La jeune studieuse avait depuis longtemps cessé d'additionner le montant de toutes ses dettes. Financer sa licence était dur, nettement plus qu'elle l'avait initialement imaginé. Loin d'être paresseuse, Mintaka s'était alors mise en quête du fameux graal. À savoir un petit emploi, à temps partiel et à même de lui permettre de joindre les deux bouts tout en réussissant ses examens. Néanmoins, force était de constater que ses recherches n'avançaient guère. Exceptées des dizaines d'heures perdues pour se détendre et réviser, l'étudiante n'en avait en effet rien tiré. Sauf peut-être quelques regards compatissants, ainsi que la validation quotidienne d'au moins dix-mille pas marchés... Dans tous les cas, désespérée, Mintaka se consolait en investissant massivement son cercle social. Son réel, à la faculté en particulier, comme celui trouvé sur internet. Présente sur le réseau social Snapchat, la jeune femme s'était liée il y a peu avec une analogue exerçant le métier de serveuse. Quel courage elle avait, la cruauté des clients ne lui ayant guère été cachée, sa copine virtuelle la rassura quant au caractère potentiellement temporaire de son travail.
C'est alors que le drame survint.
Amusée, Emmy lui avoua que ce job étudiant n'avait pour intérêt que d'élargir ses possibilités de loisirs. La bourse versée par ses parents n'étant, selon ses dires, franchement pas suffisante. Mal à l'aise, se dégoûtant elle-même de la jalousie qui pointait en son être, la studieuse fauchée s'apprêtait à envoyer le premier message menant à la clôture de leur conversation. Quand son interlocutrice lui fit une drôle de surprise. Du genre de celles franchement bien tombées. Il s'avérait que son employeur recherchait une autre étudiante pour servir dans son restaurant, l'autre leur ayant fait faux bond.
- Je pourrais te pistonner, proposa sa copine.
Celle-ci semblait ignorer comme Mintaka en rêvait, de ce petit boulot.
Alors l'amie d'Emmy accepta, ravie d'enfin pouvoir poursuivre ses études sans ce poids économique, qui la minait chaque jour un peu plus. La date et l'heure furent donc convenus. Les deux étudiantes d'une même ville n'ayant cependant pas pris le temps de se voir, ce fut uniquement sur les paroles de l'entremetteuse que les deux inconnus se rencontrèrent. Stressée telle une bachelière en devenir, Mintaka se retrouva donc assise dans le bureau exigu du restaurateur, entre deux services. La jeune femme mentirait si elle insinuerait qu'elle n'avait pas regretté de s'être déplacée. Les allusions déplacées, passages de ses mains sur ses cuisses et autres compliments masquant des propositions à peine masquées suffirent à la décider. Par sécurité, l'étudiante subitement nettement moins soucieuse de ses problèmes financiers attendit qu'il mette fin de lui-même à leur trop longue entrevue. L'entretien d'embauche se termina sur une note hypocritement joviale, l'homme se permettant même de lui offrir un verre. Qu'elle refusa. Prétextant que son père l'attendait dans la rue de l'autre côté, le quinquagénaire la laissa in fine filer. Non sans un énorme, un profond regret. La silhouette élancée de Mintaka regagna alors la sécurité de la foule, sa propriétaire plus que soulagée.
Deux décennies passèrent.
Marquée un temps, la jeune femme avait rapidement décidé d’oublier cet épisode. Là, Mintaka n’avait plus dix-huit, mais trente-huit ans.
Assise un samedi soir devant une retransmission des Enquêtes impossibles présentée par le défunt Pierre Bellemare, la mère de famille grignotait des cochonneries entourée de son mari et leurs deux enfants. Visionner des récits relatant précisément d’horribles faits réellement vécus par d’autres avait en quelque sorte cet effet paradoxalement rassurant accordé à celui qui s’en pensait protégé. L’affaire du soir était particulièrement sordide. Un homme de l’âge d’être leur père avait piégé plusieurs dizaines de jeunes victimes. Lorsque sa fille poussa un cri effaré, Mintaka eut l’espoir qu’elle continue éternellement de lui obéir, lorsque sa mère lui interdisait d’échanger avec des inconnus sur internet. Y compris féminins et mineurs. Ainsi, le prédateur qui captivait toute la famille maîtrisait l’art de construire une relation de confiance avec des adolescentes ou jeunes adultes, qu’il contraignait alors à la prostitution. De sa voix grave, M. Bellemare partageait avec les téléspectateurs comme il arrivait fréquemment à ce gérant et propriétaire d’un restaurant dijonnais d’également les violer.
