Ce matin-là, comme elle le raconterait ensuite, elle s’était dit, au moment d’enfiler son casque, qu’il ne fallait jamais prendre la moto sans se trouver en parfaite maitrise de ses émotions. Or, Jérémie venait de lui annoncer qu’il se fiançait, et, quoi qu’elle affectât s’en moquer, Enid ne pouvait s’empêcher de repenser à eux.
La façon, au feu rouge, dont il chantait Bryan Adams en playback. Les souvenirs, priorité à droite, de Vienne et de Venise. La pute, au rond-point, qui lui envoyait des photos de sa chatte. Ironiquement, oui, c’est à ces photos qu’elle pensait, arrêtée à l’avant-dernier cédez-le-passage.
Il avait oublié son portable à l’appartement, un matin. Elle s’arrêtait toujours à ce cédez-le-passage, par précaution, et tant pis pour les cons qui klaxonnaient derrière. Son patron avait essayé de l’appeler. Contrôle à droite. Elle avait juste voulu décrocher. Contrôle à gauche. Trop bonne, trop conne. Nouveau contrôle à droite, on ne sait jamais. En raccrochant, elle était tombée sur plusieurs SMS en absence. Les gaz, c’est reparti.
Sur sa gauche, un bruit aigu. Les freins du camion. La remorque qui s’accroche contre la façade d’une maison, l’éventre. Les pneus qui fument et l’odeur de caoutchouc brulé.
Une dernière pensée avant l’impact :
Tache aveugle.
Le camion, freiné par le mur, percuta la roue avant à moins de cinq km/h. Il emporta la moto mais Enid fut projetée sur le côté. Par miracle, elle s’en tira avec quelques contusions.
Après quelques heures d’attente dans les urgences bondées, on la renvoya chez elle avec une ordonnance pour du Doliprane et cinq jours d’arrêt.
Elle profita de sa convalescence pour revendre à la casse ce qu’il restait de la Rnine. Mais, dès le lendemain de l’accident, Enid commença à ressentir des maux de tête, des nausées et des étourdissements.
Elle se rendit l’après-midi même chez son docteur, qui l’envoya vers un confrère ophtalmologiste. Ce dernier lui fit passer une série de tests avant de l’inviter à s’asseoir en face de lui.
— Vos résultats sont tout à fait étonnants.
Pouvait-on avoir un cancer des yeux ? Enid s’imaginait déjà avec des lunettes noires, qui ne lui iraient pas du tout.
— Je vais mourir ?
— Il semble que vous ayez … je ne sais même pas comment appeler ça. Je dirais que c’est un genre de… vision absolue.
Elle avait en effet toujours eu une excellente vision, 10/10 des deux côtés.
— Comme l’oreille absolue ?
L’opthalmo secoua la tête. Il était plutôt bel homme.
— Il ne s’agit pas d’acuité, mais davantage de spectre.
Enid se demandait s’il aimait la moto.
— Votre cerveau n’a plus besoin de compenser ce que vous voyez.
Il prit une feuille blanche, y traça rapidement deux marques au stylo : une croix à gauche, un cercle à droite. Puis tendit la feuille devant elle.
— Je voudrais faire une expérience. Regardez le cercle, là. Fixement. Ne le quittez pas des yeux. Et fermez l’œil gauche.
Enid s’exécuta.
— Maintenant, je vais approcher lentement la feuille de votre visage. Très lentement. Dites-moi quand la croix disparaît. Chez tout humain, elle disparait à un moment.
Le spécialiste avança la feuille. Centimètre par centimètre.
— Elle ne disparaît pas, commenta Enid.
— Très bien. Je continue.
Tout à coup, une violente douleur vrilla ses tempes.
— Que voyez-vous ?
La voix du docteur lui parvenait distante. Et devant elle, à la place de la feuille, à la place des cercles, et à la place du cabinet, s’étalait un paysage étrange.
Une lande sans fin, balayée par les vents, sous un ciel chargé de nuages sombres, traversés d’éclairs furieux ; du sol zébré de craquelures s’élevaient d’énormes tumulus de pierre, recouverts d’une mousse noirâtre.
