LA ZONE -

Une histoire de pédales (Oh, Meliza...)

Le 12/03/2026
par Sinté
[illustration]
Au Burger King, j’avais l’habitude de prendre un Double Steakhouse, ou un Louisiane Steakhouse et un Steakhouse classique selon mes humeurs. Je venais d’atterrir à Saint-Amand-Montrond. L’histoire se déroule à une époque où j’étais très en chien, j’aurais même bien pu baiser un âne si l’occasion se présentait. J’allais assister à une étape du Tour qui arrivait dans la région. C’était évidemment en juillet et il faisait très chaud. Je crois que je portai un t-shirt noir que j’avais rentré à l’intérieur d’un pantalon blanc. Je m’étais garé sur la Rue du 14 Juillet, près de l’Hôtel Le Saint Amand. Ce ne fut pas simple cette histoire de déviations, de « pas par-là » et de « allez voir ici tant que vous pouvez ». Je suis sorti de mon auto avant de bifurquer Rue des Victoires, marchant bien malgré moi sur les traces d’un couple de vieilles perruches portant des chapeaux ridicules ; le mâle qui plus est portait une salopette bleue, ce qui lui donnait des airs de Mario Bros. Tandis que je dépassais l’Office de Tourisme Cœur de France la caravane publicitaire commençait à hurler des choses incompréhensibles, ou alors peut-être qu’elles étaient compréhensibles mais pour moi cela semblait incompréhensible, et sans doute qu’elle ne commençait pas vraiment son festival mais moi j’arrivais à un moment de silence, entrecoupé par deux phases de crises dont la suivante devait nécessairement me faire tressauter. Il y avait comme à l’accoutumée foule de monde, les rambardes étaient bondées et le bruit démentiel, formant une musique informe pratiquement cacophonique. Je m’apprêtais bientôt à nager (ou plutôt à faire la planche) en plein brouhaha, dans un chaos organisé comprenant Cochonou, Tourtel Twist, lancers de bons de réductions, de porte-clefs, de casquettes et autres merdes en tous genres que petits et grands allaient s'arracher comme il en est de coutume. Beaucoup de gens là-bas ressemblaient à des sponsors vivants, sapés du sommet de leur crâne jusqu’aux tréfonds de leur caleçon de jaune, de vert ou de blanc avec des pois rouges, sinon d’un florilège de marques de vêtements tellement nombreuses que toutes les énumérer serait impossible : Nike, Adidas, Puma, Desigual, Fila, Levis, Lacoste… Une atmosphère beauf absolument délirante. Peut-être au fond que certains cherchent dans ce genre de ferveur populaire à s’imprégner un peu de leur pays d’antan tel qu’ils se l’imaginent, ce qui serait assez semblable à un test de Rorschach : l’un voyant cela qui lui apparaît comme un aigle blanc et l’autre y voyant ni plus ni moins qu’une tache de sperme.
Mais où peuvent bien être passé Eddy Merckx, Raymond Poulidor et Jacques Anquetil ? Certains arrivent à revoir leurs reflets respectifs baigner dans l’iris bleu de Tadej Pogačar ou de Mathieu Van der Poel. Tous les présents finissent instantanément par se dissiper, mais parfois, cette dissipation passe par l’absorption complète du matériau, ce qui demeure une des si ce n’est la plus belle manière de mourir, tout organismes vivants confondus. Tous ces vieux au dos cassé et aux mains tremblantes ont vu tellement de fois la faucheuse qu’il ne leur reste guère plus que leur nostalgie pour se donner l’envie de continuer à respirer ; et l’un d’eux allait se mettre à éternuer pendant qu’une autre riait d’un rire démesurément bourgeois et que celui-là parlait de la météo, du beau temps et des coups de soleil. N’empêche que tout cela m’a toujours assez plu, ça a le mérite d’être vivant et je me dis qu’ils ne font que chercher le bonheur sans emmerder personne, qu’ils profitent autant qu’ils le peuvent de cette folie événementielle avant de retourner à leur morosité quotidienne.
Des distributeurs ambulants marchaient sur la route menant à la ligne d’arrivée et certaines personnes hurlaient pour que ces derniers leurs jettent toutes ces petites babioles, le plus souvent en vain. Enfin, je gardais en tête l’idée de me trouver dans ce petit monde une compagne d’un jour, partager avec elle un morceau de ce temps délicieux, suspendu, en couper deux petites parts, y ajouter du sucre glace et une fois le dessert fini repartir terminé bonsoir en se frottant les mains. D’ailleurs je ne cherchais pas spécialement à baiser, simplement à passer du bon temps avec une fille assez jolie et sympa. La circulation était difficile, j’étais pratiquement contraint à me tenir immobile entre deux sardines de la trentaine, et l’un d’eux ressemblait à Ilan Gabet tandis que l’autre avait un air quelconque mais une voix de tapette. À ma droite se trouvait la