LA ZONE -

Destination la tache, angoisse sale

Le 20/11/2016
par HaiKulysse
[illustration] Longues nuits pour finir en demi-teinte alcoolique entre deux cosmonautes factices, ivrognes attachés aux valeurs et apologies occidentales, jeunes russes riant avec légèreté dès que le jingle d'un jeu télévisé résonne, jusqu'à ce que mort, jusqu'à ce que veau périsse.
De trop longues nuits pour s'apercevoir qu'on ne balaye rien du regard, qu'on ne voit même pas les ailerons sales des mouches se poser sur nos mondes malodorants. Des mondes sanguins, des mondes hébergeant de grands sanguinaires, observateurs incrédules, séparés de leur amour-propre, au passé légendaire. Serpents cosmiques aux pulsions macabres qui s’agglutinent d’heure en heure dans ta gueule puante, conduits par tunnel percé, tunnel fermé.
En perte de vitesse cette nuit-là, nous mangeons les ailerons de ces mouches ainsi que leurs semences épaisses, nous parlons d'orphelins groupés dans le noir, toujours à l'affût et d'autres conversations incohérentes suivent. Par exemple : de son vieux taché par la drogue du crocodile, de nos ventres qui grognent depuis des lustres, d'un autre ou d'une autre qui crève d'un cancer, de ces végétaux fossiles qui poussent le long de nos trachées.
En dehors des âges, notre vagabondage inter-sidéral s'arrête soudain, comme une heureuse circonstance vaguement vécue : c'est une traversée blanche et sans oxygène, une bouffée de vide intérieur, d'angoisse terrifiante... Quel étrange non-sens ! Nous rentrons chacun de notre côté, chacun dans nos schémas qui concernent nos époques, en intégrant un appartement meublé d'objets déjà obsolètes ; on nous a parlé de ces mains, de ces mots, de ces intentions qui guérissent des fièvres, du dégout de vivre et de plein d'autres choses, on nous a parlé comme on demanderait l'aumône, comme si on nous offrait par ces longues méditations le choix de vivre autrement. Destination la tache, angoisse sale.
On voudrait nous réconcilier avec la vie, on nous invite à en imaginer une autre. Destination utopique, uniforme SS.

= commentaires =

Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 20/11/2016 à 12:40:29
veau, mouches, crocodiles : spéciale dédicace au champ lexical des animaux.
Cuddle


fb
    le 21/11/2016 à 12:10:40
Par contre la drogue du croco c'est assez violent, ça te permet d'avoir un premier rôle dans walking dead direct' !

Sinon pour revenir au texte, y'a des idées intéressantes malgré cette écriture hachée. Au début je pensais qu'il s'agissait d'un message subliminal au vu du passage sur l'alcool mais je me suis rassurée très vite après la lecture. J'aime bien les associations d'idées par écriture automatique, ça donne l'impression d'être défoncé avec l'auteur alors que je suis encore en pyjama.
Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 21/11/2016 à 12:48:19
"jusqu'à ce que mort, jusqu'à ce que veau périsse." Des fois je me demande si HaiKulysse n'est pas un Bot, un algorithme d'apprentissage basé sur un réseau neuronal gainé d'une myéline booléenne attaquée par du prion alphanumérique.
LePouilleux


    le 23/11/2016 à 13:03:56
J'aime vraiment le style Haikulysse : poétique, obscur, onirique. Un p'tit côté groupe de rock dépressif des années 80". Par contre le côté Franck Pavloff... merde quoi.
Castor tillon


    le 05/12/2016 à 00:07:27
Pourquoi les ailerons sales des mouches ? Elles passent leur temps à se les nettoyer, une fois qu'elles ont chié sur notre jambon.

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