De pauvres arbres morts résistaient de leur mieux aux bourrasques ; et au loin, elle devinait un fleuve couleur de sang, autour duquel, dans une brume sale… de gigantesques silhouettes se mouvaient lentement. Enid en avait le souffle coupé.
L’une de ces silhouettes dont les contours défiaient la compréhension s’immobilisa. La jeune femme ferma aussitôt les yeux.
— Tout va bien ?
Elle les rouvrit. Le docteur se trouvait devant elle.
— J’ai vu… Je me sens très fatiguée.
Il regarda sa montre.
— Je vous ramène chez vous. Irène ! Annulez mes rendez-vous de cet après-midi.
***
David dormit chez Enid. Il revint le lendemain soir. Et encore le jour d’après, à la fin de sa journée de travail.
— Je suis ton cobaye. Ton petit projet.
Elle lui passa sa cigarette et remonta le drap sur sa poitrine.
— Oui, confirma-t-il après avoir relâché la fumée. Un beau petit projet.
Il lui colla la main aux fesses. Mais Enid repensait au monde aveugle, comme elle l’appelait pour elle-même.
Elle y était retournée deux fois, dès qu’il s’était absenté, malgré ses conseils.
La première fois, dans son appartement, elle avait vu le même endroit, mais d’un autre point de vue. Elle se trouvait plus proche du fleuve de sang. Des os jonchaient ses rives - des os humains, pour autant qu’elle puisse en juger sans s’approcher. Les crânes, toutefois, possédaient une forme étrange, et étaient percés de trous au niveau des tempes.
Les silhouettes monstrueuses ne se trouvaient plus à proximité. Ce monde n’émettait aucun bruit. En se déplaçant, Enid avait éloigné la feuille de son visage et la vision avait disparu. Ses mains tremblaient. Elle avait envie d’y retourner - malgré elle.
La seconde fois, dans les toilettes du 8e étage, au travail, elle s’était retrouvée à observer le paysage d’en haut, comme si elle volait. Elle se répétait les mots de David : « votre cerveau n’a plus à compenser ».
Elle s’était mise à tourner sur elle-même en fixant sa feuille-fenêtre, gloussant comme une gamine. Et tout à coup, la bouche était apparue devant elle. Gigantesque, piquetée de milliers de petites dents pointues. Au fond de cette gueule affreuse, deux yeux porcins s’étaient ouverts. Puis la chose avait expiré, et l’odeur épouvantable - relent de corps en décomposition, d’algues et de maladies - l’avait fait défaillir. Elle s’était retrouvée assise sur le siège des toilettes, le cœur battant.
— Faut que je te parle de quelque chose, David, avoua-t-elle.
À sa grande surprise, il la crut. Ou, du moins, il faisait très bien semblant. Il contacta, dès le lendemain, un de ses amis, Hakim, neuro-ophtalmologiste qui travaillait au CHU.
Quelques heures plus tard, Enid se retrouvait, dans une blouse en coton rêche, insérée au sein de l’IRM.
— Tout va bien ? demanda David à travers l’interphone.
— Parfait. T’as toujours rêvé de baiser une cancéreuse, non ?
Le bourdonnement lui fit bien vite fermer sa « grande gueule ». À la sortie, après avoir vomi et s’être rhabillée, elle patienta en compagnie de David dans le bureau d’Hakim.
— Tu penses que je suis folle, pas vrai ?
— Je pense que tu as juste pris un « pèt’ au casque » lors de ton accident, sourit-il en repoussant sa mèche.
— Une micro-hémorragie corticale, juste là, confirma Hakim. Je peux l’opérer dès demain. Peu de risques. Il s’agit juste d’un drainage sous anesthésie générale.
L’opération se déroula sans heurts. Après une période d’observation de 48 heures, Enid put rentrer chez elle.
Le soir venu, n’y tenant plus, elle demanda à David de refaire le test. Il approcha la feuille, lentement, de son œil. À chaque millimètre, elle redoutait de voir surgir le monstre hideux dans son champ de vision.
— Moins vite, David… s’il te plait.
— Souviens-toi. Ce n’était que ton cerveau. Ta propre imagination.
