LA ZONE -

Jacky l'Abo

Le 01/02/2026
par Nino St Félix
[illustration] Mais non c’est pas elle, qu’il me dit, et il a l’air plus que sûr de lui, mon vieux pote, et quand je le regarde, bon, je vois un peu double, je repense à ce qu’on a déjà vécu ensemble, des bancs de la maternelle aux déserts arides, des nuits blanches et des enfoirés qui nous sautaient dessus sous le préau, au collège, en passant par les coups de gueule et les filles qu’on n’a jamais vraiment pu partager, parce qu’il n’y avait pas photo, mon pote, c’est un peu le mix entre Marlon Brando et Johnny Weissmuller, à ce moment-là on est dans ce centre commercial climatisé, que c’est bon la climatisation sous les tropiques, c’est pas elle qu’il me dit, alors je lui dis que si, c’est elle, bordel, et je lui dis putain t’as autant bu que moi, t’y vois pas mieux, ce qui est stupide, puisque s’il n’y voit pas mieux que moi, comment saurais-je davantage que lui ce que nous voyons ?
On commence presque à s’engueuler, alors qu’à l’origine on est venus pour tout autre chose, et il finit par décréter non c’est pas elle, et moi comme d’habitude je finis par céder et on file acheter nos bières et notre gâteau au chocolat, qu’ils sont bons leurs gâteaux au chocolat je vous jure, ensuite on remonte dans nos appartements et on recroise notre autre pote il est là dans le couloir lui non plus ne marche pas bien droit et il nous filme avec sa petite caméra, cette petite caméra qu’il se fera voler quelques mois plus tard, il nous filme en train de boire des bouteilles, décapsuler des bouteilles, boire des bouteilles et je mange du gâteau au chocolat, bière et chocolat il en faudra plus pour m’écœurer, depuis des semaines on mange des sardines avec une espèce de purée de pommes de terre sucrée la nuit sur des aires peuplées de hippies et seulement éclairées par la lumière faiblissante du brasier que tout le monde laisse mourir dans le temps du rêve de sorte que ce qu’on met dans sa bouche, et c’est une expérience intéressante, on ne sait jamais vraiment le goût que ça va avoir, ainsi j’ai failli gerber un soir en avalant des sardines qui avaient justement un goût de vomi, mais ça me fait penser, quelques soirs plus tôt, on dormait dans notre van, sur un petit parking, au milieu de nulle part, le long de la grande route, et un gars en pleine nuit nous a réveillés, on était terrorisés il nous disait que son copain allait mourir et qu’on devait le surveiller pendant qu’il allait chercher des secours et ce mec-là je vous jure on aurait dit que c’était lui qui allait crever et pas son pote, il est parti et on s’est rendormis, et voilà quelques jours plus tard on est en train de se filmer mangeant du chocolat et buvant de la bière et le gars est peut-être mort dans le désert, comment dire - no worries, c’est le mot de passe ; je pense maintenant au mec qui a dû visionner la cassette quand il l’a volée, parce que ça serait tentant de la visionner, j’imagine, il a dû voir des paires de fesses bien fermes qui couraient sous la lune et qui sautaient dans un lac salé en hurlant, les fesses hurlantes du lac salé, ça ferait un chouette titre peut-être, les fesses elles sautaient dans l’eau salée et en ressortaient aussitôt, juste avant de se demander, et maintenant on va où, where do we go now, et puis il a dû me voir, le voleur de caméscope, avec ma barbe de quinze jours et mon bandana Jacky l’Abo comme on disait, Jacky l’Abo avec les petits geckos