphose abandonne son exuvie.
Sous nos yeux, la chrysalide est devenue papillon (cela s'appliquant aussi bien à la narratrice qu'au texte).
C’est d’une évidence aveuglante que ce texte, pondu par le sinistre auteur 666, n’est pas de la poésie mais le contrat de bail officiel pour un studio chauffé au soufre au troisième sous-sol des Enfers. En avouant que ses mots "brûlent" et qu’elle les "crache comme de l’encre", elle confirme avoir troqué son âme contre un stylo-bille sur lequel Satan lui-même aurait jeté une malédiction lors d'un pacte dont on aimerait connaître les clauses en bas de page indiquées par des astérisques. La disparition de la pauvre Rosalie n'est pas une banale crise d'identité, mais bien le résultat d'un copier/coller maléfique où le Diable a remplacé sa conscience par une version démo de la fin du monde. Quand elle prétend que ses larmes sont de l'eau bénite qui s'évapore, on comprend bien qu'elle est si maudite qu'elle ferait sauter les plombs d'une église en s'approchant trop près. Et sa volonté d'échapper au Jugement dernier confirme qu'elle a déjà validé son billet aller-simple pour les flammes éternelles, probablement pour aller jouer au croquet avec la tête coupée de son nouvel amoureux cornu. Vade retro, Rosalias !
... ou alors elle a gagné au loto : "Alors, comme une idiote, j’aligne les petites croix
sur mon bulletin, en croisant les doigts"...
Je parierai plus sur des crucifix inversés.
Eh bien en enchaînant ce texte et celui de Lindsay cela me confirme que je ne suis vraiment pas client de ce genre d'écrit narcissique aux allures de confidence sur le papier. On s'en branle de vos ex et de vos états d'âme ! Faites au moins l'effort de réglez vos compte dans des fictions !
Je ne pense pas que le texte de Rosalie parle "d'ex" (si ce n'est elle-même "l'ex"), ni de crucifix inversés. Mais curieusement ce texte suscite les projections des lecteurs selon leurs propres fantômes. Est-ce là son secret ou sa qualité ?