Un éboulement de terrain et les deux tours s’écroulent ; regarde à gauche tout glisse à gauche, s’écroule. Des voix disent, d’une chambre au cœur des feuilles : « Non, rien à faire ; nous avons suscité le Diable. Ne redeviendra l’Autre. Le monde a trop faim de cet être. »
Mes « parents » ? Je gravis la pente. Au-delà de cette pente nommée « Nawk », réside une tribu.
C’est je dois : chercher cette tribu car, il faut que je sauve ma mère. Ils détiennent le remède ; mais ces hommes. Sont-ils toujours cannibales ? Le sont ! Si je n’y vais pas, ma mère pourrira. Ses cheveux, par plaques, pourrir. (Le pourri : la marque des génotypes supérieurs !) Elle est malade et ses organes pourrissent et c’est mal ou c’est très bien ???
Je chie dans un buisson ; les crottes clignent oh les lèvres oh les étoiles joyaux ! Joyaux que, d’un bâton, je tourne, retourne et fais rouler avec une flemme de ouf bah c’est que des merdes, je les dégage, putes. Elles s’affaissent par terre, pitoyables. (Ils mangent les hommes). Ce sont les seuls à détenir le remède. Il pleut tant que ma bouche, en voulant boire, se remplit d’eau à ras-bords - v’la je suis inondé.
J’ai gerbé. De la bouffe, lala. (Oyoyoyoïœsophage, digère ça crotale !). J’ai mangé des brins d’herbe, et des fleurs ? J’avais si faim !
Des sapins avec les piquants desquels je m’entaille un doigt : le sang est une merveille. (LE SANG EST UNE MERVEILLE !)
Je dévore les intestins d’un cerf que j’ai privilégié mort (tout à coup il est mort. Je croque dedans, suces tripes, pince sa cervelle à l’air libre o ! un petit vers de terre !) ... que j’ai privilégié mort o kda ! puisque, je suis un tigre ! un double mâle canalisé par une salope o kda o ! je dois : sauver ma daronne.
Elle veut : mourir… ? : mais ils ont le remède. Ma mère doit absolument être tuée ; le sang est une merveille.
J’ai fait un rond avec mes doigts. À travers ce rond, c’est visible : ils ont le remède. Où est la tribu ? (J’aime la vie ???...)
Les fleurs blanches, qui poussent alignées, c’est qu’elles veulent qu’on les aime ? Déflorée, la terre minaude. Elles m’ont supplié de les écraser mode « écrase nous crâne pieds crase » etc… Je dois me dépêcher tout change : des sillons tournoient sur ma paume en gadastrophe : car on me déclenche, moi, technologie divine ! Qui est tellement affamé ??? Il faut que je mange ma mère ! Elle a faim, déchiquetée !
Les Hommes de la tribu, sous une case ronde, s’enfilent des colliers, des tiares, des bracelets et se maquillent pour préparer le rite. Je crois que je n’ai pas peur qu’ils me tuent. (Pas moi !... moi j’aime les fleurs, les oiseaux, le soleil, le sang et l’espace, les papillons et la guerre, les sandales et je m’ennuie souvent.)
« Mais ils doivent te tuer pour que le soleil redémarre ! » (Mais ils doivent te...) Un inconnu s’avance. Il m’enfile des vertèbres et des plumes. Il me badigeonne d’un écrasé de racines. On me donne le couteau. Je le lève et j’extermine l’enfant de synthèse agenouillé sur l’autel : l’enfant le plus faible, tiré d’une douzaine d’autres génériques. Ils ne guérissaient plus personne ! ET LE SOLEIL, DISSIPÉ DEPUIS DES LUSTRES, MA MĒRE MORTE ENFIN… REVIENT TOUT À COUP !
Le repas qu’ont concocté les autochtones était correct. Patecatl, HiÊl, Ssalizthl2 et Prinl se dressent hors de la table.
- Gloire, gloire, gloire à l’Être des êtres ! entonne alors un chœur de femmes dansantes en deçà de la table ; je vogue dans la forêt, slalome entre les rangs d’étoiles ; où est la tribu ?
