Pierre était revenu vers elle quand il avait jugé qu'elle seule avait la solution.
Ils s'étaient connus vingt ans plus tôt.
A l'époque, il dirigeait un laboratoire en fac, et grâce à un mélange de fonds privés et d'héritage, il avait développé une démarche unique.
Convaincu que tout ce qui relevait du supranaturel n'existait pas, il avait proposé une somme colossale, un million, à quiconque était susceptible de prouver, dans des conditions observables, en laboratoire, filmé sous tous les angles et enregistré, qu'il avait un pouvoir.
La plupart étaient de pauvres hères qui ne cherchaient pas à arnaquer les gens, mais étaient simplement certains qu'ils avaient réellement un pouvoir. Ils s'étaient tellement raconté une histoire qu'ils étaient convaincus que ça allait marcher et ils étaient surpris que ça ne soit pas le cas.
Et puis il y avait eu Sandra.
Sandra, c'était une petite brune, qui devait avoir entre 25 et 30 ans, haute comme trois pommes. Apparemment banale. Comme les autres.
C'était seulement à postériori, en y repensant, qu'il s'était rendu compte qu'il y avait dans son regard quelque chose que les autres n'avaient pas.
Il lui avait demandé ce qu'elle savait faire.
Elle avait répondu:
— Pyrokinésie.
Et avait été surpris par la suite de son discours.
Elle lui avait dit :
— Le pognon, je m'en fous. Vous pourrez le garder. Je veux simplement me prouver, sous les yeux de quelqu'un d'autre, ce que je sais faire.
Il l'avait installée, comme les autres, dans des conditions qui lui permettraient de savoir si oui ou non, elle avait un pouvoir.
Il n'attendait rien.
Et il avait été très surpris.
Il avait disposé plusieurs types de documents dans la salle vitrée. Des capteurs sur elle, des caméras autour.
A posteriori, en y repensant, il avait effectivement senti chez elle quelque chose, une sorte de force tranquille, que d'autres n'avaient pas forcément.
Dans le local clos, ça s'était passé très vite. Elle avait fixé son attention sur un magazine, et il avait immédiatement brûlé. Et pas quelques flammèches. Des flammes immédiatement puissantes, comme à un degré bien supérieur d'un incendie.
Et en déplaçant son attention sur d'autres objets, ça avait été pareil. Quelques secondes, une absence apparente d'effort, et ça avait brûlé.
Il avait été sidéré. C'était la première fois qu'il voyait ça. Qu'il sentait surtout ça. Cette puissance en elle, naturelle, implicite, faisant partie de sa personnalité.
Assez curieusement, ils avaient sympathisé. Sans doute parce que l'un avec besoin de l'autre. Lui, il avait, dans un paradoxe, envie de trouver quelqu'un qui AIT réellement des pouvoirs même s'il affichait une attitude critique et était convaincu du contraire. Quant à elle, d'évidence, elle trouvait sans doute pour la première fois quelqu'un qui la comprenait et qui ne la rejetait pas, quelqu'un dont elle ne devait pas se cacher.
Il y avait eu quelque chose qui avait duré trois ans. Rien de sexuel entre eux. Plutôt un rapport père/fille.
Sandra avait fini par accepter le million qu'il voulait lui verser. Il était bien conscient qu'elle était différente, trop différente pour s'intégrer dans la société. Ce million lui permettrait de prendre de la distance.
Ainsi, et il le savait bien, il avait creusé sa propre tombe. Condamné à la perdre. Un jour, comme il le prévoyait, elle finit par lui dire.
— Il faut que je parte. Si tu as besoin de moi... Je te donnerai de mes nouvelles régulièrement.
Et effectivement, elle avait tenu parole. Pierre avait régulièrement reçu des nouvelles.
Ça avait été quand le gros blond cinglé était revenu au pouvoir qu'il avait pensé à elle. Et encore plus dans les mois qui avaient suivi. Quand il s'était mis à sciemment détruire tout ce qui existait depuis l'après-guerre et qui garantissait une stabilité.
Il avait pensé à elle. Ils s'étaient vus quelques mois plus tôt, ils se voyaient une fois par an à peu près. Se retrouvant comme s'ils s'étaient quittés cinq minutes avant. Elle avait mûri, pris en tranquillité et en maturité.
Elle était installée, depuis deux ans, en Italie. Il avait été lui rendre visite.
Elle avait une fille, qui avait huit ans aujourd'hui, et qui présentait, il avait pu s'en rendre compte, le même potentiel de pyrokinésie.
— Je ne t'ai jamais rien demandé, mais ça va être le cas cette fois.
Il avait pensé qu'elle dirait non. Au lieu de cela, elle avait souri et dit:
— C'est la meilleure chose à faire.
C'était comme cela, que, des semaines plus tard, ils s'étaient retrouvés à Washington.
