Le sol est humide sous mes pieds nus. Une moiteur visqueuse, tiède, presque vivante. Je baisse les yeux : la terre n’est plus qu’une bouillie d’entrailles crevées, une pulpe filandreuse où flottent des lambeaux de chair et des touffes de poils agglutinés. Une odeur épaisse me monte au nez, mélange de viande faisandée, d’humeurs stagnantes et de quelque chose de plus sucré, plus écœurant, comme un fruit trop mûr, éclaté sous un soleil de plomb.
J’avance, et ça suinte entre mes orteils. Ça glisse, ça s’infiltre sous mes ongles, une matière molle qui résiste un instant avant de se rompre dans un bruit de ventouse, libérant un jus épais, couleur de rouille et de bile. L’air lui-même est poisseux, chargé de cette pestilence qui colle aux poumons, qui se dépose sur la langue, un goût de fer, de soufre et de putréfaction humide.
Quelque chose grouille à la lisière de ma vision. D’abord un frémissement sous la peau du sol, un fourmillement organique, puis un écoulement plus franc, une marée noire de larves obèses, frétillant dans leur propre jus. Elles s’agitent, se tordent, creusent des tunnels dans cette masse décomposée, plongeant et réémergant, blanches, translucides, gonflées de liquides en putréfaction. Une d’elles éclate sous mon pied, répandant un jus laiteux, tiède, qui s’accroche à ma peau comme une seconde chair.
Je veux respirer, mais l’air est trop lourd, saturé d’une moiteur qui s’accroche à l’arrière de ma gorge. Un gargouillis monte des entrailles béantes du sol, un appel sourd, une faim profonde. Et moi, planté là, les pieds ancrés dans cette fosse vivante, je sens quelque chose ramper sous ma peau, un bruissement humide qui glisse sous mon épiderme.
Puis je comprends. Ce ne sont pas mes pieds qui s’enfoncent dans cette boue organique, ce n’est pas le sol qui m’engloutit. C’est moi qui ramollis. Ma peau, détrempée, se détache en plaques molles, se fond dans la pulpe grouillante. Mon ventre se creuse, se liquéfie, laissant échapper une brassée de vers déjà à l’œuvre, blancs, frétillants, repus. Mes doigts se recroquevillent, et dans leur chair qui s’effiloche, mes propres tendons suintent, se déroulent comme des fils trop humides. Mes lèvres s’effritent contre mes dents mises à nu, et je veux hurler, mais ma gorge n’est plus qu’un conduit spongieux, ouvert, où quelque chose rampe déjà.
Je ne peux plus bouger.
Je suis en train de me digérer.
LA ZONE -
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Sacré syndrome de Diogène que tu tiens là ! On va faire débarquer les nettoyeurs de l’extrême si tu ne te reprends pas. Le déferlement de la télé réalité de merde est une réelle menace pour ce site, déjà que sur le forum on a des confessionnals Loftstory de mes couilles en ce moment...
Même Lovecraft aurait envie de dégueuler MDR
Sinon c'est du gore poussé à l'extrême.
En bref, c’est immonde mais cela m'a amusé de le lire.
Digne de "La zone".
ou d'une rédaction de Mercredi Addams.
[censuré par moi parce que j'ai eu 16 ans] ;)))
C'est pas que dégueu, le vocabulaire est assez varié par rapport au thème traité et je pense qu'avec ce style pas désagréable à lire ça aurait pu aller un peu plus loin et un peu plus long - cmb - pour créer une plaque de vomis plus consistante et plus colorée.
Tu rajoutes une histoire à cet enchaînement de sensations, deux-trois idées adjacentes et ça peut devenir vraiment intéressant.
La fin absurde sur une note cauchemardesque donne définitivement l'impression de lire un mauvais rejeton de Caz.
Putain de canicule.