Je ne puis toutefois donner trop de précisions géographiques : disons seulement que l’affaire s’est déroulée dans la campagne orléanaise, à Tigy, village de cinq cents habitants au sud de la Loire, chemin de la Courtemanche. C’était un après-midi d’avril, vers 16 h 50, seize degrés à peine, dans une voiture grise d’origine italienne — une Fiat.
Ce genre d’histoire est toujours complexe, saturé de nuances et de détails inutiles. Je n’ai que peu de temps, mais je tiens à vous donner l’essentiel sans perdre en objectivité : une femme superbe et un homme parfaitement vilain, ensemble, dans cette voiture.
Le milieu rural alentour - et notamment l’insémination artificielle des vaches - a sans doute nourri les fantasmes de cet homme, que nous appellerons Luc.
Luc possède une voiture alors qu’il n’est qu’étudiant : ses parents sont riches, ils ont un labrador - voilà justement un détail inutile.
Luc meurt de désir. La veille encore, avec cette femme qu’il fréquente depuis peu - appelons-la Christine -, il n’avait pu conclure, faute de renseignements géographo-anatomiques suffisants : cela arrive.
Pour cette deuxième tentative, il avait mis son plus beau sous-vêtement, qu’il avait même parfumé.
Après avoir récupéré Christine dans le quartier Saint-Marceau à Orléans - je ne peux en dire davantage, vous le comprenez -, il sillonna les routes à la recherche d’un lieu vraiment paisible.
Christine, en réalité, n’était venue que pour récupérer ses Lettres à Felice de Kafka, introuvables, qu’elle avait naïvement prêtées au garçon.
Arrivés chemin de la Courtemanche, Luc posa soudain sa main sur le genou de Christine. Elle fixa intérieurement une frontière simple : genou et extérieur de cuisse, elle tolère ; intérieur de cuisse, elle s’enfuit dans les champs.
Luc, lui, laissa ses mains dériver. Zone grise. Et les zones grises durent des éternités. Christine clarifia donc les termes de la rencontre : elle voulait ses livres, rien de plus. Pas la peine de pianoter sur son corps.
C’est alors qu’elle aperçut, soigneusement disposés sur la banquette arrière, une bâche et un rouleau de sopalin pointés vers le ciel. Elle insista.
Luc déploya ses meilleurs arguments :
— Si je peux pas… si je peux pas t’inséminer, eh ben j’te ramène chez toi ! Alors tu choisis quoi ?
Il la ramena chez elle.
À l’heure où je vous écris, un mystère demeure : je ne puis certifier la présence de moyens de contraception. C’est une inconnue dans l’équation. Selon mon expérience, on peut supposer qu’un tel objet reposait dans la boîte à gants. Mais l’aspirant inséminateur emportera ce secret dans la tombe.
LA ZONE -
L’histoire que je m’apprête à vous rapporter m’a été confiée par un témoin oculaire de premier ordre. Je peux fournir ses coordonnées si le présent récit ne suffisait pas. Quant au fracas médiatique que ces révélations pourraient déclencher, j’y suis prêt. = ajouter un commentaire =
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Witaj na Zone, Charlesie Garatynski. Nazywam się lapinchien, jestem żonaty z Polką i przez długie lata mieszkałem w Warszawie, gdzie związałem się z tym krajem więzami głębokimi i onirycznymi - nocami, gdy wódka lała się jak Wisła w powodzi, a my, w upojeniu, oddawaliśmy rzece nasz gorzki, pienisty hołd wymiocin, które tańczyły w czarnych nurtach jak duchy pijanych aniołów. Twój tekst podoba mi się ogromnie swoją subtelną ironią. Asymetria między wymienianym tomem Listów do Felicji Kafki a absurdalną sceną „inseminacji grubej krowy” tworzy całe napięcie i piękno tej historii. Przynajmniej po odwiezieniu dziewczyny facet miał już pod ręką sopalin, żeby do ostatniej kropli opróżnić sobie jaja.