J’ai des lignes sur la main ? Je les suis du tranchant d’un ongle ? Je les renifle et les tords ? Il y a des lignes partout ? La forêt est peut-être ma main.
Une rivière dans les eaux de laquelle j’observe un visage. C’est le mien ? Dis, dis ? J’avais jamais vu telle gueule. C’est une tête bleue de sous-ange mêlée à la monstruosité microscopique d’un faciès de fourmi. Quoique ce soit plutôt celle… d’une « contre-apocalypse ». Est-ce bien moi... ?
- C’est ton visage - dit le reflet.
Je lui réponds :
- Je contiens la Destruction.
Je m’entends.
- Il Détruit les Substances, dit mon ombre, expulsée.
Ma voix de cervelet couine :
- Nnèl, mon frère, les incarne ; Jê les avive : Äm les colore.
Quelque chose s’est agrippé à mon visage ; un poulpe me mord le crâne il a jailli de la rivière ! J’en caresse le cadavre. Non... Des pleurs suent sur mes joues. (YOÏA ! Le poulpe a souffert le martyre qu’il méritait... ! déchiqueté, décapité paisiblement... ! (Puisqu’il devait être lavé de sa vie précédente du fait de cette justice purgative amenant les choses vers la religion la plus pure.))
- Coupable ! ont claqué les sapins. (Ce mot était-il cadenassé en eux depuis toujours.)
Un regard me dévisage : c’est celui d’un fromager. Pieds après pieds, je grimpe sur cet arbre magicien. Le sol est un ilot qui me bénit plus je m’en éloigne. J’enroule mes bras autour du tronc. L’écorce me fond sur les doigts. Déjà molle, elle attendait de le devenir. L’arbre… il dégouline. Derrière une petite couche d’écorce, des rangées de dents !! Il paraît que je les utilise pour manger un morceau de poulpe de rivière. Mais dès que je les touche, mes regards se retournent et me regardent.
Et je regarde !... Je regarde !... ET JE RIS !... TOUT REDEVIENT CE QUE J’ÉTAIS ! CE CYCLE ÉTERNEL ! RETOUR INCESSANT DE SITUATIONS SIMILAIRES !!!
LA ZONE -
Un texte psychotique-métaphysique aliénant et abrutissant ponctué d'ésotérisme malsain et de schizophrénie bien formulée. Je peux filer la suite si quelqu'un aime ce genre de délire de sombre cinglé que je suis = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
J'ai l'impression que la schizophrénie est contagieuse à la lecture de ce texte qui est du HaiKuysse Wish.
Une plongée hilarante dans la psychose du personnage. Le réel se fait orifice. Le rendu est surréaliste.
Oh mon Dieu, c'est pas une psychose ça, c'est juste un hurlement bien mis en cage.
Sang, merde, rites… tout pour éviter de regarder ta mère, (Elle a quoi d'ailleurs ta mère? C'est une grosse ?)
Plus c’est extrême, plus tu crois que ça vaut quelque chose ? Arrête. Écrire pour hurler, ok. Croire que ça te rend exceptionnel ? Ferme-la.
La cacophonie existentielle, se relance à l'amorce du. village pour me convaincre d'abonder dans le sens? du vent.
Il fut ,un temps où l’ont? cru qu'un seul, parmi tant et. autre eut suffi à sa peine.
Mais oui !
Mais en fait non.
Finalement les Rougon-Macquart de la teub de coccinelle à brassards n'aura été qu'une saga de 2 textes.
C'est débile bien comme il faut.
J'aime bien. Mais je sais pas pourquoi.
L'auteur est défoncé. Ou il s'en pète. Dans tous les cas toute ma sympathie, sauf si il se prend pour un génie, auquel cas c'est triste tout à coup.
Contrairement à son dernier texte ici j'ai trouvé qu'il cherchait plus a nous amuser qu'à contempler son nombril. Bien.
Je crois pas pour ma part qu'il se prenne pour un génie, mais l'introduction en forme d'oignon de seconds degrés les uns au-dessus des autres m'a gonflé. Crève, auteur.
