LA ZONE -

Hommage à Ouin-Ouin

Le 20/07/2017
par LePouilleux
[illustration] Il était là.
Comme un vaisseau tanguant dans la tempête. Le centre de gravité n'était pas clairement établi. L’œil était vitreux, morne d'intelligence. Son rugissement était un gargouillis traînant. Parfois il gazouillait comme un enfant heureux, en tripotant sa cannette-hochet de 8°6. Il se perdait dans une poésie intime. Une mélodie qui touchait presque ses semblables. Puis il s'emportait encore, vociférant, telle une bête mordue par les taons. Les gens s'arrêtaient, guettant les gestes. La mère cachait son enfant. Les jeunes hommes bandaient leurs muscles. Il traversait un fleuve de voitures qui s'appelait "Avenue du Général De Gaulle" avec l'insouciance d'un suicidé, puis il réapparaissait sous les traits d'un pilier de bar mimant ses grimaces dans un café à l'autre bout de la ville. Tout le monde le connaissait, personne ne savait rien de lui. C'était pourtant tout : un prince déchu, un saint, un traître, un divorcé, un pédophile, un banquier, un imposteur, un salaud, un père.

C'était Ouin-Ouin.

= commentaires =

Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 20/07/2017 à 10:37:20
Le front anti-Burroughsounours compte au moins déjà un membre.
Lourdes Phalanges


    le 20/07/2017 à 13:23:58
Belle fulgurance.

Ca me rappelle moi quand j'ai commencé à lire de la littérature dite "classique", où les phrases ne sonnent pas comme des tweets.

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