La Zone
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse
Publication de textes sombres, débiles, violents.
 
 
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Messages - LePouilleux

#1
Citation de: Clemencia le Octobre 24, 2026, 18:32:39Salut
J'avais repris les cours d'équitation dans un centre du côté de Curienne, dans les Bauges.

Fin septembre, au retour des vacances, une cavalière du club que je croisais depuis quelques mois m'annonce qu'elle part s'installer en Irlande pour le boulot de son mari. Et plutôt que de revendre son hongre de 14 ans dans l'urgence à n'importe qui, elle me propose de le reprendre. Pour un euro symbolique. Galopin, il s'appelle.

Comme ça, sans prévenir, je me retrouve propriétaire d'un animal de cinq cents kilos, moi qui monte en cours depuis à peine six mois. Sauf que personne ne m'avait prévenue de tout ce qu'il y avait derrière. Entre la carte d'immatriculation SIRE à transférer et la nécessité de trouver une assurance pour cheval avant meme qu'il n'arrive au nouveau pré, j'ai l'impression d'avoir changé de métier sans qu'on me demande mon avis... Franchement, entre la pension à négocier et les papiers à remplir, je passe mes soirées sur des sites que que je ne comprenais pas il y a trois semaines encore. Si certains d'entre vous ont déjà eu un cheval en propre et savent par où commencer niveau démarches, je suis preneuse, parce que là je navigue un peu à vue.

T'as essayé de demander à une IA ? Con de bot.
#2
En refermant la page du magasin virtuel du jeu, lorsque je reçois instantanément - ding - la confirmation par mail de mon achat, j'ai toujours cette impression de m'être fait arnaquer, quoi que j'aie acheté. L'impression de voir le sourire d'un marchand ambulant, incrédule face à sa victoire totale, ou le haussement artificiel de sourcil d'un agent immobilier, proportionnel à sa commission et aux cadeaux qu'il pourra faire à ses maîtresses, grâce à moi. Quand l'achat a été compulsif, en règle générale et en supplément, je me frappe une partie aléatoire du corps, pour me remercier en personne de ma débilité. Mais le plus souvent, ça s'arrête là, et je reprends une vie normale, dépressive et sarcastique, à mon endroit comme à l'endroit du reste de l'univers, une vie altière et narquoise, et tout en maugréant contre le système, l'économie de l'attention, la grosse baleine que je suis dans ce jeu et l'efficacité des services de MasterCard, je reprends mes activités virtuelles.
Or ce matin-là, à réception du mail, j'ai - ding - inexplicablement ressenti un poids dans ma poitrine, un poids positif, un poids bienveillant, une petite masse de puissance au creux du diaphragme. Cette option-là était vraiment unique, cette fois-ci. Cet easter egg n'était pas une arnaque. J'avais vraiment touché du doigt un pouvoir que j'étais seul à posséder, désormais.

Sur le menu principal du jeu, un message cryptique apparu d'emblée : "la clef dans la clef sera votre clef vers..."

Je repris ma partie, depuis le point de respawn, et je montai les escaliers de bois du début du jeu, bois usé, plein d'échardes, fendu sous les marches. Quelque chose allait changer, je le savais.

La map défilait à mesure qu'avançait mon avatar personnel, un golgoth des temps modernes au corps bardé de matériel de protection et d'armes létales, insensible à la gravité, à la fatigue, à la pression sociale, ainsi qu'aux diarrhées chroniques et autres contraintes inhérentes à ma vie biologique. En consultant le menu déroulant de mon inventaire, parmi l'arsenal presque infini mis à ma disposition, j'avais choisis l'arme la plus rustique qui soit : un ancien modèle soviétique d'AK47.
Bien sûr, j'étais aussi équipé de la «clé», ou plutôt de la chose qui, malgré son aspect rebutant, était sensée ouvrir les mythiques Trous de Gloire disséminés un peu partout dans ce monde virtuel. A vrai dire, cela ressemblait plus à un organe fétide sortis du fond des entrailles d'une bête infernale : c'était chaud, gluant, rose, veiné. Une excitation molle s'empara de mon être, biologique s'entend, et j'ouvrais une porte surmontée d'une lourde inscription en lettres capitales: «Toilets of infinite destinies».