bleus et jaunes dessinés dessus pour faire genre que j’avais été Down Under ouais alors que c’était "qu’"un bandana acheté deux dollars dans un magasin de souvenirs dans lequel j’avais d’ailleurs aussi acheté un T-shirt pour une fille qui ne l’a jamais porté parce que je ne l’ai jamais revue même si je l’ai revue mais celle que j’ai revue n’était pas celle qui avait disparu avant même que j’essaye moi-même de, peu importe je portais donc ce bandana Jacky et c’était mon totem magique, qui me donnait la force et la puissance, et j’avoue que comme Jacky l’Abo, une bonne partie de cette force et de cette puissance devait provenir à ce moment-là en réalité de la bouteille de whisky qu’on entamait avec un (écossais ?) et qu’on était tellement pochés qu’on partait sans la finir, on partait en boîte oui parce que ça nous prenait, après des semaines de crasse, de solitude, de douches improvisées sous le soleil de midi, séchage instantané, des semaines à se coltiner les toilettes du bush avec les araignées immenses et carnivores qui vous font une haie, oui une haie d’honneur, et que ça ne vous empêche même pas de chier parce qu’avec toutes les sardines que vous avez avalées depuis, et donc, alors on parvient à rentrer dans cette boîte, me demandez pas comment, me demandez plus pourquoi, je sais même pas si notre (écossais ?) est encore avec nous, tout ce que je sais c’est que je suis fort et puissant grâce à mon totem j’ai le pouvoir de Jacky l’Abo, et quelque chose me dit que personne ne pourra y résister, à mon bandana-totem, et rien ne peut me perturber, même pas le sol qui tourne et le monde qui tremble autour de moi, pas même la musique et merde alors c’est du David Guetta et merde alors je suis en train de danser - mais ils ne comprennent pas et vous ne comprenez pas et vous vous moquez parce que ce n’est pas de la danse, ces mouvements désordonnés, mais c’est juste que vous ne comprenez pas et que vous vous moquez d’une danse indigène, d’une danse d’Abo, la danse de Jacky qui fait ce qu’il veut parce que l’esprit du Serpent Arc-en-Ciel sort du plafond par les lumières et qu’il y a des colonies de fourmis qui zigzaguent entre les pattes des humains et des humaines qui dansent et quelque part plus tôt, dans une autre ville plus au sud, un soir, dans une boîte, je m’étais endormi, et en rentrant, à pied, j’avais marché des heures, sur la route, j’avais croisé cette fille qui, et je lui avais plus ou moins enlevé son, et elle avait, mais à un moment donné même Jacky et son totem et l’arc-en-ciel sont un peu fatigués et vont s’asseoir, et Jacky qui a trop bu se demande s’il ne va pas aussi fumer, il demande une cigarette et du feu à une jeune blanche, une jeune blanche petite et très bien roulée, avec une natte et une petite frange sur le côté, tout à fait ce qui conviendrait à son petit totem, à son petit serpent, au Jacky, elle lui donne du feu et c’est tout, elle s’en va, ou peut-être qu’elle reste pour entendre les conneries de Jacky, qu’importe ? car même en tendant l’oreille on n’entend pas, à cause ou grâce à David Guetta, et je me dis que la dernière fois que j’avais fumé c’était ailleurs, un soir, très glauque, avec l’autre fille, la première vous suivez, qui ne me regardait pas, et un gars qui avait essayé de se la faire mais qui n’y arrivait pas (non plus), et moi qui me sentais tout froid dans cette cave, alors la fille à la frange s’est en allée et le démon de la danse s’est