Devant la Maison-Blanche.
Comme des dizaines d'autres touristes qui déambulaient dans les rues.
Les mesures de sécurité étaient ultra-drastiques dans l'enceinte de la Maison-Blanche et devant.
Mais cela n'avait aucune importance.
Même de bien plus loin, elle aurait réussi sans problème.
Ils avaient fait le voyage ensemble. Heureux de se retrouver sur un plus long terme, et sereins par rapport au but qu'ils s'étaient fixés.
Elle s'était posée. L'avait regardé.
— Tu es prête?, il lui avait demandé.
— Il faut le faire. Pour le bien de tous.
Ça s'était déroulé d'une manière étonnamment fluide et rapide.
Comme la première fois.
Comme toujours.
Ça avait duré...
Même pas trente secondes.
Avant qu'elle ne se tourne vers lui et lui dise:
— C'est bon.
Ils s'étaient éloignés tranquillement et avaient pris une semaine pour visiter le pays avant de rentrer en Europe.
MORT D'UN PRESIDENT: LE MYSTERE DEMEURE
par Geneviève Bonassieux
C'est une tragédie d'un genre inédit qui vient de se dérouler aux Etats-Unis, dans un pays où la violence est certes très commune, mais il s'agit ici d'une violence inédite et inexpliquée.
Pénétrant dans le bureau ovale, la secrétaire du Président Américain a trouvé celui-ci totalement calciné, un corps seulement identifiable grâce à sa célèbre chevelure, elle restée intacte.
Le Maison-Blanche a été immédiatement sécurisée, sans que l'on comprenne ce qui s'était passé. Certains soupçonnaient un attentat, mais nulle trace d'une présence étrangère n'était trouvée sur les lieux.
Le pays au-delà du choc, a alors connu le même chemin qu'en des temps plus lointains. Le vice-président a du rapidement prêter serment pour remplacer le premier élu de la nation.
Une semaine après cette tragédie, si les affaires ont repris leur cours, après que le pays ait été bouclé, il n'en reste pas moins qu'on ne sait absolument pas ce qui s'est passé.
L'enquête continue.
Pour enfin en finir avec Donald... = ajouter un commentaire =
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= commentaires =
I'm the bitch you hated, filth infatuated
Yeah
A chaque fois putain... C'est plus fort que moi.
Au moins, ça raconte vite fait un truc, et il y a crâmage.
Et je trouve le titre subtil : le firestarter, c'est Sandra ou c'est Trump ?
Mais il ne se passe pas grand-chose.
Et puis Prodigy a chassé "Les valses de Vienne" qui tournait en boucle dans ma tête depuis hier, donc merci.
J'ai bien aimé le style même s'il est assez conventionnel pour ce genre d'histoires. Le choix de con de néo-nazi à cramer est excellent, bien sûr. Trump est au sommet du podium de la connerie mondiale depuis plus d'une décennie, champion toutes catégories, même.
Cependant, je pense que les seuls super pouvoirs réellement efficaces contre la post-vérité de Trump, ce sont la science et les idées progressistes. Aussi invoquer la pyrokinésie, pour moi, c'est décrédibiliser les vrais. Et ce super vilain ne s'y trompe pas de son coté puisqu'il les cible avec la censure vu que les autodafés, il doit y penser mais il s'en méfie, même si les duckfaces devant les bûchers de livres jugés woke auraient de la gueule pour ses followers sur Truth Social, parce que c'est un peu trop old school.
Aussi j'ai trouvé le concept global de l'histoire assez faible. J'ai quand même suggéré aux autre admins de retenir le texte car l'idée de se tirer une balle dans le pied me plaisait bien, pour ressentir un peu la douleur que ça fait. J'aime bien faire des expériences autodestructrices extrêmes avec mon corps, pour savourer la douleur dans l'instant, un peu comme Tyler Durden avec ses brûlures chimiques, sauf que perso, je mets plutôt ma bite dans le grille-pain. Mais en dehors de cette hygiène de vie, je ne vois pas trop l’intérêt.
Premier texte de l'édition 2026 qui comprenne et respecte le sujet, hourra.
C'est vraiment très très léger, pas très écrit, plutôt raconté comme on dirait une anecdote oralement (à part l'article final qui est une bonne idée mais j'aurais préféré si le style avait été un peu plus visiblement et caricaturalement journalistique), mais au moins, y a un mec qui crâme et qui mérite l'adjectif de "con".
Le truc de la chevelure qui demeure m'a fait sourire.
Le reste bof, je me suis un peu ennuyé, mais c'est suffisamment rapide pour que ça reste sympatoche.
Une bonne idée, pas élaborée, mais une bonne idée quand même.