Tout à coup, le cercle se mit à trembler. Elle retint sa respiration.
Il disparut. Puis réapparut.
Enid éclata en sanglots. David l’enlaça.
— Tu es guérie. Je te l’avais dit.
— Dommage. Je ne pourrai pas plaider la folie, alors ?
Il fronça les sourcils.
— La folie ?
— Laisse tomber !
Elle lui sauta dessus, le couvrant de baisers.
***
La nuit, elle finissait par y retourner. Pas longtemps : elle apercevait juste le paysage torturé, les grandes ombres parfois. À chaque fois elle trouvait le monde aveugle un peu plus sombre, et sentait se rapprocher la présence. Elle se réveillait en sursaut, incapable de se rendormir.
Sur les conseils de David elle commença un traitement. Mais les hallucinations continuaient : et les médicaments l’empêchaient de se réveiller. Lorsqu’enfin elle parvenait à ouvrir les yeux, les tremblements et le sentiment d’oppression mettaient des heures à s’évanouir.
Elle décida de cesser son traitement. Elle passait ses nuits à lutter contre le sommeil, devant la télévision, et revenait se coucher juste avant l’aube.
Un soir, David lui tendit, au repas, la boite d’Hydroxyzine qu’elle avait oublié de vider dans les toilettes. Elle ne chercha pas à nier.
— C’est stupide, Enid. Tu as besoin de dormir, et tu as besoin de ça pour dormir.
— Je refuse de devenir dépendante.
— Dépendante ? Mais tu es déjà dépendante.
Elle se leva, furieuse, sans toucher aux cannellonis.
— Comment ça ?
— Tu es dépendante à moi. C’est moi qui fais la cuisine, qui t’emmène au travail - quand tu y vas - et à tes rendez-vous médicaux. C’est moi qui remplis ta paperasse, et je fais même ta lessive, Enid. Tu te renfermes de plus en plus sur toi-même, tu ne sors presque plus depuis l’opération. Tu vis dans ton petit monde.
Elle resta sans mots. Elle se revoyait avoir la même discussion avec sa mère, quinze ans plus tôt. Il avait raison. Elle prit un comprimé, et l’engloutit avec la sauce tomate. Ils allèrent se coucher, trouvant un terrain d’entente dans le lit, jusqu’à ce qu’elle s’endorme.
Lorsqu’elle se réveilla, elle se trouvait dans la pénombre. Elle se crut d’abord dans la chambre, mais une rafale de vent glacé s’abattit sur elle, apportant les odeurs de pourriture désormais familières du « monde aveugle ». Elle tâcha de garder son calme. Se concentrer, se réveiller. Ouvrir les yeux. Elle essaya, en vain. Foutus médicaments !
Alors, elle sentit la présence, autour d’elle. Étouffante. La chose était là : partout, dans l’ombre. Elle se mit à crier.
— David ! David ! Aide-moi ! Ouvre mes yeux !
Elle entendait quelque chose. Une plainte apportée par le vent. Un gémissement, lointain. Des pleurs ...? Quelque chose de froid et visqueux la frôla. Elle n’osait pas bouger, car elle ne reconnaissait pas son monde aveugle dans cette nuit.
Il s’était effondré sur lui-même.
Le gémissement cessa soudain, suivi d’un cri glaçant, beaucoup plus proche. Enid se retourna.
— David… ?
Quelque chose bougeait. Quelque chose de gigantesque, bien plus grand que la bête qu’elle avait croisé, quelque chose dont les dimensions défiaient l’imagination, la logique-même. Et elle ressentait…
… un appel. Puissant, intime.
Elle tentait d'y résister, de toutes ses forces. Les voix se précisaient. Elles scandaient des paroles incompréhensibles. De plus en plus proches à présent.
Elle devait ouvrir les yeux. Se réveiller, maintenant.
Ouvrir les yeux. Ouvrir les…
Enfin. Après de longues minutes elle y parvint.
Elle chercha à tâtons son téléphone.
Sa main tomba sur un amas de chairs flasques qui frétilla et se retira dans un bruit de succion, la laissant mortifiée. Les voix se firent à nouveau entendre, lointaines, mais en marche. Elles venaient la chercher…
Enid se mit à hurler.