ligne d’arrivée et à ma gauche la route d’où les coureurs allaient débarquer comme des fusées, sprintant hypothétiquement pour la victoire sinon pour la défaite. Nous étions donc séparés en deux rangées : une dont je fus l’un des engrenages (quoique j’aurais préféré n’avoir aucun lien avec mes voisins) et l’autre se trouvant en face de « nous ». Dans cette population disparate, trouver de petites filles mignonnes, de préférence seules ou ayant l’air seules, n’allait pas être facile : d’abord à cause de ma petite taille — y voir quelque chose ou quelqu’un entouré de grandes perches étant une tâche assez hardie — mais aussi car demeure toujours le fait que les gens seuls se confondent assez souvent avec les fantômes, et je n'ai jamais aimé que l'on me prenne pour un fantôme. Cependant, Alberto Contador (mon idole d'enfance) disait que vouloir c’est pouvoir, et moi je voulais bien y croire donc j’ai pu. Le soleil tapait très fort, planté sur un trottoir sans abri on le sent toujours très bien. Les femmes portaient des tenues légères, d’apparences frivoles, mais je savais déjà après de multiples observations d’ordre empirique que l’habit ne faisait jamais la pute, et qu’ainsi les filles les plus faciles sont parfois (même souvent) les plus pudiques vestimentairement parlant. Par miracle, j’en ai remarqué une assez vite dans la rangée d’en face, émergeant de la foule sur ma gauche comme une taupe d’un trou ou une personne sur le point de se noyer de la houle, cherchant un peu d’air et sortant par intermittence la tête de l’eau. Elle ressemblait à une Péruvienne ou un truc du genre. Elle portait un t-shirt noir avec inscrit « Good girl » au milieu, en gros et en blanc, ainsi qu'un jean bleu retraçant bien ses courbes, me laissant penser qu’elle devait sans aucun doute avoir un cul divin tout juste à la bonne taille, sans même avoir à observer ce dernier de face. Sur le moment, je ne crus pas qu’elle allait me remarquer et planait sur moi la crainte de la perdre de vue. Quelque minutes de vide nous séparait, nous étions au bord du précipice temporel qui s’élargissait et nous écartait de plus en plus à mesure que Dieu le Père aussi nommé le Temps passait ; et il passait, et il passait… Je la toisais, tentais de déceler quelque chose en elle, un signe ou que sais-je. Au départ, j’hésitais à lui faire un petit signe de la main puis je me suis dit que ce serait peut-être trop tôt sinon un peu déplacé, alors que je savais déjà très bien qu’avec les filles jamais ça n’arrive trop tôt mais que par contre, ça peut arriver trop tard et dans ce cas-là vaut mieux se trouver une autre occupation à laquelle dévouer tout son amour, que ce soit Dieu ou les poissons rouges. J’allais me perdre en moi-même durant un bon quart d’heure, tout le reste autour de moi allait être floué, l’objectif de ma caméra oculaire braqué sur elle, la reine des fourmis. Puis je me suis dit « merde si c’est déplacé ou si c’est pas le moment » — passage d’un véhicule à l’effigie des opticiens Krys — et j'ai pointé mon doigt vers sa direction tandis qu’elle me regardait ou semblait me regarder, avant de lui faire un geste de la main censé vouloir dire « viens ». Son regard fauve continuait à me transpercer le cœur, je n’avais encore aucune réponse de sa part à mes appels quand j'ai réitéré mon geste. Elle eut fini par me remarquer ou par retrouver ses ovaires, les cherchant dans une poche puis dans une autre sans se rendre compte qu’ils étaient là, comme toujours, à leur place habituelle, au bout de leur trompe respective, comme deux petits porte-manteaux. C’était déjà une petite victoire, un soulagement. Mes poumons se libéraient, la vie pouvait reprendre son cours et ma respiration avec. Elle était déjà là. Le fleuve goudronné traversé à une de ces vitesses… Elle était bien plus petite que moi, ce qui me parut assez satisfaisant tant c’était rare, du moins à ce point, qu’il y ait un tel écart au niveau de la verticalité entre moi et mon interlocutrice. L’échange débuta ainsi : Tu t’appelles comment ? Meliza. Un écart se faufilait entre cette phrase et la suivante. Mes parents viennent du Venezuela. Finalement j’apprenais que je n’étais pas si loin que ça, ça restait une sorte de Latina. Que pensez-vous de la politique mise en place par Nicolás Maduro ? Je m’en fiche, c’est quoi ton nom ? Timothée mais tout le monde m'appelle Tim, tout juste la vingtaine. Elle m’a dit ok et je suis parti sur une série de questions-réponses : Tu vis ici ? Non, je suis de Châteauroux. Ah merde, me dis-je. Mais qu'est-ce que tu fous ici alors ? Je suis venue voir la course, comme tout le monde. Tout le monde ça fait beaucoup de monde, pourtant sa réponse m'apparût logique. T’aimes le cyclisme ? Non pas du tout, j’y connais rien, je suis venue pour dire de venir. Curieux mais compréhensible. Tu as quel âge ? Vingt-deux. Tu vis seule ? Oui. Après la course, tu iras où ? Je rentrerai sûrement. J’aimerais que tu m’amènes quelque part. Où ? Peu importe, un endroit confortable. Et toi tu viens d’où ? D’un peu plus haut, du Perche. Tu pourras venir chez moi si tu veux. Je n’ai rien dit et me suis contenté de hocher doucement la tête.
