Thèmes
- 2026 :
- Une bonne année en perspective.
Textes :
-
Retailleau
par
Marcel Solide
Un format original pour la Saint-Con 2026 proposé par Marcel Solide : un tableau formidable qui m'a d'abord rappelé Le Portrait de Dorian Gray avant que je voie en me rapprochant Retailleau en train de fondre, et une chanson à texte à base de merde et de morceaux de Retailleau, sur un fond sonore post punk anal. Alors, comment dire ? Dans la chanson, l'auteur assume on ne peut plus clairement la redondance entre le sujet et sa façon de le traiter. Mais, outre que le tout n'apporte rien à la connaissance du personnage, quel besoin de chier dans la tête de Retailleau, puisqu'elle en est déjà remplie ? Une provocation sans fondement, qui laisse en suspens la seule question qui vaille : liquide ou solide, la merde ? -
La Personne la Plus Conne du Monde
par
Chauvin Marc
L'auteur livre une analyse d'une lucidité féroce, presque un traité philosophique teinté d'humour subtil qui entreprend d'identifier la « personne la plus conne du monde ». En disséquant des critères comme la simplification abusive, l'absence de nuance, la certitude permanente et le succès malgré les contradictions. Politicien ? Influenceur ? Personne publique ? Il dissèque, il compare, il compile… Si le verdict des algorithmes fait mal, le texte est si brillant qu'on comprend pourquoi tout le limon de la résurgence néo-nazie est en place puisque les fascistes misent tout sur la pauvreté des slogans et l'appel aux plus bas instincts pour fédérer. On regrette l’absence de crémation, et on aurait aimé se faire titiller les rétines avec une petite flammèche. -
Nihiliste
par
Sylvain Fesson
Si cette chanson semble de prime abord dénuée de crémation physique, elle s'inscrit pourtant avec force dans la Saint-Con en fustigeant une forme d'idiotie contemporaine léthargique. L’auteur y dresse un réquisitoire contre les cons du quotidien qui s'accrochent à leur confort superficiel tandis que le monde s’effondre. Il énumère ainsi les spectateurs passifs des salles obscures, les adeptes des terrasses aux discussions vaines et les traders parisiens aliénés par leurs écrans et la quête de likes. Plutôt que d'allumer un bûcher réel, le poète choisit de les cramer à froid par le mépris et l'ironie mordante d'un refrain qui souligne leur déconnexion totale avec la réalité. Cette mise à feu métaphorique s'opère en transformant leurs distractions banales en actes de régression affligeants face à l'urgence du monde qui brûle. En les confrontant brutalement à l'inanité de leur existence à leur inaction, l'auteur réduit leur prétention au silence et à la cendre. De plus, le monde en flammes ne va pas tarder à les brûler de toutes façons. -
FIRESTARTER
par
jerome bertin
Quand un riche scientifique rencontre la cousine de Charlie, ils décident, dans un élan d’humanisme, de faire brûler le con le plus puissant de la planète. Le titre de ce texte laissait espérer, au mieux, un feu d’artifice, au pire, un hommage à Prodigy. Mais c’est surtout le lecteur qui trinque, à coups de verbes faibles et de retours à la ligne. A posteriori, en y repensant… cette petite bluette gentillette fait l’économie de la crémation en bonne et due forme, pour mieux nous laisser avec une perruque et un entrefilet. -
Que la nuit demeure
par
HaiKulysse
Que dire ? C'est un texte hypnotique, et incandescent compte tenu du sujet. Un incendie littéraire où se croisent un enquêteur, des fous de dieu à combattre, un cyclope pyromane, des drogués et de malheureux villageois terrorisés, au milieu d'un paysage tantôt calciné, tantôt inondé, tantôt glacial. A ma place, Lapinchien vous ferait un topos sur le cut-up pour vous expliquer qu'il n'y a rien à comprendre, qu'il n'y a qu'à se laisser porter. Alors je me suis laissé porter par les images, et ça m'a offert un bon trip sans avoir besoin de sniffer. Mais comme je ne peux pas me résoudre à ne pas comprendre, je vous livre un semblant d'interprétation qui vaut ce qu'elle vaut. Evidemment, il vaut mieux que vous lisiez le texte vous-mêmes auparavant. Des insurgés californiens combattent une bande d'évangélistes extrémistes descendants des adorateurs de Moloch. Dans ce monde rendu à la barbarie, les outils de la modernité -notamment numériques- se révélant inopérants, le salut de l'humanité est entre les mains de révoltés prêts à soulever des montagnes pour retarder l'avancée incendiaire de leurs fanatiques ennemis. Quoi qu'il en soit, un traitement original de la Saint-Con que je vous recommande. -
Saint Con, bordel de nom
par
Mario-Nicola
Bravo Mario-Nicola ! Après relecture des consignes de l'AAT, voilà que Monsieur nous chie l'hymne national de la Saint Con ! Sortez les fanfares, sortez vos grosses trompettes, ouvrez vos cul pour souffler un bon coup et tous en chœur : "C’est la Saint Con, bordel de nom, On fout nos travers au diapason. On balance au feu nos illusions !" Au moins 10 view, le nombre d'auteurs actifs, sur Youtube. TOUS ENSEMBLE : Pompelup ! POmpelup ! POMPELUP §§ -