***
David ne l’avait pas déplacée. Ils la trouvèrent allongée sur le sol de la salle de bain, baignant dans ses propres excréments. Elle gémissait en répétant en boucle :
— Il me cherche… Il me cherche…
Les médecins conclurent qu’elle s’était crevé elle-même les yeux avec ses ongles. David fut innocenté. Il vint la visiter au début, mais Enid n’était plus vraiment là, désormais prisonnière, pour de bon, de son « monde ».
Plus tard, les enquêteurs firent le lien avec la schizophrénie de la mère d’Enid. La prise de médicaments avait provoqué un épisode psychotique aigu. Des lésions irréversibles.
Jérémie prit le relais. Il représentait la seule « famille » qui restait à la jeune femme.
Il récupéra son téléphone et eut la lourde tâche de répondre aux personnes qui demandaient de ses nouvelles.
Il tomba par hasard sur un répertoire de vidéos intitulé « Mauvais Œil », et ouvrit sans réfléchir la première vidéo.
Il crut d’abord à une illusion d’optique.
Enid connaissait le trajet par coeur. Cela ne l’empêchait pas de faire preuve d’une extrême vigilance. Elle ne possédait sa Rnine T que depuis quelques jours. Le précédent propriétaire lui avait indiqué que la bécane pouvait se montrer capricieuse à bas régime ; aussi, elle modifiait sa conduite, habituellement plutôt relaxée, pour garder le moteur dans les tours. = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
Bonne intrigue, écriture toujours fluide, mais la fin tombe un peu comme un cheveu dans le bouillon.
C'est très maîtrisé tout ça, j'aime beaucoup le sujet et le style mais comme AB, je crains d'être un peu passé à côté de la toute fin. Cela étant dit ça ne gâche rien alors...
D'abord, bordel, quel dommage, cette fin. On nous donne une résolution, de merde du reste (la schizophrénie a tellement bon dos qu'on se demande si elle signifie encore quoi que ce soit dans la tête des gens qui l'emploient comme ressort dramatique), et juste après, tentative de retournement de situation et de cliffhanger, mais même pas élaboré, juste lâché là. C'est la grosse faiblesse du texte.
Et c'est dommage parce qu'en dehors de ça j'avais plein de trucs positifs à dire, et maintenant va falloir que je me force pour les dire quand même. Chier. Sabordage en règle.
Bon.
L'idée est super, du fantastique associé à une idée originale, un truc un peu scientifique mais pas trop, qui laisse de la marge pour l'imagination du lecteur, qui le laisse tester lui-même la possibilité ou non de la chose, la vraisemblance ou pas ; un truc qui soit crédible, sans l'être tout à fait ; j'aime bien, je suis, c'est cool.
Le style est relativement fluide (les cannellonis m'ont bloqué, je sais pas pourquoi, je me suis demandé ce qu'ils foutaient là, mais peu importe, le reste, ça passe), mais surtout sans prétention et ça j'aime bien. On a l'impression d'un texte qui s'écrit sans trop d'effort, sans trop d'intention, un peu encore à vrai dire, mais, disons, un style discret. Ca me va.
La longueur, bien ; je pensais ramer, et en fait, c'est passé tout seul.
Au-delà de ça, m'ont gêné :
- le début, compliqué, d'une part parce que j'en ai rien à carrer des motos, mais d'autre part parce qu'il m'aurait fallu un doctorat en code de la route et en balistique des véhicules motorisés pour capter vraiment ce qui se passe, et parce que là, le style m'a semblé haché, hésitant, très peu fluide ;
- la rapidité des évocations du monde aveugle, alors que C4EST TON ID2E 9A? OH? C4EST 9A QUE T4INVENTES ET QUI EST ORIGINAL, alors montre-le nous, de grâce, s'il sied à ta bordel de timidité littéraire. T'as trouvé un truc cool à écrire, écris-le, merde, nous laisse pas comme des crétins tout suants avides et saouls de désir PRENDS6NOUS TOUSTES LITT2RAIREMENT MON SALAUD sans vouloir te commander.
