LA ZONE -
Résumé : Les péripéties s'enchainent vite, un peu trop vite parfois, mais c'est pas grave, ça reste un tas de gags de série Z, on va pas faire la fine bouche. Le suspense étant éventé, on parle effectivement d'une parodie de film de zombies. Moi c'est pas un genre que j'adore, mais là ça passe bien, c'est suffisamment déjanté pour faire oublier les nombreux prédecesseurs dans ce genre surexploité.

Zombie

Le 27/05/2006
par Winteria
[illustration] Putain, papy. T'es pas mort.
Les lumières colorées de la discothèque valsent en tous sens, illuminent une seconde durant chaque visage excité. Chacun est pris d'une transe, les corps s'agitent au rythme d'une musique sauvage dont les basses m'écrasent les tempes, mais je danse. La fille en face de moi, gros seins, belle gueule, déhanché excitant me sourit lubriquement, mais ce n'est peut-être qu'un effet de mon imagination. J'essaie de déterminer, surtout sans m'arrêter de m'agiter, la couleur de ses cheveux, de sa peau, mais je n'y parviens pas. Je crois que j'ai un peu trop bu. La fille se frotte contre moi, et je sens un début d'érection contre ma cuisse. Elle aussi, apparemment, car elle se retourne avec un sourire qui fend son visage en deux parties, et elle fourre sa langue dans ma bouche, avant de la retirer vivement, et de cracher par terre ce qui ressemble à un bout de peau. Je crie, trop bourré pour comprendre :
- J'ai trop bu, je crois.
La fille vomit sur la piste, maintenant. Je m'éloigne.

Plus tard, je lèche les tétons d'une blonde sur le parking, pendant qu'elle gémit comme une truie. Lorsque je sens sa main glacée dans mon pantalon, je la repousse. Elle pousse un petit cri, quelque chose du genre "non-vas-y-ne-t'arrête-surtout-pas-c'est-trop-bon". Je dis :
- Arrête, t'es glacée.
Je remarque alors qu'elle louche sur mon front avec une expression, mélange de dégoût et de peur fixée sur le visage.
- Bon Dieu ! Ta peau !
Et soudain, je crois que je réalise. J'ordonne à la pétasse blonde de foutre le camp, de dégager vite fait, ou je lui arrache les oreilles avec mes dents. Mais cette salope ne m'écoute pas, elle se contente de rire, en désignant mon front avec son putain d'index. Mais lorsque je le croque, elle devient cramoisie, et s'effondre sur le gravier. Elle hurle, les jambes ensanglantés, le visage, aussi. Je lui crache son doigt à la gueule, mais elle n'y fait pas attention, tout ce que cette garce blonde arrive à faire, c'est gémir de douleur, crier en fixant constamment le moignon qui lui servira désormais d'index.

Peter débarque dans l'appartement, un grand sac plastique à la main.
- Merde, merde, merde, mec.
Moi, assis contre le mur, j'arrache les morceaux de peau de mon front, et je les jette sur la moquette. Des parties de moi forment un tas sur le sol. Comme quand vous avez bronzé, et que votre peau se met à peler, et que vous ne pouvez pas vous empêcher de décoller les parties mortes.
- Arrête ça ! il dit. Tu vas t'arracher tout le visage.
Il saisit mon bras, m'empêchant ainsi de continuer à m'arracher des morceaux de paupière. Je suis bourré, raide défoncé. Peter vide le contenu du sac, c'est-à-dire une énorme quantité de produits cosmétiques, sur le sol, sur les sachets de poudre blanche.
- Tu te croyaiss guéri, hein ? Arrête, putain, arrête de t'arracher la peau !
Je vomis, mais Peter n'en a rien à foutre. Il commence à appliquer différentes crèmes sur le front, les tempes. Il grogne lorsque ma gerbe trempe son genou. Nous savons tous les deux que les crèmes ne serviront à rien. J'ignore si Peter souhaite vraiment m'aider, ou si il fait juste semblant.
- Aide-moi, merde ! Il faut trouver celle qui convient. Eh !
Je regarde mes ongles, qui commencent à se détacher de mes doigts, et sous lesquelles sont accrochés des lambeaux de ma peau pourrissante. Je pense à Edward.

Edward avait lui aussi été en boîte. Il s'était défoncé à l'héro, à la vodka, ce genre de trucs. Il avait dormi deux jours d'affilées, et lorsqu'il s'était réveillé, il était enseveli sous sa propre peau. Sous son beau bronzage parfait et uniforme. Ses dents étaient tombées, un de ses yeux avait pourri, et sa jambe droite s'était brisée comme une alumette quand il s'était mis debout. Edward était presque dissous dans son bain, lorsqu'on était arrivé dans sa chambre d'hôtel.

