LA ZONE -

L'enfer des notifications

Le 31/01/2026
par Rosalie, Lindsay S
[illustration]
Il advint, en un créneau chronologique particulièrement propice aux interférences cognitivement désorientantes, que je fusse, dès les prémices matinales de ma vigile quotidienne, confronté à une notification biographique prémonitoirement nécrosophique sur mon appareil téléphonico-numérique, lequel vibrographait avec une intensité si exacerbée qu’elle évoquait simultanément le convulsionnement hyperkinétique d’un xylobatidacée imaginaire et la résonance tonitruante d’une cloche de bronze suspendue dans l’abîme éthéré de ma conscience fragmentée.

Le message, émanant de l’autorité bureaucratico-mortuaire officielle, stipulait, avec un raffinement ironico-administratif paradoxal :

« Salutations protocolaires. Votre extinction biographique est programmée pour le jour calendaire présent. Merci de ratifier votre consentement avant 18h00 précises. »

Mon esprit, oscillant entre incrédulité cognitivo-sarcastique et paraphrénie anticipative, tenta de contextualiser l’information à l’aune de mes souvenirs téléphoniquement archivés, mais la concaténation d’analogies pseudo-logico-métaphysiques et de digressions intertextuelles relatives à l’ontologie des chats numériques, initialement visionnés pour apaiser mes angoisses existentialistes, ne fit que décupler ma perplexité et générer un état quasi-épileptique de réflexion métacritique.

Peu après, une notification subséquente, émanant d’une entité experte en auto-mortsification véhiculaire et en logistique posthume, informa :

« Votre véhicule, préfiguratif de votre trépas imminent, sera inspecté par un spécialiste certifié entre 09h et 17h heures standardisées. »

La polysémie intraduisible de ce message, conjuguée à l’indétermination spatio-temporelle du créneau assigné, induisit un état quasi-panique combiné d’indécision logistique et d’inertie réflexive. Je réagis, conformément aux protocoles numériques élémentaires, en activant un pictogramme d’approbation — pouce digital virtuel — analogue à un hiéroglyphe ludique, témoignage de ma conformité apparente mais cognitivement vacillante.

08h12 : la notification morgueuse s’ensuivit, stipulant la nécessité d’une production documentaire identitaire pour l’identification posthume :

« La morgue confirme votre rendez-vous pour identification. Merci d’amener une pièce d’identité. »

Interrogatif quant à la spécificité du document requis, je consultai mes archives personnelles : carte d’identité, permis de conduire, passeport périmé, carte vitale, voire ma carte de bibliothèque municipale. Une réponse, expédiée via l’interface de la notification, me confirma succinctement : « Peu importe. »

08h34 : les pompes funèbres Giraud, à la fois commerciales et sinistrement joviales, proposèrent une mise en bière standardisée, assortie d’une offre promotionnelle :

« Cliquez ici pour choisir votre cercueil. »

Le site, congestionné par des algorithmes de présentation inefficaces, chargea avec la lenteur d’un paresseux quadragénaire en hibernation administrative. Je patientai néanmoins, métaphorisant la situation comme une allégorie macabre de l’existence humaine : même mort, l’attente demeurait, symbole ineffable de notre condition terrestre.

Vers 09h00, l’application de santé, qui comptabilisait mes pas avec la rigueur obsessionnelle d’un escrimeur métrologique, intervint dans le flux notificationnel :

« Merci de valider votre accord pour le don d’organes. Extraction prévue à 14h. Répondez OUI pour continuer. »

Ensuite, Doctolib me sollicita, évoquant la probabilité approximative de ma non-vie :

« Votre médecin a noté : ‘patient probablement décédé’. Merci de confirmer votre présence au rendez-vous. »

L’indétermination lexicale - « probablement décédé » - provoqua en moi un vertige cognitif, un paradoxe métaphysico-bureaucratique de grande ampleur. Comment confirmer mon décès si je suis effectivement décédé ou seulement sur le point de l’être ?

