Tu vois les poètes qui font de leurs émotions des bijoux de mots ?
Pas moi.
Moi je crache. Et j’ai toujours l'impression que ça blesse quelqu’un.
Ma mère disait qu’on ne montre ses sentiments qu’aux animaux.
J’ai longtemps fait comme elle.
Puis une énergéticienne new-age m’a dit que j’avais le droit d’être en colère. J’y suis restée trois ans.
Aujourd’hui ça va, mais j’ai souvent l’impression que mes émotions dérangent plus les autres que moi.
Je ne veux pas porter leurs inquiétudes ni leur recul poli.
Je ne veux pas dire que ça va pour les rassurer,
ni que ça ne va pas pour exister.
Mes émotions blessent parfois,
mais je ne veux pas gérer celles des autres en plus des miennes.
J’ai une façon de penser un peu tordue.
Elle fascine parfois, mais souvent, elle agresse.
Ceux qui ne vont pas bien le prennent pour une attaque.
Les autres finissent par s’y faire.
Il paraît que j’ai des phrases qui claquent.
Moi je dis juste les choses.
Les gens y entendent toujours plus que ce que je veux dire.
C’est flatteur, flippant aussi.
Quand tu vois que tu marques les gens, tu risques de te prendre pour quelqu’un d’exceptionnel.
Je vis avec un type qui pense que je suis nulle.
Ça aide à redescendre.
Mais ça ne protège pas de tout.
Je reste une fille bizarre, qui réagit fort.
Et une fille qui ne sait pas parler à son mec -
lui aussi un peu en décalage.
Idéaliser, c’est tuer.
Avec lui, ça va quand on arrête d’essayer de se comprendre.
On vit, c’est tout.
Moins tu cherches à analyser, plus tu es heureux.
Comprendre, c’est ouvrir la plaie.
Lâcher prise, c’est juste la laisser cicatriser.
Mais faut pas déconner,
il doit arrêter d’oublier mes croquettes.
LA ZONE -
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= commentaires =
Excellent la chute ! J'ai cru jusqu'au bout que c'était une apologie de l'égocentrisme ! Et oui, en effet... c'est une magnifique analyse de la, psychologie féline.
Bravo Lindsay ! J'aurais aimé te descendre, évidemment, mais franchement, là, je ne peux pas !
Rassure-toi, ce sera surement pour une autre fois !
Le style est clair et efficace, il y a un côté direct qui évite les écueils d'un portrait psychologique versant dans l'auto justification ou le narcissisme.
J'ai cru que la chute arrivait comme un poil de cul dans la soupe, mais après relecture il y a pas mal d'indices et ça se tient, well done. Je me suis quand même senti con et j'ai trouvé ça dommage, finalement, que ce ne soit pas un simple texte introspectif du point de vue humain.
Les indices ? Pardon moi con mais pas forcément comprendre que c'est un chat qui parle. Mais en fait osef non.
Ça parle ou ça parle pas. Je pourrais presque faire un copier coller de ce que j'ai écrit sur le texte de Caz hier pour ma part. Efficace et propre, des petits coups de langue râpeuse et des mordillements. Tout en finesse et en douceur. Mais je reste un peu a sec, justement parceque tout est bien calculé et maitrisé, y a rien qui dépasse. C'est un texte qui pourrait facilement être publié dans un bouquin et se retrouver sur un rayon a la Fnac (et je dis ça dans le bon sens du terme : de la bonne littérature). Et je reconnais que c'est tout a fait salutaire aussi sur la zone d'avoir de la qualité et du "propre" entre tous les trucs plus ou moins gluants. Mais voilà je ressors de la lecture perplexe, pas d'avoir loupé une métaphore ou un indice (quoique j'ai sans doute juste rien compris), juste perplexe. Comme si je regardais a travers une vitre ce joli texte vivre sa vie, en fait.
Il y a des phrases qui font pas très chat, ça rend la chute un peu moins amusante.
> Sinté : justement, moi ça m'a fait l'effet inverse. C'est au dernier mot que l'on comprend la personnification et l'histoire. Putain ! Ca me fait mal de dire ça : j'ai toujours considéré que la forme supérieure de la nouvelle est celle dont on ne comprend le sens qu'au dernier mot (ce à quoi je me suis longtemps astreint dans mes nouvelles courtes), et c'est ce que fait le texte de Lindsay. Grrr...
Après, c'est peut-être juste le journal intime d'un furry.
Je me suis laissé divulgacher ma race par les commentaires, tas de putes, faut un peu penser aux autres, notamment aux plus débiles d'entre eux, ceux qui comme moi n'ont toujours pas compris qu'on lit une page web de haut en bas, ET PAS de bas en haut. Chier.
Ben ça m'a pas aidé à trouver beaucoup d'intérêt au texte. La formule "tout ça pour ça" me paraît la plus adéquate ; mais je reconnais
- que le texte me fait pas si mal, avec tout le blanc qu'il contient j'ai pas eu l'impression d'y rester trop longtemps, pas eu le temps de m'ennuyer VRAIMENT,
- que "tout ça pour ça" relève souvent d'un compliment, quand on parle d'une grosse vanne littéraire.
ALORS DU COUP J4AI BIEN AIM2;
Même si les chats sont tous des putes.
Il n'y a aucune raison de se focaliser sur la chute. Elle n'est pas le but à partir duquel est pensé le texte, mais une délicatesse, une pirouette de l'auteure qui craint d'en avoir trop dit.
Ce n'est pas une introspection, manifestement faite depuis longtemps.
C'est donc un portrait, lucide, qui ne cherche pas à plaire, pas à cracher non plus, mais plutôt à analyser le crachat. Un exercice difficile, maîtrisé de bout en bout. De la littérature, je suis bien d'accord. Mais pourquoi la Fnac ? Il y a de bonnes librairies.
Je voulais dire Decitre mais j'étais pas sûr que ça parlerai. Sinon j'aurais cité la librairie de mon quartier mais pareil ça n'aurait pas eu de sens. A la fnac on trouve des trucs bien aussi. Mais ça marche en effet avec "lettres a croquer".
Laetitia, on arriverait presque à te croire !
INTERACTIONS PATHETIQUES, chapitre 9, Les Interactions virtuelles pour se trouver des amis, fig.1 : le léchage de cul non-constructif.
> Le Chouette : je te trouve sévère avec Laetitia.
Laetitia sait se défendre. Surtout quand elle n'est pas attaquée.