« Le duende agit sur le corps de la danseuse comme le vent sur le sable. »
Federico Garcia Lorca
La terre andalouse n’a plus d’odeur pour Carmen. Un taurillon furieux lui aurait dévié la cloison nasale en la piétinant, sauf qu’elle ne se souvient de rien excepté un éblouissement et ses oreilles qui sifflent.
Heureusement, son grand-père Juan chante cette histoire avec duende, la brodant si bien au fil des ans que la petite gitane devient l’héroïne d’un cante jondo à chaque repas de famille.
Cette plaie béante en plein milieu du front, comme un croissant de lune rouge, l’alita presque un mois dans sa roulotte. À la vue de l’astre sanglant, les Anciennes se rappelant que la fillette avait tué sa mère en couche en tirèrent des conclusions funestes : la petite gitane n’était qu’un oiseau de malheur. Quant aux gamins du campement, ils vinrent tous l’admirer en file indienne et en déduisirent que Carmen serait défigurée à vie.
Mais la fillette ne s’embarrassa pas d’une frange, et en blanchissant, la cicatrice ne fit qu’épaissir l’orage au fond de ses yeux noirs. Noirs comme ses cheveux et la terre du jardin. Terre prodigue que Carmen ne peut plus sentir. Alors que le fumet de la marmite pleine de légumes bouillonnant sur le feu, la sueur acide de son ainé Diego avec qui elle partage le lit, l’haleine goudronneuse de son grand-père qui imprègne les rideaux jaunis… nulle autre odeur ne lui échappe.
Juan prétend que sa petite fille a perdu son duende ce jour-là - tandis que, par une étrange coïncidence, leur campement s’enracinait définitivement en ces lieux - et c’est vrai que Carmen ne sait plus chanter.
La fillette aurait mordu la patte avant-gauche du jeune taureau jusqu’au tendon lors de l’accident, enfin, Juan étant le seul à avoir assisté à la scène, et surtout parce que le cante jondo varie selon les saisons, la vérité a perdu tout fondement, sauf les traces de dents qu’on peut encore distinguer sur le pâturon de la bête.
Ce qui est certain, c’est qu’aucun ne reprocha ses blessures à l’autre, et durant leur convalescence, dans son enclos face au campement, le taurillon grattait le sol de sa patte infirme dès qu’il attrapait le regard de la fillette derrière ses rideaux jaunis, alors qu’elle, malgré la bande imbibée de sang autour de son crâne à vif, en riait aux éclats.
Remise sur pieds, Carmen rendait régulièrement visite à celui qu’elle baptisa Busquito, sans jamais oublier de lui offrir un bouquet d’herbes choisies, puis elle lui parlait à voix basse, et Busquito, en ruminant, semblait l’écouter avec attention, comme un parfait confident.
Depuis, en contrepoint du cante jondo de Juan, les Anciennes ne cessent de tisser de mauvais présages, soutenant que le sang de la fille maudite et celui du taurillon se seraient mêlés. Si elles savaient que chaque nuit, l’adolescente profite des ronflements de son grand-père et de son frère pour se glisser hors de la roulotte et rejoindre son ami.
Juan peut bien l’interroger sur les ecchymoses, griffures et autres écorchures qui se multiplient sur la peau de sa petite fille, elle reste muette. Il accorde sa guitare en soupirant sous son nuage de fumée bleu.
Diego bouillonne, la terre est trop sèche et sa sœur l’insupporte. Il évite son regard, surtout depuis qu’elle a massacré sa chevelure avec un coupe-chou, sa belle chevelure noire qu’elle tenait de leur mère. Maldita niña ! Si elle n’était pas née, Elle serait en vie. Et la pluie qui ne vient pas. Sa rancœur déborde.
Carmen crispe les paupières, pense fort à Busquito, la danse de cette nuit, la lune en sourire, les chardons qui lui piquent les mollets. Elle a compris que la nudité la rendait plus agile. Désormais, elle ira nue.
La poitrine de Carmen l’oppresse quand elle repense au banquet.
Son refus de manger de la viande excita les Anciennes qui guettaient chaque nouveau caprice du démon pour fignoler son portrait maudit. Diego les fit rire en annonçant qu’au prochain banquet, on saura si Busquito a meilleur goût.
Juan interpréta son cante jondo avec duende mais la petite gitane en avait marre de sa propre légende et de toute cette hypocrisie. Elle attendit le coucher du soleil et la fin de la fête pour danser une dernière fois.
