« Un mot et tout est sauvé. Un mot et on l’a dans le cul. » (André Beton)
Mousse, en réalité, s’appelle Mousse. Mousse de canard ? Mousse de connard ? Oh non. C’est un oiseau, une sorte de hibou. Un hibou quichomorphe, c’est-à-dire qu’il ressemble à une quiche. Une quiche au thon, précisément. Vous savez, à l’époque Heian, les dames de la cour impériales organisaient des concours de lancer de quiche, du haut du temple Kiyomizu, ou Hanamizu, oui c’est cela, Hanamizudera, à Kyoton, la capitale de la quiche au thon. Mousse est la réincarnation d’une de ces quiches volantes. C’est un hibou perplexe, ses plumes dubitatives frémissent devant la roue de la fortune, mais également un hibou sniper. Au nom du sniper, du fils de ses morts et du saindoux d’esprit, Mousse veille sur vous. Et paf, une boulette dans ta face. Mousse est un sniper à la mie de pain. Parfois il lance aussi des bonbons mous sur l’occiput des putes (attention, rien de putophobe, pute veut dire putois, ce qui veut dire tout simplement les gens qui puent de la tête, simplement les gens qui ont besoin de bonbons mous sur la tête). Mousse contemple le monde, la beauté mélancolique des saisons, du haut de son promontoire, un ancien nid de corbeau dans un arbre multicolore qui singe la posture de la vache. Mousse rêve à sa vie antérieure de quiche volante à l’époque Heian. Il se souvient de sa mort, éclaté au sol et mangé par des lémuriens locaux. Mousse pleure sa vie antérieure, même si le lancer était beau, plein de panache. Mousse ne se laissera plus lancer. C’est lui qui décide de voler, avec ses ailes mobiles de hibou. Mousse, hibou sensible, hibou de mots, s’envole vers l’azur abusé. Il échappe aux hommes d’équipage, contrairement à l’albatros urinifère du poème de Baudelaire (un sacré lascar de la poésie, je recommande son livre Les Fleurs du mol). Il leur fait un gros doigt avec ses pattes. Mousse le hibou est une quiche au sens de Don Quichotte. C’est un chevalier, enfin il est devenu chevalier à force de mimer la chevalerie. Avec le temps… D’ailleurs Mousse a un cheval : c’est une gerboise hypertrophiée. Elle s’appelle Kristeva, oui, comme la meuf de Sollers. Ensemble, ils partent sniper les méchants, ceux qui s’emparent de l’autre pour en faire un objet de jouissance. Oh Mousse, ton destin est si singulier. Tu viens du fond des âges. Grâce à toi et à ta gerboise, nous allons mieux. Le concombre masqué a enlevé son masque. Les moustiques ont disparu de la planète. La yourte du déconditionnement est apparue dans tous les terrains vagues. C’est le vrai an 2000 que nous attendions. C’est le salut par la quiche.
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Mais voilà un matin d'emblée guilleret, merci.
Complètement délirant et réjouissant. Comme une espèce de doigt d'honneur rotatif à tout le fond référentiel de la culture installée et locale.
C'est même élégant par endroits.
Je retourne buter des moustiques car, oui, cet aspect du texte est mensonger, les moustiques existent, ô combien.