à nouveau emparé de moi et pendant que Jacky l’Abo se trémoussait sur les beats, hypnotisé, le regard perdu dans le vague du stroboscope, se rappelant dans sa vie de petit con blanc ces premières boums infructueuses, ces premiers pas hésitants et inutiles, les moqueries et les filles qui oubliaient de se raser sous les bras, et riant de cette vacuité, maintenant qu’il dansait avec le serpent arc-en-ciel, Jacky l’Abo eut une vision, il vit la fille à la frange, que nous appellerons Johanna en mémoire d’une autre jeune fille que je n’ai pas vraiment connue, juste croisée le temps d’une fête, et qui mourut un jour pour des raisons inexpliquées, si ce n’est qu’elle chut du quatrième étage plus ou moins volontairement, plutôt plus que moins d’ailleurs, cette Johanna du quatrième j’avais juste partagé avec elle un plat de raviolis froids, quelques vannes et un soir de nouvel an pendant lequel le Jacky l’Abo en moi s’était déjà manifesté avec éventuellement une tendance à l’exhibitionnisme, Johanna mourut donc, mais avant de mourir, elle était dans cette boîte pour danser, sauf qu’elle était alors brune comme cette autre fille qui n’était déjà plus ce qu’elle avait été, même si elle était encore, en tant que jeune fille égocentrique, belle et inintéressante, et que je savais déjà que je ne lui offrirais sans doute jamais ce petit T-shirt, brune comme cette fille sur la couverture, et mon pote avait dormi avec elle, oui dormi et c’était le temps du rêve, le temps des dents serrées d’une nuit blanche à se retourner dans la chambre d’à côté, pas la fille de la couverture ni celle de la boîte ni celle qui s’est suicidée ni celle que j’avais croisée dans la rue et qui portait ce truc que j’ai enlevé et quoiqu’il en soit Jacky l’Abo eut ce soir-là une vision des Johannas, toutes ces Johannas qui mourraient, qui couchaient avec n’importe qui et même dans la rue parfois et qui vous offraient du feu mais rien de plus d’autres fois, il vit Johanna et comprit, comprit que Darwin avait eu raison avec ces conneries de sélection naturelle et qu’il n’y avait pas de place pour ceux qui finissent par céder ou qui n’insistent pas, même l’alcool n’y fait rien, parce que le monde avance, la guerre arrive, les fourmis se font écraser et Darwin avait raison, les Jacky se font tuer à petit feu avec de l’alcool et du chocolat, les filles vous regardent passer avec des yeux qui semblent vous demander pourquoi, mais ce n’est qu’une impression car elles savent déjà, et mon pote me soutenait que ce n’était pas Eva Longoria mais moi je suis presque sûr, quoiqu’il en soit je me demande ce qu’il est advenu de cette bouteille de whisky, peut-être que l’(écossais) était revenu la boire en notre absence, toujours est-il qu’elle n’était plus là à notre retour, et je me rappelle que le lendemain on avait mangé un énorme plat de pâtes sans sardines pour une fois, dans la jungle, cette jungle qui regorgeait d’énormes sangsues qui elles-mêmes raffolaient de nos tendres mollets, et qu’en levant la tête, sous le petit square perdu dans cette jungle, on avait vu une énorme araignée autour de laquelle dansait une non moins gigantesque guêpe, une guêpe épaisse comme un gros cornichon, et que la veille, on s’en était aperçu et j’en étais le premier désolé, mais c’est la loi de la nature, j’avais oublié d’appuyer sur le bon bouton et le caméscope n’avait rien enregistré des fantastiques aventures de Jacky l’Abo à Darwin, Australie.