J'avançais depuis des heures dans ces chiottes sans fin. Un couloir dont je n'apercevais pas le bout, et tout le long, de chaque côté, des chiottes. Dégueulasses pour la plupart. Un cauchemars de dame pipi. Je vérifiai une nouvelle fois mon arme : dieu savait ce qui m'attendait derrière chaque porte. Dans ma poche, la chose palpitait sauvagement. Je ralentis. Quelque chose bougeait dans l'une des cabines. Le premier mouvement depuis... des jours. Oubliant toute prudence, je me ruai sur la porte, tentai de l'ouvrir. Un bruit étouffé me parvint. Un gémissement. Le pauvre bougre était peut être blessé. Je tentais d'enfoncer la porte, en vain.
- N'ayez pas peur, mon brave, m'écriai-je.
J'avisai la porte de droite, ouverte, et m'y glissai, me disant qu'il serait plus facile, peut-être, de défoncer la parois. A peine avais-je posé les pieds dans la cabine, que la porte s'en referma. Un déclic se produisit. Je m'étais fait avoir comme un bleu. A coté, le gémissement se fit plus fort. Je devais reprendre mes esprits. Quelqu'un avait besoin de mon aide.
- Courage ! Patience ! J'arrive.


La crampe mangeait son gâteau en laissant tomber des gros morceaux de crème chantilly sur le carrelage dégueulasse des chiottes infinies.
- Gnéé ... gniii aaaa...fin ?
Je n'osais pas le regarder. L'être qui lui avait fait ça ne méritait pas d'exister, et si je le retrouvais, je lui ferais payer.
- Oui, mon vieux,lui dis-je sur le ton le plus apaisant possible. Il y a forcément une sortie à ce truc. Normalement, il doit y avoir un portail, dans l'une de ces cabines.
- Dans hééééé totooooo ?
Ce faisant il me tendait une part du gâteau, pour que je la lui pré-mâche. Je m'éxecutai. Il tendit la bouche, et je me penchai doucement sur lui, mes lèvres effleurant les siennes. Il me regardait avec dévotion. Jamais je n'avais ressenti une telle confiance, si inconditionnelle, de la part d'aucun autre être humain. Certes, depuis ma sortie de l'hôpital, je n'avais parlé à personne, à part mon psy et l'officier chargé d'accompagner ma réinsertion : pas vraiment les types qui me faisaient le plus confiance, par définition. La Crampe gémit à nouveau. Je déversai dans sa bouche, depuis la mienne, le gâteau mâché, mêlé à ma salive. Nos langues s'effleurèrent dans l'opération. Il poussa un gloussement.
- Non, je ne crois pas que ça puisse être dans un des...
Mais déjà il se précipitait vers une des cabines, et me désignait une cuvette en sautillant. Je m'aprochai avec prudence.
- Recule, Jean-Ma... Crampe. Recule, c'est peut être dangereux.
J'armais mon AK47 et me penchai à mon tour sur le chiotte.

Le truc était un cercle parfait. Un cercle à l'intérieur vide, donnant sur un monde aveugle. Intrigué, j'allumai ma lampe-torche et la pointai vers le trou. Les rayons lumineux n'altérèrent pas la surface sombre, elle resta effroyablement homogène. Mais la seconde d'après, le cercle se rétracta subrepticement, plusieurs fois, tel un petit animal géométrique respirant difficilement.
- Anti...ti ma-tière ! glapit la Crampe, sa mèche jaunâtre lui retombant sur le front. Un filet de bave vint s'écraser de sa bouche jusqu'au sol en émettant un minuscule splotch.

La Crampe sembla tout à coup s'éveiller, se réveiller, sembla prendre vie, sembla, je ne sais pas, il se mit soudain à manifester une volonté. Comportement inhabituel s'il en est, pour autant que je me sois habitué déjà à sa condition nouvelle de légume producteur de bave. Il sursauta, s'élança, et se défroqua d'un même mouvement. SALOPE §, hurla-t-il d'un ton décidé et dans une articulation parfaite, tout en ajoutant cependant, car point trop n'en faut, la ponctuation MGNRFLAAAÄPUTEHHH. Son élan, vertical au demeurant, mais probablement slicé dès l'origine, le propulsa vers l'avant lorsqu'il atteignit un mètre au-dessus du sol, comme si la physique newtonienne s'était abolie à cette altitude-là, et il plongea vers le cercle, le bassin en avant.

"Mais", dis-je, en espérant in petto faire ainsi cesser cette folie. C'eût été justice et simple respect.