Confessions brûlantes
par
Lindsay S
Ce texte, via le traitement d'un cas particulier, est un puissant brûlot contre le patriarcat. Peut être que les preuves par l'exemple existent finalement ? Parce que personnellement, ça m'a totalement convaincu que le patriarcat peut pousser des femmes à bout et à commettre des actes désespérés à force de s'en prendre les scories sur le coin de la gueule au quotidien. C'est un texte réponse à la première consigne mais notons tout de même que le fascisme est un des aboutissements ultimes du patriarcat. Les deux autres étant le capitalisme libéral et le conservatisme religieux. -
Feu
par
Glaüx-le-Chouette
« Feu », c’est comme si, pour le texte de merde, t’intitulais ton texte « merde ». Touchante expression d’un esprit bien ordonné, pour lequel « brûler un con » se trouverait quelque part entre « faire la lessive » et « couper du petit bois pour le redoux ». Sur la même liste, on trouve pêle-mêle des mentions sur la couleur des voitures, les propriétés de l’hydrazine et le néo-nazisme chez les influenceurs web. Le tout bénéficie d’un montage à la Gaspar Noé, et [SPOILER] d’une mignonne mise en abyme. Un bon tuto pour déboucher tes chiottes (et/ou résourde quelques problèmes de voisinage). -
"C'est chaud, et ça colle à la peau"
par
Cuddle
Pour la Saint Con, l’Homme Orange est-il vraiment assez con ? Même si on a tous envie de le brûler, c’est plus un cynique froid et calculateur. On rit peu, on démontre encore moins, on met surtout le feu à un truc plus gros que lui, et c’est satisfaisant. La première partie frappe fort, avec cette petite ville tranquille et ce hangar monstrueux qui bouffe le paysage. Quand Cuddle parle des corps, de la faim, de la soif, c’est là qu’elle est au top, dans le concret, la matière, le silence. On voit bien que c’est quand elle montre plutôt que quand elle proclame qu’elle est redoutable qu’elle touche juste. Après ça bascule dans la Justice et la Vengeance, et la Saint Con devient presque une apocalypse. Le feu devient réponse, et le con se transforme en symbole plus qu’en cible ridicule. On ne brûle plus juste un type, on incendie ce qu’il représente. Avec la même retenue organique que dans ses récits maritimes, est-ce que ça n’aurait pas été encore plus glaçant ? Radical, frontal, tragique plus que corrosif, mais c’est ce mélange qui le rend vraiment troublant. -
Clic-clac !
par
Chaotilop17
Le narrateur se décrit comme un prédateur compulsif, collectionneur de photos de chatte. Il enchaîne les aventures, une baise par-ci, une baise par-là, avec la délicatesse d’un marteau-piqueur. Évidemment, ça dérape parfois. Le détournement de la Saint-Con n’est pas nouveau et a déjà été traité à de multiples reprises par le passé. Suffira-t-il à foutre le feu à la concurrence ? Pour l’instant, ça fume, et on attend les flammes. -
Le type qui savait tout mieux que toi
par
J.H Itzal
Julien était un con. "Il avait tort. Et maintenant il est en cendres." Epitaphe sans appel pour un complotiste d'open space, vendeur de néons qui éclairent le vide. Le récit déroule à la première personne les étapes de la vengeance d'un collègue exaspéré, aussi antipathique que sa victime. Au fond, j'en retiens surtout une chose : qu'est-ce qu'on s'emmerde au boulot... D'ailleurs, je ne serais pas étonnée que l'auteur ait écrit sur son lieu de travail. -
Qui s'y frotte
par
Dick Sainte Cécile
Une nana reçoit des textos brûlants d’un lourdingue qui la chauffe comme un barbecue un soir de canicule. Joueuse, elle décide de lui tendre un piège à con. Le récit se lit facilement et déroule une trame narrative efficace. On regrettera toutefois l’absence de véritable crémation du gugusse. Au final, un texte plutôt classique qui ne prend pas de risque. -
Le vieil homme et la bière
par
Jean-Mitch
La Saint Con... Le principe est simple : suivre un homme qui se raconte sa propre légende… jusqu’à ce qu'il crame. Heureusement, on sait dès le départ que le protagoniste est censé être un con. Sinon, on pourrait finir par se demander où tout cela nous mène. Le récit prend son temps — très largement — pour installer les souvenirs, le chalet, les bûches, la fumée, les mémoires… Puis le tableau se complète : un type qui a détruit sa famille et franchi des limites que même l’alcool et l’autofiction ne suffisent plus à masquer. Là, pas de doute : on coche bien la case « con ». La suite est logique. Quand on passe sa vie à s’enfumer l’esprit et à alimenter le feu de ses propres mensonges, on finit… dans la fumée et les flammes. Malgré les recommandations de l’ADEME, le feu de cheminée peut encore rendre quelques services publics. -
Ta gueule Jordan !
