J’allais traîner mon rut au Nord de la Cité. La bite pulsante, durcissant par à-coups, crevassant mon bermuda, lorsqu’assis dans le bus en la raclant je l’irriguais de l’aspect rêvé d’une vulve ou d’un phallus africains, il me démangeait de l’insérer dans le cinquante-deuxième carré après le piquet de gauche de ce grillage où elle s’emboîtait parfaitement. C’est pour lui que je traversais bihebdomadairement la Cité.
Lorsqu’enfin j’y étais, avant de l’y ficher, je la lubrifiais, la maculais de salive. Mais aussi et surtout de cette huile de fesse moins analogue à de la sueur qu’à de la merde fondue. Et ce jusqu’à ce qu’elle rutilât. Le phallus imbibé, je l’approchais de la grille. De son méat rose scalpé en forme de tringle moussait déjà un petit peu d’éjaculat. Alors, je l’insérais dans le carré de ferraille tressée sur le fil du bas duquel j’avais gravé le nombre « 52 » flanqué de deux petits points rouges. Je compressais autour de lui les quatre fils de fer afin de l’encercler. Puis je me dandinais avant-arrière pour qu’en glissant, le cercle de fer me catapultât la jouissance par l'enserrement rudimentaire de ma divinissime bite.
Pourquoi ce grillage-ci, et pas celui que côtoie l’Autoroute A9 ? Parce qu’il débouche, à trente-huit centimètres de là, sur des champs de légumes ! Petits pois, pommes de terre, betteraves, radis, choux, carottes ! En m’équeutant, j’en reniflais les émanations. Plus que de lui en fournir un surcroît, l’union de leurs bouquets maximisait mon kiff.
Casqué de ces odeurs, je gagnais des fééries. Des joies remontées de ce bonheur fœtal d’être en dedans de la daronne.
J’étais fou. Je riais. Une odeur aigre, forte - exquise d’être virile - bien que s’en jetant, ne venait pas de mon méat urinaire. Un délire logique attribuait légitimement ces miasmes à la puanteur des pets que je relâchais ! J’ouvrais gros-gros narines ! Inhale inhale nhale nhale nhaler !
D'une rangée de laitues voilà que détone un essaim de cobras ! ils me sinuent vers la verge lapin vitesse afin d’y nidifier et de s’y reproduire ! Je recule dec-dec. Et leur pelage comme des éclairs-écailles dont le jaune brandi zigzague ! L’agriculteur des lieux se ramène. « Je suis l’agriculteur ! Je transvase ma charrue de légumes en légumes ! »
Et ce comateux grogui, yeux hantés, bougon et fier de sa fourche tendue se ruait sur moi. Si je lui disais : « Tes terres sont un utérus » ou : « Tu obtiendrais beaucoup plus de rapidité dans ta course si tu tétais mon gland et buvais mon
speme » et : « Oui, lape mes testicules ! continue, continue de l’inciser coupe-moi-bite », je crois qu’il s’en irait heureux. J’enlevais ma bite, je reculais.
Alors il restait là, à naufrager sa barbe... et nous commencions des gymnastiques. J’éjaculais sur ses sabots - il riait. Je lui souriais - il détournait la tête. Je crachais - il approchait. Il approchait - je baissais mon pantalon glissait mon trou par le grillage il m’enculait vingt minutes. (Qu’est-ce qui l’incitait ensuite à se frotter les aisselles avec l’huile de sperme qu’il extrayait de mon rectum défoncé... ?) En vrai je viens là car y'a un arbre qui pousse dès que j'éjac dessus. Je bute le paysan, j'enterre ses bouts près de l'arbre, le végétal les mange sa mère sa mère, grandit grandit : on est heureux point barre.
MORAL :
Paysan... merci de t’être laissé sacrifier.
Bravo d’avoir souffert...
Pardon de ne pas t’avoir tué avant !
Ton petit cochon
LA ZONE -
Bah y'a du sexe, et c'est débile, un peu violent et cul-cul = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
Style imbitable (hu hu) mais probablement adéquat pour un narrateur qui s'adonne à ce genre de trip. ça m'a fait penser à Paco Rabanne qui ensemençait la terre après y avoir creusé un petit trou.
Mais si j'étais l'auteur de ce texte, j'irai vite faire une IRM cérébrale de routine. On ne sait jamais.
Je me suis forcé à ne pas visualiser mentalement les scènes lues mais j'espère de tout mon cœur que le grillage était barbelé et électrifié.
Ce chaos d'image et de mot.
Le rythme et les sons.
Une sorte d'impro de jazz à la Coltrane qui aurait décidé de se branler le manche tout en soufflant dedans.
C'est sale-crade-fou-punk et ça tache le cerveau comme un régime épicé le fond de mon calbute.
En tout cas je connais maintenant le secret de tonton Jean-Mi pour avoir un si beau poireau.
Porn agrico-pedestre original
Ouais, c'est porno, c'est scato, c'est débile. Ça improvise jusqu'au fin fond de la connerie la plus primaire, la plus crasse. Même l'auteur n'en peut plus de son texte et torche la fin à l'arrache. Et en même temps, il y a un sens du rythme, du lexique, je dirais même une certaine dimension poétique à tout ce merdier, c'est rabelaisien, précieusement con et trash, ça m'a fait marrer.
Pas mieux que Arthus, enfin tout pareil ou presque. Du style, indéniable, de la poésie et de la folie. Mais la fin qui aurait pu rendre le tout génial, et qui n'en fait qu'un bon délire sans queue (sic) ni tête.
La fin justifie les moyens.
Une phrase finalement ambivalente.
C'est une œuvre fine et profonde, dont l'audacieuse recherche formelle élève la trivialité au rang du poème lyrique.
C'est une version contemporaine et radicale du genre antique de l'ode.
C'est une réécriture du Pyrame et Thisbé d'Ovide qu'un trou tout à la fois sépare et réunit dans un coït primitif.
C'est un chant à la terre qui ne ment pas, écrit par un Maurras pornographe et scatophile, mais toujours passionnément naturaliste.
C'est un poème élégiaque dont on ne doit pas sous-estimer la portée heuristique.
Le paysan relégué derrière un grillage aux confins des mégapoles est tour à tour dominé et dominant, avant d'être tué et démembré pour retourner au sol nourricier. Figure christique, il incarne les contradictions de l'agriculture moderne écartelée entre les exigences du productivisme et l'amour de la terre, éternelle recycleuse. Rendu à notre Mère à tous, le paysan renaîtra dans la sève de l'arbre, lequel élèvera ses branches par-dessus le grillage avant que ses racines le soulèvent et l'emportent, et avec lui la ville, sa banlieue, et les aberrations du monde moderne.
A l'origine de cette revanche de la terre sur ses enfants ingrats : un orgasme savouré dans un mélange de merde et de sang, qui fait fusionner les deux jumeaux artificiellement séparés : d'un côté le capitaliste, jouisseur hors-sol, et de l'autre l'éternel défricheur moqué, humilié, mais finalement reconnu comme indispensable.
Entre ces deux hommes, la terre. Aimons-la, protégeons-la, et rendons grâces à une coccinelle à brassards de nous avoir montré que, pour réunir ces deux parties de nous-mêmes, il y a aura toujours, quelque part, un orifice dans un grillage, porte étroite mais extensible vers la réconciliation et l'éternité.