Les passages des véhicules publicitaires se faisaient de plus en plus espacés, les gens commençaient à calmer leurs ardeurs. Je regardais l’heure sur mon téléphone : bientôt dix-sept heures. Je n’avais encore rien mangé mais je tenais le coup, cette sensation de la faim, je l’avais perdue avec le bonheur de mon enfance. Un troupeau de voitures appartenant aux DS (directeurs sportifs) n’allait plus tarder à débarquer puis les motos allaient suivre avant de bifurquer à droite quelque centaines de mètres avant la ligne d’arrivée sur la Rue Fradet. Le front d’en face d’où les enfants tenaient la première ligne semblait trépigner sur place, comme si montait en eux une fièvre semblable à celle de la masturbation avant éjaculation. Fatalement, victime de mon attente, je m’apprêtais à rêvasser ou à reprendre le rêve là où je l’avais laissé. Je tentais de lutter, de ne pas me laisser envahir par le nuage imaginaire, fabriquant de pluies diverses depuis 2007. Pour le moment je n’étais plus seul, il me fallait en profiter. Je posais délicatement ma main sur le haut du dos de Meliza et le lui caressais avec autant de précaution que si je caressais un chaton.
Un corps est une aventure, le bassin forme des collines et dans le fond des océans utérins se trouvent des trésors inestimables, une or à féconder pour que pousse sur le monde comme un arbre l’enfant El Dorado. Éjaculer de l’or liquide ; toutes les femmes s’arracheraient la semence du premier venu, viendraient les jambes écartées et la chatte béante et humide, affamée comme un puits à foutre n’attendant que ça d’être remplie. Le sperme est le sel de leur existence.
Je finissais par descendre jusqu’à son cul, initiative à laquelle elle me répondit avec un doux sourire. Ma confiance allait grimper en flèche, et avec viendraient les fléaux de l’érection, enivré que j’étais par l’odeur des fragrances féminines : eaux de Cologne ou de Venise, de la Seine ou du Gange, imbibant ces tissus de toutes les couleurs et les parfumant à l’orange, à la pisse ou aux fruits de mer. Filles écumantes dans leur culotte comme la salive s’écoule d’entre les lèvres. Définitivement je suis un chien, un chien sans laisse, sans maître non plus, les crocs saillants et la queue remuante. Je savais aisément que j’aurais bien pu aller jusqu’à faire glisser ma main à l’intérieur de son pantalon et de sa culotte si elle en portait une comme cache-misère, massant sa tasty pussy tout en poussant un soupir de chagrin quant à moi-même, ayant pleinement conscience de mes vices, mais je préférais éviter — dans le cas où elle n’aurait pas été réceptive — l’éventualité de me prendre une beigne dans la gueule.
Devant nous la voiture du directeur de course (enfin je crois que c’était la voiture du directeur de course) finira par passer et la majorité des spectateurs allaient sortir de leur apnée en un temps record. Les motos de France TV venaient de filer à droite et une clameur là-bas à un peu moins d’un kilomètre de la ligne d’arrivée se faisait entendre, le nom de Thomas Voeckler étant scandé par un groupe de jeunes étudiants.
À nouveau le monde se réveillait. Fin de la léthargie.
Les coureurs sont arrivés en sprintant, Mads Pedersen a gagné, s’est emparé du maillot vert au passage et nous sommes partis chacun avec notre voiture en direction de l’appartement de Meliza sans même avoir pris le temps de voir les coureurs défiler sur le podium.
Tout compte fait, on ne fait jamais qu’attendre le moment opportun pour accomplir une action, que ce soit durant ces matinées précédant le travail ou à l’heure d’assister à un évènement sportif. Les hommes aiment les programmes et la prévisibilité, ils aiment ce qui semble inéluctable, même si je pourrais éviter de faire des généralités puisqu’il est vrai qu’il existe de ces espèces à part, de ces bêtes à forme humaine qui, bien que suivant une puberté en apparence ordinaire, sont en réalité plus proches à l’âge adulte de la psychologie d’un enfant de quatre ans que de celle d’un jeune cadre dynamique, et je le sais puisque je suis moi-même de cette famille anthropologique.

