D’après la légende, il porte le même fin duvet depuis sa naissance. Épargné par les affres de la pilosité, son visage a toujours quinze ans. Pourtant, Moustache Kalach, enfant tiré du néant, guetteur discret hier, aujourd’hui grand chambellan, a fait du chemin
Petit homme constant et malléable, rétif aux chocs comme aux caresses, du moins à la ville. Ni vraiment soluble ni tout à fait lavable : il s’attache toujours à lui un fumet de la vie d’avant, tel une invisible marque de naissance.
Il trimbale sa silhouette frêle dans les couloirs, sursaute au moindre bruit suspect, épie son propre reflet. Porcelaine douée de conscience, il s’abrite au moindre coup de vent. « Kalach », dont aucune arme, jamais, n’a chargé les bras frêles, se comporte cependant en terroriste dès qu’il s’agit d’amour ou de politique. Il menace, prend en otage, revendique, et n’hésitera jamais à se sacrifier. Il n’est ni généreux ni courageux, mais loyal et impétueux, intempérant et imprévisible, ce qui en fait un redoutable ami autant qu’un distrayant ennemi.
Son esprit, suite de méandres, d’impasses et de sens interdits, lui permet de bondir d’une thèse à l’autre sans craindre la chute, ni dévoiler son chemin. Il peine à masquer le plaisir qu’il prend à jouer les équilibristes : car cette complexe mécanique ne fonctionne que pour satisfaire une ambition paradoxale. S’il allume, enflamme, provoque et insulte, c’est pour mieux, en retour, s’en trouver humilié, sali, blessé, ravalé. Renvoyé à la fange dont il reconnaît, en son for intérieur, qu’il n’aurait jamais dû sortir.
Oui, golem de vase et de cristal, il se traîne à la suite de l’Empereur, laissant dans leur sillage la trace de son passage, pointant à l’horizon les impasses et les chausse-trappes, les tartufes et les infidèles, car, mieux que personne, il les connaît.
Le Dragon jette le journal à travers la pièce. Il se prend la tête entre les mains.
— Putain. Dis-moi que c’est pas quelqu’un de chez nous.
— Ça dépend, Ridge. Tu veux que je te donne mon avis ou que je te dise ce que tu as envie d’entendre ?
Il se tourne vers elle. Elle soutient son regard.
— Je suis pas d’humeur à jouer, aujourd’hui.
— Ok. Ta copine, Violette. Si tu me laisses la suivre…
Il secoue la tête.
— Elle aurait signé. Elle n’a pas peur de moi. Au contraire.
— D’après Moustache, ça ressemble au style d’un de ses amis. A ta favorite. Un certain Nino Sanchez. Écrivain de romans de gare.
Il réfléchit un moment.
— Jamais entendu parler. Ok. Suit cette piste-là. Je veux plus de ce genre de papier. Ça fait désordre. Fais le ménage.
LA ZONE -
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Résumé : Puisque la méthodologie actuelle de la Zone distribue toujours les textes au hasard et que je refuse de me spoiler le début, je passe pour un imbécile fini en m’obstinant à croire que l'enjeu crucial de ce récit de 2034 réside dans l'incapacité tragique d'un certain "Moustache Kalach" à se faire pousser trois poils sur le menton. Je m'excuse pour la gêne occasionnée, mais avec mon cerveau ramolli, j'ai pris ce portrait de "grand chambellan" pour un traité de dermatologie sur le duvet prépubère, m'imaginant bêtement que le destin du Droguistan basculerait à cause d'une absence de mousse à raser. Je suis sincèrement désolé de réduire cette épopée balzacienne à une bête histoire d'hormones en grève.
= chemin =
= résumé =
[ Puisque la méthodologie actuelle de la Zone distribue toujours les textes au hasard et que je refuse de me spoiler le début, je passe pour un imbécile fini en m’obstinant à croire que l'enjeu crucial de ce récit de 2034 réside dans l'incapacité tragique d'un certain "Moustache Kalach" à se faire pousser trois poils sur le menton. Je m'excuse pour la gêne occasionnée, mais avec mon cerveau ramolli, j'ai pris ce portrait de "grand chambellan" pour un traité de dermatologie sur le duvet prépubère, m'imaginant bêtement que le destin du Droguistan basculerait à cause d'une absence de mousse à raser. Je suis sincèrement désolé de réduire cette épopée balzacienne à une bête histoire d'hormones en grève. ]
= biblio =
10/03/2026
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24/02/2026
DROGUISTAN - Partie 1 - chapitre 9/33France, an de grâce 2034. L'impensable s'est produit. Personne (sauf sur BFM) ne l'aurait cru. Mais n'en disons pas plus. Voici l'histoire de Ridge et ses acolytes : rédigée comme du Balzac sous Tranxen, elle est publiée façon Eugène Sue épileptique. Merci encore à la Zone d'oser l'accueillir. Bienvenu au royaume du Dragon.
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= commentaires =
C'est bien écrit, bravo. 18/20
Et c'est politiquement correct. 19/20.
C'est la Zone ici ou le Journal de Suzette ?
LOL
c'est fait exprès. C'est une parodie de St Simon
C'est pour ca que c'est en italique.
Mais pardon la prochaine fois on racontera une vasectomie.
J'ai tout compris à la première lecture : le rappeur Kalash, Kévin Valaire, qui jongle entre le dancehall, le reggae et le trap, le tout avec un flow qui passe sans effort du français au créole martiniquais et son fameux titre "Mwaka Moon" en featuring avec Damso (plus de 300 millions de vues sur YouTube), a pris le contrôle de la France sous un pseudo emprunté à son chat Moustache. Ce Grand Chambellan (pas du Prout) n'est qu'un titre pompeux, une sinistre voie de garage en réalité pour un ancien guetteur qui gagnait sans doute bien mieux sa vie à ne rien foutre dans une cage d'escalier. On l'imagine d'ailleurs très bien, entre deux intrigues de palais, s'arracher méticuleusement les poils des burnes à la pince à épiler pour en savourer la douleur exquise et se punir d'être sorti de sa fange. Son ambition n'est visiblement qu'un prétexte pour se faire humilier, révélant un penchant sadomasochiste assez inquiétant pour la gestion des affaires publiques et l'épilation old school. Pendant ce temps, Ridge, le prétendu Dragon, entre dans une rage folle en découvrant que son intimité fait la une d'un exemplaire froissé du magazine Voici. Le journal expose en réalité une photo volée par un paparazzi zélé lors d'une escapade à la plage échangiste de la baie des cochons au Cap d'Agde, loin des protocoles et des gardes du corps. Sur ce cliché impitoyable, on aperçoit sans aucune ambiguïté la toute petite bite de Ridge, une révélation anatomique qui brise instantanément son mythe de grand prédateur. Fou de honte devant cette preuve de sa fragilité intime exposée à la nation, il lance ses sbires sur les traces de Nino Sanchez, probablement un footballeur Colombien de ligue 2, écrivain de gare à mi-temps, soupçonné d'avoir balancé l'exclusivité. Reste l'énigme de Violette, qui est le pendant de ce que Masturbin est à la masturbation et Clitorine au clitoris, c'est à dire une blague douteuse autour du viol. L'intrigue décolle enfin.
Putain, y'a plus René