par
LePouilleux
Bon alors, les gars, la famille, la Zone, quoi, on va pas se mentir, j'suis mal placée de ouf pour commenter cette histoire de con qui brûle, parce que moi tiktok, les live, les followers et tous les trucs là qui font des likes, j'y entrave que dalle, du genre moi déjà, tu me parles en verlan il faut que je traduise dans ma tête mais bon, quand même, ya un truc à dire avec ce texte c'est que tu te tapes le cul par terre ta race à force de rire tellement c'est drôle, la vie de ma mère. J'ai trop kiffé et j'suis sérieuse. Parce que le mec, Le Pouilleux, mais non, je l'insulte pas c'est son nom, alors moi, qu'est-ce tu veux, je respecte le nom, le mec donc il fait style il fait parler un débile facho de sa race qui a rien à dire ou toujours la même, vulgaire et pas inclusif genre tu sais quoi, l'inclusion, il croit c'est quand t'arrives plus à chier, mais mine de rien, ce Pouilleux-là, il te raconte une histoire avec des changements de points de vue, et des personnages secondaires que tu crois ils servent à rien alors qu'en fait ben c'est eux qui vont tout te faire comprendre. Et puis, même si tu sais que le gars, le nazillon prêt à tout pour faire des vues et du fric, il va cramer à la fin, t'es quand même surpris que ça arrive. Et la fille, tu croyais juste que c'était une... alors qu'en fait, non mais j'arrête, là, parce que non vraiment, la famille, vous allez vous taper des barres. Moi, je vote avec deux mains qui applaudissent, des cœurs et des flammes. Ca, c'est la Zone, et c'est trop bon ! -
Conte de la Saint Con " Trois cons pour le prix d'un"
par
Lindsay S
Le monde est honnête, bienveillant. On avance tranquille, confiant… Vraiment ? À travers un conte satirique, Lindsay nous livre une série de portraits qui démontent cette naïveté candide. Le voyage de notre ingénue est rythmé par une galerie de cons — le sachant, la mamie sous influence, la militante en bottes — le tout servi avec humour noir, ironie et une bonne dose d’observation sociale. -
C'est PAS trop tôt
par
Rosalie
Ce texte met en scène une satire féroce du narcissisme littéraire à travers une écriture plombée de néologismes et de mots polysyllabiques. Le personnage central, réincarnation de William S. Burroughs, apparaît comme un simulacre d’écrivain. Enfermé dans son orgueil et sa fascination pour le langage, il accumule dictionnaires, mots savants et constructions complexes pour masquer le vide de sa pensée. La surcharge verbale provoque une véritable conflagration littéraire, où les mots finissent par brûler. En d’autres termes, Rosalie tire à balle réelle, planquez vous ! -
Oï, le dealer d'Evian
par
Jean-Mitch
Total dans le mood « St Con 2026, édition spécial Anti-fa ». Les aventures d'Oï, comme indiqué dans le titre, émigré de troisième génération contraint d'aller se fournir chez des rednecks savoyards. Une bonne paire de taloches, aux scènes d’action très réussies. Ambiance triste comme un dimanche soir à Evian, argot de la loose et volontés à l'avenant : la violence suinte par tous les pores, tous les corps. Mais ce qui domine, peu importe l’idéologie, c’est la solitude et la tristesse. Pas d’issue dans ces montagnes, pas de plan B. Si ce n’est un bon feu de joie. -
Aux origines du mal
par
Sinté
Encore un qui confond masculinisme et féminisme. Encore un qui nous fait un pot-pourri des maux du monde. Ici, tout est mis sur le même plan : racisme, fascisme, capitalisme, anarchisme. Les thèmes sont empilés comme des slogans, ça gicle dans tous les sens, mais ça ne dénonce rien. Ça mélange tout et ça donne simplement une impression de pensée paresseuse. Au milieu de l’origine du monde, une scène de cul entre Adam et Eve. Gratuite. On passe du tragique au vulgaire. Un texte qui se veut philosophique, mais qui est juste creux. Pour le bûcher de la Saint-Con, il faut du petit bois et du combustible. Merci Sinté -
Feux d’artifafs : combustion nuptiale spectaculaire / Mariage pyrotechnique
par
Caz
Dans un commun élan réactionnaire et devant un ramassis d’aristocrates dégénérés, Fafacito l’identitaire viriliste s’unit à Marie-Faf la tradwife instagrameuse. Le bouquet final de la mariée sera un feu d’artifafs. Pas de faux suspense sur la façon dont finira la fine fleur de la France fascisante : nous fêtons la Saint-Con. Caz fait rarement dans la dentelle : les fachos s’enorgueillissent de leur arbre généalogique dans des odeurs de charcuterie périmée et de bière tiède. Ils vendent leur haine de la modernité sur les réseaux sociaux. Ils agitent des drapeaux Français made in China. Il se prétendent cultivés et s’informent sur CNews. Sur la Zone, on se réjouit de voir leur bêtise malsaine leur exploser à la gueule. Malheureusement, la réalité est plus complexe. La preuve par les urnes. -
Le Con, l'Abrupt et le Tyran
par
Georges Lalandre
Dans un village poussiéreux où règne une forme de tyrannie absurde, un étranger arrive le jour où les habitants doivent désigner un “Con” à brûler. Brûlant un « concept », ce texte dénonce la bêtise collective. Le problème, c’est que cette idée est martelée encore et encore. Les dialogues tournent en boucle : qui est le Con ? Pourquoi ? Ça n’avance pas, et on finit par sauter des paragraphes entiers. Après avoir passé le ventre mou du récit, la fin, arrive comme une morale entendue. -
La Fin des olives
par
Fifounelafoune
Ce texte met en scène Bernard, un vieil homme incapable de se suicider seul. L’arrivée d’un colis envoyé par Bayer marque un tournant dans le récit, en introduisant une solution aussi efficace que glaçante. Le discours froid et publicitaire contraste avec la détresse du personnage, renforçant ainsi la critique d’une société où même la mort devient un produit soumis à la logique marchande. -