Après, quand même, les cannellonis, franchement, POURQUOI.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est de s'en tirer avec quelques contusions après s'être encastré le cul entre un camion et un mur de maison.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Élysée.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est de diagnostiquer une vision absolue comme si les PUTAIN DE PH2NOM7NES PARANORMAUX 2TAIENT REMBOURS2S PAR LA S2CURIT2 SOCIALE §§§
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l'avis du Conseil supérieur de la magistrature n'a pas été dans ce sens.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est un médecin qui annule tous ses rendez-vous de l'après-midi pour raccompagner une patiente qu'il vient de rencontrer alors que ça lui fait un manque à gagner énorme en dépassement d'honoraires avoisinant ce qu'il paye chaque années aux impôts donc c'est du pur délire.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que le médecin s'installe chez sa patiente dès le lendemain ALORS QU4ON N4EST CLAIREMENT PAS DANS UN SPINOFF DE GREY4SANATOMY §
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m'expliquer devant un certain nombre d'instances.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est qu'on peut battir des relations de couple sérieuses en les fondant sur des transactions sexuelles basées sur des cannellonis.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est qu'il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d'intérêts.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu'ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d'un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est de parler de baise alors qu'on a la thyroïde bombardée de particules sur le principe de la résonance magnétique nucléaire qui utilise les propriétés quantiques des noyaux atomiques pour la spectroscopie en analyse chimique.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie, et il est légitime qu'il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est de se crever les yeux avec les ongles, une prouesse anatomique et de volonté assez peu probable.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas celles de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu'il est bon que l'ensemble des sensibilités politiques soient représentées.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m'occuperai pas de tout, et j'aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est la police qui conclut à la schizophrénie héréditaire alors que les policier n'y connaissent rien à la schizophrénie héréditaire, de la même manière qu'ils n'y connaissent rien à l'informatique de base, de la même manière qu'ils n'y connaissent rien au dialogue entre deux humains sans dégainer un gun, de la même manière qu'ils n'y connaissent rien à rien, en fait. Pourquoi je me fais chier à tout lister ?
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que mon ennemi ce sera la finance.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est de croire qu'un anaphore ne peut malheureusement pas transformer une ambition en réalité.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est la fin qui suggère qu'on peut filmer un délire schizophrénique et que ce texte n'est pas en vérité le scénario d'un pur nanar tiré de l'imagination sans limite de Max Pécas.
Une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est que tous ses personnages sont François Hollande.
Cannelonis fin et persos flamby
Noté
Par contre a 5km/h et a l'arrêt, y a moyen de s'en sortir, c'est un peu miraculeux oui, mais camion ralenti par le mur, et surtout gros coup de chance d'être éjectée de la bécane. Pas super réaliste mais pas impossible
Hop, ce texte vient de gagner un point dans ma note, car une des seules vraies hallucinations dans ce texte, c'est qu'il a permis le commentaire ci-dessus et que j'ai plus besoin de drogues pendant au moins deux jours désormais.
(celui de Lc)
(celui de Nino m'a encore plus embrouillé et maintenant va falloir que je relise celui de Lc pour arrêter de fibriller)
Première question : mais où va-t-il chercher tout ça ? Ce que j'envie à Nino, c'est sa puissance à imaginer.
Deuxième question : cette expérience avec la croix et le cercle, elle a une base réelle ?
Ensuite, moi j'aime bien la fin justement. Parce qu'elle est abrupte et laisse tout imaginer de ce dont a été victime Enid. L'explication par la schizophrénie, ce n'est pas celle qu'assume la narration, mais celle à laquelle a recours le corps médical pour rationnaliser l'inexplicable. Comme dans tout récit fantastique, il y a hésitation entre une explication rationnelle et une explication irrationnelle d'un phénomène étrange.
Non, moi, la seule chose qui me déplaît dans ce récit, c'est la relation prévisible entre l'ophtalmo et la jeune femme.
Ah si, il y a aussi le prénom Enid. Pendant toute la lecture, j'ai pensé à Enid Blyton, l'auteur de OUI-OUI. Et ça fait pas sérieux.