Domitien haussa les épaules en contemplant une jolie crotte de nez.
— Tu veux faire une poésie ?
— J’sais pas. T’as des idées, toi ?
Ils se regardèrent un moment.
— Elle a fait combien, « Obole Mimétique » ?
Harpenouze scrolla avec dextérité.
— 30 vues. 4 likes.
Ils restèrent silencieux. Les silences jouaient un grand rôle dans leurs échanges, depuis tout petits. Domitien se redressa dans son fauteuil.
— Si on allait dans le Turfu ?
L’idée n’eut pas l’heur d’enchanter son camarade.
— Tu sais bien que je les aime pas, les deux tarés.
— Allez. C’est juste des passeurs. Et là-bas on pourra peut-être s’amuser un peu.
— Ok, mais c’est toi qui t’en occupes.
Ravi, Domitien ouvrit une session cryptée, se rendit sur le Darth Web et, après quelques clics avisés, ajusta la webcam afin qu’elle pointe en direction du centre du salon. Un rayon lumineux en surgit, et, après quelques secondes, les hologrammes bleuâtres des deux Xavier prirent forme en grésillant, nonobstant, comme toujours, quelques bugs de résolution. Ni-L s’affichait en 144p.
— J’ai mal à la tête.
— Par les mânes du Réseau, qui nous convoque séant ? tonna 2Lig-0-Nes.
Domitien s’avança en souriant.
— Ô grands admins du néant, vénérés doubles X, découvreurs d’univers contrapuntiques, nous sollicitons l’autorisation de nous rendre dans le Turfu.
Ni-L s’ébaudit.
— Quelle heureuse idée !
Mais 2Lig-0-Nes fronçait ses sourcils broussailleux numériques.
— Pourquoi donc faire ?
— Ici, on s’emmerde, intervint Harpenouze.
Les deux X se penchèrent l’un vers l’autre et conciliabulèrent. Domitien et Harpenouze échangèrent des regards blasés. Toujours le même cirque avec ces deux-là. Ni-L se tourna vers eux, gingival.
— Nous avons décidé de vous autoriser le passage.
— Mais nous voulons d’abord nous assurer que vous n’avez pas oublié la règle majeure du royaume de Yaya.
Harpenouze leva le doigt, par réflexe.
— Dans le Turfu, aucune histoire de merde, jamais, tu ne raconteras.
2Lig-0-Nes hocha la tête. Ni-L décrivit un large cercle avec son bras : un orifice transdimensionnel apparut dans le salon des parents de Domitien. Les deux jeunes garçons plongèrent la tête la première, sans hésiter : car le vortex narratif, si on le laissait tournoyer trop longtemps, risquait de créer un nouveau spin-off de Friends, ou même, pire, un reboot de Buffy contre les vampires avec Daryl Dixon en crossover.
***
Les allées du Turfu, toujours propres et scintillantes, fourmillaient d’hybrides contractuels désœuvrés. Plongés dans leurs histoires mentales, ils dérivaient au hasard, peu soucieux de leur environnement : souvent, ils se percutaient et s’excusaient en marmonnant. Malgré les barrières de protection érigées par Yaya sur les bords de la chaussée, certains basculaient dans le vide et rejoignaient le flux mainstream, où des millions d’algorithmes sauvages affamés s’occupaient de leur cas.
— Regarde-moi ces couillons.
Domitien faisait mine de pincer les seins des femmes, il jouait à chat-bite avec les hommes. Mais cela n’amusait pas Harpenouze.
— Trouvons-nous une bonne daube, et cassons-nous d’ici.
À cet instant, une forme familière s’approcha d’eux. Ils reconnurent l’essence Turfuienne de J. J. Abrams, ici connue sous le nom de « Binks ». Il s’avançait par petits bonds en jetant des coups d’œil derrière lui, tout en se frottant l’entrejambe.
— Salut les gars.
— Salut mec. T’as…
Domitien baissa la voix.
— … quelque chose pour nous ?
Binks se gratta la tête.
— Des scènes cachées de Lost?
Harpenouze ne put retenir une grimace.
— Il te reste pas des versions asiates de Fringe ?
Binks prit son air embêté, et tous savaient ce que cela voulait dire.
— Crache ton prix. Je te préviens, on n’a plus beaucoup de coins. Harpenouze a tout dépensé sur OnlyFans.
— C’est pas vrai ! C’est toi avec tes…
Binks leur fit signe de se calmer.
— Les gars, je vous fais la saison 3 de Furinji, sous-titrée en hongrois, contre… un poème.