Peter envoie valser un tube de crème contre un mur. Il gueule :
- Putain, mec, ça sert à rien ! C'est des conneries, ces crèmes !
Je gerbe de nouveau, et lorsque je rouvre les yeux, je vois ce que je crois être ma langue au milieu de la bile et de ma peau morcelée. L'autre se relève instantanèment.
- Tu fais chier !
Il panique, se met à courir dans tout l'appartement, à la recherche d'un truc qui pourrait éviter à mes ongles de pieds de se faire la malle. Tout devient flou. Tout valse, tout tourne, comme dans la boîte de nuit. Je crois que mes yeux se ratatinent, mais je n'ai pas mal.
Peter attrape ce qui reste de mon menton, et relève ce qui reste de ma tête.
- Je t'avais prévenu, vieux. Pas de putain d'alcool, pas de poudre, rien. Ça a beau faire dix ans que tu t'es déterré, les règles restent les mêmes !
Je regarde par la fenêtre, les étoiles, tout ça. Je les vois disparaître.
- Tu sais à quel point c'est chiant et long d'attendre que ta peau se reconsitue ? Le temps qu'il faut pour que ton corps redevienne autre chose qu'une saloperie de tas d'os ?! Et tu sais qu'on t'avait prévenu : pas d'excès de bouffe, pas d'alcool ou de drogue !
Peu à peu, je me sens m'enfoncer un peu plus. Je te tire sur mon majeur, qui s'arrache du reste de la main. Peter soupire. Si je pouvais rire, je le ferais.
- Mec, tu pars en morceaux. Tu le sais, ça ? On va devoir te remettre dans un sale trou puant, comme Edward ! Et tu vas pas en ressortir avant un bon moment !
J'arrache mes doigts, mes oreilles. J'arrache mon poignet. Je m'arrache, je fous le camp.

Mon corps s'affaisse un peu plus à chaque seconde. À l'intérieur de mon ventre, je sens comme des sortes de pulsations. Mon vieux pote, très vieux pote s'est assis sur le drap.
- Tes organes se liquéfient, maintenant. Ils se transforment...
Il rit.
- En huile de foie de morue.
Il se tord de rire sur le lit, les yeux humides, puis il cesse, soudain. Je ne vois plus rien, je n'entends plus rien. Je ne suis plus rien.
- C'est ça. T'es qu'une vieille morue liquéfiée.

= commentaires =

Aka


    le 28/05/2006 à 00:41:46
Zh bah vraiment j'ai bien aimé. Trop court. Voila, voila.
Aka


    le 28/05/2006 à 00:42:18
J'ai pas compris la première phrase en fait.
Invisible


    le 28/05/2006 à 01:10:21
Vraiment pas mal, j'ai bien accroché.
Narak


    le 28/05/2006 à 11:44:43
Vraiment marrant, ça m'a fait penser à Shawn of the death. Ambiance trés serie B, mais franchement pas désagréable.

j'ai pas compris la première phrase non plus.
Lapinchien


tw
    le 28/05/2006 à 12:01:52
ce qui m'embête c'est le coté hyper politisé de ce texte ainsi que le parti pris
Ange Verhell


    le 28/05/2006 à 12:07:29
ça c'est de la putain de propagande anti tabac-alcool de la mort.

la première phrase c'est juste pour la musique des mo(r)ts
MantaalF4ct0re


    le 28/05/2006 à 13:05:03
Bien sympathique, ça se laisse lire, ...
je n'avais jamais imaginé ce que pouvait vivre un zombie des series des Minikeums.

commentaire édité par Mentalfactor le 2006-5-28 13:6:23
LH     le 28/05/2006 à 14:05:06
OUaip texte vomitif à souhaits pour débutter la journée.
Ca donne limite faim !
Winteria


    le 28/05/2006 à 15:00:49
"ça c'est de la putain de propagande anti tabac-alcool de la mort."


Meeeerde supprimmeeeeeeeeeez !
Malax


    le 28/05/2006 à 16:25:41
L'dée des zombies qui ne doivent pas prendre de drogue ni d'alcool m'a plu mais c'est vrai que le texte est un peu court.
plop
Lapinchien


tw
    le 28/05/2006 à 16:34:57
je vois pas ce qu'y a d'original là dedans, forcement les types qui on plus le droit de prendre de drogue sont des zombies
Malax


    le 28/05/2006 à 16:55:54
Tu sais pas, ils se mettent peut-être des grosses races dans leurs cercueuils les zombies.
Aesatruc     le 28/05/2006 à 20:35:01
Un zonard anti drogue ? Mon cul, il fait semblant ce connard d'enculé.

C'est sympatoche, c'est marrant... ça aurait gagné à être plus long, en fait ça finit un peu comme un atterrissage de Mac6 sur un mur d'escalade.

Genre une description de la ville, du système... remarque ça aurait ptetre fait Konsstrukt (son bon texte, là). Bah, j'ai bien aimé, je me suis même marré.

La première phrase ça relève de l'abscons j'pense, mais c'est rigolo.
Mill


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    le 13/02/2007 à 15:34:05
Je me suis bien marré avec ce texte à la Shaun of the Dead. L'idée me paraît tout de même assez originale et n'a rien à voir avec les zombies de Romero, ce qui est déjà pas mal, puisque depuis Night of the Living Dead, le zombie est forcément une créature estampillée Romero. Vraiment très sympa.
Arkai59


    le 13/02/2007 à 15:52:11
(Censure brutale dans ta gueule)

Commentaire édité par Narak.
Contre-Paix     le 11/06/2008 à 00:09:33
Délicieux comme un Arlequin, sucré, acide, et le plaisir est trop court.

Du bonheur sur la blonde qui taxe un bout de peau...
Koax-Koax


    le 30/08/2009 à 01:05:37
Terrible ce texte, complètement barré mais vraiment trop court, j'aurais bien aimé que le passage sur la boite de nuit soit légèrement plus développé, parce qu'il est bien jouissif.

Vraiment pas mal du tout et en plus, bien écrit et marrant.

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