Râ Lovely
par
Henri Lebrack
L’auteur annonce la couleur : il postule au titre de grand Inquisiteur. Deux bons points : il pète au-dessus de son cul, et il a lu la notice. Justement, c’est une recette qu’il nous propose : grillage de con au hasard, façon urbex. Un texte qui veut cramer un con, mais qui commence par nous faire cuire à feu doux pendant trop longtemps. Deux conseils génériques : enlever le miroir quand on écrit, et travailler la mise en page. Comme la digestion, espacer, c’est mieux ; sinon, constipation. On se consolera avec l’éthique revendiquée (brûlage bio) et le fait qu’on a tous voulu, un jour ou l’autre, brûler ce genre de con-là — ou été ce con-là. -
Requiem pour un con
par
Cristelle Blanchard
Découvrons Clémence, employée modèle, version paillasson premium. Puis arrive Michel, ce mélange fascinant d’incompétence et d’assurance, qui découvre un concept révolutionnaire : faire faire son boulot par quelqu’un de compétent. Le texte commence nickel, presque trop vrai, avec cette petite musique bien déprimante du bureau où les médiocres prospèrent comme des plantes grasses. On regarde Clémence et on se dit que ça sent la bombe à retardement — jusque-là, tout va bien. Et puis la bombe explose, mais façon feu d’artifice de kermesse sponsorisé par un magasin de bricolage. Au lieu d’une rupture nette et glaciale, on a droit à une tournée générale de violence WTF, il ne manque que la licorne et le lance-flammes. Magnifique retournement (involontaire ? ): Clémence passe de femme compétente invisibilisée à caricature hystérique en roue libre. Michel, lui, reste tranquillement crédible dans sa médiocrité, ce qui est presque un exploit. 1/ On dénonce un système qui écrase les bonnes personnes. 2/ On s’applique consciencieusement à les décrédibiliser. Un vrai travail d’équipe, finalement. -
L'éternelle coupable
par
Louise Guersan
Difficile de parler de cette nouvelle sans en gâcher la lecture. Je me contenterai de dire que l'usage de la première personne y est savamment exploité, maintenant le plus longtemps possible l'ambiguïté. Même lorsque celle-ci est levée, il reste une part irréductible de mystère qui fait tout l'intérêt du récit. L'écriture est très travaillée, et un peu trop sage. Cela se justifie parfaitement dans les deux premières parties, moins dans la suite du texte où, il me semble, le style pourrait se désarticuler pour accompagner la descente finale. Mais j'en ai déjà trop dit. Je vous laisse savourer le texte de Louise Guersan. Il le mérite. -
Caverne
par
Guillaume Dreidemie
De la Saint-Con métaphysique, des concepts et des ombres qui ne peuvent pas bruler mais dansent en arrière-fond. Exercice d’équilibriste, qui cherche à éviter, pour une fois, le nombrilisme esthétisant typique des poèmes de merde sur la Zone. Mais qu’est-ce qui crame, ici, sous le doux chant des mots, sous terre, mais pas underground ? L’auteur a complètement retourné la consigne : ce feu la protège surtout les cons. -
La maison que Le Pen a bâtie
par
Delacroix G.
Il y a des cons qui brûlent en hurlant, en pleurant, en gémissant. Il y a des cons qui brûlent fièrement. Et puis il y a la connerie qui s’infuse, qui n’est pas si différente de l’amour, sauf que ça marche pas pareil. C’est ce que ce texte explore, décortique, avec douceur et mélancolie : la lente descente morale, l’abaissement généralisé d’une famille « ordinaire », entrainée, déchirée par la connerie générale. Et en creux, la complaisance, la lâcheté de ceux qui n’osent pas agir. Alors non, personne ne brûle ici, même si tout est cramé à l’intérieur, chez chacun des Martineau, comme chez le narrateur. Qui réussit à nous raconter un putain d’incendie sans sortir le lance-flamme. -
Petite Marine
par
Jissé Hèle
C'est trop mignon, la Zone devient un peu comme l'école des Fans, avec des enfants dégénérés qui viendraient chanter leurs versions des grands hits de Nostalgie. Vivement « Désargentée », parodie de Mylène Farmer sur l'exil fiscal, et « Mon gros loup » de Pierre Perret, sur la vie, l'œuvre et les amours de Jean-Marc Morandini. Sauf que les enfants peuvent être marrant, et on leur pardonne de babiller, de faire hors sujet. Alors si en plus ils ont la gueule de traviole, c'est bingo. Mais en attendant là... là, non. -
La sagesse des portes
par
Klotz Maxime
Dans un jardin public, Roquentin fait l'expérience de la contingence devant une racine de marronnier et manque d'en vomir. Pardon, je recommence. Dans une rame de la ligne H du métro, le narrateur découvre que les portes s'ouvriront au terminus, qu'il appuie ou qu'il n'appuie pas sur le bouton vert. Il comprend alors que le monde tournerait pareil, avec ou sans lui. D'ailleurs, toute l'espèce humaine est contingente. On vit comme des cons, surtout à Paris, on travaille comme des cons en attendant le moment où on ne travaillera plus et tout le monde est con, y compris le narrateur qui nous rappelle régulièrement dans de longues parenthèses qu'il n'est ni plus ni moins con que les autres. Fort de la "sagesse des portes", il entreprend d'expliquer sa découverte aux autres voyageurs. Mais il se fait casser la gueule par un gros con plus pressé que les autres, et marcher dessus par les autres cons à sa suite. Comme c'est la Saint-Con, on sait d'emblée que tout ces cons finiront par avoir très chaud. Le tout fait l'effet d'un manuel de philosophie appliquée à la vie quotidienne et ça donne un peu la nausée. Le "message complémentaire" affiche d'autres ambitions. Il n'est pas trop tard : la Saint-Con se poursuivra jusqu'à l'extinction de l'espèce, c'est-à-dire au moins jusqu'à fin avril. -
Premier mai
par
Patrick Bourret