Sa poitrine s’ouvre enfin lorsqu’elle aperçoit son ami sous le ciel noir, grattant du sabot, impatient de danser lui aussi.
Un violent coup de tonnerre réveille Juan et Diego qui constatent aussitôt l’absence de Carmen. Les rafales sifflantes et la pluie qui crépite sur le toit couvrent leurs cris. Soudain, les nuages se déchirent, l’enclos de Busquito s’illumine. Juan et Diego y ont aperçu quelque chose. Les éclairs se succèdent. Ils n’en croient pas leurs yeux.
Dès que l’air craque, les façades du campement luisent comme des miroirs, on y devine les silhouettes hypnotisées devant ce spectacle fantastique.
Diego ne reconnait pas ce corps nu en mouvement, celui d’une femme, ou plutôt d’une déesse, et ce taureau plus vif que la foudre.
Juan n’a jamais rien vu d’aussi puissant, d’aussi inspiré.
Du pur duende.
*
Ainsi, dans le dernier couplet du cante jondo de Juan, la jeune fille devenue femme se dressera sur l’échine de sa monture, lèvera les bras au ciel, et lorsque la lune blanche au milieu de son front recevra la colère divine, elle sentira la terre à nouveau.
Terre aussi noire qu’un taureau.
Terre en laquelle tout s’achève.
LA ZONE -
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Toutes mes pensées vont à Magicien Pampers qui a remporté le prix Hemingway au Diable Vauvert en écrivant l'histoire d'un torero qui se réincarne en taureau.
ETT N4EN D2PLAISE 0 REN2 DECESSENDRE JE VOIS DANS CE TEXTE LA R2VOLTE D4UNE FEMME V2GAN CONTRE L4INJONCTION 0 LA TRADITION TAUROMACHIQUE PATRIARCALE ET C4EST BEAU §
Ça manque d'une bonne scène de zoophilie.
Ou bien et Diego ou Juan qui fusillent Carmen pour avoir fait le mur.
Ou mieux encore !
Carmen se fait pendre avec le taureau pour Juan après un s'est fait surprendre pendant un plan à trois avec Diego et le taureau !
*Carmen se fait pendre avec le taureau par Juan après un s'être fait surprendre pendant un plan à trois avec Diego et le taureau !
Magicien Pampers dont l'esprit reste avec nous puisqu'il est toujours second au CLASSEMENT COMMENTATEURS SUR 12 MOIS de la page d'accueil même s'il y a eu de grands changement ces derniers jours.
C'est très bien écrit en plus de véhiculer une belle morale aussi je me demandais si Arthus Lapicque n'avait pas justement conçu ce texte dans le cadre du même concours Hemingway. Je rappelle que Magicien Pampers a dit une fois qu'il se sentait blacklisté par le monde de l'édition depuis qu'il avait remporté ce prix et je n'en parle que pour suggérer l'idée à Sylvestre Evrard et René Decessandre à partir de ce cas isolé d'écrire une putain de saga dystopique en dix volumes intitulée CANCEL CULTURE ET BANDERILLES ou CASTAGNETTES DANS UN NID DE WOKES ou LE THEOREME DES OREILLES ET LA QUEUE DE FRANCIS CABREL parce que je suis un putain d'opportuniste dès qu'il s'agit de produire encore plus de textes pour la Zone.
Tu es sérieux, LpC ?
rarement
Quand même bien caricatural... Je sais pas trop quoi en penser, j'aime beaucoup l'atmosphère dégagée par ce texte et le côté conte, le fait qu'il y ait des taureaux et des Gitans, mais il y avait moyen de rendre ça moins caricatural, parce que là on retrouve un peu les mêmes choses qui existaient déjà il y a trois cent ans, déjà au niveau des prénoms des personnages ; ça manque un peu de neuf quoi.
Sinon moi j'ai l'impression qu'à la fin la Carmen se fait foudroyer par la colère divine... alors pour ce qui est de la révolte que LpC essaie d'introduire au chausse-pied...
Enfin, j'ai quand même pris du plaisir à la lecture, et la citation de Garcia Lorca au début est bien vue.
Sinon, c'est marrant parce que j'ai justement un texte bien tauromachiste qui sortira la semaine prochaine.
yep.. kiff ou pas.. y'a du level.. ça tient.. la structure est solide.. car grammaire impeccable.. avec même un petit souffle.. une certaine alchimie.. que bien d'autres textes n'ont pas..
oui mais si on est littéral jusqu’au-boutiste, à ce moment là, "la lune blanche au milieu de son front" implique que la jeune fille a deux fesses sur la tête.