Maintenant, le texte.
Si Michaux avait moins travaillé ses textes, et plus mis de bière à côté de sa mescaline, ça aurait pu donner un truc dans ce genre (en mieux parce que c'est Michaux). Si Alan Moore avait moins travaillé son texte et gobé son LSD avec un litron de pastis, quand il a écrit La Voix du feu, ça aurait pu donner ça (en mieux, parce qu'Alan Moore).
Le délire textuel est assumé, il est pas inintéressant, la ponctuation aléatoire ne l'est pas tant ou pas tout le temps et je comprends certaines intentions, rythmiques notamment, les déplacements lexicaux sont tout à fait à mon goût, à condition que je n'accorde pas au texte d'intentions excessives, de buts altiers.
Si c'est un délire, j'achète.
Ca casse pas trois pattes à un tardigrade, mais ça fait passer l'apéro.
Si c'est sérieux et ambitieux, à mort.
Ou plutôt au travail, bordel.
Faudra tout de même recracher tous les tics d'écriture automatique parce que les seuls trucs automatiques qui méritent d'exister fonctionnent avec une gâchette et des balles et sont d'ores et déjà DTCS.
On est clairement sur un texte qui confond délire et tapage. Ça fait tout ce qu’on attend d’un texte qui veut prouver très fort qu’il n’est pas tiède. Mission accomplie : ce n’est pas tiède, c’est lourd.
Chaque image arrive en hurlant qu’elle est importante. Le sang n’est pas juste du sang, c’est une merveille. La merde ne suffit pas, il faut l’insulter. Le délire ne peut pas exister sans un petit lexique ésotérique maison, histoire de bien signaler qu’on est dans du profond, du cosmique, du “tu peux pas comprendre”. Résultat : le texte ne déborde pas, il force.
La psychose est tellement démonstrative qu’elle devient pédagogique. On ne la subit pas, on assiste à une performance : regardez comme je suis fou, regardez comme je vais loin, regardez comme je transgresse. À force de souligner l’horreur, il n’y a plus rien à ressentir. Le texte mâche, prémâche et régurgite son propre scandale.
C’est rageant, parce que quand l’auteur arrête de se masturber avec ses symboles — le reflet, la forêt-main, l’arbre aux dents — là, oui, il se passe quelque chose. Mais ça dure cinq secondes avant que ça reparte en roue libre, comme si le silence risquait de révéler le vide.
Ce texte ferait infiniment plus peur s’il arrêtait de gueuler “REGARDEZ MON DÉLIRE” toutes les trois lignes.
Le chaos n’a pas besoin de commentaires. Ici, il est surtitré.
Ce n'est vraiment pas ma came mais il y a de l'énergie dans ce texte. L'auteur parvient très bien à être imprévisible, inattendu, varier les tons, d'une phrase à l'autre, voire d'un mot à l'autre. Et ce n'est pas si évident, surtout si c'est un premier jet, mais c'est toujours plus facile sur un texte qui ne se prend pas au sérieux. J'aimerais bien voir ce que ça pourrait donner sur un texte moins débile et plus contrôlé.
> Lindsay : encore une fois, tu as tout dit (et je ne dis pas cela pour faire du lèche, comme dirait celle qui t'a déjà identifiée comme une rivale).
Pour ma part, je suis mitigé face à ce texte. Son défaut ? Paradoxalement on est peut-être un peu trop dans la performance (d'acteur ?). Déstructurer la syntaxe comme il est fait ici, passer du coq à l'âne en rompant volontiers avec la chronologie et la causalité, faire jaillir des images improbables, parfois pertinentes, parfois faisant appel à la subjectivité, le tout dans un schéma actanciel approximatif... oui, c'est une performance. Mais au détriment de la crédibilité. Sa qualité ? Jouer sur "l'attirance-répulsion" : on a envie d'entrer dans le texte, de faire une expérience d'immersion, tout en ayant peur pour sa santé mentale. C'est sans doute cela qui perturbe, plus que le récit lui-même, par lui-même. La forme devient plus importante que le fond.