Enchaînement d’images flouées. Un trou et je saute dedans. Plus pensé à grand-chose puis le temps est venu qui m’a emporté. Tout ce dont je me souviens c’est des rues de Châteauroux, de la nuit dans les rues de Châteauroux, d’un appartement castelroussin, d’une fête ou d’une ambiance de fête, de verres d’alcool renversés sur le parquet, de gens, de beaucoup de gens, d’une chambre, d’un lit, d’un sexe de femme mal rasé et d’un hamburger au poisson pané. Ensuite je me suis retrouvé chez moi dans mon petit village du Perche, dans le même état que la veille mais transpirant sous ma couverture et sous la chaleur matinale de l’été. Encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas comment j’ai pu me retrouver entier chez moi le lendemain. J’ai fini par repenser à Meliza et à cette chatte ébouriffée qui pouvait être la sienne ou sinon celle d’une autre pute quelconque, si encore Meliza ne fut pas elle-même une pute quelconque, puis je me suis levé en marchant sur un bout de papier où était noté d'une encre rouge un numéro de téléphone ; il me fut aisé de penser que cela annonçait une suite à cette histoire.

Oh, Meliza...

= commentaires =

    le 11/03/2026 à 19:54:05
Timothée a décidé de choper au Tour de France et en vrai, Timothée est un vrai connard. Soyons sérieux, pourquoi s'infliger une étape du Tour pour se trouver une chatte à baiser ? Quand on a comme notre héros une haute idée de la partenaire idéale pour tirer un coup, descendre dans la rue et prendre la première qui passe suffirait bien.
Regardons-y de plus près : Timothée est assez expérimenté pour savoir que la tenue frivole n'est pas un indice probant puisque "l’habit ne [fait] jamais la pute, et qu’ainsi les filles les plus faciles sont parfois (même souvent) les plus pudiques vestimentairement parlant." Muni de ce viatique, il en trouve une valable, " émergeant de la foule sur [sa] gauche comme une taupe d’un trou".
"Elle ressemblait à une Péruvienne ou un truc du genre". Les Chiliennes, les Brésiliennes, les Equatoriennes et autres "trucs" d'Amérique latine apprécieront. Surtout qu'en fait, elle se révèle être une Vénézuélienne, mais, bon, "ça restait une sorte de Latina."
Et comment notre expert queutard sait-il que cette Latina, elle est bonne ? Eh ben Ducon, c'est pas difficile : c'est écrit dessus !"Elle portait un t-shirt noir avec inscrit « Good girl » au milieu, en gros et en blanc".
Au début, la fille, elle ne le remarque pas, l'idiote. Puis, heureusement, elle finit par "par retrouver ses ovaires, les cherchant dans une poche puis dans une autre sans se rendre compte qu’ils étaient là, comme toujours, à leur place habituelle, au bout de leur trompe respective, comme deux petits porte-manteaux." Dire que je cherchais les miens .. Lire Sinté m'évitera de passer pour une idiote auprès de la gynéco.
D'ailleurs, on apprend plein de choses à lire Sinté. Ainsi, j'ignorais, que " dans le fond des océans utérins se trouvent des trésors inestimables, une or à féconder pour que pousse sur le monde comme un arbre l’enfant El Dorado." En plus, c'est poétique. Mais le summum du lyrisme est à venir : "toutes les femmes s’arracheraient la semence du premier venu, viendraient les jambes écartées et la chatte béante et humide, affamée comme un puits à foutre n’attendant que ça d’être remplie. Le sperme est le sel de leur existence."
On me pardonnera de citer si abondamment le texte, mais il serait dommage de passer à côté de l'essentiel : "l’odeur des fragrances féminines : eaux de Cologne ou de Venise, de la Seine ou du Gange, imbibant ces tissus de toutes les couleurs et les parfumant à l’orange, à la pisse ou aux fruits de mer." A Cologne coule le Rhin, mes amis, fleuve sans doute encore plus pollué que la Seine, mais pas autant que le Gange, sans parler des marais vénitiens. On se demande où se cache l'orange dans tout ça.
Finalement, notre Tim se tape une "chatte mal rasée", à moins que ce ne soit un "hamburger au poisson pané". Il n'est même pas sûr que c'était celle de Meliza ou d'une autre pute quelconque. De toutes façons, toutes des putes, qui l'ignore encore?
On resterait presque sur notre faim. C'était elle ? C'était pas elle ? L'auteur nous annonce une suite.
Franchement, est-ce bien raisonnable ?
Édition par le commentateur : 2026-03-11 19:55:39
Lindsay S

Pute : 260
    le 11/03/2026 à 21:03:28
Le narrateur passe une bonne partie du texte à regarder la foule du Tour comme un entomologiste méprisant : les spectateurs deviennent des caricatures — beaufs en maillots fluo, vieux nostalgiques, chasseurs de gadgets publicitaires. Il semble être le seul à voir clair dans cette foire provinciale. Mais plus le récit avance, plus sa figure grotesque apparaît : Obsédé, persuadé d’être lucide alors qu’il tourne en boucle dans ses fantasmes et ses petites théories pseudo-philosophiques, il finit par ressembler à ce qu’il prétend observer. La caricature la plus visible est celle de l’auteur , heureusement, il a l'air de s'amuser comme ça.

Ajouter à cela une provocation sexuelle constante, lourde et répétitive. Le problème n’est pas tant la crudité — la littérature en a vu d’autres — que son côté mécanique. À force de vouloir choquer, ça ne dit plus grand-chose, ça remplit les trous.

Evidemment et comme souvent, le personnage féminin n’existe pas. Elle surgit de la foule comme un mirage, puis se retrouve immédiatement réduite à un corps, à un cul supposé parfait, à un support de fantasmes. Elle parle peu, ne pense pas, ne désire jamais vraiment : elle sert surtout à confirmer l’imaginaire du narrateur. Ce n’est pas une rencontre, c’est une projection bruyante et vulgaire.

Le test de Rorschach, tu connais, Sinté ?
A mon avis, tu l'aurais raté.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 11/03/2026 à 23:24:14
Sous une plume d'une précision chirurgicale et d'une fluidité remarquable, ce texte déploie une ironie si épaisse qu'elle finit par trahir le jeu de massacre orchestré par son auteur. Il ne s'agit nullement d'une confession sincère, mais de la construction méthodique d'un personnage beauf et prédateur, un archétype de la médiocrité que l'écrivain s'amuse à charger de tous les vices pour mieux le livrer à la vindicte du lecteur. L'accumulation de détails triviaux, du Burger King aux marques de vêtements est une critique de la société de consommation. Le narrateur s'autoproclame chien sans laisse, une métaphore trop soulignée pour être honnête. L'auteur pousse d'ailleurs le curseur de la vulgarité jusqu'à l'absurde. La scène de la rencontre avec Meliza atteint un sommet d'artificialité misogyne. Les connaissance poussées du narrateur dans plein de domaines créent un contraste trop violent avec sa pauvreté morale pour ne pas être de la dérision le transformant en une marionnette intellectuelle déphasée. Il y a une suite alors on verra bien comment ça évolue. Mais là, clairement pour moi, l'auteur ne se raconte pas : il dissèque avec un plaisir sadique une figure de la bêtise contemporaine, drapant son mépris dans un style impeccable qui rend la caricature d'autant plus féroce.

