Je marche dans les rues de cette ville que j’ai souvent arpentées à une époque. Je marche sans jamais m’arrêter. Tous les gens que je croise semblent avancer machinalement, sans aucun but. Ils n’ont plus d’yeux, leurs paupières sont ouvertes sur deux orbites vides desquelles coule petit à petit un étrange liquide noir. Ce ne sont pas des larmes, ce n’est pas du sang, je sais pas ce que c’est… Par moments, je ne peux m’empêcher de plonger mon regard dans leurs cavités sombres, comme si j’allais pouvoir y observer leur âme ou capter leurs pensées.
Quand ils s’en rendent compte, ils se dirigent subitement vers moi, m’approchent de très près et ouvrent la bouche. Mais il n’y aucun son qui en sort. Ce qu’ils me disent, je ne l’entends pas, je le perçois directement dans mes propres pensées. Et ils me répètent toujours les mêmes choses, toujours dans le même ordre : « Tu dois arrêter de te voiler la face et assumer ton destin », « Tu n’as pas choisi ce que tu vis », « Mais tu devras passer toute ton existence à subir », « Subir la solitude qui t’est imposée », « Subir cette souffrance qui te ronge et ne te quittera jamais », « Tes amis ne te sauveront pas », « Tu pourras t’entourer de toutes les personnes que tu veux, tu seras toujours désespérément seule », « C’est trop tard, tu as perdu ». Je ne suis pas sûre de comprendre ce que tout ça signifie mais ça me fait peur.
Le silence qui m’entoure est particulièrement glaçant. La ville semble animée mais pourtant elle ne fait pas le moindre bruit. Est-ce moi qui suis devenue sourde ?
Plusieurs voitures passent près de moi. Je ressens les vibrations sous mes pieds mais je n’entends pas le ronflement de leur moteur.
Je ne dois pas me laisser gagner par la terreur que cet assourdissant silence m’impose.
Je continue d’avancer dans ces rues familières quand j’entends tout d’un coup un cri. Mon cœur se met instantanément à battre à toute vitesse et je me lance dans une course effrénée pour me rendre le plus vite possible à l’endroit d’où provient ce puissant et sinistre hurlement. Mon instinct semble savoir où m’emmener et je le laisse me guider pendant que je m’efforce de ne pas me laisser ralentir par les évènements extérieurs et toujours aussi silencieux. Et je cours… Et plus je cours et plus je comprends où sera mon point de chute. Je longe une rue, traverse une route, une grande place dans sa diagonale, à nouveau une route puis je passe devant le cimetière, j’y suis presque. Encore une dernière route à traverser et j’arrive au bout de ma course. Je m’arrête devant un immeuble. Il semble se soulever pour s’engouffrer à l’intérieur de lui-même.
Derrière une des fenêtres, je le vois. Son visage est séparé en deux parties bien distinctes. L’une semble être heureuse et l’autre terrorisée. Et il me parle. Une moitié me dit de partir et l’autre de venir à son secours. La fenêtre rétrécit petit à petit, je fonce vers la porte d’entrée mais celle-ci s’efface lorsque je pose la main sur la poignée. La fenêtre continue de rétrécir, j’essaie de m’en approcher pour la briser mais je n’y parviens pas. Elle rétrécit encore jusqu’à ce que je ne finisse plus par distinguer que deux yeux. Deux yeux provenant d’un même visage mais exprimant deux sentiments radicalement opposés. Je tombe à genoux quand je vois la fenêtre disparaître complètement et l’immeuble s’enfoncer dans le sol en emportant… non je ne peux pas le dire… c’est trop dur. Et j’entends à nouveau cette voix dans mon esprit : « C’est trop tard, tu as perdu. C’est trop tard, tu as perdu. C’EST TROP TARD TU AS PERDU ».
LA ZONE -
Réveil en sursaut. Je suis trempée de sueur et ma respiration est haletante. Inspire… expire… calmement… voilà. Je tourne la tête vers le radio-réveil. Il est 3h47. Encore et toujours ce même rêve…
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= commentaires =
Tulia, faut pas eteindre la télé avant la fin du générique... C'est normal que tu vois toujours la même chose...
J'aime bien ce texte, et malgré ce que dit le commentaire je le trouve assez différent des autres. Le theme général est toujours là, ok, mais c'est pas "craché" comme d'habitude, c'est "exprimé". Beaucoup moins violent du point de vue de l'écriture même si ça l'est toujours du point de vue des idées.
Et sinon y a pas quelqu'un qui serait d'accord avec mes résumés en ce moment ?
Si vous voulez pour chaque article on peut faire une réunion brainstorming avec tous les zonards et leurs conseillers, assistés d'un cabinet de consultants en synthèse / expression super bien payés pour définir la teneur du résumé. Après on vote et la majorité et le plus offrant décide d'une proposition ultérieurement soumise à un concile de sages réunis par le CSA (pour que le résumé ne choque personne, on sait jamais, l'avis d'une vraie personne sur un texte peut être choquant) qui rend un avis validé ou non par la comission des droits de l'homme et de l'auteur en péril, mais là attention, c'est à Bruxelles que ça se passe.
Va falloir raquer pour tous ces consultants les mecs, je lance la cotisation de suite ?
Perso, m'en tape du résumé, ce texte me permet surtout de dépasser Scorbut en nombre d'articles et de devenir le 3e auteur du site. Prochaine étape : niquer la gueule de {user-25} !!!
Et non, car dans une nouvelle tentative pour faire chier le monde, j'ai attribué les textes du dossier 'interviews' à l'interviewer et à l'interviewé, ce qui te rajoute deux textes au compteur ! Nyahahahah chuis vraiment trop con mais je m'adore
Commentaire édité par nihil.
Euh...
Euh...
Ouais ouais je crois que c'est bien ça.
Vous voulez pas aller foutre le bordel sur les commentaires de vos articles tas de connards au lieu de venir polluer ceux des miens ?
Ah non moi c'est seulement en inondations que je m'y connais...
Putain il avait vraiment rien à branler de sa vie ce trisomique de Descartes pour pondre des trucs aussi longs et chiants...
Je me souviens avoir fait une redac sur ce texte... Vous avez de la chance, je l'ai pas ici, sinon je l'aurai collée.
Enfin pour résumer (les commentaires de txt, c'etait cool, c'etait tjs la meme chose)
#1 oui
#2 non
#3 oui mais non
Thèse, antithèse, synthèse...
Ils répètent vraiment tous la même chose ces connards de profs...
Ah non, ca c'etait pas mon prof c'etait juste moi... J'etais par definition contre ce que disais l'auteur et comnme j'etais l'auteur de mon texte, j'etais aussi, pour faire bonne mesure, contre ce que je disais moi meme...
Un petit coté saphoiste...
Je me trouve vraiment volubiloconne ce soir... je crois que ma schizo bipolaire me reprend
Ok ben bouge pas, je sors la carabine !
Sinon vous pouvez aussi faire comme moi : ne pas lire les résumés et encore moins les articles...