LA ZONE -
Résumé : LePouilleux utilise la rubrique Lieu commun de Mill pour formaliser un billet d'humeur qui vire vite au règlement de compte anachronique. LePouilleux harangue vigoureusement Jean-François de La Harpe, écrivain et critique français d'origine suisse mort à Paris le 11 février 1803. On s'éloigne alors des lieux communs que d'autres zonards avaient détournés pour ici avoir un objet singulier et justement intéressant par sa singularité. Ce texte ne plaira pas à Najat Vallaud-belkacem qui le trouvera élitiste et donc discriminant et ça n'arrangera pas les affaires de la réforme du collège, au contraire puisque l'auteur rebondit sur les propos d'Othon, empereur romain qui régna de janvier à avril 69 et qui n'eut pas pour seule particularité de se suicider. LePouilleux insiste lourdement là dessus même s'il ne développe pas trop préférant longtemps prendre son élan en tournant un peu en rond curieusement avant de se jeter dans un abîme sans fond. Quoi qu'il en soit il fustige l'idée que le suicide serait glorieux et il a bien raison. Et contrairement à ce que certains diront, ce billet n'est pas paradoxalement un petit suicide littéraire, non. Ce qui le sauve c'est cet improbable dialogue entre les Âges entre contemporanéité, révolution française et antiquité, dialogue qui par la force des choses est un monologue chronologique. A ce texte conceptuel qui a ses qualités n'oubliez pas d'adjoindre la lecture de la charge contre le suicide de Pascal Dandois "lieu commun numéro 0: ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort" ça traite du même sujet mais de manière plus concrète et si jamais ça vous tente, ses explications pragmatiques vous en dégoûteront. Mais vous pouvez comme LePouilleux défier en duel des morts aussi ou comme moi faire des photomontages du groupe Feu! Chatterton pour vous défouler.

Lieu commun n°j'sais plus combien : Prendre le mors aux dents

Le 03/03/2016
par LePouilleux
[illustration] "La guerre civile est une complication de crimes et d'horreurs, qui peuvent accabler une âme douce et molle, telle que celle d'Othon. On me répondra qu'il eût la force de se tuer ; mais il est très-prouvé qu'on peut avoir cette espèce de courage qui n'est que d'un moment, et manquer du courage qui demande un long exercice. N'y a-t-il pas des hommes doux et ennemis de la douleur, qui ont renoncé à la vie au premier chagrin qu'ils ont ressenti ? [...] Quoi qu'il en soit, rien n'a rendu le nom d'Othon plus mémorable, que la manière dont il mourut ; et l'on parle beaucoup plus de sa mort que de son règne et de sa vie."

Jean-François de La Harpe,Réflexions sur Othon.
Non mais oh ! Dites-donc, ça se fait pas ça. C'est mal. Arrêtez-vous mon gars, je vous le direz qu'une fois, stop. Hé ! Hééé ! Héééééeeeee !

Vous savez quoi ? Ça va mal se terminer votre petit jeu. Ne poussez pas le bouchon de moutarde trop loin, celle-ci me monte au nez. Aïe ! Ça picote déjà. Regardez comme je deviens tout rouge de la tête. Tss ...

Il suffit maintenant ! Il ne sera pas dit que je supporterai ce traitement plus longtemps. J'ai ma dignité moi : je suis du sud-ouest, je fabrique mon propre pâté !

Cette attitude agressive ne peut que me conduire à une réponse éventuellement violente, violence dont je ne suis pas friand en temps normal, croyez-moi. Regardez ! Je m'échauffe. Hop ! cric-crac les épaules, cric-crac les mumuscles, gauche-droite de la teu-tê pour faire cracotter la nuque.

La peur, la mort, la douleur, pim-pam-poum dans le trognon ! Ça va bastonner sévère. Vous allez prendre tarif. Je vous le payerez votre passage sur le Styx, votre péage autoroutier suisse, la taxe carbone de votre vie entière. Vilain.

Non, ce n'est pas une menace. C'est un avertissement, une démonstration de force, un défilé de chars soviétiques sensé vous faire entendre raison. Salaud/op (?).

Gna gna gna ... j'entends pas ce que vous dites. La guerre, elle ne s'arrête jamais, elle réclame son du, c'est le grand Moloch qui garantit l'équilibre. Même que les champs de Champagne ont jamais étaient aussi fertiles depuis 14-18. Le fer rouillé et les restes de franchouillards à moustache c'est encore plus biffe que le Round-up©. Âne.