Et alors j'y vois LA R2VOLTE D4UNE FEMME V2GAN DIFFORME CONTRE L4INJONCTION 0 LA TRADITION TAUROMACHIQUE PATRIARCALE ET LES STANDARDS DE LA BEAUT2 SELON LE N2O6IMP2RIALISME DES GAFA ET LA CHIMIE ORGANIQUE ATAVIQUE ANTIPROGRESSISTE.
Sinon je tiens à saluer la nouvelle performance d'Arthus Lapicque qui réussit encore à nous bluffer en changeant encore radicalement de style.
Il existe des êtres doués d'une intelligence supra ultra normale, des génies qui possèdent entre autres la faculté d'assumer n'importe quelle identité littéraire. En 1963, les chercheurs d'une entreprise appelée « Le Centre » ont mis en isolement un de ces êtres, un jeune garçon nommé Jarod Lapicque, et exploitèrent son génie pour des recherches secrètes. Mais un jour le « Caméléon » leur échappa…
Moi ce qui me gêne, c'est la dérive que je pointais par ailleurs : vous ne lisez pas - ou plus - les textes comme des œuvres littéraires, mais comme des fait-divers transposés. L'interprétation remplace l'analyse, et cela est contaminant, cela génère une sorte d'autoapprentissage induit et cela se répand de plus en plus dans les textes eux-mêmes.
Les phrases n'en finissent plus de jouer à se prolonger et les propositions de se multiplier, c'est lourd, par la sainte bien-pensance grammaticale que c'est lourd.
Et tout à coup, emploi de "en avait marre" vazy mais AUCUN RESPECT POUR L4UNIT2 DE TON L0 BORDEL DE MERDE
Plus sérieusement je n'ai pas vu l'urgence de ce texte, je l'ai perçu comme un exercice de style, mais d'un style qui m'intéresse peu.
En revanche et par principe je pense que René a tort.
https://www.lazone.org/forum/index.php?topic=4656.0
Heureusement, on est encore libre de penser. Et tu as peut-être raison Le Chouette. Qui sait ?
@Lapichien je croyais que tu ne regardais pas les séries et voilà QUE TU NOUS SORS DES D2COMBRES DES SOIR2ES TROLOGIE M6 DU SAMEDI SOIR JAROD LE FUCKING CAMELEON NON mais sérieux. Demain tu vas nous citer Buffy ou Alias ????!
commentaire additionnel de ma chatte : zdzçhj&é"r
Quant au texte, utilisant ma base de lecture ultraconformiste assumée (et dans l'attente de mon procès staliniste) voilà ce que j'en ai pensé, SI TANT2 QUE SA INT2RECE KIKONKE
- Début et fin : Ok, ça se tient.
- Storytelling à Papa : un peu déçu, car il y a des digressions poétiques et j'aime pas ça
- interdiction des adverbes (théorème de King) : Bravo
- Style classique : un peu trop d'envollées. Ca manque de LinkedIn, c'est trop littéraire pour moi.
- Fin imprévisible : raté, même si j'avoue aussi avoir craint à un moment un truc zoophilique, mais ouf.
- Respect des bonnes moeurs et de toutes les sensibilités : Je trouve que le taureau passe quand même un peu pour un con dans l'histoire.
- Auteur qui se regarde pas écrire : oui, oui et oui.
Bon, blague de merde à part : j'ai bien aimé, c'est ni glauque, ni débile, ni trop violent, mais c'est léché, propre, avec une ambiance et une nouvelle fois une exposition assez efficace, donc, je ne crache pas dans la soupe, c'est un joli texte d'ambiance, même si ça manque un peu d'épique pour assasaisonner en légende.
envollées avec deux "ailes". Même pas fait exprès...
"Exégèse, exégèse ? Est-ce que j'ai une gueule d'exégèse ?"
Mais je parlais de Netflix et équivalents et des séries actuelles. J'ai beaucoup regardé X-files qui était super expérimental et précurseur à l'époque.