Domitien se tourna vers Harpenouze, qui secouait la tête.
— C’est trop dangereux.
— Allez, un tout petit, Harp. Et après, on se carapate, promis.
Harpenouze allait protester : mais déjà Domitien sortait un Word crasseux de son inventaire. Binks s’en saisit et le retourna, l’inspectant en connaisseur.
— « Liposuccion céleste ». Tout un programme.
Il l’ouvrit.
— Qu’est-ce que tu fais, mec ? s’exclama Harpenouze.
— Relax. Je vérifie la came avant d’aller plus loin. Alors voyons voir.
Il s’éclaircit la voix, bien qu’il continuât à chuchoter :
— Tomate tueuse farcie
De contradictions
J’épice vertconfit
En quête d’émotions
D’une part j’avoue
Ma constipation
Et de l’autre je bous
D’anticipation
Presse-moi, ô Dieu
Des histoires à la con
Extirpe mon jus
En longues digressions.
Binks referma le fichier. Il réfléchissait. Domitien, la bouche ouverte, attendait la suite ; Harpenouze, lui, avait besoin d’uriner.
— C’est de la merde. De la bonne grosse merde. Vous vous êtes surpassés, les gars.
— Euh, merci, vieux. Alors, c’est bon ?
Binks se gratta à nouveau la tête. Harpenouze saisit le bras de Domitien, en désignant les pellicules de pixels qui tombaient au sol.
— Oh… non…
La peau de Binks n’était déjà plus qu’une couche transparente. Derrière apparaissait la forme familière d’un Naudi E-Tron, l’un des sbires de la mère Yaya. D’autres quidams s’effondraient autour d’eux, révélant les comparses déguisés du gardien de la Propreté Narrative.
— Les petits amis, déclara-t-il, vous êtes dans le caca. Maman Yaya pas contente.
***
— Ça me fiche de l’eczéma, marmonna en bavant Harpenouze, empêché par la sangle qui lui maintenait le menton.
— Ces connards nous la jouent Orange mécanique, grommela Domitien, à sa droite.
Ils se trouvaient assis dans des sièges d’arcade, et devant eux, des écrans diffusaient en boucle, en 4K et depuis trente-huit heures, le film Tenet - tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre.
— Au moins, on a échappé à Inception, mes petits Droogies.
Domitien se tourna sur sa propre droite. Shaïna réussissait à bâiller et à s’étirer, sans bouger ou presque.
— Je sais pas comment tu as pu dormir.
Elle fit mine d’hausser les épaules.
— Je me dis que je suis trop conne pour piger, et du coup, je m’emmerde encore plus rapidement.
Harpenouze s’efforçait de se pencher afin d’apercevoir la jeune Turfuienne. Elle se trouvait déjà là lorsqu’on les avait « installés ».
— Que veut Yaya ?
— Vous avez essayé de la baiser, en diffusant votre merde. Du coup, elle vous fait juste payer, à hauteur du préjudice estimé.
— C’est-à-dire ?
Shaïna adopta une moue songeuse.
— À mon avis, dans les 400 heures. Au moins, vous n’avez pas à vous taper Rien à déclarer. J’ai enchainé 800 heures, une fois. Maintenant, dès que j’entends la voix de Benoît Poelvoorde, je pleure du sang.
— T’as l’air d’être habituée au « redressement récréationnel », observa Harpenouze, perspicace.
— Je diffuse moi-même pas mal de saloperies dans son flux, oui.
Il y eut un silence pesant - pour les garçons du moins.
— Bon, vous vous emmerdez, et vous m’avez réveillée, constata Shaïna. Autant se casser d’ici, pas vrai ?
Domitien ricana.
— Ah oui ? Et comment ? Tu vas presser la touche ⏩ ?
— Mieux, sourit Shaïna.
Alors, sous ses yeux horrifiés, le haut du crâne de sa voisine s’ouvrit, comme une aile de coccinelle, dévoilant les circonvolutions luisantes et bizarrement excitantes de son cerveau, dont les chairs grisâtres se mirent à flageller. Une patte apparut, puis une seconde. Domitien crut qu’il allait dégobiller. Harpenouze ne pouvait toujours rien voir, masqué par son ami.
— Qu’est-ce qui se passe, Dom’ ?