C’est alors qu’un tiroir depuis près de vingt ans maintenant solidement verrouillé s’ouvrit dans la tête de Mintaka.
Emmy qu’elle avait bloqué, aussitôt rentrée.
Son étrange patron, manifestement plus intéressé par l’absence d’excès de graisse sur ses hanches que par ses compétences.
Et ces paroles, ces regards dégoûtants qu’elle avait subis vingt minutes durant…
Tout lui revint à la figure.
Pire, la presque quadragénaire se remémora même son verre préparé en quelques instants, alors qu’il était de dos. Le maudit breuvage, dont il avait avec insistance proposé à cette recrue potentielle qu’elle le boive. Si durant une fraction de seconde, Mintaka ressentit une épaisse vague d’horreur à l’idée de ce qu’avait pu subir Emmy. La réalité la frappa rapidement, dure et difficilement imaginable. La jolie blonde avec qui elle conversait, qu’elle avait considéré comme sa copine, bien que jamais les deux compatriotes ne se soient jamais rencontrées…
N’était autre que l’immonde restaurateur, que la jeune fauchée avait à tort pris pour un simple lourdaud manquant de délicatesse. Le véritable danger, la destruction de sa vie quand elle n’était qu’à peine majeure, Mintaka l’avait frôlé de près.
Alors doucement, d’une petite voix, la réchappée partagea sa terreur avec sa famille. Chaque nouvelle information donnée par Pierre Bellemare ne faisait qu’empirer son effroi. Les filles étaient séquestrées, battues et déplacées dans des villes qui n’avaient rien à voir avec la capitale de la Bourgogne. C’était bien fou, la manière dont une simple décision pouvait changer une destinée du tout au tout. Si au lieu de se résoudre à reporter ses études, Mintaka s’était laissée tenter par ce contrat lui accordant un job étudiant, nul doute qu’aucune des personnes qui partageaient son canapé ne serait à ses côtés. Pour le coup, la leçon avait correctement été inculquée, pour la mère autant que les enfants. Néanmoins, désormais, les spectateurs d’atrocités racontées ne regarderont plus jamais l’un de ces sensationnels épisodes, sans crainte de se trouver eux-mêmes à la place de l’une des victimes.
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Je... han... krrr.
[AVC on]
J'ai moi aussi somnolé devant Pierre Bellemare, qu'on surnommait affectueusement Pierrot Bellemiche, avec sa voix grave et apaisante comme un baume ou un Bourbon vieillit en fûts de chêne...j'ai pour lui la sympathie qu'on éprouve pour un vieil oncle sage et inspirant,pourvoyeur d'histoire a la veillée, tirant sur une pipe au coin d'un feu de bois, lachant en silence des gaz inspirés par la potée du souper..
C'est fou mais depuis le (malheureux) appel à texte autour de l'EHPAD, il semblerait que LaZOne se soit mise a attirer une foule de vieux auteurs grabataires qui écrivent depuis leur maison de retraite..ce n'était pas le but recherché..je préconise aux incontinents d'envoyer leurs bafouille sur des sites plus adaptés, comme "Notre Temps", "Nous Deux", ou "Maison, Travaux, et chaise percée", merci
sinon, comme courier reçu direct from th eEHPAD, j'ai gardé cette lettre de ma tante Imogène.
"mes amis, qui toujours m'avez détesté, sachez je je vous chie à la gueule. Si vous lisez ce mot torché sur du PQ usagé c'est que votre vieille tante Imogène est crevé, étouffé par son vomi ou noyée dans son caca. depuis trois ans que je croupi dans ce cloaque j'ai vu clamsé des grabataires au bout du rouleau, des vieux incontinents submergé par leur pisse, des vieilles momifié dans leurs plumard parfumé à la merde, des soignants rieurs propulsé des vioques en fauteuils du haut de l'escalier du troisième étage. J'ai vomis des purées et de la soupe de tapioca, gerbé mon café au lait dans des cuvettes mal récurées, j'ai même branloter quelques vieux pour leur soutirer de quoi acheter un paquet de clopes; j'ai gobé les bourses poilues du directeur, M Massinot, un ancien cheminot reconverti dans la traites des vieux. là c'en est trop, je vais me pendre avec l'élastic de ma dernière culotte, adieu mes cons, vous ne me pleurerez pas et je m'en cogne, vous êtes laids et triste comme une vieille pine au fond d'un slip rance.
Fuck you."
J'aurais rêvé d'une histoire dont Pierre Bellemare fut aurait été le héros.