C'EST DE LA GROSSE MERDE, un auteur qui ne comprend rien à rien et qui écrit avec ses pieds, s'il en a, NE VIENS PLUS CHIER TES COMMENTAIRES dégueulasses SOUS MES TEXTES, de toute façon t'es qu'une pute sans cervelle
C’est le genre de texte qui devrait être bon. Tout y est : le folklore, la terre, le sang, le chant, le mythe. Même si cette culture est loin de moi et que je reste assez hermétique à ce qu’elle véhicule, je suis sensible à la poésie qui s’en dégage. Je la vois. Je la reconnais.
Mais à la lecture, je peine.
Le texte s’acharne à être intense à chaque phrase, comme s’il craignait le moindre relâchement. Trop d’informations sont concentrées dans une seule phrase, les images s’accumulent sans avoir le temps d’exister, et les ellipses, à force de se multiplier, cessent de créer du mystère pour devenir franchement épuisantes. Je ne me laisse pas porter : je progresse en forçant.
La densité devient une contrainte. J’admire parfois une image isolée, une intention, une phrase bien trouvée, mais l’ensemble manque de fluidité. La poésie est là, oui — coincée dans un texte qui la serre trop fort. À force de vouloir dire beaucoup, tout le temps, le texte oublie de respirer.
Ce n’est ni obscur ni maladroit. C’est simplement laborieux.
Et c’est précisément ce qui me frustre : je sens ce que le texte pourrait être, mais je ressens surtout l’effort qu’il me demande.
C'était donc une journée frustrante, HEUREUSEMENT QU4HAIKULYSSE SE PR2OCCUPE DE MA SANT2 SEXUELLE. MERCI MON CHOU.
Et LpC regardait X-Files ? Ce doit être une boutade ou du second degré...
C'est un très beau texte, original et poétique. Le récit n'emprunte pas des chemins tout tracés, et c'est une démarche qui me plaît.
Au fond, la véritable histoire, c'est celle du cante jondo de Juan et de son duende.
Merci à toustes !
Tu as raison Lapinch, c'était bien une tentative pour l'Hemingway d'il y a deux ans. Le thème ne m'inspirait absolument pas, alors ce texte peut paraître forcé, car il l'est. Et la ref à Jarod, je kiffe, surtout que tu connais le discours d'intro par coeur, et ça m'a rappelé cette bonne vieille trilogie du samedi.
Nino, t'aurais pas un p'tit coup dans l'nez par hasard :) Tu m'as fait rire en tous cas. (Et c'est quoi le style LinkedIn ?)
AP, désolé de ne pas avoir répondu à tes attentes :)
sinté : tu as raison, il y a du cliché, je voulais écrire une sorte de fable symbolique un peu sombre et mystérieuse, comme le sont les Cante Jondo. Content qu'il t'ait en partie plu pour son ambiance. J'ai hâte de lire ton texte en espérant qu'il soit plus réussi que le mien.
KORBUA : Merci d'avoir détecté cette "petite alchimie". Ça me va droit au cœur.
Glaüx, désolé de t'avoir fait perdre ton temps sur ce texte non nécessaire.
René, je n'ai pas bien saisi ce que tu as pensé du texte.
Lindsay, tu trouves mes phrases trop denses, et tu as sûrement raison, je veux des phrases concentrées qui détournent les astres, quitte à paumer un maximum de lecteurices, oui, je ne cherche aucun style particulier mais je veux écrire des putains de trous noirs ! Bon, je suis loin d'y arriver, et tout les sujets ne s'y prêtent pas mais c'est mon ambition :)
Haikulysse, c'est la première fois que je te vois commenter un texte. Et pas en cut up en plus. Honoré !
Merci Laetitia, tu as tout à fait raison. C'est d'abord l'histoire du cante Jondo de Juan, qui se termine sur deux octosyllabes en hommage au Romancero de Lorca.
@Arthus
le style LinkedIn.
C'est un style un peu court. Saccadé.
Pas négatif. Positif.
Qui peut claquer. Mais parfois lasser.
À utiliser avec modération. Ou une grande maitrise.
Qui a l'avantage d'aller à l'essentiel.
La peau. Sur les os.
Mais je caricature : ici il y a des auteurs qui manient très bien ce style, qui est très efficace dans le monde du travail (je suis bien placé pour le savoir). Donc ce n'est ni une critique, ni un compliment, en fait, comme tu l'as trés bien compris, c'est surtout un moment de "connerie" comme ça m'arrive parfois, et pas de bol c'est tombé sur ton texte !
J'ai trouvé ton com très bien, au contraire. Ok pour le style LinkedIn. Il va falloir que j'essaie ça.