Calembours et calembredaines, jeux de mots et pignoufage rural au programme, t’en fais pas, ça passera vite. Trop, par contre, si t’es fan de Ruquier. Au moins, y’a un con qui crame, ça se fait rare (en plus il est « néo-nazi », enfin faut le dire vite). Bien sûr, t’auras l’impression qu’il manque des parties, que l’auteur n’a pas fini sa digestion. Bien sûr, tu te demanderas l’intérêt d’avoir lu cet article du Gorafi, sur un site gratuit, puisque, de toute façon le Gorafi, c’est gratuit aussi. Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? T’es pas content ? Sache que ce texte n’est pas passé loin du salon des refoulés, si ça peut te consoler. -
Le con originel
par
André Passerau
Voici un texte torché en cinq minutes sans doute. Il postule à la Saint Con ET au texte de merde en même temps. Mais aussi, il nous présente une théorie darwiniste ET Gobinaldienne en même temps, suggérant que le con néo-nazi est, en fait, une race parmi d’autres, un peu plus inférieure encore que le con de base, dont le gène s’est affaibli par ailleurs. C’est drôle en première lecture, mais ça laisse un drôle de goût à la seconde. -
Indiana Jones and the Great Circle of Neo-Nazis
par
Lapinchien
Lapinchien sort le lance-flamme, et sa lance du destin qui grossit, grossit, CMB. Au prix de 32451121 litres d’eau, il nous gratifie du fantasme de générations d’eunuques boutonneux (et du cauchemar de Steven Spielberg) : le quatrième épisode, le vrai. Harrison Ford prononçant le mot «Nazi» environ 342 fois en sept minutes, aucun doutes sur la cible et le respect de la consigne. Toutes les subtiles variétés de fascistes peuplant la planète, du guignol argentin au geek new-yorkais, y passent : la solution finale, façon Lapinchien. L'auteur, d'ailleurs, ratisse tellement large qu’il tapine même en amerloque : preuve de son désir profond de conquérir la grosse pomme, se la fourrer dans le cul tout en contribuant a nous préparer au TOEFEL. -
Les cendres de l'ordre nouveau
par
Ledoux Jason
Le Quatrième Reich est advenu et son armée occupe la France. Secondés par des cyborgs et des traitres français, les soldats nazis dressent des bûchers humains. Kael, un résistant, accepte une dernière mission. Voici un récit bien mené, pas manichéen, où toute la réflexion se fait dans l'action. Une autre de ses qualités est d'être dérangeant, comme tous les textes qui posent la question du Mal en refusant les réponses toutes faites. Peut-on rester humain quand on affronte le pire ? Faut-il être psychopathe pour vaincre les nazis ? That is the question. -
Coming Out
par
Arthus Lapicque
Une ode à Richard Durn, mais un Richard Durn qui aurait bouffé les restes moisis du vieux Le Pen, en mode rampage. Il chie, tranche, au petit bonheur, déverse sa franchouillardise puante sur tout ce qu'il hait, jusqu'à rencontrer sa Némésis, et finir cramé, victime d'une sorte de retour de karma instantané. C'est bourrin, violent, ça crame du facho : cahier des charges rempli. -
Feu la Machine
par
Sinté
Ah les jolies litanies de vacances. Quand reviennent les beaux jours et les crop top,, les gros frustrés de la vie se regordent le bidon dans la pénombre de ta rue, petite marie... pardon. Voilà donc un cri du foi (quelque chose dans le genre). On y trouve quelques belles fulgurances, dans un océan d'onanisme rance, de passéisme futuriste (waouh). Ca se regarde quand même pas mal gigotter la nouille, derrière les grandes envolées, mais parfois on le laisse emporter, car dans cet océan de rancoeur, il y a quelques éclats de talent, comme égarés là. -
Alternance
par
Malcom Fabulous
Un président mégalomane consulte un psy pour se débarrasser de ses cauchemars. Le texte procède par juxtaposition, les échanges entre les deux hommes alternant avec le récit des rêves présidentiels à la première personne et des comptes rendus factuels. Ces trois strates d'abord distinctes finissent par se contaminer les unes les autres. Le monde dans lequel nous vivons est monstrueux et Malcom Fabulous prend cette image au pied de la lettre. La folie du pouvoir, sa concentration entre les mains de quelques-uns et l'exploitation sordide de tous les autres, le rapport à la vérité, les dérives fascistes, tout prend sens dans les rêves d'un grand malade. C'est puissant, rythmé, les descriptions sont vivantes et immersives. Je n'ai de réserve que sur la toute dernière partie, inutilement explicative. Le récit aurait gagné en puissance en s'achevant sur l'apothéose onirique du mégalomane. Mais c'est un détail. En toute modestie, Malcom Fabulous a bien choisi son pseudo. -
Saint-Ellier
par
Jean-Mitch
"Fiction inspirée de faits réels.", annonce l'introduction. Je crois bien : un porc de maire et ses porcs de copains notables ont violé Léa, 17 ans, et Léa décide d'obtenir justice. Toute ressemblance avec l'affaire Epstein serait purement fortuite, vu que ça se passe près de Caen (la narratrice le répète tant de fois qu'on l'oublierait difficilement) et que le violeur, qui est aussi agriculteur, conduit un tracteur. Il n'empêche, le bocage normand n'est pas plus sûr que les soirées VIP new-yorkaises. Jean-Mitch restitue de manière crédible le point de vue de l'adolescente (écriture inclusive comprise). Il montre que le pouvoir engendre partout les mêmes abus, dans un petit village comme dans les plus hautes sphères. Le récit est enlevé, le style percutant. La fin fait surgir des images de road movie. On a quand même envie de crier à Léa : "N'y va pas." Cramer sa vie pour brûler un con, est-ce bien raisonnable ? -
Mad Saxe
par
Nino St Félix
