LA ZONE -

Dionysos

Le 30/03/2026
par Younisos
[illustration] La fureur des sens
DIONYSOS —
viens —
le vin bout dans les nerfs —
le cœur éclate
en grappes d’ombre et d’or.

Ô Beauté sans peau, sans nom, sans ossature —
je t’invoque par la bave, la moelle, le rire des os.
Que la nuit se fende, que la lumière saigne, que les gorges hurlent ta splendeur carnivore.

Le sang tourne — tourne — tourne —
des crânes s’ouvrent, la moelle ruisselle en chapelets de feu.
Le monde s’étrangle dans un spasme de lait noir.

Dionysos danse —
le ciel pue le vin,
les yeux chavirent dans les orbites,
les étoiles baisent les abîmes.

Hurle ton nom !
DIONYSOS ! DIONYSOS !
qu’il traverse la matière, qu’il brise la logique, qu’il renverse le réel.
L’univers entier se cambre — convulsion de chair et de lumière.

Ô Beauté — ô gouffre ivre —
engloutis-moi — broie-moi — recrache-moi en orage.
Que mon cri devienne ta couronne.
Que ma langue soit ton couteau.
Que mon sang, versé, repeigne la bouche du monde.

Et dans la ruine sublime —
quand tout sera éclaté,
quand il n’y aura plus de forme, plus de nom, plus d’os —
alors seulement —
s’élèvera le rire —
le rire nu, incandescent,
le rire de
DIONYSOS.

= commentaires =

Glaüx-le-Chouette

Pute : 143
à cloaque
    le 30/03/2026 à 08:47:16
Evohé, mon pote.


Voilà un petit matin qui commence bien.
Faut lire le texte à voix haute et l'articuler, sinon ça passe pas le tri sélectif anti-textes péteux ; mais en bouche c'est plaisant [insérez ici tout "cm." ce que vous voulez].

Ceci étant et malgré le petit plaisir à la mise en bouche, je reste très dubitatif sur le fond : la beauté dionysiaque c'est quand même le gros bordel, et ce texte tire franchement, au contraire, du côté de la quête d'élégance, d'altitude verbale, même de dignité du locuteur. Ca se roule pas beaucoup dans la fange, en fait, ça salit pas sa tunique et ça garde ses sandales bien propres. Dommage.

Y a pourtant des vers très bien frappés,
"je t’invoque par la bave, la moelle, le rire des os",
"Le monde s’étrangle dans un spasme de lait noir.
"engloutis-moi — broie-moi — recrache-moi en orage"
ou "Que mon sang, versé, repeigne la bouche du monde".
Ces vers-là m'auraient suffi. Les variations à la norme sont maîtrisées et sans volonté démonstrative, les images surprennent et on s'arrête sur elle, la structure des vers le permet, y a ni accumulation de procédés ni mise en valeur excessive, c'est fluide.

Par contre à "Le sang tourne — tourne — tourne —" j'ai eu l'impression de tomber dans une fissure de l'espace-temps culrurel et de me retrouver dans le générique de Boumbo, petite automobile, ou pire, de Gaby, TOURNE LE BOUTON? LE BOUTON TOUT ROND? ET TU ENTENDRAS DES CHANSOOOOOONS et pour ça, la mort.

BREF
C'est plein de qualités lyriques, ça pète bien dans certains vers, mais le thème est pas très respecté ou traité un peu à contresens et c'est dommage.




ENCORE
Glaüx-le-Chouette

Pute : 143
à cloaque
    le 30/03/2026 à 08:50:50
En relisant plusieurs fois je me rends compte de ce qui me fait trouver trop propre le texte, entre autres choses : la ponctuation.

Elle est torturée, elle est éclatée, les phrases semblent l'être aussi.

Mais en fait elle joue un rôle, la grammaire joue un rôle mais c'est seulement un masque : si on aplatit la ponctuation et les vers, on retombe sur des phrases extrêmement normales, et pas du tout dionysiaques.

Je crois qu'il faudrait foutre le bordel dans tout ça, structurellement, intimement, pas seulement dans les apparences de la ponctuation.
Nino St Félix

lien
Pute : 211
    le 30/03/2026 à 11:26:59
C'est sans doute bien.
L'emmerdant avec la poésie c'est que faut être assez sensible, et/ou assez intelligent, pour la ressentir/comprendre.
Du coup, dés le début, c'est comme si on me demandait de retourner à l'école.
C'est pas la faute de l'auteur, mais c'est genre mon pire cauchemard (ça et de me réveiller trasnformé en cafard géant).

Un peu comme pour le vin aussi. Oui des aromes boisés de chantilly a la verveine avec un second slurp d'anisette qui reste bien en bouche.

Bon alors ici, du chamallow Nietzchéan qui pétille dans le ionf comme un feu d'articie sauvage en alsace qui coute trois doigts à la main droite de l'artificier, avec des accents élégiaques à consonnances orgasmique laissent imaginer le processus de rédaction utilisé par l'auteur.
A.B

Pute : 97
    le 30/03/2026 à 12:42:17
Ca manque en effet de désordre
A.B

Pute : 97
    le 30/03/2026 à 21:13:56
Après, cela reste interprétatif et personnel mais j'aurais misé sur des coupures rythmiques, des phrasés destructurés et des dissonances.
Je trouve aussi que ça manque un peu de profondeur et de joie dans le chaos et le non sens.
Là ça fait un peu vulgaire relation sexuelle, d'apparat, mais pourquoi pas? Le texte reste plaisant. Un parafoutre?
A.B

Pute : 97
    le 30/03/2026 à 21:15:04
Bref! Un dithyrambe pas mal mais pas ouf
GD Lodace

Pute : 11
    le 01/04/2026 à 02:00:12
Ce poème est superbement écrit, mais il laisse un goût d'inachevé dans la gorge.
A moins que l'inachevé soit le but de celui-ci.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 388
à mort
    le 01/04/2026 à 04:59:55
Comme j'ai fait toute ma scolarité dans une ZEP de banlieue et que ma prof de latin s'en battait les couilles qu'on triche, j'avais toujours mon Gaffiot sur les genoux durant les interrogations écrites alors autant vous dire que je n'y connais pas grand chose en mythologie.

Donc, j'ai Googlé Dionysos et j'ai compris.

J'ai tout de suite fait le rapprochement entre ce texte et "Quand j'étais petit, j'étais un Jedi,
Tellement nerveux que lorsqu'il pleuvait,
Souvent je m'électrocutais." mais j'ai instantanément oublié pourquoi aussi je vais de suite prendre un rendez-vous sur Doctissimo pour une petite IRM de routine.

Cependant, étrangement, le terme "sparagmos" a popé dans mon esprit, je ne sais pas trop bien non plus pourquoi mais en tous cas, c'est décidé, au menu de ce soir, il y aura des asperges de chez Picard.
Arthus Lapicque

Pute : 107
    le 01/04/2026 à 11:30:54
Je ne vois dans ce texte que de l'ornemental, du sonore et du gargarisme. Démonstration esthétique qui me laisse de marbre. Décidément pas ma came.

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