ça doit être cool de bosser avec le Diable Vauvert. Konsstrukt, qui était auteur sur la Zone (mais pas que) dans les années 2000 est aujourd'hui auteur (Mertvecgorod au Diable vauvert), éditeur (deux collections à La Musardine), Factotum (Prix Jacques Sadoul pour le Diable Vauvert aussi). J'ai croisé vaguement Marion Mazauric lors d’événements de la revue Squeeze mais j'y connais rien au monde de l'édition papier et celui des concours.
Tomatefarcie est éditeur chez Paul&Mike aussi. Pour ceux que l'édition papier intéresse, il m'a dit que quand on lui proposait des bouquins (recueils de nouvelles) en disant qu'on vient de la Zone, il y a un effet coupe-file comme à Astérix et Disneyland et qu'il priorise vos écrits par rapport au reste de ceux qui attendent.
> Arthus : ce que je pense de ton texte, c'est qu'il cachait quelque chose de plus profond qui n'a pas été exploré. Tout se trouve dans "l'épilogue" que je cite ici : ' Ainsi, dans le dernier couplet du cante jondo de Juan, la jeune fille devenue femme se dressera sur l’échine de sa monture, lèvera les bras au ciel, et lorsque la lune blanche au milieu de son front recevra la colère divine, elle sentira la terre à nouveau.
Terre aussi noire qu’un taureau.
Terre en laquelle tout s’achève."
Allusion au Tarot ? La chute de la Maison Dieu (Arcane XVI) ? Selon cette interprétation, Carmen devient alors un personnage de légende dont on chante l'histoire de veillée en veillée, au coin du feu, pour ne pas l'oublier, et l'honorer.
Bonjour René. Je pourrais feindre de jouer au medium, mais je ne connais pas le tarot. En tous cas j'aime l'interprétation que cela t'a permis de faire de la fin de mon texte. Et en effet, la condensation et la sublimation en symboles, sont des conséquences naturelles du colportage, et permettent de transmettre avec plus d'efficacité les légendes au coin du feu.
Lapinchien, oui, je connais les œuvres et le parcours de Christophe Siébert, alias Konsstrukt sur la Zone. J'aime beaucoup. Quant à Mage Pampers, pourquoi s'est-il volatilisé ? Je ne comprends pas bien comment on peut être blacklisté après avoir gagné un prix, surtout au Diable Vauvert qui est une maison d'édition de bonne réputation (ou alors me trompé-je). Peut-être le mage gagnerait-il à renaître de ses cendres si ce n'est pas déjà le cas.
c'est vrai qu'il manque qq chose à ce texte un peu trop lisse: par ex. parler plus du taureau lui-même, de ce qui l'aurait motivé sur un plan animalier, la pensée de la fille sous forme de monologue intérieur? qq chose qui vit en direct? Le lecteur reste à distance malheureusement.
docu de création: "La Muerte del Toro", Réalisé par Marcel Hanoun. chef d’œuvre de 1960 !
Faut dire que j'ai été fasciné par les taureaux de corrida et j'ai même commis deux fables et une nouvelle sur ce sujet.
finalement, je trouve mon comment à côté de la plaque !
et aussi: "Drame du taureau" (1965) de Lucien Clergue
Je peux ajouter Les Bodega de Cabrel ? Qui évidemment cache un jeu de mots évident... ?
> Arthus : merci pour ton retour. Oui, pour ma part je vois quelque chose de plus complexe et de plus profond dans ton texte. L'Arcane XVI symbolise l'orgueil puni, la légende de la Tour de Babel. Dans ton texte, c'est le non-conformisme et la rébellion qui sont punies. Mais en contre-partie, rétroactivement, la dissidente (cela me fait penser au film "Divergente") devient une figure de légende, un symbole. La fin, qui au premier abord paraît pessimiste, devient ainsi un message d'espoir. Je trouve ton texte très réussi, même si on peut lui reprocher d'être trop narratif et pas assez "vivant", actanciel. Mais cela ne me dérange pas, parce qu'il relate une légende. C'était un choix à faire, et je suis plutôt d'accord avec toi sur ce choix.
