LA ZONE -
Résumé : Où l'on apprend que L'Kanak n'a rien à voir avec la Nouvelle-Calédonie, et que les Dieux aussi ont des querelles domestiques. On a affaire à un joli passé simple, et un épisode cosmogonique comme Cuddle sait les faire. D'ailleurs, autrice, tu te manifesteras si ton texte fait partie d'une série précédemment citée, moi je ne sais pas du tout, je suis stagiaire et je fais les cafés.

L'Kanak

Le 28/03/2020
par Cuddle
[illustration] Dans la mythologie des dieux anciens, L'Kanak était la fille de la lune et du soleil, la déesse des femmes, de la fertilité et des passages. Sa personnalité complexe, à la fois mauvaise et bienveillante, en faisait une déesse crainte et vénérée par tous. Elle apparaissait comme la déesse mère qui permettait le passage de la mort à la vie et inversement. Elle épousa Enki, le dieu des mers et des océans, avec qui elle eut trois enfants. Ayant une personnalité double, il avait été décidé que la garde soit alternée car la déesse incarnait aussi bien les ténèbres que la lumière.
La légende racontait que sur Lynkae, les saisons étaient changeantes, les étés se confondaient parfois avec les hivers donnant lieu à des scènes irréelles - les arbres en fleurs côtoyaient des montagnes enneigées, les rivières gelées glissaient à travers des vallées verdoyantes - car Déia, la déesse de la Nature et du Temps, agissait à sa guise, rendant parfois les jours plus courts et les nuits plus longues. Et c'est lors d'une de ces journées raccourcies que le drame eut lieu.

L'Kanak s'occupait de sa progéniture lorsque la nuit tomba doucement comme un linceul, enveloppant la déesse mère de ses bras enténébrées. Dès la nuit tombée, une folie furieuse embrasa son esprit, amenant avec elle des idées noires et sanglantes. Debout, au milieu de l'océan, elle appela le plus jeune de ses enfants à la rejoindre. Lorsqu'il fut près d'elle, elle l'empoigna doucement et l'attira dans l'eau, caressa ses cheveux bouclés et glissa sa main derrière son crâne. Puis, avec une force incroyable elle le plongea dans l'océan et le maintint sous l'eau, les bras du petit être se mirent à papillonner frénétiquement dans l'espoir vain de s'échapper de son emprise, mais il n'y avait rien à faire. L'Kanak, les yeux fous, murmurait des prières funèbres tout en enfonçant ses ongles dans la chair de son enfant. Au bout de quelques minutes seulement, le petit corps tressauta une dernière fois avant de retomber mollement à la surface de l'onde. Elle dégagea sa main et laissa l'enfant flotter au gré du courant, le regard vide. Les autres enfants qui jouaient sur la plage ne se doutaient de rien, leurs rires insouciants accentuèrent plus encore son besoin de meurtre. La déesse mère avait besoin de silence, voulait imposer sa volonté par la force. Alors, elle appela le second, le noya, puis appela le troisième et répéta le même procédé. Lorsque les trois enfants furent morts, un sentiment de puissance se répandit en elle, elle avait donné la vie mais elle pouvait aussi la reprendre.

Lorsque Enki découvrit les corps, il devint fou de rage et fomenta une vengeance à la hauteur de l'acte commis par son épouse. Il attendit patiemment le jour et la retrouva au milieu de l'eau, bercée par les vagues qu'il contrôlait et qui se voulaient apaisantes. La déesse mère pleurait tout en s'arrachant les cheveux, maudissait sa mère la lune de l'avoir ainsi maudite, en appelait à Y'lankarj, le dieu des morts, de venir la prendre. Mais ce fut Enki qui répondit à son appel.
Il commanda à l'océan, sa rage donna vie aux vagues qui vinrent s'écraser avec force sur la déesse. Les bras liquides l'emportèrent comme une vulgaire poupée de chiffon dans les profondeurs glacées, avalant son hurlement de surprise. Et tandis que la déesse coulait dans les abysses, Enki, prit alors l'apparence de l'eau et s'infiltra à l'intérieur de son corps. Il se déversa dans sa gorge, traversa son œsophage pour engloutir ses poumons, mais il ne voulait pas seulement la noyer, non, il voulait la punir de la plus cruelle des manières qu'il soit. Il se mit à la dévorer de l'intérieur afin qu'elle ne puisse plus jamais avoir d'enfants. Et alors qu'il mangeait voracement ses organes, L'Kanak implora le ciel que la douleur s'arrête. Le sang glissait le long de ses cuisses, disparaissait dans l'océan Erydien avec ses larmes jusqu'à ce qu'elle fusse vidée.

L'Kanak devint alors la mère de tous les enfants à naître, elle fut donc honorée le jour et détestée la nuit.

= commentaires =

Clacker


    le 28/03/2020 à 16:26:50
Mon dieu ce que j'en ai chié avec cette vignette ! Mais ça y est, je suis au point.
Cuddle


fb
    le 28/03/2020 à 17:13:27
Et oui, tu découvres la dure réalité du 150x75 qui fait que moi aussi j'en ai ULTRA chié. Sinon, le texte ne fait pas partie d'une série. Du moins, je ne crois pas.
Clacker


    le 28/03/2020 à 17:25:13
Tu es ma toute première publication. C'est un signe. Je te demande en mariage.
Lapinchien


tw
    le 28/03/2020 à 17:43:38
"Elle apparaissait comme la déesse mère qui permettait le passage de la mort à la vie et inversement." Sinon avec ses pouvoirs L'Kanak aurait pu tout arranger.Fin alternative
Cuddle


fb
    le 28/03/2020 à 22:50:36
par contre je veux du champagne pour ma nuit de noces, c'est non négociable
Bien sûr madame     le 29/03/2020 à 00:30:39
Et un Jéroboam dans le cul, un !
Cuddle


fb
    le 29/03/2020 à 11:51:55
ah be enfin une proposition intéressante sur ce putain de site !
Clacker


    le 29/03/2020 à 16:48:52
Je viens d'apprendre un mot rigolo, merci.
HaiKulysse


site blog fb yt
    le 30/03/2020 à 17:51:51
L'Kanak m'a fait penser, dans ses instincts meurtriers, au film Le Cercle ou The Ring, vous savez la petite fille qui cache ses cheveux, animée d'un désir de vengeance ou de malédiction, on ne sait trop...
Dourak Smerdiakov


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    le 04/04/2020 à 23:38:34
La fin m'a rappelé Belle de Jour et l'ancienne Catherine Deneuve, ce qui m'a déprimé.

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