= commentaires =

Lapinchien

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Pute : 374
à mort
    le 31/01/2026 à 18:51:44
C'est une belle collision frontale entre Hunter S. Thompson et Pascal Dandois. ça file le tournis et donne la gerbe. Par contre si ton but était d'imiter Thompson à 100%, lui est presque toujours dans une forme d'agressivité paranoïaque et de cynisme politique qu'il n'y a pas ici. Les femmes dans ton texte sont autre chose que des plantes vertes dans le décor ou des obstacles. Et surtout, ton texte est plus onirique et nostalgique (Thompson s'y refusait catégoriquement). Mais c'était un bon trip comme après avoir sniffé 3 lignes de poudre d'eucalyptus.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 31/01/2026 à 18:56:46
Cool ! on me dit souvent que je caricature les femmes... Donc j'espère que ce ne fut pas le cas dans ce texte de jeunesse (d'ailleurs, quand je repense à Johanna mon petit cœur de merde se serre encore, 20 ans plus tard).

Car oui texte de jeunesse, mais d'ailleurs, pas sûr qu'à l'époque, j'avais lu S.Thompson. Et en fait je me souviens plus si j'ai posté ça dans le cadre de l'AAT thématique. Je crois que non, mais si ça a des échos, même lointain, tant mieux (ça fera plaisir au moi d'il y a 20 ans)
Lapinchien

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Pute : 374
à mort
    le 31/01/2026 à 19:10:02
C'est quand même plus du Pascal Dandois que du Hunter S Thompson mais c'est pas moins méritant.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 31/01/2026 à 19:23:12
Hum du coup je sais pas si c'est un compliment ! mais ça vexe pas le merdeux que j'étais.
Lindsay S

Pute : 252
    le 31/01/2026 à 21:41:25
Voilà une honte masculine bien banale, pas le grand drame noble, plutôt le truc poisseux du quotidien : boire, se raconter sa vie pour se supporter, confondre désir, solitude et nostalgie en espérant que personne ne regarde trop près. Et ça marche parce que ça ne cherche pas à se donner de la classe. Il y a assez de matière, assez de voix, assez d’images pour que ça laisse une trace, même quand ça part en vrille.

Le texte s’écoute un peu trop parler par moments.

— Les ellipses sexuelles : au début ça met mal à l’aise. À la longue, ça ressemble à quelqu’un qui ferme la porte pile quand ça devient vraiment sale ou vraiment vulnérable.
— Les femmes : à force, ça devient une espèce de nuage de meufs fantômes. Pas des personnes, plutôt des surfaces sur lesquelles le narrateur projette son manque, son malaise, son désir.
— Le délire totem / serpent / Jacky :de base ok, mais à force d’y revenir, ça fait un peu gri-gri narratif. Comme s’il fallait le sortir toutes les dix lignes pour être sûr d’exister.

Ça sent la sueur, l’alcool tiède, les fringues qui collent après trois jours de route, et les prises de conscience qui arrivent quand il est déjà trop tard. C’est pas élégant, c’est pas propre, mais c’est vivant.
A.B

Pute : 95
    le 01/02/2026 à 09:31:13
Ça grouille la vie dans la jungle en vrac du cerveau imbibé de Nino St Felix.
René de Cessandre

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Pute : -265
    le 01/02/2026 à 12:58:52
Je pense surtout qu'il y a un concours crypté dans La Zone, celui de la plus longue phrase et priez pour que je ne me laisse pas tenter car vous ne savez pas de quoi je suis capable et ce n'est pas une prétention sans fondement même si vous êtes en droit d'exiger des preuves mais je pense sincèrement que je pourrais concourir avec quelque chance de succès, on serait bien obligé de l'admettre à moins que, mais là n'est pas le propos puisque celui-ci est de commenter le texte de Nino que pour ma part je classerais dans les TDM (réussis) même si certains n'en sont pas d'accord, alors je précise que c'est seulement sa forme, sa compacité, sa syntaxe et ses enchaînements hasardeux qui m'orientent vers cette possible classification dans la catégorie que je pointe précédemment, pas pour son contenu qui, bien qu'exprimé avec une longueur et des digressions voulues, laisse tout de même transparaître, de façon compréhensible (quoique peut-être pour des raisons ou par un mécanisme incompréhensible) son message, et j'arrêterai là parce que j'ai peur que vous ne suiviez déjà plus.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 01/02/2026 à 13:14:02
En fait je t'ai suivi bien plus que dans tes autres commentaires. Preuve que la forme peut aider le fond et pas toujours l'inverse. Pour le classement en TDM le lecteur est roi. Pour toi qui aime trouver le sens (qui n'est ici pas franchement caché) et analyser : https://fr.wikipedia.org/wiki/Courant_de_conscience#:~:text=En%20litt%C3%A9rature%2C%20le%20courant%20de,du%20processus%20de%20la%20pens%C3%A9e.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 135
à cloaque
    le 01/02/2026 à 14:03:56
Ouarf, pardon, mais j'ai pas pu aller au-delà d'une cinquantaine de lignes. Peut-être qu'à l'oral ça passerait. Mais là, faut vraiment avoir beaucoup beaucoup de bienveillance pour aller au bout du texte, avec ce tic de ponctuer "comme on pense" (alors qu'on pense ponctué, sinon on penserait pas, c'est le rythme qui change, pas la forme logique ; la logique mentale est la même et même plus ferme que la logique écrite, l'écrit n'est qu'une notation imparfaite du truc hyper chiadé qu'on a dans le crâne et qui FAIT SENS MERCI D4AVANCE MADAME MONSIEUR BONSOIR).

