- Monsieur Michou, bonsoir
- Oui oui, bonsoir.
- Tout d'abord, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview...
- Oui ça va c'est bon on peut enchaîner maintenant, au lie de se perdre en simagrées ?
- Oui... très bien... Alors pour commencer... Où est votre fameux bec ?
- Quoi mon bec ? Keske qu'il a mon bec ?
- Non monsieur Michou, je me demandais pourquoi vous ne l'aviez pas sur vous, là, maintenant. Vous avez l'habitude de vous déplacer avec, non ?
- Ouais ben j'ai le droit de ne pas le porter quand je veux, non ?
- Oui oui, c'est comme vous voulez après tout... Bon, première question, quelle est votre philosophie de vie ?
- Avec moi, c'est simple : vis en dehors des humains, rejette la société, les autres ne servent à rien, tu ne feras que souffrir avec les autres.
- Pour autant, vous êtes pourtant un être humain vous aussi ? Qu'est-ce qui vous pousse à vivre votre mode de vie d'ermite ?
- Les êtres humains sont des erreurs de la nature, des anomalies, enfin bref, je déteste les êtres humains...
- Parce que vous vous détestez vous-même ?
- C'est ça. (Il sort d'une poche de sa veste un paquet de cigarettes et une boîte d'allumettes. Il sort une cigarette, craque une allumette, et flambe le bout de sa cigarette). Hhhhhhhhhhmmmmm... Foooooooooooouuuuuuuuu... Vous avez tout compris : c'est parce que je me déteste que je déteste les humains. Franchement, quel intérêt il y a à être un humain. À vivre une vie humaine ? Hhhhhhhhhhhmmmmm... Foooooooooooouuuuuuuu...
- Vous ne supportez de savoir que vous allez mourir ? Parce que, sauf erreur, nous, les êtres humains, sommes probablement les seuls êtres vivants, sur Terre du moins, à avoir conscience de notre finitude.
- C'est ça, c'est parce qu'on sait qu'on finit par crever. C'est aussi pour ça que je fume : pour en finir au plus vite. Et puis, je ressens un plaisir que je ne ressens par ailleurs. Je veux pas que ça s'arrête tant que je suis encore là...
- En somme, c'est humain ce que vous faites monsieur Michou. C'est contradictoire avec ce que vous dites, mais c'est humain en fait, vous ne trouvez pas ?
Michou ne dit rien. Il se contente de finir sa cigarette.
- Monsieur Michou, êtes-vous fier de vos livres ?
- Je m'en fous, ils sont ratés. Ce que je fais, c'est de la merde. J'avais rêvé d'être un poète comme Beaudanlair, j'avais rêvé d'être un écrivain aussi talentueux que Lovecreate.
- Howard Lovecreate ? Le célèbre écrivain des monstres ? N'est-ce pas pour lui que vous aviez écrit un essai sur lui et son oeuvre ?
- Ouais c'est ça. C'était un de mes premiers.
- Vous parliez de poésie, je crois que votre premier livre était sur la poésie elle-même.
- C'est ça. Enfin, ça ne parlait pas que de poésie. J'avais écrit tout ce que je conseille et tout ce que je déconseille de faire en poésie. Mais bon, les gens font ce qu'ils veulent.
- Bien, une dernière question pour terminer l'interview, je ne veux pas vous déranger plus longtemps.
- C'est pas faux, je commence à me faire chier, j'ai mieux à faire.
- Quel est le sens de la vie pour vous ? La vie a-t-elle un sens ? Ou pas ? Bref, qu'est-ce que la vie pour vous ?
- Vous en ferez ce que vous foutrez de mon avis, mais bon, si vous voulez une réponse : il y a trop d'illusions qu'on se fait, il y a plein de requins parmi les humains, tout ça, ça se termine un jour, et trop souvent, c'est pas celui auquel vous vous attendez. Je crois aussi qu'il vaut mieux dépendre de quelque chose pour tenir le coup, sinon, elle est encore plus merdique que si on n'a pas quelque chose qui nous plaît, au moins une. Mais bon, vous pouvez en faire ce que vous voulez.
- Eh bien voilà, c'est tout bon pour cette interview, merci encore monsieur...
- Bon allez, merde, c'est bon, c'est fini, basta !
Ceci est l'interview d'un écrivain détestable. En fait, il aime se faire détester. C'est un provocateur qui aime jouer au poète maudit, au personnage de l'écrivain raté. Il est comme Serge Gainsbourg/Gainsbarre, à part qu'il n'est pas barbu. = ajouter un commentaire =
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"vous en ferez ce que vous foutez"
Jawohl !