Et il n'y a qu'à lire son texte "Couscous français" pour s'en convaincre https://www.lazone.org/articles/3758.html Encore une preuve qu'un texte pris isolément de l'oeuvre d'un auteur ne vaut rien du tout. Alors que le premier texte dépeint un prédateur cynique qui réduit les femmes à des objets de consommation ou à une anatomie animale, ce second récit met en scène un personnage dont le rapport au féminin est marqué par une vulnérabilité et une sacralisation presque mélancoliques. Le narrateur n'est plus dans la conquête viriliste mais dans une forme de dévotion contemplative, transformant la figure de Noor en une bouée de sauvetage émotionnelle. Contrairement au personnage du Tour de France qui cherchait une compagne d'un jour pour consommer un plaisir immédiat, Clément cherche dans la présence de Noor un remède à son vide existentiel et à sa solitude profonde. Les femmes ne sont plus des proies à traquer dans la foule, mais des êtres dotés d'une puissance morale et d'une autonomie qui dépassent le narrateur, le laissant souvent dans un état de passivité et de respect mêlé de tristesse. Enfin, là où le premier texte se terminait par l'évocation brutale d'une "pute quelconque", ce récit s'achève sur une déclaration d'amour romantique et désespérée, prouvant que la femme est ici le dernier ancrage d'humanité d'un homme à la dérive.
    le 12/03/2026 à 06:22:11
L'auteur n'est pas le narrateur et lycée de Versailles, nous sommes bien d'accord. Pour autant, doit-on accepter sans ciller de lire éternellement les mêmes clichés misogynes ? Il me semble que la question mérite d'être posée.
Mais soit, voyons la suite. Après la femme pute, la femme refuge, nous annonce Lapinchien. En attendant, je vais enfiler mon treillis pour rejoindre ma base.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 12/03/2026 à 06:49:29
Enfin, j'en sais rien... qu'il clarifie les choses lui-même s'il le souhaite. Dans "Couscous français" son personnage masculin fantasmait aussi sur Rima Hassan, rêvant qu'elle lui chie un jour dans la bouche. Je pense donc qu'il le tournait aussi en dérision et qu'il n'y a pas grand chose à conclure sur l'auteur si ce n'est qu'il aime bien les mecs qui ont des fantasmes très cons qui les rendent ridicules. Donc dans la galerie de personnages feminins de Sinté, avec la femme pute, la femme refuge, il y a donc aussi la femme eau + éléments de cellulose indigestible + fibres + lipides sous forme de savons + acides gras + bactéries mortes. Donc j'extrapole peut-être mais il n'a pas une vision stéréotypée de la femme mais plusieurs visions stéréotypées de la femme.
Sinté

Pute : 70
    le 12/03/2026 à 07:16:11
Sacrée critique Lapinchien, même si j'imagine que l'I.A a bien dû passer par là.
Sinté

Pute : 70
    le 12/03/2026 à 07:19:16
Sinon, concernant les propos de Laetitia, mes personnages féminins sont autant ridicules que mes personnages masculins, mais j'imagine que le ridicule de mes personnages féminins bloquent surtout parce que je suis un homme qui utilise souvent du récit à la première personne.
Sinté

Pute : 70
    le 12/03/2026 à 07:22:32
J'ai jamais eu la volonté de prendre qui que ce soit de haut, peu importe le groupe, au contraire j'ai tendance à m'abaisser et me mettre à la même hauteur que tous les différents types de ridicules pour essayer de comprendre. J'écris peut-être un peu trop comme un acteur des fois.
Sinté

Pute : 70
    le 12/03/2026 à 07:25:05
D'ailleurs en lisant la deuxième partie de ce texte, je pense que vous verrez bien à quel point le protagoniste est ridicule, mais un ridicule mignon.
    le 12/03/2026 à 08:56:04
Sois certain, en tous cas, que je lirai la suite avec intérêt.
Lapinchien

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Pute : 390
à mort
    le 12/03/2026 à 09:25:29
Ouais, j'utilise Gemini pour tout maintenant, sur mon ordi, portable, sur mes Ecouilles aussi, en vocal ou à l'écrit, grâce à lui je fais 1 trilliard de trucs en plus par jour et si je rencontre un problème, j'ai juste à bien lui expliquer et il me le résout point par point et je n'ai qu'à suivre les étapes une à une pour m'en dépêtrer. Chaudière en panne, chasse d'eau qui flanche, plus de bouffe et besoin d'improviser une recette de cuisine avec ce que contient ma poubelle ? Pas de problème, en 5 minutes, Gemini m'aide à tout résoudre. Il est mon cerveau, je suis ses membres, ses moignons, son bras armé sur le monde réel. Sans Gemini, je ne saurais même plus pisser sans en foutre à coté. Pour mes commentaires, c'est hybride, ce sont mes idées car les siennes sont encore assez mongoloïdes, il m'aide juste à tout mettre en forme pour gagner assez de temps pour aller me branler 123 fois de suite juste après. Mais j'éjacule seulement quand il donne le GO.
Sinté