Contenir la violence en soi provoque le cancer et je veux pas mourir moi. Je vais vous aplatir votre face monsieur, vous aurez une gueule de Hun. Je vais vous marcher dessus comme une armée napoléonienne pressée par l'Empereur en personne, comme une charge de cavalerie polonaise après l'apéro, comme un crédit immobilier prit sur trente ans. Polisson.

Ça va chier. Les vannes de la vengeance seront lâchées. Les faibles seront vengés. La femme et l'orphelin vous regarderont cramer en se gaussant et récupéreront vos dents - en or - dans le charnier. Votre mise à mort sera tellement juste que pendant des années et des années on supprimera les tribunaux car on aura l'impression d'en avoir trop fait d'un coup pour le bien-être de l'humanité. Votre disparition de la surface la Terre apportera à la fois l'ordre et le chaos ; votre nature impure, vicieuse, une fois supprimée, étant source d'équilibre dans son déséquilibre. Païen.

Regardez-vous donc ! Un mort sur patte. Ça la traîne, sa vie, comme un boulet. Hâte de quitter le monde, mais en attendant ça fait quoi, hein ? Ça fait chier le monde. Ça égratigne ceux qui sont encore un peu vivants en-dedans. Ceux que le soleil ça pique pas les yeux quand ils ouvrent leur porte. Vous êtes malade de la tête aux pieds, monsieur, tout cerné sous le bleu délavé de votre regard qui se trempe comme une serpillière sale à mesure que je m'énerve. Dégénéré.

Dois-je offrir ce spectacle à un public qui en serait heurté, monsieur ? Certaines personnes ne supportent pas la vue du sang, je ne parle pas des organes qui pourraient être éparpillés un peu partout sur le sol. Il y a ce parking souterrain là-bas, où à ce que l'on dit on peut régler ce genre d'affaire sans être dérangés. Comme ça, entre rats, à dents déployées, visant la gorge. Sachez que s'aventurer dans cet antre signifierez pour vous un déclin définitif vers les enfers, une mise au tombeau sans résurrection possible. Mais ne vous ai-je pas déjà dit que je vous rétribuerai de ce passage sur le Styx bien volontiers ? Fripouille.

= commentaires =

Muscadet


site blog fb
    le 04/03/2016 à 07:20:27
J'ai lu et je n'ai rien d'intelligent à dire, si ce n'est que c'est lisible, rythmé, musical. Enfin, en partie, par soubresauts. Les interpellations de l'auteur me laissent plutôt de marbre, on interpelle trop ces temps-ci.

Je me contenterai donc de vous livrer le mot du vendredi, un verbe quatre étoiles : MESSEOIR.

Alors ?
On ricane moins, maintenant.
Lapinchien


tw
    le 04/03/2016 à 08:20:42
si MESSEOIR c'est n’être pas convenable, alors FUSSOIR, c'est avoir été. Je fussois donc.
Koax     le 04/03/2016 à 11:39:57
Il y a de la formulation efficace, entre deux-trois fautes de ton et de conjugaison. Je rejoins Muscadet sur le fait que l'on interpelle trop, en ce moment.

En résumé, ça ne va nulle part mais c'est intelligible et ça fait mouche de temps en temps.
Lapinchien


tw
    le 04/03/2016 à 13:22:38
ah dans la présentation de texte j'ai cru que le narrateur s'adressait à Jean-François de La Harpe alors qu'en fait il s'adresse au lecteur ?
Curare-


    le 04/03/2016 à 22:01:35
C'est trop chou __
On dirait 1 conte pour lire à 1 mioche ____

Bin j'suis 1 femme,
J'préfère Mon beau d'lair de rien et son dormeur du Val -

Païen dégénéré mais fripouille - oui il est cool le pouilleux -
LePouiIleux     le 07/03/2016 à 11:58:10
Lapinchien,il y a du confusionnisme dans la description. Il faudrait remplacer La Harpe par Othon/n'importe quel être maniaco-émo-gothico dépressif. On peut aussi voir ça comme le dialogue intérieur d'un individu sous Prozac avec son Moi dépressif, ce qui est déjà plus intéressant.

Curar-, qualifier ce texte d'"1 conte pour lire à 1 mioche" sans autre forme de justification, je ne prend pas la mouche, mais après le poème que tu viens de pondre ça me laisse perplexe. o_o

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