Mais la Crampe au bout de sa trajectoire rejoignit le mur, le cercle, au moment précis où un éclair aveuglant brisa l'harmonie tout à fait inexistante de ce moment. "Putain mais", dis-je, tandis que croissait mon angoisse et la certitude que je m'étais, au bout du compte, bien fait niquer la gueule en achetant cet easter egg dans la boutique en ligne.
#3
En refermant la page du magasin virtuel du jeu, lorsque je reçois instantanément - ding - la confirmation par mail de mon achat, j'ai toujours cette impression de m'être fait arnaquer, quoi que j'aie acheté. L'impression de voir le sourire d'un marchand ambulant, incrédule face à sa victoire totale, ou le haussement artificiel de sourcil d'un agent immobilier, proportionnel à sa commission et aux cadeaux qu'il pourra faire à ses maîtresses, grâce à moi. Quand l'achat a été compulsif, en règle générale et en supplément, je me frappe une partie aléatoire du corps, pour me remercier en personne de ma débilité. Mais le plus souvent, ça s'arrête là, et je reprends une vie normale, dépressive et sarcastique, à mon endroit comme à l'endroit du reste de l'univers, une vie altière et narquoise, et tout en maugréant contre le système, l'économie de l'attention, la grosse baleine que je suis dans ce jeu et l'efficacité des services de MasterCard, je reprends mes activités virtuelles.
Or ce matin-là, à réception du mail, j'ai - ding - inexplicablement ressenti un poids dans ma poitrine, un poids positif, un poids bienveillant, une petite masse de puissance au creux du diaphragme. Cette option-là était vraiment unique, cette fois-ci. Cet easter egg n'était pas une arnaque. J'avais vraiment touché du doigt un pouvoir que j'étais seul à posséder, désormais.

Je repris ma partie, depuis le point de respawn, et je montai les escaliers de bois du début du jeu, bois usé, plein d'échardes, fendu sous les marches. Quelque chose allait changer, je le savais.


J'avançais dans ces chiottes sans fin. Un couloir dont je n'apercevais pas le bout, et tout le long, de chaque côté, des chiottes. Dégueulasses pour la plupart. Un cauchemars de dame pipi. Je vérifiais une nouvelle fois mon arme : dieu savait ce qui m'attendait derrière chaque porte. Dans ma poche, la chose palpitait sauvagement. Je ralentis. Quelque chose bougeait dans l'une des cabines. Le premier mouvement depuis... des jours. Oubliant toute prudence, je me ruais sur la porte, tentais de l'ouvrir. Un bruit étouffé me parvint. Un gémissement. Le pauvre bougre était peut être blessé. Je tentais d'enfoncer la porte, en vain.
- N'ayez pas peur, mon brave, m'écriais-je.
J'avisais la porte de droite, ouverte, et m'y glissait, me disant qu'il serait plus facile, peut-être, de défoncer la parois. A peine avais je posé les pieds dans la cabine, que la porte s'en referma. Un déclic se produisit. Je m'étais fait avoir comme un bleu. A coté, le gémissement se fit plus fort. Je devais reprendre mes esprits. Quelqu'un avait besoin de mon aide.
- Courage ! Patience ! J'arrive.

Le truc était un cercle parfait. Un cercle à l'intérieur vide, donnant sur un monde aveugle. Intrigué, j'allumais ma lampe-torche et la pointait vers le trou. Les rayons lumineux n'altérèrent pas la surface sombre, elle resta effroyablement homogène. Mais la seconde d'après, le cercle se rétracta subrepticement, plusieurs fois, tel un petit animal géométrique respirant difficilement.
- Anti...ti ma-tière ! glapis la Crampe, sa mèche jaunâtre lui retombant sur le front. Un filet de bave vint s'écraser de sa bouche jusqu'au sol en émettant un minuscule splotch.
#4
Citation de: Nino St Félix le Septembre 27, 2026, 16:14:36sachant que donc je pense que faire la semaine du Grand Lavement est peut être un peu malavisé vu l'actualité.
Donc en effet un texte collectif serait tout à fait avisé a mon sens.

Sur le thème qui vous branchera.
J'en reste au Grand Lavement, qui me semble l'anthithèse du Grand Remplacement, mais c'est peut être un peu court pour faire un thème de texte collectif.



