LA ZONE -
Résumé : 15ème épisode des nullissimes aventures d'Heraklès Navet écrites par Lapinchien en représailles à la montée en puissance de l'hostilité de Muscadet à son encontre. Le résumé des épisodes précédents vous évite d'avoir à vous coltiner l'intégralité des 14 premiers textes. N'hésitez pas cependant à tout imprimer, à agrafer les pages et à offrir le tout aux gens que vous détestez.

Heraklès Navet et la normalisation du storytelling (15ème partie)

Le 16/03/2016
par Lapinchien
[illustration] Résumé des épisodes précédents : La narration a été trouvée morte puis l'accroche a sauvagement été assassinée, le suspens et l'intrigue ont succombé, le cliffhanger de la fin de la première saison complètement massacré, le middle twist à son tour a rapidement été exécuté, une digression s'en est suivie, terrassée avant même d'être entamée, une fausse piste prometteuse sacrifiée sur l'autel de l'inanité, un climax et sa petite mort vite expédiée. Miss Point-de-non-retour déclare être le serial killer qui sème la panique en huis clos dans l'immense manoir de l'île de Tristan da Cunha où se déroule un colloque d'experts médico-légaux ayant viré à l'orgie. Et son amant Monsieur Final Twist, la rejoint près de la porte de la bibliothèque incendiée. Heraklès Navet ne semble pas du tout croire aux propos de la malheureuse.
Alors qu'un mur de flammes séparait à présent les deux conspirateurs du reste des survivants, alors que la bibliothèque s'enflammait tel le cœur d'un puceau le premier jour du printemps, que le feu se propageait dévorant toute la collection des œuvres d'Agathe Mahometie entreposées dans ce petit musée littéraire qui lui était dédié, alors qu'il ne restait plus assez d'alors pour décrire de manière précise le drame qui se jouait, oui, c'est alors que Monsieur Final Twist enlaça amoureusement Miss Point-de-non-retour et que tout deux entamèrent une danse macabre.

- "Bon sang !", S'écria Heraklès Navet, "Nous allons tous finir consumés dans les flammes..."
- "Si la fumée ne nous a pas tous asphyxiés avant", le coupa la duchesse.
- "Si nous ne succombons pas, au préalable, terrassés par leur chorégraphie hideuse qui attaque les rétines et cet organe renfermant l'essence vitale du bon goût et dont le nom m'échappe.", coupa à son tour Miss Catharsis.

Après quelques pas de valse endiablés, les deux conspirateurs marquèrent un temps d'arrêt, puis Monsieur Twist d’entamer imperceptiblement au milieu des crépitements du bois fendu, des poutres et des étais, des étagères qui s'effondraient dévorées par le feu : "Comme nos voix ba da ba da da ba da ba da.." et Miss Point-de-non-retour de poursuivre en sautant dans les bras de son cavalier : "Chantent tout bas ba da ba da da ba da ba da". Puis Monsieur Twist se mit à la porter et virevolter tel un derviche tourneur : "Nos cœurs y voient ba da ba da da ba da ba da..."

- "Oh mais c'est du Michel Legrand !", S’enthousiasma Miss Catharsis, "J'adore", jugea telle bon de rajouter.
- "Vous n'êtes qu'une sombre inculte", La tacla Heraklès Navet, "Et c'est vous qui parliez de bon goût tantôt ?"
- "Effectivement, ma très chère Miss Catharsis", Insista lourdement la duchesse Epilogue, "Un homme et une femme est une composition de Francis Lai et les paroles sont de Pierre Barouh."
- "Je pense que vous confondez le film de Claude Lelouche avec 'Love Story' d'Arthur Hiller...", Ricana le détective belge.
- "Mais pas du tout", S'offusqua Miss Catharsis, "C'est vous qui confondez tout ! Francis Lai était le directeur musical de 'Love Story' !"
- "En réalité", Départagea la duchesse Epilogue,"Francis Lai a écrit les deux morceaux. Michel Legrand, c'est plus les films de Jacques Demy, Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort, sombre tas de branquignoles. Et il évident que vous confondez tous les morceaux évoqués avec 'The Windmills of Your Mind' qu'il a composé pour le film 'L'Affaire Thomas Crown' avec Steve McQueen et Faye Dunaway."