Quitte à brûler un nazi, autant brûler LE nazi historique. Cet récit est une uchronie délirante et lyrique dont le héros, Mad Saxe, utilise Adolf Hitler pour venger les victimes de feu le troisième Reich et mettre fin à son avatar, le régime braunien. Le récit nous mène des Pouilles, où Hitler se cache dans un hospice de vieillards, à la Saxe où l'Oberwölfin Eva Braun a rassemblé les dignitaires de son régime pour une cérémonie sanglante. A mon sens, le meilleur texte de Nino Saint-Félix. Cette année, la barre de la Saint-Con est placée haut. -
Deviens et quitte le monde
par
Noé Ruth
Voici un texte pavé de bonnes intentions. Le néo-nazi est haineux, le néo-nazi est sans pitié, le néo-nazi est un masculiniste, le néo-nazi déploie une rhétorique victimaire. Le néo-nazi est aussi un trouillard : c'est l'idée la plus intéressante et la seule originale de toutes celles développées dans par l'auteur(e). Le passage sur le néo-nazi comme homo refoulé (si j'ai bien compris) me laisse dubitative. Quant à l'affirmation selon laquelle, sous l'Occupation, l'idéologie nazie a été démontée par la Résistance à coups d'argumentation, de balles et "de bombe (sic) bloquant les trains la Shoah", elle est bien naïve. Cette contribution à la Saint-Con se veut un brûlot contre la banalisation des idées d'extrême droite mais s'y prend avec maladresse. Le débat est ouvert. -
Des mots et des Os
par
Klotz Maxime
Il y aura peut-être débat. Un texte de la Saint Con, ça ? Mais aucun con n’y est brûlé. Et pourtant, tous le sont, d’une certaine manière, narrateur/auteur y compris. Assurément nihiliste, sombre et violent, il se pose là comme essence (sic) du zonisme primal, dans sa rage suintante, son désespoir nombriliste, ses phrases qui claquent comme une bifle zombique, et ses accents d’adolescence néphrétique, ce bon petit brûlot. -
Résistance
par
HaiKulysse
Dans ce récit foisonnant où se mêlent citations de Rimbaud et réminiscences de Hugo et de Balzac, le narrateur voyage à travers les époques : les civilisations précolombiennes, le Moyen Age, la Révolution, la Commune de Paris, l'Allemagne nazie, et un futur indéterminé qui voit resurgir des admirateurs de Hitler. Dans les références historiques égrenées au fil du texte, la Commune est envisagée (si j'ai bien compris) comme un modèle de résistance à l'oppression. Les nazis d'hier, d'aujourd'hui et de demain brûlent, de même que la flamme de la Résistance qui jamais ne doit s'éteindre. -
Cantique des méga-bâtards
par
Dirk Diggler
Ce texte est typique de la Saint-Con et suit la nouvelle consigne en désignant explicitement les nazillons et la figure de Jordan Bardella comme les cibles principales à brûler métaphoriquement. Il attaque violemment les piliers du conservatisme, de l'extrême droite et du capitalisme mondial. Bien que la forme utilise une vulgarité extrême et des ressorts de domination masculine traditionnelle, le fond demeure une satire anarchique et antifasciste visant la chute des figures réactionnaires. Par contre, je ne suis pas du tout d'accord avec le point de vue du narrateur sur l'Europe. -
Front Commun : l'Heure de l'Unisson a sonné
par
Le Blaireau Enragé
Ce brûlot exhorte les mouvements antifascistes à l'unité immédiate face à une répression d'État et une montée de l'extrême droite perçues comme existentielles. L'auteur y dénonce violemment la criminalisation de l'activisme et l'autorisation de marches nationalistes, y voyant une trahison flagrante de l'héritage de la Résistance. Pour contrer ce qu'il nomme le hallali, il prône l'occupation physique de l'espace public et la création de réseaux de solidarité de classe ultra-soudés. Le message se conclut par un appel solennel à la mobilisation collective afin d'éviter le basculement définitif vers une France en uniforme. -
La Part du Ciel, celle des Ténèbres
par
Cormary Stéphane
L'auteur de ce texte est un Proustinet en herbe des stations-service et des peignoirs Las Vegas, où la madeleine trempe dans le gas-oil et où les blattes tiennent lieu de témoins de Jéhovah. On y savoure la "connerie provinciale" (huhu) cuite à point, sans jamais forcer la dose, comme un barbecue qui part en vrille mais finit par réchauffer l’âme. Le peignoir pailleté et les cocktails au white spirit ajoutent ce brin de glamour tragique qui rend la misère presque chic, un vrai régal pour les amateurs de glauque raffiné. Au final, ce texte nous rappelle avec une ironie légère que même les vies minuscules méritent leur bûcher métaphorique, et qu’il n’y a rien de plus jouissif qu’une connerie bien flambée sous le soleil de Châteauroux. -
Le Protocole Mbeki-7
par
Merveil Hakeem Dianz
Ce texte nous emmène en Afrique, au Congo, où un vilain lobby scientifico-politico-humanitariste organise une pandémie « sélective » qui lui échappe quelque peu. Il est possible que ton radar à complotisme bippe un peu à la lecture. Mais c’est surtout ton détecteur de gros clichés qui va s’activer – le comble pour un texte qui prétend défoncer les éléments de langage. Ton alarme incendie, par contre, restera silencieuse, car rien ne brûle vraiment ici – en fait c’est même plutôt un texte humide. Les titres des passages sont sympas, au deumeurant. -
Le bouffon
par
Paul Lefebvre
Pour la Saint-Con, Paul Lefebvre a décidé de se et de nous faire plaisir en incendiant Donald Trump. L'ascension du président américain est racontée à la manière d'un conte : le récit va à l'essentiel, le personnage est réduit à quelques traits caractéristiques, ça se termine bien. Et l'intervention du merveilleux, de la bonne fée et de sa baguette magique, me direz-vous ? C'est là que le choix du conte parodique est une réussite. La magie dans "Le Bouffon", ce sont toutes ces choses invraisemblables et pourtant véridiques qui en disent tant sur notre époque : un incapable qui se voit confier le destin du pays le plus puissant du monde, un menteur multirécidiviste qui finit par imposer ses vérités alternatives, un homme qui dit tout et son contraire et qu'on continue de prendre au sérieux. Au fond, ce texte n'a qu'un défaut : il est beaucoup trop policé et gentil avec sa victime. -