Au crédit (ou pas) de l'auteur et de mémoire son texte a été l'un des tous premiers reçus dans le cadre de l'AAT mis a jour (genre il a du l'écrire en 24 h, ou alors il a un don de voyance, ou alors il était prêt à faire feu CMB
Waw le truc est elliptique à souhait, tellement peu explicatif qu'il y a plein de détails qui m'ont paru trop simplistes, rendant le récit bancal. On dirait un script de comic-book un peu concon avec des personnages à la psychologie inexistante.
Et ça m'a pas du tout frappé si c'était censé être drôle ou satyrique. Pourtant le potentiel comique de dingue était là grâce à cette profondeur scénaristique exceptionnellement baclée.
Ainsi, l'expérience qui ouvre le texte sort de nulle part. Elle ne semble pas poursuivre d'autre but que de faire de la zététique (on en sait pas plus). Et la nana se pointe pour "simplement [se] prouver, sous les yeux de quelqu'un d'autre, ce [qu'elle] sait faire". D'après ce que je comprends elle crame ce magasine en un claquement de doigt, puis plusieurs autres objets. Quel intérêt d'aller dans un labo pour "se prouver" un truc aussi manifeste (et accessoirement de refuser le million dans la foulée) ? La formulation est bizarre ou alors elle aurait nécessité de creuser les motivations du personnage à chercher cette validation.
Bon, du coup c'est acté que c'est potentiellement la première personne de toute l'histoire de l'humanité à avoir un pouvoir kinésique observé scientifiquement. La suite ? Bah ils s'entendent bien pendant trois ans, puis elle se barre. C'est à peu près tout. Ok. Rien d'autre, pas d'explications sur leurs motivations, ni pourquoi ils ont un lien aussi profond, ni pourquoi ils se séparent, ni sur la nature du super-pouvoir approuvé en labo (ta gueule c'est magique), ni sur pourquoi elle finit par accepter la tunasse. Ou alors ça reste très flou, marchant à l'économie de détails. Il y a aussi, de manière très inattendue, zéro conséquence sur le destin du monde et des personnages. Ils vivent l'événement comme dans une bulle. Pourquoi ?
Ça fait beaucoup de choses qui ne sont pas justifiées scénaristiquement.
Et puis Trump est élu. Un poil de couille dans l'histoire. LE MAL. L'unique. On développe pas plus loin là non plus, à part une vague phrase contextuelle. Pas besoin : ON SAIT. La cible en devient consensuelle, elle ressemble à un monsieur carnaval.
Et s'il y a trois lignes de dialogues pour conclure la crémation, putain, fallait au moins que ça ai un peu d'impact. Là les répliques sont nulles, pas travaillées, limites drôles tellement elles sont en décalage avec la situation.
La fin en manchette de presse n'apporte absolument rien au récit en terme d'ambiance ou de pertinence. Elle sert juste à remuer de la cendre froide dans un langage journalistique bâclé. Trump est dead, un autre le remplace, nos deux protagonistes font du tourisme dans les parcs nationaux californiens et mangent dans des restaus tex-mex en Arizona, et le monde continue à tourner comme avant...
Au final, ça crame, oui, mais ça carbure à rien du tout.
L'auteur a un sens des priorités complètement foireux : il tartine pendant des lignes pour expliquer des évidences, puis bâcle en vitesse éclair le seul moment où il devait envoyer du lourd. On nous prend par la main pour décortiquer Pierre — sceptique, mais pas trop, rationnel, mais ouvert, merci le mode d’emploi — comme si j'avais besoin d’un GPS émotionnel.
Et quand il s’agit de cramer quelqu’un ? Rideau. Ellipse expédiée, torchée en deux phrases molles. La scène de pyrokinésie du début, qui n’est même pas l’enjeu, a droit à un minimum de chair. Mais la crémation du président — le putain de cœur du sujet — se résume à du vide type “fluide et rapide”. Traduction : l’auteur s’est dégonflé.
Le texte passe son temps à commenter, justifier, moraliser (“pour le bien de tous”, sérieusement ?), comme s’il avait peur d’assumer ce qu’il raconte. Même le meurtre arrive avec une petite étiquette “c’est OK moralement”, au cas où.
Je n'avais pas vu le coté "tellement aseptisé de ce texte qu'à coté un bloc opératoire pour une transplantation cardiaque ressemblerait aux écuries d'Augias" mais maintenant que tu mets le doigt dessus, ça me saute aux yeux à la relecture.
Toujours prête à aider ^^
On dirait un synopsis. Ensemble mal torché avec des choix de développement qui ont l'air aléatoire. Aucun effort stylistique. Vite lu, vite oublié.
Ce texte ne poursuit qu'un seul but : cramer un con, comme le voulait la consigne. Tout le reste n'est que prétexte : le pouvoir de pyrokinésie, les personnages, le choix même de Donald Trump car un autre super méchant aurait tout aussi bien pu faire l'affaire.