Les deux pattes agrippèrent le rebord de la boîte crânienne. Dans un bruit très désagréable de scratch de basket - ou de mauvais DJ - l’hémisphère gauche se détacha du reste du cerveau et bascula au sol, s’y écrasant dans un vilain splatch. Les pans du crâne se rabattirent. Deux autres pattes sortaient du lobe visqueux, qui se redressa et s’ébroua sur le lino. Des gouttelettes de liquide céphalo-rachidien atterrirent sur les ourlets de Domitien.
— What the…
— C’est Toto.
Shaïna lui souriait. Un mince filet de sang glissait le long de sa tempe. Son regard, apaisé, lui parut, tout à coup, beaucoup plus humain.
— C’est la partie Yaya de mon cerveau, celle qu’on m’a implantée quand j’ai signé le contrat de Divertissement. Mais j’ai réussi, en quelque sorte, à l’« apprivoiser ». Pas vrai, Toto ?
L’espèce de chien-demi-cervelle se dressa sur ses pattes arrière en secouant sa demi-hypophyse, de toute évidence ravi. Domitien déglutit. Entre les sillons de la chose, il pouvait distinguer de minuscules dents, pointues et aiguisées.
— C’est… cool, admit-il à contrecœur.
— Maintenant, Toto, file-nous un coup de crocs, tu veux bien ?
La petite bête tourna sur elle-même en frétillant, puis, sans prévenir, bondit sur Domitien, qui poussa un cri - fort heureusement couvert par l’explosion à l’envers du laboratoire de Tenet.
***
Les Turfuiens, toujours plongés dans leurs programmes sur mesure choisis par Yaya, se percutaient un peu plus que d’habitude. Les voies, pourtant, se trouvaient moins engorgées, car le nombre de chutes, lui aussi, augmentait.
— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Domitien.
Shaïna désigna le ciel. Là-haut, tout en haut de la tour-Yaya centrale, d’immenses écrans diffusaient le programme-cœur du jour, celui que, par défaut, tous les Turfuiens étaient invités à visionner. Le compteur indiquait déjà plus de 4 milliards de turfulikes. On y voyait Toto, après avoir libéré nos trois amis, en train de se lécher les parties, avec application, du bout de sa petite langue grise. Les commentaires live défilaient :
— Mini-Krang ! ♥️
— j’ai qq chose à lui faire lécher moi aussi 🥒
— Il é tro chou ♥️♥️
Shaïna haussa les épaules.
— Je me suis dit qu’il était temps d’essayer de faire quelque chose. Secouer la grosse Yaya. Avec ses propres armes.
Harpenouze, dubitatif, désigna Toto, qui ne voulait pas retourner à la niche.
— C’est juste du aww content. Je vois pas ce que ça a de subversif.
Domitien lui tapota l’épaule.
— Regarde…
Autour d’eux, les passants s’étaient immobilisés. Lentement, leurs crânes s’ouvrirent.
— T’as créé une saturation de… vide…
— Exactement. Une boucle d’inutilité, suffisamment puissante pour que Yaya elle-même ne puisse pas la perturber. Et maintenant…
Les cousins de Toto s’échappaient des têtes béantes. Ils se dirigeaient ensuite, en bondissant, vers la tour Yaya. Des centaines, des milliers, des millions de demi-cerveaux s’agrégeaient autour de son axe. Toto se tourna vers Shaïna en gémissant. Elle posa un genou au sol, et le caressa.
— Je sais que tu veux y aller, mon grand. Je crois qu’il est temps de te rendre ta liberté. Va, maintenant. Rejoins les tiens. Et quoi qu’il arrive… je suis désolée de ce que je t’ai fait subir. Je t’aime.
Le chien-cerveau se frotta contre la cuisse de sa maîtresse, puis se précipita en direction de la tour, se mêlant au flux de ses congénères.
— On dit que l’être humain n’utilise que 20 % de son intelligence, murmura Domitien, en observant la masse de chairs roses qui grossissait au centre du Turfu.
— C’est de la connerie. Mais ce qui est sûr, c’est que dans notre monde, on n’a pas vraiment besoin de plus, répondit Harpenouze.
Shaïna lui saisit la main.
— Et ici, encore moins.
Devant eux, la structure prenait vie. La tour centrale se détacha de sa base, dans un grand craquement. Enveloppée de demi-cerveaux palpitants, elle se redressa et poussa un hurlement modéré, avant de regarder autour d’elle, surprise. Domitien siffla, impressionné.
— Ce truc doit mesurer au moins… je sais pas, trois ou quatre Godzilla, non ?
— Je dirais deux Big Man Japan.