L’application de méditation, téléchargée six mois auparavant et utilisée à raison de deux ouvertures ponctuelles, ajouta sa notification culpabilisante :

« Respirez. Vous allez mourir. Accepter l’impermanence (3 min). »

Et pour couronner le tout, la notification la plus humiliante, celle qui eut raison de mon amour-propre résiduel :

« HK vous a retiré de sa liste d’amis car vous n’êtes plus pertinent. »

Je fus alors assailli par une pluie notificationnelle continue, semblable à un déluge de grêle combiné à l’explosion d’un organe administratif imaginaire. Je me retrouvai submergé, incapable de distinguer le tangible du virtuel, l’essentiel du superflu, le pathos du trivial.

Vers midi, conscient de l’imminence des événements ultérieurs, je décidai d’emprunter ma voiture pour atteindre le rond-point terminal de mon itinéraire funéraire assigné. Mon véhicule, vieillot et grésillant, fut engagé dans la circulation comme instrument de mon trépas, guidé par un GPS aux capacités quasi-prescientes.

14h03 : rappel notificationnel :

« Décès prévu aujourd’hui. Pensez à venir à jeun. »

14h27 : relance exaspérante :

« Votre décès est en retard. Veuillez accélérer vos démarches. »

15h56 : ultime sommation :

« Dernière chance : merci de vous rendre au lieu de l’accident. »

Et là, enfin, la vibration finale, stridente, apocalyptiquement insistante :

« IMPORTANT : pour l’optimisation de votre processus décèsologique, veuillez compléter ce questionnaire de satisfaction d’expérience mortuaire. »

Mon attention momentanément captée par cette missive, je levai les yeux. Une fraction de seconde fatale suffît : un camion d’envergure incommensurable, à vitesse inhumainement excessive, surgit dans mon champ visuel.

BOUM.

Mon existence terrestre se conclut dans un pathos à la fois administratif, absurde et grotesque. Je n’eus le temps que de penser, dans un éclair de lucidité vacillante :

« Putain, j’ai même pas répondu au questionnaire de satisfaction. »
« J’aurais dû choisir le cercueil en promo. »

FIN

(Merci de bien vouloir noter mon texte sur une échelle de satisfaction de 0 à 5 étoiles pour contribuer à l’amélioration de mes services rédactionnels médiocres et posthumes.)

= commentaires =

A.B

Pute : 62
    le 30/01/2026 à 17:50:53
Ah c'est dommage. C'est un texte doublon
A.P

Pute : 125
    le 30/01/2026 à 17:59:44
Étrange ce BOUM...

Une dépression ondulatoire transversale ayant pour support matériel le gaz atmosphérique et se propageant jusqu'à l'excitation sensitive d'un tympan suite au choc cinétique des deux véhicules motorisés, aurait été de bon aloi.

Bel exercice de style cependant.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 305
à mort
    le 30/01/2026 à 18:11:52
Félicitations. Tu tiens là un authentique chef-d’œuvre de la nullité littéraire. C’est un texte qui ne se contente pas d'être mauvais ; il travaille activement à être insupportable. Rosalie avec ce texte, palimpseste du texte de Lindsay S, devient ma favorite au titre de Chambellan du Prout dans le cadre de cette 13eme semaine TDM dont le thème est l'enfer des notifications. Au delà du comique de répétition lourdingue, il y a bien sûr une avalanche de mots compliqués et pédants savamment sélectionnés pour rendre le texte original complètement incompréhensible par de simples permutations (merci pour l'indigestion lexicale), une diarrhée explosive de néologismes et de termes pseudo-intellectuels digne d'un SMS transformé en thèse de doctorat, un tsunami d'adjectifs composés en particulier avec l'abus de structures en "ico-" tout du long, Rosalie hurle : « Regardez comme je suis complexe ! ». Et même si elle l'est probablement, cela rend la lecture hachée et désagréable. C’est de la pastiche de Kafka passée au mixeur avec un manuel de sociologie de première année. Elle utilise 15 syllabes là où une seule suffirait. C'est l'antithèse de la fluidité. L'agacement est physique : J'ai pris rendez-vous chez un gastro-entérologue d'urgence.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 305
à mort
    le 30/01/2026 à 18:29:56
@A.B : Tu as raison, le texte aurait du s'appeler "Le Pandémonium mystico-sociétal des sollicitations téléphonico-intrusives en PUSH". En l'état, ça met pas le reste en valeur.
René de Cessandre