Et j'ai été amputé de la bienveillance à la naissance.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 01/02/2026 à 14:29:06
Pas besoin de s'excuser ni d'avoir de la bienveillance. Si c'est nul c'est nul (ou du moins si ça plait pas ça plait pas). Quand j'ai posté ça il y 2 mois je voyais surtout la Zone comme un laboratoire, mais je me rend compte que c'est pas super cool pour les lecteurs moi le premier. Donc, j'éviterais à l'avenir !
Glaüx-le-Chouette

Pute : 135
à cloaque
    le 01/02/2026 à 14:36:24
ARRËTE IMM2DIATEMENT DE TE D2VALORISER OU JE TE P7TE LA GUEULE merci.

La Zone est très exactement un laboratoire, en effet. Et dans un laboratoire on foire plein de trucs et de temps en temps on en réussit un.

Et il ferait beau voir que le confort du lecteur soit une priorité. Pourquoi pas Gavalda sur la Zone à ce commpte-là.

Non moi je disais juste que ça n'avait pas marché sur moi. Mais je suis un gros bourrin, faut pas faire gaffe. Y a eu plein d'autres lecteurs moins bourrins avant.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 135
à cloaque
    le 01/02/2026 à 14:45:46
Ne pas sous-estimer non plus le plaisir qu'il y a dans la critique sur des objets avec une identité. Le tien a une identité, une identité qui me fait braire, mais une identité.

Si la Zone ne publiait que des soupes tièdes, ce serait plus la Zone.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 01/02/2026 à 14:50:40
Je pense de toute façon avoir enfin trouvé mon style avec "Martine et l'Esprit de la Zone" qui sortira dans quelques semaines !
René de Cessandre

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Pute : -265
    le 01/02/2026 à 14:53:19
> Nino : je faisais bien sûr une démonstration paradoxale et humoristique. Tu as dit toi-même que mon commentaire peu conventionnel, apparemment fait pour rebuter, accrochait.
Alors oui, la Zone est un laboratoire. Et l'expérimentation n'a pas de raison de se limiter aux exercices de style. Elle peut aussi se manifester sans les commentaires, car les commentateurs sont aussi des auteurs, Qui se nourrissent également des commentaires.
C'est une forme d'entropie, et tout est utile à la créativité. Alors sans doute y a-t-il de bons textes, de "mauvais" textes, de bons commentaires, de mauvais commentaires, mais tous sont utiles.
1000i

Pute : 36
    le 01/02/2026 à 19:05:16
Pour avoir lu d'autres textes vraiment très différents du même auteur, je salue la qualité de l'exercice ! Belle perf' Dude !

Mais j'ai eu un peu de mal à accrocher.
Sans doute parce que je suis une coconne de lectrice qu'il faut tenir fort par la main pour l'aider à comprendre, pour pas trop qu'elle se perde, pour l'emmener bien profond dans la lecture.
En fait, le problème, c'est pas l'émetteur, c'est le récepteur :)

Ce que j'ai aimé, c'est l'humanité du type, son désenchantement, sa loose, ça le rend attachant. Et j'aime aussi que l'écriture soit... sensorielle, j'ai goûté et senti plein de choses, pas toujours réjouissantes d'ailleurs (eurk le goût de vomi des sardines).