Le Jeu du Loup : Question de principes
par
Sanaa Mishima
Je ne sais pas exactement où veut en venir l'auteur de ce texte mais j'ai trouvé que ce long périple ressemble beaucoup à l'agonie de la bonne conscience d'un néo-nazi perdue dans le labyrinthe de ses contradictions morales. Aussi je le publie dans le cadre de cette Saint-Con. -
Sophie sent encore un peu le savon
par
Daïs Azor
Dans son message complémentaire, l'auteur précise qu'il est jeune et qu'il faut être indulgent avec lui. Alors je vais lui répondre que la jeunesse n'attend pas le nombre des années puis me retournant vers lui : Écoute, champion, ton récit est un magnifique texte à colorier où tu n'as fait que remplir les cases prévisibles du gore avec des feutres baveux : l'odeur de viande, la cave glauque et le fétichisme nécrophile sont les clichés les plus éculés du catalogue de l'horreur bas de gamme. Sous ton vernis de fausse oralité authentique et tes provocations sur le fait de bander devant des cadavres, on ne trouve aucune tension narrative, mais seulement une accumulation mécanique de dégoût qui cherche désespérément à choquer pour compenser un manque total d'originalité. Et encore, je suis indulgent pour pas te choquer. Ce texte répond bien à la première consigne de la Saint-Con 2026 puisqu'il brûle les structures traditionnelles de la cellule familiale. Par contre, jamais j'aurais cru que Xavier Dupont de Ligonnès puisse écrire aussi mal. -
Journal 2016 retrouvé sous les briques
par
Ange Farge
L'auteur brûle métaphoriquement la connerie de la souffrance égocentrée et du désespoir existentiel. Le narrateur est bien occupé à y autopsier sa propre psyché et rejette au plus profond de son être l'altérité dans une vision nihiliste de la société. Il ne s'agit pas dut tout d'un positionnement politique mais l'expression brute de l'aliénation mentale. Le rejet de l'altérité via un prisme nihiliste étant totalement raccord avec la pensée nazie, je tenais tout particulièrement rattacher ce texte à la Saint-Con puisque même une personne atteinte d'un trouble psychique est capable de se soustraire à cette vision dégueulasse de l'autre via l'introspection. En effet à la fin du texte, le narrateur ressent un sentiment de trahison fondamentale face à l'existence et à la compréhension humaine mais il conclut sur une forme d'acceptation de l'errance mentale, où la conscience est vécue comme un fardeau biologique inéluctable plutôt qu'en extériorisant sa haine de l'altérité. Les fascistes devraient en prendre exemple. -
8215 ZN 34
par
Jules Beurrier-Lonca
L’obsession du narrateur pour les plaques minéralogiques de véhicules agit comme un processus de dépersonnalisation brutale, transformant l’identité intime en un simple matricule de métal rivé à l’existence. Cette réduction systématique de l’être à son code d’immatriculation fait écho à l'effacement du nom, à la manière dont la bureaucratie nazie a pu autrefois transformer l’humain en un numéro de série anonyme dans les camps de concentration. En cartographiant ses proches par leurs plaques plutôt que par leurs visages, le texte souligne la violence froide d'une modernité où l’individu, étiqueté et transporté, n’est plus qu’une unité de fret dans un monde qui a perdu le sens de l’altérité. -
Vendredi 13
par
Mack Blask
Ce texte brûle métaphoriquement la figure de l'intellectuel inadapté, un statisticien de génie incapable d'avoir la bonne grille (huhu) de lecture de la vie réellement réelle de terrain lorsqu'il sort de sa zone de confort de l'abstraction. En prétendant explorer les Hauteurs de Griffiths-Kato des pinceaux de variétés projectives, l'auteur pose un postulat intellectuel brillant mais ignore que le chaos humain ne se laisse pas si facilement mettre en boîte. Sa volonté d'adopter une approche non-hadamardienne de l'infiltration échoue lamentablement, non par manque de génie, mais parce qu'il confond l'instabilité des fonctions mathématiques avec l'imprévisibilité brute des comportements de comptoir. S'il maîtrise parfaitement les probabilités régissant les combinaisons gagnantes, sa distinction rigide entre les nombres et les chiffres trahit une arrogance qui constitue, socialement parlant, la variable la plus suspecte de son dispositif. En fin de compte, sa démonstration sociologique est fausse car elle occulte qu'une vérité statistique parfaite devient une erreur tactique absolue dès qu'elle brise l'anonymat requis par le terrain. -
R, l'utile
par
iIi
Forcément un texte parlant d'un tueur, fou furieux, avec un masque de tête de cheval, ça m'a de suite fait penser au jeux vidéo 'Hotline Miami'. Derrière son esthétique rétro, le jeu propose une déconstruction brutale de la violence gratuite et de la manipulation du joueur par des forces qui le dépassent. C'est le cas aussi dans ce texte. C'est la connerie qui y est brûlée métaphoriquement : Rhétorique du nettoyage, la haine de l'altérité comme moteur d'action et la transformation de la violence en rite purificateur, et la radicalisation d'individus isolés pour en faire des zombies commettant des actes terroristes croyant servir une cause. Je ne crois pas que les millions d'électeurs d'extrême droite soient tous des con aussi je préfère penser qu'ils sont manipulés et ce texte montre comment la manipulation peut mener à commettre des actes inhumains. -
La plus grande invention de l'histoire de l'humanité (après celle de la mayonnaise)