Pute : 70
    le 12/03/2026 à 09:36:36
Le premier lapin-chien-robot.
Lapinchien

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Pute : 390
à mort
    le 12/03/2026 à 09:48:57
Et ce n'est que la phase une du guerrier super saiyan bunnydog. L'an prochain, j'aurai toute une armée d'agents qui répondront aux commentaires, rédigeront des critiques, écriront mes prochains textes, lanceront les prochains appels, feront les trailers et la com sur les réseaux sociaux, assureront le SAV auprès des relous sur gmail, simuleront ma présence dans la section admin sur Discord, et m'aideront à compléter grassement mon AAH mental en tapinant sur OnlyFans. Pendant ce temps, je jouerai au jokari avec Gemini.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 143
à cloaque
    le 12/03/2026 à 10:17:42
Par contre je suis pas sûr qu'il restera des humains sur le site.
Lapinchien

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Pute : 390
à mort
    le 12/03/2026 à 11:46:54
On sera bien trop occupés à jouer au jokari avec Gemini, tu as bien raison.
    le 13/03/2026 à 08:59:44
Lapinchien, le gredin
pris la main dans l'IA
remuant le purin
À hue et à dia
sur l'écran noir
de mes nuits blanches
un café noir
un rail de blanche
au petit matin blême
je dédie ce poême
je m'apelle Emile Louis joli
Lapinchien

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Pute : 390
à mort
    le 13/03/2026 à 09:30:45
je me sers essentiellement de l'IA contre l'IA
Lapinchien

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Pute : 390
à mort
    le 13/03/2026 à 09:49:35
...et cela inclus aussi l'IA humaine : esprits formatés, conditionnés, étriqués, conformistes, conventionnels, dociles, moutons de Panurge à œillères, cerveaux lavés, domestiqués, miroirs réfléchissants pas trop sauf ce qu'on leur demande, suivistes, esprits bornés qui se complaisent dans la fange de ceux qui ne changent pas d'avis, télespectateurs de Cyril Hanouna, bénis-oui-oui de Boloré, automates intellectuels, individus programmés, colleurs d'affiches, distributeurs de flyers, partisans de la pensée unique, clones idéologiques, esprits grégaires, orthodoxes, pianistes, et tous les gens d'extrême-droite qui n'ont pas remarqué qu'on leur avait remplacé le cerveau par du caca.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 13/03/2026 à 09:55:39
...mais je ne fais cela que dans l'optique de consacrer plus de temps à ma passion dévorante pour le jokari.
Cuddle

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Pute : 85
    le 13/03/2026 à 17:11:32
Putain LC pense à la planète un peu, tu fusilles toutes les nappes phréatiques avec Gemini.
Cuddle

lien
Pute : 85
    le 13/03/2026 à 17:23:28
Le passage sur les ovaires là, mais WTF ? Sinté t'as fait SVT cette année ou quoi ?
Cuddle

lien
Pute : 85
    le 13/03/2026 à 17:26:41
"Éjaculer de l’or liquide ; toutes les femmes s’arracheraient la semence du premier venu, viendraient les jambes écartées et la chatte béante et humide, affamée comme un puits à foutre n’attendant que ça d’être remplie." Alors curieusement sur ce passage, j'y ai vu le rituel de fécondation des poissons. Peut-être même de la truite, il me semble.
Cuddle

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Pute : 85
    le 13/03/2026 à 17:28:26
Mouais. Encore un mascu qui a pas baisé depuis 10 ans quoi.
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 13/03/2026 à 18:22:05
mais que représente une putain de planète à la con à coté du rayonnement universel, branaire, inter-dimensionnel, au travers du Processus et peut être même en portant une estocade fatale au Processeur, de la noble pratique du jokari ?
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 13/03/2026 à 18:35:14
Si tu parles de Sinté, imaginer qu'il n'a pas baisé depuis 10 ans serait l'imaginer en train de baiser in utero, et ce serait assez sale. Si tu parles du narrateur, c'est une évidence que c'est un masculiniste complètement débile, instable mentalement et donc ridicule dans toutes ses théories de golmon.
Glaüx-le-Chouette

Pute : 143
à cloaque
    le 13/03/2026 à 18:35:51
Le texte pour moi a ceci d'intéressant qu'il est problématique. Mon avis est qu'il est problématique au sens où il devrait éviter d'exister, à l'heure actuelle du moins, en cet état du moins, mais problématique aussi au sens où il pose question.

On pourrait débattre sur le texte pendant des heures, mais ce serait inintéressant ; il est suffisamment maîtrisé techniquement pour démontrer que l'auteur sait y faire avec le récit, avec la langue française, on en viendrait à pinailler et à parler de goûts et de couleurs. C'est littérairement un objet technique de bonne facture, sans plus mais correctement fait.

Mais il faut à mon sens beaucoup plus s'interroger sur le contexte de ce texte. Notre contexte, politique et sociologique.

Le modèle de l'incel est un modèle désormais bien connu ; le personnage au centre, ici, en relève pleinement, avec une naïveté immense concernant la connaissance réelle de soi-même, des femmes (prises comme un espèce animale homogène, sans variations, d'où la série de déclarations pompeuses au présent de vérité général sur leur nature et leurs appétits), une brutalité sans bornes concernant les rapports homme-femme, un langage décomplexé allant jusqu'à l'immonde et en revenant comme si c'était le même pays.
On connaît, y en a plein, des incels, des mascu, c'est une espèce dominante médiatiquement.

Mais alors, dans ce contexte, quel intérêt à créer un personnage de cet ordre ? Il n'apporte rien, dans une optique réaliste ; il n'explique rien sur notre monde ; il calque seulement ce qui existe et ce qui est visible partout. Pas d'intérêt documentaire, pas d'intérêt d'éclaircissement.