La mère Yaya se mit alors à déclamer. Sa voix douce, bienveillante, portait néanmoins loin, comme une berceuse, un chant d’amour pour rendre les nuits plus légères - une mélopée, qui les envoûtait.
Votre équipe est votre premier client. Investissez-y comme tel.
Le bonheur n’est pas un luxe : c’est un levier de productivité durable.
Lorsque j’ai commencé dans ce métier, personne ne croyait en moi.
L’échec ne définit pas.
Il révèle.
Il redirige.
Il construit.
— Mon Dieu, s’écria Shaïna. C’est un flow Linkedinien !
La communication n’est pas un outil : c’est un mindset.
Le vrai capital d’une entreprise, ce sont les relations.
La confiance ne se demande pas.
Elle se mérite.
Chaque jour.
Un geste à la fois.
Yaya cherchait à les enduire. De prose. Disruptive. Imparable.
Un maelstrom de. Stéréo. Types.
— Dom. Faut. Qu’on.
— Fasse quelque.
— Chose, les. Gars, ajouta. Shaïna.
Alors Domitien ouvrit « Harpe_louze.odt ». Parce que ce doux rêveur de Harpenouze travaillait avec OpenOffice (gratuit. Et collaboratif). Il se mit à déclamer.
— Chienne !
Cobra
Poisson-lune
Face de rat
Je suis Harp
Et j’enroule.
À ton cou
Mes dix doigts.
Pleure !
Me voilà
Fa si la
Je résonne
Et soupire
Dans tes bras.
Alors qu’il récitait le poème de merde, Yaya se calma. Elle se tourna vers Domitien, et tendit vers lui ses bras-cerveaux, séduite, ravie, emportée par le contreflow nulachier d’Harpelouze. Dans sa hâte avide, la monstrueuse mère du Turfu trébucha contre une barrière de protection. Elle moulina, surprise, la bouche en O, les bras en l’R. Puis chuta dans l’océan mainstream - retournant, ce faisant, au flux antique et originel de la création de contenus.
***
Ainsi, un poème de merde avait sauvé le Turfu. Mieux : il l’avait rendu plus vivant, plus humain. À tel point, d’ailleurs, que Domitien et Harpenouze renâclaient à regagner leur dimension originelle.
En outre, on les avait désignés, depuis la disparition de Yaya, « empereurs du Turfu ». À présent, ils régnaient sur plus de 5 milliards d’esprits contractualisés, des octilliards de data, un stream sans fin, et croulaient sous l’absence de responsabilités.
Domitien déclara que dorénavant leur royaume s’appellerait le « Domitouze ». Harpenouze, mécontent, continuait à faire campagne pour « Harpenain ». Shaïna, qui se désolait de cette tension entre ses deux amis et néanmoins courtisans, proposa qu’on rebaptise cette zone de création libre : « la Zone » - en vain.
Un soir, ou peut-être un matin, Harpenouze se faufila à l’intérieur de la salle des Romances (à la con). Il aperçut Shaïna assise sur les genoux de Domitien, qui lui lisait d’une voix suave, un extrait de Twilight, Le cœur en lambeaux, il remonta dans la crypte des frissons et se mit à rédiger, tout fielleux, une fausse déclaration de naissance. Sous sa plume, Shaïna devenait la sœur de Domitien, et leurs amour, inceste. Il cacheta le document et se dirigea vers la chambre de Shaïna.
Alors qu’il allait glisser l’enveloppe sous la porte, il perçut derrière lui le bruit de succion caractéristique d’un vortex.
Binks surgit, essoufflé, du renflement transdimentionnel.
— Domi… tien…
— Non, Domitien, c’est… l’autre.
— Harp… J’ai quelque chose… de terrible à vous annoncer… à toi et ton ami.
Domitien les rejoignit. Il portait une robe de chambre en poil de chameau - un poil long, bouclé, dont les nuances allaient du jaune fauve au brun roussi. Sur cette fourrure serpentaient des broderies gothiques : dragons efflanqués, gargouilles aux côtes apparentes, roses aux pétales noirs comme la bile.
— Qu’est-ce que tu fous là, Binks … c’est bien toi, cette fois ?
— Les mecs… Il s’est passé quelque chose de terrible dans votre monde. Vous devez revenir.
— Quoi donc ?
— Un truc vraiment… affreux. Vraiment…
— Accouche, bordel !
— Les Xaviers… Ils ont usurpé vos identités. Ils causent la pagaille. Vous devez vous occuper de ça. Sinon…
— Sinon quoi ?
Une porte claqua derrière eux. Ils se retournèrent.