par
tomatefarcie
On s'amusait bien au Jurassique. On avait déjà inventé le football, découvert le feu et les œufs mimosa, pas encore l'hygiène mais ça, ça n'a jamais empêché personne de passer du bon temps. On faisait des expériences dangereuses sur des animaux plus ou moins consentants, et des bandes de jeunes se tapaient sur la gueule, rive gauche contre rive droite. Parfois ça tournait mal pour la rive droite après une expédition punitive et un nez-au-nasique qu'à une autre époque on aurait appelé Clément flambait à la suite d'un caillassage de silex. Tomatefarcie détourne la Saint-Con à coups de blagues de potache. Merci, ça fait du bien de rire. Mais demain, promis, retour aux choses sérieuses : je tenterai la lapidation à coups de silex sur un facho de ma connaissance. -
TUEUSE SOLITAIRE MAIS SOLIDAIRE
par
Serge-Arno Bayeux
L'auteur tente de valider la consigne anti-nazie de la Saint-Con en dénonçant l’eugénisme d’un système prêt à manipuler l’histoire pour une illusoire pureté génétique, ce qui conduit inévitablement à l’auto-immolation de cette élite imbécile. Cependant, cette charge sature de non-sens scientifique, préférant l'absurdité d'un paradoxe temporel dévastateur à la simplicité d'une thérapie génique moderne par CRISPR-Cas9, ruinant ainsi la crédibilité de la démonstration, par la méconnaissance de ses personnages du futur, de l'effet papillon. L'usage insistant d'un lexique masculiniste — gravitant autour du mâle alpha, de la proie et du langage-corps — vient polluer le message progressiste en idéalisant une soumission primitive. En définitive, ce texte repose sur une logique totalement bancale qui, en s'appuyant sur des théories biologiques boiteuses et des stéréotypes de genre datés, finit par desservir les propos qu'il veut défendre. -
LE CODE DU RÉEL
par
Delacroix G.
Ce texte est tellement long CMB qu'il m'a fait comprendre qu'il fallait que j'installe une scrollbar SMB. Merci. Julien Martel, un expert en influence informationnelle, est recruté pour démanteler "Aube Blanche", une organisation néonazie utilisant des technologies cognitives avancées pour radicaliser les foules. En analysant les méthodes de son mystérieux alter ego, il découvre que la haine moderne ne repose plus sur des uniformes, mais sur des entonnoirs de radicalisation personnalisés et des récits immersifs. Julien Martel (nom probablement choisi non en référence à Charles Martel mais au verbe marteler tant le personnage veut que ses messages entrent dans nos tronches) est tellement architecte de sens qu'on finit par se demander s'il ne va pas nous facturer ses réflexions métaphysiques au tarif d'un consultant senior de chez Deloitte ou KPMG. C'est un thriller où l'héroïsme consiste principalement à boire du calvados en regardant fixement trois moniteurs mais j'aime beaucoup ce postulat. -
Crépuscule
par
Korbua
La Saint-Con est en passe de s'achever et le combustible nazi commence à manquer. Rien ne brûle ici. C'est même le contraire : une famille fière de ses traditions et de son arbre généalogique s'éteint lorsque Karl, le dernier rejeton, est chassé du paradis luxembourgeois par sa grand-mère adorée. Il faut dire que Karl a fait de la prison à cause de la drogue. Ce n'est pas son grand-papa nazi qui aurait fait honte à la famille. Il en avait sous la botte, lui. L'introduction suggère que le poids du passé familial peut ruiner une vie. Soit. Mais rien ne permet d'affirmer que Karl se voit lui-même comme un raté et que son mode de vie lui pèse. Sur un sujet similaire, je vous conseille le roman "Sobibor", de Jean Molla. -
Salàud
par
tomatefarcie
Durant 120 journées, à l'abri dans un château, quatre fachos et leurs invités jouissent dans l'abjection tandis qu'à l'extérieur on passe par les armes tout ce qui n'est pas authentiquement français. L'auteur transpose "Salò et les 120 journées de Sodome" pour rappeler que le fascisme n'est pas seulement l'oppression d'un peuple par un pouvoir totalitaire, mais aussi la corruption morale portée au plus haut degré. En cela, son récit est aussi une réflexion sur le mal dans l'Homme. La lecture en est éprouvante, mais la brièveté la rend supportable pour celui ou celle qui ne peut endurer les près de deux heures du film de Pasolini, ou les cinq cents pages du roman de Sade. Malgré sa dureté, cet excellent texte de la Saint-Con se termine sur un goût de fraise et une note d'espoir. Par les temps qui courent, j'aimerais pouvoir partager cet optimisme. -
Posture
par
Rosalie
Jean Fréron était un critique littéraire adversaire des Lumières. Il détestait Voltaire, qui le lui rendait bien comme en atteste cette épigramme : « L’autre jour au fond d’un vallon / Un serpent piqua Jean Fréron,/ Que pensez-vous qu’il arriva ?/ Ce fut le serpent qui creva. » En 2026, l’Underground littéraire a ses duellistes de l’Obscur. A ma gauche, Rosalie, diabolique 666e auteure de La Zone. A ma droite René, commentateur fantomatique dont les contributions apparaissent puis disparaissent dans les couloirs de l’espace et du temps. Soyons honnêtes, malgré son nom de phénix, l’esprit frappeur n’a pas de corps pour porter la riposte. Nous dirons donc qu’à travers ce personnage de fiction, Rosalie livre aux flammes de la satire les commentateurs moins préoccupés des textes que de leur propre personne ; ceux qui, à grand renfort de confiture raclée au fond du pot, ne font que ressasser leurs obsessions personnelles. De Cessandre et consorts n'en renaîtront pas. Rosalie 1, Les trolls 0. Lectrices, lecteurs, c'est la fin de la Saint-Con. Vous pouvez cesser de voir en votre voisin un nazi en puissance et reprendre une activité normale.