Sinon, punaise, belle dédicace pour les femmes : celles qui sont trop superficielles pour "regarder" le type, celles qui sont égocentriques, belles et inintéressantes, celles qui sont mortes, celles qui ne se rasent pas sous les bras... Outch...

Globalement, chouette trip.
Lapinchien

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Pute : 374
à mort
    le 01/02/2026 à 19:39:34
Ma curiosité est titillée maintenant que Nino parle de texte de jeunesse. Je me demande s'il n'a pas fait un stage de fins d'études à Canbera et si Johanna n'était pas en fait une sublime femelle kangourou. Est ce que les antipodes, c'est un lobby de culs-de-jatte qui œuvrent activement dans l'ombre à la domination des bipèdes ?
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 01/02/2026 à 19:43:20
Moi je croyais que les antipodes c'était des baladeurs pour fourmis...
uuuh

Hélas non Johanna a vraiment existé et je n'ai même rien changé. Elle a pris son envol sauf qu'elle n'avait pas d'ailes.

J'ai passé quelques mois en Australie il y a trés longtemps, et d'ailleurs tout ce qui est raconté dans ce texte est globalement vrai (et dans mon esprit ce n'était pas vraiment négatif sur les femmes, juste un reflet d'une grande danse inachevée, avec des figures qui me renvoyaient a ma médiocrité, ce dont, avec le recul, je ne peux que les remercier)
Magicien Pampers

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Pute : 5
ça    le 10/03/2026 à 10:07:17
donne envie de renoncer à écrire, ces productions automatique, redit de Kerouac (qui écrivait déjà très mal) et de surréalistes de mes deux.
Lorsqu'on a rien à dire, on pète.
Lorsqu'on a rien à écrire, on chie.
    le 10/03/2026 à 13:05:15
@Magicien Pampers, tu t'y connais sans doute.
Nino St Félix

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Pute : 197
    le 10/03/2026 à 13:11:30
Ravi que ça t'ai déplu Magicien. Sans doute le titre t'a-t'il fait miroiter mieux, j'en suis fort désolé. Soit rassuré, je n'écrit plus , et je continue cependant à chier correctement. Ta critique précieuse, élevée et constructive me confirme dans cette voie.

Petite précision au passage, il s'agissait en fait non d'écriture automatique, mais de flux de conscience (petite nuance, pas la même méthode, plutôt un hommage certes lamentable à Joyce qu'a Kérouac).
Magicien Pampers

yt
Pute : 5
Nino St Felix    le 11/03/2026 à 10:22:54
Mea culpa.
Ce jour, j'avais ma tête de poisson crevé. Aujourd'hui, c'est mieux, je suis un brave berger allemand, ouf.
Tu es parvenu à te farcir Ulysse dans son intégralité ? Bravo. C'est un remarquable exploit. Perso, je trouve cet auteur impossible, un peu comme Faulkner, lorsqu'il noie le poisson dans le bruit et la fureur, alors qu'il reste clair et particulièrement bon dans tandis que j'agonise. Ce mec, lorsqu'il décrit un type en train d'enculer une vache dans une grange ( les Snope ?), on à l'impression qu'il utilise une machine à coudre. Bref, je pense que Faulkner passait trop de temps à essayer de plaire à ces connards de la famille Duhamel, forcément, ça tue la spontanéité. Bon,comme j'ai la curiosité de lire les oeuvres impérissables de mes adversaires - y'a pas de copains chez les artistes mais faut rester sportif - parfois, je dépasse les bornes ( de la connerie) . Laeticia Giudicelli, oui, je connais pas mal la littérature, c'est à dire, un peu plus que la moyenne des cons, en même temps, c'est facile, d'être lecteur, il suffit de poser son cul sur une chaise et de savoir lire, non ? Et en ce qui concerne l'écrire, c'est encore plus simple. Malheureusement, 96, 75 pour cent des gens qui écrivent confondent littérature avec devoir scolaire.Resultat, de la merde. Oups! Au pied Rintintin!

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