Et, par conséquent, quel effet a ce personnage ? Un effet de résonance, de chambre d'écho de ce qui traîne déjà partout dans notre arrière-plan culturel et médiatique. Il rend encore plus visible ce qui l'est déjà ; il permet à un modèle dangereux et puant d'exister encore plus.

J'ai bien lu et compris, dans les discussions avec l'auteur, qu'il y avait le projet de ridiculiser ce modèle.

D'accord ; mais où l'est-il, ridiculisé ? Où est-il plus ridicule qu'un vrai incel ? Où y a-t-il des indices certains de caricature ?
Moi je vois un personnage qui au contraire prétend à une hauteur critique, et qui applique ses préceptes, et qui gagne à la fin, sur tous les tableaux : dans le rapport de séduction, dans le rapport sexuel, dans le fait aussi qu'il se conforte à la fin dans sa distance critique déprimée de pauvre type.
Je ne vois pas du tout de caricature. Je vois au contraire une fascination.
N'oublions pas que Houellebecq a commencé sa carrière en prétendant à cette attitude de hauteur critique. On voit où il en est. Céline, même combat.

Et dans notre contexte, la fascination pour le modèle incel est un vrai problème. Ce texte est un vrai problème.

Le personnage de ce texte est une merde, et le texte ne le montre pas.

A mon avis, on peut pas écrire et publier des trucs comme ça, quand comme l'auteur, manifestement, on a la maîtrise du langage et de la pensée. Maîtriser le langage et la pensée impose une responsabilité.
    le 14/03/2026 à 18:48:01
Glaüx-le-Chouette a tout dit. Je partage son point de vue.
Sinté, j'ai lu la suite de Meliza. Tu as annoncé vouloir la retravailler, c'est toujours d'actualité, avant qu'on en fasse la présentation ?
Johan Breque

Pute : 1
    le 14/03/2026 à 23:24:00
J'ai mal à ma femme, les gars, et en même temps, comme pour ce texte que j'ai lu de ce type qui s'assume enculenfoiré, c'est un témoignage glaçant d'un univers cycliste en concordance avec la société dans laquelle il s'inscrit. En le lisant, j'ai eu l'impression de me taper un documentaire historico-social sur les plus grandes années de Poupou et compagnie autant qu'un enquête d'action sur les bois de Boulogne. Encore que les commentaires aident davantage à cerner ce personnage sordide qu'est Tim : un homme de son temps aux hormones malmenantes. Certes, on pourrait résumer la nouvelle par "un gars se tape des heures de route pour aller chopper de la meuf lors du tour" mais la plume force à une lecture plus approfondie, quoi qu'assez fumante de détails réitérés d'un paragraphe à l'autre. Y a pas de critique à formuler sur la forme mais est-ce que ça vaut le coup d'en faire un texte ? La réponse est non. Ca manque d'introspection comme l'a signalé Glaux, de morale à tirer autre que le coup d'un soir. Encore que ça donne au moins le plaisir de se croire au tour. Cela dit, j'ouvre un autre débat qui amène à question le sexisme ambiant qu'on pense stagnant dans ce récit. Est-ce que Méliza n'aurait pas elle-même rédigé ce même texte pour compter sa baise d'un soir avec un "Tim" rencontré entre deux bagnoles publicitaires ? Il ne faut pas trop en vouloir à Tim non plus. Pour baiser alégrement, il faut être deux (au moins), alors profitons simplement de ce témoignage enrichi sans se montrer trop dépréciateur de ses motivations réductrices. En espérant la suite comme annoncée en fin.
    le 15/03/2026 à 01:20:25
Faut dire des saloperies a tour de braguette? Et la poésie bordel? La belle langue que la nôtre. Vous préférez la mettre dans un anus plutôt que sur votre plume?
Lapinchien

lien tw yt
Pute : 390
à mort
    le 15/03/2026 à 04:15:12
huhu du soir, Cormary Stéphane. J'imagine que par plume, tu sous-entends GROSSE QUEUE, non ?

Sinon, je trouve que le gros problème de ce texte est qu'il évoque à peine, sans même la nommer, la caravane du tour.

Quand l'auteur dit : "Je m’apprêtais bientôt à nager (ou plutôt à faire la planche) en plein brouhaha, dans un chaos organisé comprenant Cochonou, Tourtel Twist, lancers de bons de réductions, de porte-clefs, de casquettes et autres merdes en tous genres que petits et grands allaient s'arracher comme il en est de coutume. Beaucoup de gens là-bas ressemblaient à des sponsors vivants, sapés du sommet de leur crâne jusqu’aux tréfonds de leur caleçon de jaune, de vert ou de blanc avec des pois rouges, sinon d’un florilège de marques de vêtements tellement nombreuses que toutes les énumérer serait impossible : Nike, Adidas, Puma, Desigual, Fila, Levis, Lacoste… Une atmosphère beauf absolument délirante.", je trouve c'est trop mignon et que c'est un coup d'épée dans l'eau.

