LA ZONE -
/ Rubriques / Droguistan
DROGUISTAN - Partie 1 - chapitre 14/33France, an de grâce 2034. L'impensable s'est produit. Personne (sauf sur BFM) ne l'aurait cru. Mais n'en disons pas plus. Voici l'histoire de Ridge et ses acolytes : rédigée comme du Balzac sous Tranxen, elle est publiée façon Eugène Sue épileptique. Merci encore à la Zone d'oser l'accueillir. Bienvenu au royaume du Dragon.
Quand la première explosion a retenti Lucie s’est jetée sous un banc pensant qu’il s’agissait d’une nouvelle action des anarcho-libertariens mais juste après une seconde explosion ne lui a laissé aucun doute il s’agissait des forces de sécurité du Président lancées contre la foule en furie qu’elles aspergeaient désormais de gaz lacrymogène et Lucie savait ce qui allait ensuite se passer dès qu’un manifestant se rebellerait ils ouvriraient le feu comme cela était déjà arrivé à Rennes la semaine précédente alors elle s’est glissée hors de son banc et s’est mise à courir pour s’éloigner mais les rues étaient bouclées et tout le monde allait converger vers la place centrale et la foule déjà l’emportait avec elle bien qu’elle essaye de lutter alors que les sirènes retentissaient et que dans le ciel passaient dans un grand bam les mirages elle s’est sentie aspirée vers le cœur et savait qu’ils frapperaient là en premier et s’est mise à prier et alors elle a vu les Dragons vêtus de noir avec leurs armures et elle s’est dit que tout allait bien se passer puis la grenade a explosé juste à côté de son oreille droite.
= ajouter un commentaire =
Les commentaires sont réservés aux utilisateurs connectés.
![[imprimer]](/images/print.png)








= commentaires =
Je suis allée à Rennes, l'année dernière, une ville de punk à chiens.
Les bancs font décidément de piètres analystes politiques.
Je comprends l'intention qui a présidé à la suppression de la ponctuation - pour faire entendre un fil de pensée précipité par l'urgence et le stress - mais il me semble que ça ne fonctionne pas. D'abord parce que la pensée se modifie aussi, en de telles conditions, et la pensée c'est de la phrase ; quand on est en mode survie, on fait des phrases de mode survie, qui ne peuvent jamais ressembler à des phrases scolaires traditionnelles et châtiées auxquelles on aurait juste retiré la ponctuation. Ensuite parce qu'il me semble que le temps ne s'écoule pas comme ça, en mode survie. Tout dure infiniment plus longtemps, chaque détail est vécu en arrêt sur image, il y a la place à chaque instant pour une quantité indéfinie d'hypothèses, de décisions, d'observations. Ici on n'a guère que explosion - explosion - hypothèse - hypothèse - course - perte de contrôle - hypothèse - grenade finale.
Il faudrait lire ou entendre tous les témoignages de victimes d'attentats, par exmeple, pour se modéliser sur un truc un peu plus crédible (ou aller en tête de cortège sinon) ; ces documents sont toujours fascinants, parce que précis, coupants, extrêmement intelligents.
Ici je trouve qu'on a une humaine hamsterisée, c'est dommage.
Et moi je suis allé à Allègre en Haute-Loire et c'était très joli. Les bancs sont beaucoup plus mesurés dans leurs postures politiques.
Votre texte est comme cette grenade : il arrive sans prévenir, il fait mal et on a surtout hâte que le silence revienne. Lucie prie pour son salut, tandis que nous prions pour l'apparition miraculeuse d'un point final. Les petits Laetitia et Nino sont attendus aux rayon ponctuation par leurs mamans afin qu'il précisent urgemment leurs intentions avec ce texte. Mais ça ferait un bon scénario pour Speed 3 injecté en intraveineuse, cela dit.
Initialement il s'agissait d'un exercice tiré du bouquin de Le Guin sur l'écriture. Pis en fait dans le flux de mini chapitres ça va pas si mal je trouve. Bien sûr ici en lecture fractionnée / épisodique, ça colle moins.