Magicien Pampers nous a quitté. Il est de l'autre coté. De l'autre coté de la Terre, aux antipodes à l'île Maurice. Oui, je n'y connais rien en géographie. J'avais l'impression que c'était bien plus loin que ça ne l'est en réalité, l'île Maurice, mais Google me donne tort. Peut-être parce que Magicien Pampers me donne l'impression de vivre dans le fuseau horaire à l'extrême opposé du miens. Et qu'il ne pourrait pas fréquenter la Zone aux mêmes heures que nous autres. Ce qui est très bien pour lui in fine et pour la Zone qui serait lue et commentée 24h sur 24. Quoi qu'il en soit, il ne saisi pas cette opportunité immense qui s'offre à lui et à la Zone préférant se réfugier dans les paradis artificiels, la consommation excessive de Dholl Puri à en frôler l'overdose. Mais il me manque et je n'ai pas bien compris son départ en vérité. Sinon je pense qu'il a gagné l'Hemingway comme il aurait pu remporter un scanner du cerveau dans un Kinder surprise mais j'avoue qu'il était bien inspiré par ce torero réincarné en taureau. Je crois qu'il se dit blacklisté à cause du coté sulfureux de la tauromachie.
Merci pour ton com René. Cette interprétation n'est pas pour me déplaire. Surtout que le tarot ajoute une dimension prophétique que je travaille souvent dans mes premières phrases. Tu auras remarqué qu'au début du texte Carmen se souvient d'un éblouissement et de ses oreilles qui sifflent, comme le vent de la tempête et l'éclair qui la frappera.
Sylvie Callet, lauréate 2025, du prix sus-cité
> Arthus : oui, je n'avais pas osé le dire, parce que j'avais peur que cela soit mal interprété, perçu péjorativement ou comme réductif. Je voulais te dire qu'avec la fin que tu as donnée à ton texte, la boucle est bouclée. C'est ce que tu viens d'exposé implicitement et précisément et je l'ai bien reçu. Ton objectif est donc atteint, et sans flagornerie, ce texte peut donc, et doit donc, être vu comme réussi.
P.S. : Anaplodiplose métaphorique (plutôt que "boucle est bouclée).
huhu j'avais fait croire à Marion Mazauric que mon style était triangulable "quelque part entre ceux de Lovecraft, Philippe K.Dick et Chantal Goya" et elle était plutôt intéressée. huhu. Mais il n'y a pas eu de suite. Je ne lui ai rien envoyé. L'humanité a encore une fois échappé de justesse au pire des fléaux divins.
Lapinchien, avec un tel triptyque de champions, tu as toutes tes chances pour emporter le Jacques Sadoul de cette année sur le thème horrifique ! (Surtout si tu es dans les petits papiers de M. Mazauric et C. Siébert, ça doit jouer)
René, je connaissais l'anadiplose, mais pas l'anaplodiplose... Attends, ça signifie que si quelqu'un aime l'anaplodiplose, il applaudit l'anaplodiplose ?
> Arthus : Ah ! Ah ! J'apprécie le jeu de mots ! Oui, c'est un mot barbare qui désigne un texte où la fin reprend le début. C'est assez rare, difficile à amener dans un texte sans que cela est l'air forcé. Tu as réussi à faire passer cela en catimini, presque trop, car c'est à la limite du visible. Je ne l'avais pas analysé techniquement, mais je l'avais ressenti, et il ne suffit pas de comprendre un texte, il faut aussi le ressentir. Et tu as réussi à me le faire ressentir. Merci !
Non. Non. Je suis dans les petits papiers de personne mais je ne cherche pas à être édité aussi alors même les concours ne m'intéressent pas. Ce serait l'horreur si je venais à être édité papier car il faudrait faire des dédicaces dans toutes les librairies et salons de France et je te rappelle que je suis un agoraphobe hardcore++ donc ce serait un véritable enfer à vivre. Mais le hasard fait bien les choses, je n'ai juste pas le talent pour être édité.
Ça commence à me casser les couilles que certains textes comme celui-ci n'aient pas les commentaires accessibles en lecture totale.
Ça doit être à cause de mon iPhone à 1500 balles
Enculé
La zone mon cul
La zoubida ouais
Et voilà
Censure
Censure
Censure...
ça se produit sur tous les smartphones. Sur le miens qui est neuf même s'il est pas terrible, ça se produit aussi. Le bug se produit à chaque fois qu'on poste un lien trop long dans les commentaires qui ne gèrent pas son retour à la ligne.
Tu tournes ton iPhone et ô miracle... Ça s'affiche
Mythique, beau, sensuel, étincelant
Mythique, beau, sensuel, étincelant