Perso, j'aurais remplacé ce passage par ce petit add-on afin de bien faire comprendre à tous les lecteurs que ce texte est une satire et que tout y est présenté exagérément pour le tourner au ridicule, puis j'aurais tout stabilobossé pour que ce soit encore moins cryptique :

"Le vacarme apocalyptique de la caravane du tour s’annonça enfin dans un déluge de klaxons stridents, tel un carnaval de Rio célébrant le consummérisme avec des cotillons et confettis de produits dérivés, tandis que les chars grotesques de HARIBO « C’est beau la vie, pour les grands et les petits » déchirèrent l'asphalte brûlant. Perchés au sommet de ces structures chancelantes, des crétins payés au lance-pierre et déguisés en portions de KIRI « À la crème de lait » ou en bouteilles géantes gesticulèrent comme des possédés sous le soleil de plomb. Ces pantins grotesques, les yeux révulsés par l'ennui et la chaleur, puisèrent à pleines mains dans des bacs pour projeter des salves de GOODIES BIC « Écrit pour durer » directement dans les gencives des spectateurs, mimant un bukkake industriel où le sperme était remplacé par du polypropylène. Une pluie de SAUCISSONS COCHONOU « Le bon goût de chez nous » et de MINI-BOUTEILLES VITTEL « Buvez, éliminez » s’abattit sur une foule en transe qui se transforma instantanément en meute de loups enragés. Les animateurs aux sourires figés dans le botox, juchés sur le char PARC ASTÉRIX « Ça va vous décoiffer », expédièrent des poignées de plastoc comme des projectiles de mort, arrosant les visages déformés par la cupidité. Les grands-mères se donnèrent des coups de surin pour un PORTE-CLÉ SENSEO « Un café à votre image » pendant que les pères de famille s’étranglèrent à mains nues pour un BOB E.LECLERC « Tout ce qui compte pour vous c'est de payer moins cher ». Les crânes se fracassèrent sur le goudron dans l’espoir ultime de saisir un ÉCHANTILLON DE LESSIVE X-TRA « L'efficacité à prix X-tra » ou un MAGNET DOMITYS « L'esprit libre ». Ce fut un charnier sacré où le sang se mélangea au sirop de menthe TEISSEIRE « On l'aime un peu, beaucoup, à la folie » renversé sur le bas-côté. Les cris de douleur furent étouffés par les jingles publicitaires de LOGIS DE FRANCE « Bien plus qu’un hôtel » hurlés par des haut-parleurs saturés. Dans ce chaos, l’odeur de la sueur et de l’ADOUCISSANT SOUPLINE « Un geste de tendresse » s’éleva comme un encens vers le dieu de la grande distribution.

Un patriarche au visage écarlate s'extirpa alors de la mêlée sanglante, brandissant avec une ferveur mystique son butin composé d'une GOURDE ANTARGAZ « L'énergie est notre avenir, économisons-la » et d'un PIN’S LCL « Demandez plus à votre banque ». Au-dessus de lui, un animateur déguisé en BOSTIK « La colle intelligente » le fixait avec un rictus de dément en lui vidant un carton entier de MINI-CRAYONS MAPED « Demain se dessine aujourd'hui » sur le crâne, tel un prêtre lubrique baptisant un enfant de choeur en y balançant son foutre au fond du fion sauf qu'ici c'était une giclée de fournitures de bureau. Le patriarche regarda son fils terrifié dans les yeux et décréta que le moment était venu de lui transmettre la seule et unique leçon de vie qui valût en ce bas monde. D’un geste plein de dédain, il balança ses BOBS ORANGINA « Secouez-moi, secouez-moi » et ses ÉCHANTILLONS DE CRÈME SOLAIRE NIVEA « Prenez soin de vous » dans le fossé, méprisant ces offrandes pour plébéiens. Il ne garda que le trophée suprême, un MINI-VÉLO SKODA « Simply Clever » et des goodies LE GAULOIS « C’est tellement bon de manger français », objets de son désir le plus impur. Le silence se fit autour d'eux alors que le père déboutonna son short avec une solennité presque religieuse. L'enfant observa, comprenant que le sacré allait enfin se manifester à travers la chair et la matière plastique tandis que le char COFIDIS « Pour chaque projet, il y a une solution » s'éloignait dans un nuage de gaz carbonique.

Soudain, le papa sortit son sexe et commença à se branler de manière convulsive sur sa BANANE HARIBO « C’est beau la vie, pour les grands et les petits », hurlant de plaisir sous le soleil de plomb. Les figurants en costumes de peluches géantes applaudirent cette décharge de vie, lançant une ultime giclée de STYLOS CARREFOUR « On a tous droit au meilleur » pour accompagner l'effort du géniteur. Dans un jet de semence épique, il inonda son trophée en criant que le véritable orgasme n'existait que dans la possession pure de PRODUITS. Il se baissa ensuite pour lécher goulûment le mélange de foutre et de poussière sur son BOB DOMITYS « L'esprit libre », les yeux révulsés par l'extase de la consommation totale. « Regarde bien fiston, la vie n'est qu'un immense catalogue promotionnel où plus on accumule de capital, plus on peut s'offrir de trucs inutiles sur lesquels décharger ! » clama-t-il entre deux coups de langue. Le gamin, illuminé par cette révélation transcendantale, comprit enfin que l'existence humaine se résumait à une éjaculation permanente sur des objets fabriqués en Chine. Ce fut le sens ultime de l'univers : gagner assez de pognon pour pouvoir accumuler des trucs inutiles et se vider les couilles dessus jusqu’à ce que mort s'ensuive. "
Sinté

Pute : 70
    le 16/03/2026 à 10:00:42
Laetitia, je suis complètement passé à d'autres choses, je pense pas que j'aurais la patience de la retravailler.
    le 16/03/2026 à 20:20:46
Sinté, en fait, je confondais avec ton texte pour la Saint-Con, que tu as dit vouloir retravailler avant sa publication.

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