Qu'est-ce que tu appelles la semaine du Grand Lavement ? Rien que le titre, ça fait rêver.
#5
Des thèmes universels et une formulation sans équivoque pour poser le ton :

- Enquête/mystère : Personne ne sait d'où vient cette viande mais on la mange quand même.
- Conflit de voisinage : mon voisin/ma voisine veut me buter
- Société/dystopie : on peut désormais littéralement vendre des morceaux de son corps pour gagner de l'argent. 
- Blasphème/polémique : Jesus revisited, Big J t'aimes mais pas de la manière dont tu pensais.
#6
Mais quel suspens et quel teasing intenable, bordel !
#7
Après la splendide réussite littéraire de "Notre Temps", dont on retiendra que la naphtaline c'est pas qu'une odeur, ça peut aussi dégouliner de partout quand on écrit des textes chiants comme la pluie... Est-ce qu'on enchaînerait pas directement sur un autre super appel à textes ?

Des idées, des envies, ou pas ?

Y a quelqu'un ?

Peut-être est-ce qu'on peut aller vers un thème plus explicitement "zonard", c'est à dire qui incite au sombre, au débile et au violent. Histoire de retrouver les fondamentaux.
#8
Le forum doit être une sorte de 4ème dimension a laquelle certains esprits n'ont pas accès, notamment les boomers.

Vous avez vérifié que vous n'aviez pas une auréole au-dessus de votre tête ?
#9
Bravo. Ça m'a fait pleurer des larmes de rigolol. Faut grave le publier. Et maintenant, je vais signer la pétition en faveur du suicide assisté. Youpi !
#10
Le soir, pour me détendre, je regarde les vidéos de Dequitem, et ça marche vachement bien.
#11
Ça va sentir la naphtaline, ça changera du napalm.
#12
La Saint-Con est terminée 一 enfin.

Belle et féconde Saint-Con 2026.

Zonardes, zonards, novices et monstres des abysses, BRAVO, vous êtes allés vous abreuver aux sources de la connerie avec bravoure. GRATITUDE

Cette saison, les feux de joie se sont allumés sur l'air de Bella Ciao (pas la version de maître Gim's, certes). C'était cent fois mieux que les Bâtards pas glorieux.

L'ennemi a mille visages, mille formes, mille ruses. Mais l'avantage c'est qu'il est souvent CON.

Quelle responsabilité IMMENSE que ce titre de Grand Inquisiteur que vous m'avez confié. Quel poids sur mes frêles épaules 一 le poids d'une Histoire avec une grande et lourde hache. Mais quel HONNEUR surtout.

Merci Lapinchounet, Dourakounet, Glauxounet, Felixounet, Lindsounette, Cazounette, Korbounet, Tomatounet, Laetitiounette, Haikounet, Rosalounette, Castorounet, Stephounet, Artussounet, Sintounet, Apounet et Abounette (ou l'inverse) et heu... le reste.

J'appelle donc à la prolongation de vie officielle de l'Union Sacrée des Forces de l'Entente Mongolo-cordiale des Avengeurs et des Chevalières de la Tabula Rasa du Sporting Club de la Litté-rature Undergroundus Mondiale. (Aka la fatherfucking ZONE).

FETE JOIE SERPENTINS PLEUVENT LES POINTS PUTE MORTIERS D'ARTIFICE EMEUTES BON ENFANT PILLAGES FLASH-MOBS A COUP DE MOLOTOVS FEUX FEUX FEUX

Hum...

Ps : Participez au futur concours de l'été, bordel.

(grazie pour la Xbox en bois de pixel)

#13
Mais dit comme ça, sur le forum, ça paraît clair comme fonctionnement. Je ne sais pas ce que ça donnerait presenté en AAT. Ça peut être un peu fumeux peut-être ? Je sais pas.
#14
Yep, ça peut être un AAT sur le site et sur texte à la pelle ou le site concours de nouvelles, comme RIENAFOUTRE l'avait fait récemment. Dans ce cadre là, ça me paraît pas forcément contraignant en terme d'ouverture vers de nouvelles recrues.
#15
Et fusionner Duos improbables avec le thème imposé Notre Temps ? Ça ferait un sujet clair sur lequel se lancer.

Ça me gêne pas d'utiliser un mail perso' ou réactiver un compte discord pour communiquer mais en alternative non-négligeable il y a aussi la messagerie du forum qui peut servir. Si les auteurices veulent bien passer outre leur allergie latente au forum... Ou bien tout autre moyen de communication.

Je suis sûr que dans un esprit de déconnade consentante, la partie la plus feune pourrait être le making-of des textes.