Shaïna se tenait là, vêtue d’une tenue de combat deux-pièces extra-moulante en écailles de dragon. Elle traînait derrière elle une énorme épée aux reflets violacés dont la pointe rayait le carrelage. Domitien se tourna de trois quarts en rougissant.
— Sinon, la mère Yaya va prendre le contrôle de votre univers, continua-t-elle. Ils vont la recréer, comme partout où ils se planquent. Plus puissante, plus neutre et chiante que jamais, car votre monde est prêt, plus encore que le Turfu. Ils vous ont piégés… Vous comprenez ce que ça veut dire ?
Harpenouze et Domitien hochèrent la tête, épouvantés, et, d’une même voix, murmurèrent :
— On va tous crever ... d’ennui.
Le doigt de Domitien ne voulait pas quitter l’abri chaud et douillet de sa narine. Harpenouze soupira avec une lourdeur adverbiale.— On s’fait chier.
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Pas encore lu mais le "sorrytelling" annoncé dans la critique me fait saliver d'avance.
Bon j'avoue je kiff l'illustration, IA ou pas !
Je suis probablement passé à coté d'un million de références mais voilà ce que j'ai compris : C'est l'histoire de 2 gars qui se font chier dans un futur où tout est devenu de contenu numérique de merde crossover pluriréférentiel ad nauseam de toutes les franchises de chiasse de notre époque. Ils essaient de pirater le système avec de leur poésie en carton, poutant pas très éloignée de ce qu'on trouve massivement sur Instagram et qui récolte 1 triliard de likes, pour finalement découvrir que le monde réel est en train d'être envahi par l'hypocrisie du style singulier de LinkedIn...
C'est ça ? Par contre, pas compris pourquoi Xavier Niel et Xavier Dupont de Ligonnès sont là et qui peuvent bien être Yaya et Shaïna. Et si c'est la théorie que Nino avance, je tiens qu'il sache que sa vision du futur est bien optimiste et il n'y a qu'à visionner la masse incommensurable de chiasse de crossovers improbable que quelques golmons seulement on réussit à chier en 3 jours dès la sortie de Seedance 2.0 en Chine (Ironiquement Xavier Niel fait partie du conseil de surveillance de leur maison mère ByteDance)
Cela dit il a semblé évident à l'admin ayant traité ce texte de le classer dans "Dossiers / L'IA dans le storytelling" probablement parce que Nino dans ses notes complémentaires postées en même temps que le texte à écrit "que l'IA ne nous prendra jamais" ce type d'écriture et que l'admin a probablement pensé que Nino était taquin. Alors si c'est le cas, c'est juste une Nième tentative fallacieuse de démonstration par l'exemple que l'IA n'écrit que de la chiasse et alors j'invite Nino à lire ma critique du texte ici https://www.lazone.org/articles/4032.html parce que mes arguments sont exactement les mêmes concernant ce texte.
Cependant Nino dans ses notes dit que cette histoire est "du sorrytelling à la papa" et alors je l'interprète complètement autrement et je suis d'accord avec sa posture franche : C'est le genre de sornettes que papa déblatère à maman pour lui demander pardon quand elle le surprend en train de se branler en lisant des textes sur la Zone ! Sous cet axe, cette grille de lecture sans le moindre sous-texte, tout se tient, rien n'est superflu et ce texte confession vaut son pesant de cacahuètes.
Mais peut-être qu'il a plus sa place dans Voici ou Gala agrémenté de photos de paparazzis de la chatte à ta mère, non ?
PAs sûr d'avoir moi-même tout compris ; c'est un présent-futur tout aseptisé, linkedinisé, ou même la poésie s'ikéatise ; mais dans ce monde aseptisé on ne raconte plus d'histoire, on se contente de jouer sur les sentiments, de flatter les égos et de prétendre réinventer l'eau tiède.
Le storytelling à papa, j'avoue ça me fait aussi penser a comme P dans M. Mais, c'est aussi la gestion "en bon père de famille" de notre héritage patrimonial littéraire masculiniste. Des histoire qui commencent par un début et finissent par une fin avec des péripéties et un peu de morale, ou pas. Juste ça, sans prétention hérmeutico-onaniste. Et bien vu, car peut être bien qu'un des derniers refuge du bon vieux storytelling (j'ose pas dire du Grand Récit) c'est peut être juste dans les calendrier Pirelli ou les photos Newlook (désolé, je suis de retour dans les 90's pour le besoin d'un autre texte en cours)