Pute : -159
    le 30/01/2026 à 18:31:30
Je ne vois pas l'intérêt de cette transposition du texte initial de Lindsay.
Cela annihile rédhibitoirement l'effet de surprise qui aurait été intéressant.
C'est beaucoup d'efforts pour essayer de transformer le texte de Lindsay en TDM, mais ce n'est qu'un maquillage de maquignon qi cache mal les traits originaux.
Si c'est un TDM, il ne l'est que par la démarche. Je ne sais pas si ça compte ?
Nino St Félix

lien
Pute : 142
    le 30/01/2026 à 18:48:25
J'ai éprouvé une stimulation corticoïdale nanosphérique médiculaire atypique liée a un sentiment paradoxale d'exténuation systémique, nonobstant une satisfaction neuroleptyque cacochyme, en lisant (de manière hélicoidale je le reconnais d'une volonté positivement complète) l'amalgamme verbal constituant étymologiquement un "texte de merde".

Deux pour l'prix d'un ! qui s'en plaindra !

Rosalie et Lindsaaaaaaay
Sont sentimentalement et ontologiquement liées par un manifestation chimique qu'on appelle l'amitié

.....

Coefficient de textedemerdité : 60 % pour la parodie. Potentiel favori du Grand Prout.

....
René de Cessandre

Pute : -159
    le 30/01/2026 à 19:09:23
A moins que Lindsay et Rosalie ne soient une seule et même personne...
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 19:17:20
notifs IA:

« Attention : il fait 20°C dehors. C’est la température idéale pour une crise existentielle. »

« Il pleut. C’est l’occasion parfaite pour regarder par la fenêtre et vous demander ce que vous faites de votre vie. »

c'est de la poésie ou pas?
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 19:18:23
@ René; ça ferait "Lindsalie"; joli !
Lindsay S

Pute : 239
    le 30/01/2026 à 19:27:59
On ne fait lindsalie que le samedi soir...
Les autres jours elle veut pas
A.P

Pute : 125
    le 30/01/2026 à 19:38:42
@Tonton Moi je parie plutôt sur le couple lesbien qui se complète bien.
En plus ça a le mérite d'alimenter mes phantasmes de mâle dominant.
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 19:39:34
elle sait pas ce qu'elle rate...
Lindsay S

Pute : 239
    le 30/01/2026 à 19:50:07
Lesbien... Ca se dit plus.
On dit Mariée ;)

@sylvestre Que veux tu? La quarantaine, Les gosses... on oublie les petits plaisirs au profit du quotidien.
Rosalie

Pute : 55
    le 30/01/2026 à 19:55:27
J'ai hésité à faire un truc original mais c'est tellement plus marrant de démolir la pédante Lindsay et de lui montrer ce que c'est vraiment, un TDM.

Owned René, Lindsay et Moi on ne fait qu'une ! Cette salope me broute !
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 20:39:15
@lindsay: pas compris. moi? je veux rien sinon un semblant de vie supportable et vivante à travers des échanges "intellectuels" profitables; après la chair, que nous reste-t-il? ma réponse: une harmonie humaniste... n'en déplaise aux lazoniens.
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 20:41:22
j'ai retiré tous mes textes en attendant de devenir... je ne sais quoi.
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 20:44:30
brouter, au sens propre ou figuré?
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 20:52:44
@Linsay: je te sens un peu "désabuséee".. les 40 ans sont loin derrière moi, mes enfants sont formidables et pour les petits plaisirs... il y a des vidéos pour ça ! AH AH AH !
sylvestre Evrard

Pute : 48
    le 30/01/2026 à 20:59:17
et aussi, le tango argentin, tempe contre tempe avec une créature de rêve...
Lindsay S

Pute : 239
    le 30/01/2026 à 21:09:21
Désabusée...? Juste fatiguée.
René de Cessandre

Pute : -159
    le 30/01/2026 à 21:23:46
L'humour revient sur la Zone ?
Alerte orange risque pluie et inondation.
    le 30/01/2026 à 22:49:41
https://www.sosamitie.org/
LePouilleux

Pute : 18
Textedemerdologue agréé    le 30/01/2026 à 23:17:43
Décevant. Ça commence comme un texte objectivement horrible à lire et ça se termine comme une petite dystopie pas si mal écrite.
LePouilleux

Pute : 18
    le 30/01/2026 à 23:19:57
J'ai pas lu le texte de Lindsé cependant.

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