Un truc gothique cold wave avec du Bauhaus en arrière plan ; il travaillerait dans un cimetière et son taff serait de tuer les morts qui se réveillent, a coup de pelle rétractable en aluminium ignifugé parfaite pour votre garage existant en 8 coloris et profitez-en les frais de ports sont à moins 50%
Ça se serait appelé Bellemare Bellamorte, et a un moment il aurait été amené a tuer Marie-Ange Nardi (enfin, à le retuer, on s'entend) mais là dilemme terrible car ce serait l'heure de la publicité.
Lorsque, le soir, je m'assoupi,quand j'ai du mal a garder les yeux ouverts j'ai tendance à glisser, malicieux, "j'ai les paupières Bellemare"
/!\ TRIGGER WARNING /!\ les propos qui suivent sont ceux d'un gros enculé qui n'en a rien à foutre des trigger warnings et qui pense que confronter les gens à leurs traumas passés, c'est les aider à s'en délester, s'inscrivant dans la droite ligne de l'usage des électrochocs en psychiatrie. Bien sûr cela n'engage que ce gros enculé.
Hum... Hum... Snapchat naît en juillet 2011, Pierre Bellemare meurt le 26 mai 2018, et "Les Enquêtes impossibles" ne survivent ensuite que par rediffusions. Or Mintaka a dix-huit ans sur l'appli et trente-huit ans devant le défunt : vingt ans pile. Si le samedi soir familial est en 2026, l'entretien tombe en 2006, deux ans avant l'iPhone grand public à la fac et cinq ans avant Picaboo. Si l'on recule l'entretien vers 2013-2014, quand une étudiante française peut vraiment être sur Snapchat, le visionnage maison en mode cocooning bascule alors en 2034. Or, en 2034, il n'y aura plus de rediffusion de cette émission de Pierre Bellemare car tout le monde aura zappé les ondes, que la TV n'existera plus et qu'à la place tout le monde consacrera ses moments oisifs à se branler devant OnlyFans. ALERTE § ALERTE § ANACHRONISMES EN CARTON § Encore des résidus d'un chronopatch rustine de la Chronocratie. Décidément, ces derniers temps, ça n'arrête pas.
Par ailleurs, je suis désolé mais le mec, même s'il se planque derrière un pseudo sur Snapchat, est totalement transparent et honnête avec Mintaka. Quand il dit qu'il pourrait "la pistonner", il annonce sans la moindre ambiguïté la couleur. Le mec veut clairement "l'aider à investir massivement son cercle". Accepter de se faire pistonner, c'est être consentant pour se faire démonter tous les orifices par des putains de pistons industriels et faire les trois-huit jusqu'à recracher son cortex par ses trous de nez. Le gars est clair comme de l'eau de roche quand il dit que "ce boulot n'avait pour intérêt que d'élargir ses possibilités", car c'est en allant droit au but qu'il l'avertit qu'elle va s'y faire dilater la schneck et qu'à côté d'elle, à la fin du job, le dôme de Vredefort ressemblera à une vulgaire flaque d'eau. Donc qu'elle ne vienne pas faire la maligne 20 ans plus tard. La mémoire est sélective.
Par ailleurs, regarder "Les Enquêtes impossibles" c'est du pur voyeurisme et le voyeurisme, c'est de la prostitution intellectuelle. En plus elle s'y adonne en famille, avec des enfants en bas âge, cette sale pédocriminelle hypocrite qui nous fait la morale et qui, pour seule leçon du visionnage de l'émission, en déduit qu'il faut interdire à sa fille de fréquenter les inconnus en ligne, alors que c'est la dernière échappatoire envisageable pour elle pour s'extirper d'un giron maternel hypertoxique.
CONCLUSION : il faudrait ressusciter Pierre Bellemare pour qu'il tourne un numéro spécial de "Les Enquêtes impossibles" exclusivement consacré à cette putain de psychopathe de Mintaka.
La jeune branleuse avait depuis longtemps cessé d'activer la manivelle à essorer les bites. Financer sa licence était dur, nettement plus qu'elle l'avait initialement imaginé. Loin d'être paresseuse, Mintaka s'était proposé à la Komandantour, un petit emploi, à temps partiel qui consistait a recueuillir le jus de teub des nazis afin de féconder des spécimens d'aryennens a fortes poitrines, dans l'objectif de créér une nouvelle race indestructible et apte a gouverner le monde et en même de lui permettre de joindre les deux bouts tout en réussissant ses examens en proctologie appliqués.