La dispute des trois survivants fut interrompue par un violent bruit de verre qui éclate. Se tournant vers les conspirateurs, ils s’aperçurent que Miss Point-de-non-retour venait de traverser la baie vitrée. Elle s'accrochait tant bien que mal à la corniche de la fenêtre qu'elle venait de traverser violemment projetée par son cavalier. De grandes bourrasques de vent s'engouffraient dans la bibliothèque alimentant le feu en oxygène et le revigorant de fait.

- "Mais mon cher et tendre", s'époumonait Miss Point-de-non-retour qui tentait maladroitement de s’agripper à la corniche, "Pourquoi ce revirement ? Pourquoi vouloir me tuer, alors que notre amour est si pur, alors que nous avions manigancé le plan parfait pour camoufler le meurtre de mon époux au milieu d'autres assassinats dont la logique faisait sens et..."
Monsieur Twist fila un grand coup de pied en plein dans la tronche de Miss Point-de-non-retour qui fit une chute de plusieurs mètres et s'empala sur la grille qui entourait le manoir.
- "ON NE CHANTE PAS 'ba da ba da da ba da ba da'", Conclut Monsieur Final Twist, "ON DOIT DIRE 'CHABADA BA DA' !" Mais alors qu'il s’apprêtait à fuir vers la porte de la bibliothèque qui venait de s'effondrer, il fut intercepté par Heraklès Navet. "Vous êtes tellement cruel et je sais très bien pourquoi !", S'étouffait le détective belge en essayant ridiculement de flanquer quelques coups avec sa canne à l'assassin qui les esquivait sans encombre, "Vous n'êtes pas Monsieur Final Twist et subtilement grimé sous ce costume imitant à la perfection l'allure d'un des deux jumeaux se cache..."

Il y eut un coup de feu provenant de l'entrée de la bibliothèque. C'était l'intrépide Captain Waterloo qui venait comme à son habitude sauver son acolyte in extremis au dernier moment. Mais cette fois-ci, comme il avait passé la soirée à s’enivrer et s'encanailler au sein de la petite fête du séminaire d'experts médico-légaux, il était bourré et avait manqué sa cible. Heraklès Navet touché à l'épaule s’effondra dans un long râle en maudissant le captain, laissant le champ libre à l'assassin qui fila un grand coup de poing en travers de la gueule de Waterloo qui lui même s'effondra, plus ivre que sonné par la pichenette. L'assassin s'enfuit alors dans un long ricanement à vive allure loin du brasier de la bibliothèque.

= commentaires =

Curare-


    le 17/03/2016 à 22:09:03
Je ne serais plus jamais la plus belle

Cette affirmation est

Vrai ?
Fausse ?
Lapinchien


tw
    le 17/03/2016 à 22:36:29
pourquoi toujours poser des questions fermées aux miroirs ?
Clacker


Avec toute l'honnêteté du monde    le 19/03/2016 à 12:59:32
C'est au moins le 10e H.N. la normalisation etc que j'essaye de lire, ben j'y arrive pas. Je décroche après 3 secondes et demi.
C'est probablement un signe de relative santé mentale ?
Lapinchien


tw
    le 19/03/2016 à 13:03:12
cette série n'est pas tant destinée à être lue qu'à être écrite. J'avoue. Je rééduque mes doigts et mon cerveau suite à un grave traumatisme.
Curare-


    le 19/03/2016 à 18:28:59
Voilà surtout ne change pas demain
Clacker


Suce, suce, suce, suce, suce, suce, suce    le 20/03/2016 à 04:30:53
Suce mon NAVET !
Lapinchien


tw
    le 20/03/2016 à 10:31:07
que je suce ton navet ? j'en produis, c'est le concept, n'est ce pas suffisant ?

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